• Savoir identifier ses émotions.

         J'ai fait tout au début de cette rubrique, un article sur les diverses sortes d'émotion, selon un psychologue américain, Plutchik, qui imagina notamment la roue ci-dessous :

     

          Je voudrai aujourd'hui aller un peu plus loin des cette reconnaissance de nos émotions.

          La plupart des personnes distinguent aisément si elles sont tristes, déçues, en colère ou culpabilisées, mais certaines ne parviennent pas à distinguer ces différents états et se sentent simplement « bien » ou « mal ».
        Il est pourtant essentiel de savoir identifier ce que l'on ressent, pour pouvoir gérer ses émotions et ne pas simplement les subir.
        Souventcertain(e)s ressentent une angoisse , des palpitations, une transpiration soudaine, le “coeur qui se serre” - (c’est le plus souvent l’estomac !) - et une envie de fuir ou au contraire de rester terrée sous sa couette, en refusant de vivre l'événement (ce qui ne le supprime pas !).
        Si ces symptômes ne sont pas identifiés par la personne concernée, comme ceux de l'anxiété, et que celle-ci n’ait pas d’explication valable, ils peuvent laisser celles ou ceux  qui les ressentent encore plus désemparé(e)s que si la peur avait été identifiée.
        Il faut apprendre à connaître ses centres amygdaliens !! lol

        Comment reconnaître ses émotions ?
        Selon la psychologue du travail Lisa Bellinghausen, de l'Université René Descartes, à Paris, il existe au moins trois voies d'identification :

        - d’abord la prise de conscience de ses pensées et de leurs orientations qui consiste à examiner quelles pensées dominent actuellement notre conscience (au sens avoir conscience de et pas au sens moral du terme).
        Prenons l'exemple d’une jeune ado en colère qui en veut à son petit ami qui regarde trop les autres filles. Cela peut être : « La vie est injuste, je ne suis pas respectée» Mais c’est là trop général. Il faut arriver à préciser que c’est dû à l’attitude désinvolte de son chéri et que donc à la colère se mêle de la jalousie.
        Et même est ce que cela ne va pas jusqu’à de la rancoeur (pas encore la haine heureusement), mais qui est la conséquence de l’amour.
        Par contre la colère l’empêche d’être triste.
        Une analyse de ses sentiments est donc indispensable.

        - Ensuite l'identification des modifications physiologiques de son propre corps : « Est-ce que mon cœur bat plus vite, est-ce que je transpire, est-ce que ma gorge se noue que mon estomac se serre? »
        Le psychologue américain Paul Ekman a montré que la peur, la tristesse et la colère se traduisent par une augmentation du rythme cardiaque, par opposition au dégoût, à la joie ou à la surprise.
        Mais tandis que peur et colère s'accompagnent d'une augmentation de la sudation, ce n'est pas le cas de la tristesse. La gorge se noue plus spécifiquement dans le cas de la peur.
        Le dégoût soulève l’estomac et donne envie de fuir.
        La joie vous rend léger, mais peut amener des larmes aux yeux qui ne viennent pas de la tristesse.    
        La surprise est voisine de la peur mais l’émotion passe vite, sauf si elle est due à une nouvelle traumatisante qui vous stresse alors (le chagrin de la nouvelle, pas la surprise !).

         Enfin, si l'on réussit à prendre un peu de recul par rapport à soi-même pour observer ses réactions sous le coup de l'émotion (tendance à devenir agressif quand on est en colère, par exemple), il est utile de mettre par écrit le contenu de ses pensées, de ses émotions,  car cela réduit l'impact négatif qu'elles peuvent avoir et cela empêche des blocages ultérieurs inconscients.
        C’est une des utilités des blogs et je recommande souvent à mes correspondant(e)s de faire cette “rédaction écrite”  de leurs émotions, quitte à mettre un mot de passe sur l’article en cause ou ne pas le publier. C’était autrefois le rôle des journaux intimes.

        La capacité d'identifier ses émotions est un avantage également lorsqu'il s'agit de détecter le sens des émotions d'autrui.
        Les neuropsychologues qui ont étudié les “neurones miroirs” ont montré  que la compréhension des émotions d'autrui suppose une reproduction interne de l'état émotionnel chez l'observateur. On identifie l'émotion de l'autre en la reproduisant en miroir, en imaginant ce que l’on ressentirait si on était à sa place.
        Toutefois n’ayant pas la même personnalité, les mêmes préférences cérébrales, on peut se tromper et il faut effectivement apporter des corrections à ce que l’on ressent en fonction de la connaissance de la personne que l’on a en face de soi.
        Cela explique sans doute pourquoi les individus qui savent bien apprécier le contenu de leur propre expérience émotionnelle réussissent mieux dans leur vie sociale ou en famille : ils savent mieux se contrôler, mais aussi mieux détecter les réactions des autres.
        Comment adapter ses décisions si l'on ne perçoit pas l'inquiétude, la déception la colère, mais aussi la joie et la surprise dans le regard d’autrui.
        Ceux qui en ont l’habitude et qui connaissent la personne en face d’eux  arrivent à en percevoir les nuances, informations précieuses pour guider au mieux leur propre comportement.

        Il faut donc s'entraîner à comprendre les autres après avoir essayé de se comprendre d'abord soi-même.

     

     

     

    Partager via Gmail

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :