• Une claque est ce si grave ?

     

    Une claque est ce si grave ?

              Il se passe bien des catastrophes dans notre monde, que ce soient les guerres et le terrorisme, les intempéries et tempêtes, le changement climatique, les maladies, la faim et la misère.
              Alors quand je vois les polémiques à la télé pour savoir s'il faut interdire par la loi aux parents de donner une claque ou une fessée à leurs enfants, cela me fait rire mais me navre aussi.
               Il y a, dans ma famille, des professeurs et des instituteurs, et évidemment le procès de ce professeur qui a donné une claque à un jeune qui l'insultait, a provoqué quelques discussions.
               J'ai beau avoir une âme de grand père qui aime ses petits enfants , j'ai parfois dans le domaine de l'education l'imprssion d'être un peu “cromagnon.
               Une claque méritée, est ce si grave ?
               J'en ai reçu quelques unes étant gosse, que je n'avais pas volées et j'en serais plutôt reconnaissant à mes parents qui m'ont éduqué le mieux quils ont pu.

               Bien sûr il ne s'agit pas d'enfants battus. Cela c'est anormal et inqualifiable. J'en ai connus aussi; j'ai même aidé certains d'entre eux à lutter contre ce traitement inepte et cruel.
               Je pense que les parents les aimaient certes quand même, mais mal et que leur méthode d'éducation était mauvaise. Certains même, étaient violents au point que leur manque de maîtrise de soi, était à mon avis maladive.

               Je ne pense pas que la claque ou la fessée soit un bon moyen d'éducation.
               Il me semble que cela arrive lorsque l'on est excédé, lorsque le jeune a dépassé les bornes et qu'on ne s'y attendait pas. C'est une réaction justifiée, mais qui prouve cependant que l'on n'a pas su rester calme, se maîtriser suffisamment vite, et on le regrette d'ailleurs ensuite, même si on ne le dit pas - Je le sais, cela m'est arrivé parfois avec mes enfants, mais cela ne m'arrive plus avec mes petits enfants et ce n'est pas qu'ils soient plus sages !
               Donc la claque il vaut mieux l'éviter, mais cela pose le problème de la “sanction”.

               Pour moi, bien que les parents croient avoir fait leur devoir d'éducateur, je considère qu'ils sont aujourd'hui d'un laxisme étonnant. La punition est ce que les parents craignent le plus.
               Certes toute autorité n'est pas répressive : il faut prévenir plutôt que punir, il faut expliquer et convaincre avant tout, mais je pense que l'on ne parvient pas toujours à le faire et qu' il n'y a pas d'éducation sans recours aux sanctions. Il ne faut pas tomber dans l'excès inverse de croire que toute autorité est répressive et que en conséquence il vaut mieux ne pas faire preuve d'autorité. En fait on renonce ainsi à éduquer.

               Le psychiâtre Claude Halmas écrit
    “ ...Un enfant ne naît pas humanisé, il faut qu'il le devienne. C'est l'éducation qui va le tirer du côté de l'humain en le sortant de son principe de plaisir - « je veux tout tout de suite » - et de son illusion de toute-puissance - « je suis le roi du monde ». C'est l'éducation qui va l'amener à tenir compte de l'autre. C'est de renoncement en renoncement qu'il va se civiliser.
    Et c'est là que l'autorité intervient. Le travail des parents sera de lui mettre des barrières et de lui faire comprendre que celles-ci sont infranchissables. Infranchissables, au risque d'une punitîon...
    L'autorité parentale n'a de sens que si elle inclut la sanction. Quand une chose est interdite, il faut l'expliquer à l'enfant. S'il transgresse, lui rappeler l'interdit. S'il continue, en toute connaissance de cause, le sanctionner. C'est le seul moyen pour lui de croire dans la parole des adultes, de comprendre que l'interdit posé est incontournable. Et c'est même rassurant pour lui....
    La punition effraie les parents parce qu'ils n'arrivent pas à imaginer qu'elle puisse être autre chose qu'une violence faite à l'enfant. C'est au contraire en ne le punissant pas qu'on lui fait violence, car on hypothèque ses possibilités de compréhension de l'interdit. .”

               Je dis souvent que éduquer, le latin “educare” c'est conduire dehors : rendre l'enfant devenu adulte, capable de se débrouiller un jour tout seul hors de la protection du nid familial.
               Mais pour cela il faudra qu'il respecte les règles de la société, qu'il n'empiète pas sur la liberté du voisin s'il ne veut pas qu'on trouble la sienne. Comment le fera t'il, si on ne lui a pas appris.?   

               Pour moi, le père ou la mère qui n'aura pas d'autre réponse aux transgressions de son enfant que de lui donner des coups, sera un parent maltraitant, et c'est condamnable, mais celui qui, tout en respectant son enfant, a un jour cédé à l'énervement devant une attitude provocatrice et lui a donné une claque n'a pas commis un acte répréhensif.
               Ce n'est pas destructeur pour l'enfant, mais c'est même important pour sa construction,  pour son éducation. Cest le meilleur moyen de montrer qu'il y a des limites et de lui permettre d'appréhender ce qu'est un autre être humain, dont on ne fait pas tout ce qu'on veut et que l'on doit respecter.

               Je ne dis pas que la claque est une bonne chose, je dis simplement que c'est normal que les parents (voire les professeurs) aient un accès d'énervement et qu'ils n'ont pas à se sentir coupables de la colère qu'ils éprouvent. Je dirais même que la colère, parfois, est saine, à condition toutefois de savoir le maîtriser et de ne pas “péter les plombs”.
               La claque justifiée et exceptionnelle, pour moi ce n'est pas grave.

               Et me direz vous tu as eu des claques toi, étant enfant. Mais oui.
               Quand j'avais une dizaine d'années, Maman et la mère d'une de mes copines, Hélène, nous avaient emmenés à un enterrement et au cimetière. Nous nous embêtions, alors on regardait autour de nous et Hélène me montre une tombe sur laquelle il y avait écrit “ci git dans l'attente de la résurrection Zoé Nomdedieu”.
               On n'a pas idée d'avoir un nom pareil et à l'époque c'était un juron assez mal vu et en plus j'ai pensé à ma girafe rose en peluche qui s'appelait Zoé!  Alors bêtement j'éclate de rire au beau mileu du discours d'enterrement du curé. Clic, clac : une belle paire de gifles. Du coup c'est Hélène qui avait envie de rire, le chameau!.


     

     
     

     
     
     




     




     



     
     
     

     

      


      

     

     
     

     
     
     




     




     



     
     
     

     

     

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