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    Qu'est ce qu'une personne "borderline"

                Mes articles sur le cerveau émotionnel m'ont valu quelques messages.
              Une jeune correspondante s’inquiète parce qu’elle est tantôt joyeuse tantôt triste et elle a fait un test sur un journal féminin et il lui est dit qu’elle a une « légère tendance borderline ». Alors, inquiète, elle me demande ce qu’est un sujet borderline.
              Les journaux autres que scientifiques, ont tendance, en recherchant le sensationnel, à dire n’importe quoi. Et les tests, c’est tellement couru ! Mais ce sont des tests sans contrôle, sans étude statistique, alors les résultats ne sont guère probants.
              Nous avons tous nos moments de joie et de tristesse, des succès et des problèmes, des instants de détente et de stress. Ce n’est pas pour autant que l’on est bordeline, car c’est une situation mentale beaucoup plus tranchée.
              Il semble qu’il y ait 2% de la population qui a des tendances borderline et les femmes sont plus touchées que les hommes. Mais on ne dit pas à quel degré et cela reste assez vague. (origine DSM et OMS).

    Quels sont les comportements d’une personne borderline ou « aux états limites »?

               Les cours de psycho thérapeutique définissent des comportements caractéristiques, qui certes ne sont pas tous forcément présents, ni avec la même intensité :
              L’une des caractéristiques souvent rencontrée est une instabilité d’humeur, avec des variations incontrôlables en quelques heures.
              Ses relations peuvent aussi avoir des variations rapides, passant de l’amour à la haine.
              La personne tient énormément à l’estime des autres, a le sentiment d’être délaissée, abandonnée et peut dès lors devenir encombrante par son harcèlement.
              Cette attitude résulte souvent d’une vision instable d’elle même et un manque de confiance en elle même qui varie beaucoup dans le temps et peut atteindre de fortes proportions, cela sans motif particulier. La personne peut se sentir face au néant, à un vide, à l’inutilité de son existence, à de l’ennui permanent.
              Finalement il y a une certaine incapacité à maitriser ses sentiments et ses émotions, ce qui peut se traduire par des excès brusques, par exemple de colère, de frustration ou au contraire d’élan affectif.
              La personne peut prendre des risques importants, voire des comportements impulsifs qui pourraient amener des accidents.
              Dans les cas plus graves, le patient peut avoir des tendances paranoïaques, lorsqu’il est en état de stress.
              Il peut avoir des réactions d’automutilation ou des pensées suicidaires

    Bien entendu les psychoneurologues ont fait des études sur de tels sujets, par comparaison à des groupes témoins de personnes non borderline.

              Ils ont montré que lorsqu’on montre des vidéo de personnages qui ont des émotions ou sont dans des situations difficiles, les personnes borderline détectent sur les visages qu’il y a problème, beaucoup plus tôt que les groupes témoins, et s’identifient davantage à leur interlocuteur et à son angoisse. Des indices de réprobation ou de réaction positive donnent lieu de la part des patients à des réactions exagérées.

              Les personnes borderline ont donc une sensibilité émotive à fleur de peau et des réactions exagérées à leurs émotions, surtout négatives, mais avec une grande instabilité de telle sorte que leur comportement est très variable.
              Elles sont par ailleurs très sensibles aux émotions, sentiments et gestes d’autrui, mais ont du mal à les interpréter, d’où des réactions inappropriées. Elles ont donc du mal à faire confiance aux autres et ses sentent relativement seules et abandonnées.

    Peut on expliquer leurs réactions, notamment à la suite d’examens IRM.

              l semble que les centres amygdaliens soient trop sensibles et réagissent trop violemment aux émotions négatives, et que par contre les centres régulateur des émotions en particulier le cortex cingulaire antérieur et le cortex préfrontal ventro-médian aient au contraire une activité insuffisante. L’insula qui alerte des erreurs de jugement dans nos relations sociales st par ailleurs peu active.
            Des anomalies du système de récompense, de la sécrétion de dopamine ou de sérotonine peuvent également être en cause.

    Qu'est ce qu'une personne "borderline"

    Beaucoup de personnes qui ne sont que très faiblement borderline , ne consultent pas un psy. Que peuvent elles faire?

                Essayer d’abord d’être conscient des réactions émotionnelles exagérées et négatives. Essayer sur le moment de prendre le contre-pied : si on est triste et on veut s’enfermer dans sa chambre, au contraire sortir au grand air ou avec d’autres personnes, si on a envie d’en découdre avec quelqu’un, ne pas le voir pendant quelques temps pour éviter une colère…
              Toutes les techniques de relaxation et d’apaisement sont bonnes : lire, écouter de la musique apaisante, se décontracter, marcher au grand air….
              Un entrainement à moyen terme est de se concentrer sur des observations ou des faits précis et pragmatiques, pour fixer son attention sur autres choses que les émotions.
              Mais si l’on devient très négatif, il vaut mieux consulter.

    Mais n’allez surtout pas vous croire borderline, parce vous êtes plus ou moins gai ou stressé selon les instants : cela c’est la vie de tous les jours.

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    La grippe est méchante cette année!

               Comme tous ceux qui regardent le journal télévisé, j’ai été peiné par le décès de personnes âgées dans une maison de retraite, lesquelles avaient eu la grippe.
               La grippe est une maladie fréquente et dangereuse Pendant l’hiver 2014-2015, 18 300 personnes sont mortes de la grippe en France, et pourtant la plupart des gens ne se font pas vacciner.

               Comme tous les ans, depuis plus de 25 ans, je me suis fait vacciner contre la grippe, et cela ne m’a jamais produit de réaction désagréable, et je n’ai jamais eu de grippe. Bien plus, cette action excitant les défenses immunitaire, depuis que je me fais ainsi vacciner, je n’ai presque plus jamais eu de rhume l’hiver. Je pense que je tue mieux mes microbes !
                J’en parle parce que je suis étonné, et inquiet de voir la réticence de beaucoup de personnes pour les vaccins, uniquement parce qu’ils croient toutes les rumeurs que font circuler des imbéciles et des inconscients, notamment sur les réseaux sociaux.

                Les vaccins ont sauvé des millions de personnes de la mort et de la maladie. Sans les vaccins il y aurait tous les ans des millions de morts de la variole, de la diphtérie, de la polio, de la grippe, de la tuberculose, du tétanos et même chez les enfants de la coqueluche, les oreillons, la varicelle, la rougeole et la rubéole. Ces maladies sont maintenant plus rares grâce à la vaccination, mais, si on arrête ces vaccinations systématiques, elles réapparaitront en force.
                  Certains vaccins sont peu pratiqués comme celui contre la méningite ou celui contre les pneumocoques, mais je connais une personne, qui, si elle avait été vaccinée, ne serait pas morte de la méningite (il y a plusieurs types de méningites :ce n’est pas le virus qui est mortel, mais la bactérie Haemophilus influenzae ou bacille de Pfeiffer) et récemment il y a eu trois morts dans un campus d’étudiants à Dijon, mais la vaccination systématique recommandée n’a pas été beaucoup suivie pour autant.

                Les vaccins sont également efficaces pour ceux qui voyagent : fièvre jaune, choléra, la peste et les hépatites et certains vaccins pour les animaux (comme celui contre la rage) leur évitent la maladie, mais empêchent également de la transmettre à l’homme.

         Revenons à la grippe.

             Certains ont peur que se faire vacciner vous transmette la grippe, ce qui est absurde, puisque ce vaccin utilise un virus inactivé, c’est à dire des morceaux d’ADN.
               Certains vaccins ont un adjuvant qui le rend plus actif, et malgré la polémique due à des personnes irresponsables et ignares, l’adjuvant à base de sels d’aluminium est efficace et sans danger, toutes les études faites ayant montré que les rumeurs qui courent étaient infondées.

              Mais il existe aussi pour ceux trop crédules, un vaccin contre la grippe sans adjuvant.

            Il y a très peu d’effets secondaires.
              Evidemment comme pour toute piqûre, vous pouvez avoir un nerf de touché ou faire un e petite inflammation locale. Bien sûr vous pouvez être très émotif, avoir peur des piqûres et tourner de l’oeil ou paniquer, mais ce n’est pas la faute du vaccin !!!
             En cas de rougeur ou gonflement du point d’injection, il faut appliquer une compresse froide. En cas de douleur ou de céphalée (le plus souvent émotionnelle) prendre un antalgique.
             Les réactions plus graves sont extrêmement rares et il faut alors consulter un médecin.
             Mais de nombreuses femmes enceintes et des enfants de 6 mois sont vaccinés sans qu’il ait été constaté de réaction nocive. 

            Le vaccin met 15 jours à trois semaines pour être pleinement efficace et protège pendant six mois à un an. Mais les virus grippaux évoluant, la composition du vaccin est adapté chaque année aux virus qui circulent. Evidemment, comme l’an dernier le virus peut muter après la vaccination et celle-ci est moins efficace.

           Le vaccin est gratuit pour les personnes de plus de 65 ans, pour celles atteintes de certaines maladies chroniques, ou possédant un indice de masse corporelle supérieure à 40 et pour les femmes enceintes. Il est pris en charge par certains organismes pour le personnel (crèches ou hôpitaux par exemple). Pour les autres personnes il est relativement peu cher (8 € environ) et pris en charge par les mutuelles, de même que le coût de l’injection par une infirmière.
            Et en se vaccinant on se protège, mais on protège aussi ses proches et l’environnement.

            En fait se faire vacciner, surtout si on est une personne à risque, est un geste citoyen.

           Et pour ceux qui ne se feront pas vacciner, si vous attrapez la grippe, il vaut mieux ne pas la transmettre, (Le virus se transmet par les aérosols de la respiration et éventuellement par les surfaces que vous touchez - on appelle cette contamination des « fomites »), et si vous ne l’avez pas encore attrapée, protégez vous, alors :
                   - lavez vous régulièrement les mains au savon,
                   - couvrez vous la bouche avec un mouchoir en papier quand vous toussez et jetez le aux ordures.
                   - limitez tous les contacts non indispensables.

         Mais la meilleure protection reste la vaccination.

     

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  •           Un correspondant m'a demandé d’expliquer ce qu’est l’ADN mitochondrial et ce qui le distingue de l’ADN normal (dit "nucléaire") dont j’ai parlé dans mes derniers articles, et à quoi il sert.
            Je vais essayer d’expliquer ce qu'est cet ADN, avant de parler du bébé à 3 ADN.

              Pour expliquer cela, il faut d’abord voir ce qu’est une mitochondrie. Cela vous rappellera sans doute les cours du lycée.

               Les cellules des mammifères et aussi de nombreuses plantes, ont un noyau. (on parle de cellules « eucaryotes »), entouré de membranes; autour de lui le reste de la cellule, que l’on appelle le cytoplasme.

               Le noyau est le siège principal de la synthèse d'ADN (lors de la réplication pour la division cellulaire) et d'ARN (pour la transcription en protéines).
              L’ADN du noyau est transporteur des principaux caractères génétiques : pour les humains, environ 25 000 gènes sont contenus dans 46 chromosomes (23 paire).
              Le gène est le morceau de chromosome qui code la synthèse d’une protéine.
              Comme nous possédons chaque chromosome en double, chaque gène est également présent en double dans nos cellules. Ces deux copies d’un même gène, appelées « allèles », sont différentes : une d’origine paternelle et une d’origine maternelle.
              La double hélice d’ADN  est semblable à une échelle dont les échelons seraient constitués de 2 « bases azotées » parmi 4 ; cytosine C opposée à la guanine G et adénosine A opposée à la thymine T. Chaque demi-barreau de l’échelle avec sa base azotée est appelé un nucléotide.
              La succession des paires  de base est le support de l’hérédité. L’ADN humain du noyau des cellules comporte environ 6 milliards de nucléotides (réparties en deux hélices d’environ 3 milliards de nucléotides, assemblés deux par deux).
              Chacune de nos cellules possède le même ADN, mais dans cet ADN des séquences différentes produisent des protéines différentes selon la nature et le rôle des cellules.

    Le bébé qui a trois parents !



        Dans le cytoplasme, on trouve de nombreux petits amas qui ont des fonctions différentes : les principaux sont l’appareil de Golgi, les ribosomes et les mitochondries.
        L’appareil de Golgi est un appareil de Golgie petite usine chimique pour les protéines. Il est constitué d’un empilement, comme des assiettes, qui contiennent des canaux et des citernes dans lesquelles se produit une réaction chimique particulière de transformation de protéines, ou des lipides, grâce à des enzymes spécifiques. Il stocke aussi du calcium. Les produits fabriqués sont ensuite stockés et acheminés dans des vésicules.
        Les ribosomes sont d’autres usines chimiques, composés de protéines, d’enzymes  et d’ARN, qui vont synthétiser les protéines à partir des morceaux d’ADn qu’elles reçoivent sous forme d’ARN.

    Le bébé qui a trois parents !    Les mitochondries sont de petits granules, de 1 à 3 microns de diamètre, et environ 10 µ de long, La mitochondrie est en quelque sorte une centrale énergétique, qui permet, à partir d'une molécule de glucose, la production d’une trentaine de molécules d’adénosine-triphosphate, (ATP), la substance chimique que peut directement utiliser la cellule pour fournir l’énergie nécessaire aux réactions chimiques internes.
        Dans une cellule il peut y avoir plusieurs milliers de mitochondries.

        Une particularité des mitochondries est de posséder un ADN propre différent de celui du noyau de la cellule On l’appelle ADN.mt
     Chez l’humain, il est très réduit, circulaire et ne comporte que 37 gènes et environ 16 570 paires de bases azotées. Il donne naissance à 24 ARN qui codent 13 protéines, qui règlent la production d’ATP et plus généralement d’énergie par oxydation ou deshydrogénase. Il ne contient pas de séquences répétitives.
        Autre particularité, lors de la fusion des deux gamètes, l’ADN.mt provenant du spermatozoïde mâle se dégrade et seul reste dans les mitochondries du foetus des cellules du foetus, l’ADN provenant de l’ovule de la mère.
        L’ADN.mt mâle n’est donc pas transmis par l’hérédité et l'ADN . mt provient donc uniquement de la mère.
        Des essais effectués sur les animaux ont montré que si on bloque les enzymes qui détruisent cet ADN.mt mâle, et que le descendant hérite alors des deux ADN.mt du père et de la mère, on constate une plus grande fréquence de maladies et une mortalité plus grande. La destruction de l’ADN.mt du donneur mâle correspond donc à une sélection bénéfique de l’évolution.

        En génétique humaine, certaines caractéristiques de l'ADN mitochondrial epermettent d’essayer de comprendre l'origine des populations humaines.
    C’est un ADN abondant dans les cellules, puisqu'il se retrouve à des milliers d'exemplaires par cellule, alors que chaque gène du noyau n'est présent, lui, qu'en 2 exemplaires (non identiques) par cellule. On peut retrouver de l’ADN.mt, alors qu’on ne peut plus retrouver d’ADN nucléaire, en raison de la dégradation du corps, notamment dans les os, les dents ou le système pileux.
    La vitesse de mutation est plus importante que dans le génome nucléaire, ce qui permet d'étudier des évolutions au cours du temps.
        L’étude des ADN mitochondriaques permet dans une certaine mesure d’étudier l’origine de certaines populations préhistoriques, notamment en paléontologie.
        L’identification d’une personne ne peut se faire que par comparaison avec l’ADN.mt de sa mère et n’est sure qu’à 99%. Elle ne permet donc pas d’identifier un suspect, mais juste d’exclure un innocent.

        Un fait assez extraordinaire : un bébé vient de naître au Mexique, porteur d’ADN en provenance du père, de sa mère et d’une autre femme. Il résulte évidemment d’une fécondation in vitro.
        L’ADN mitochondriaque de la mère transportait le gène d’une maladie neurologique et ses deux premiers enfants étaient morts de cette maladie (dite de Leigh).
        Pour éviter un nouveau décès il fallait donc éliminer ce gène défectueux.
        Les médecins ont prélevé sur une femme saine une ovule, dont ils ont enlevé le noyau et donc l’ADN nucléaire. Ils ont trnansféré dans cet ovule le noyau d’une ovule de la mère.
        L’ovocyte a donc alors les mêmes caractéristique génétiques (ADN) que celui de la mère, mais a l’ADN.mt de la donneuse, qui est sain. Il peut être alors fécondé in vitro par l’es spermatozoïdes du père.
        Le bébé a donc, comme un enfant normal les ADN de son père et de sa mère, et donc l'hérédité est celle de ses deux parents, mais ses mitochondries ont l’ADN.mt de la donneuse.
        Les journalistes écrivent qu’il a un papa et deux mamans, ce qui est idiot !

    Le bébé qui a trois parents !

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  •         De très nombreuses cellules de notre corps se reproduisent et par ailleurs toutes sortes de protéines sont nécessaires au contrôle de la vie.
            Il y a donc à chaque instant des millions de transcription d’ADN en ARN messager et forcément il y donc des erreurs qui peuvent se rpoduire et, même si le pourcentage est faible, cela constituerait un nombre d’anomalies incompatible avec le fonctionnement de notre organisme.
            Si le hasard produit de telles mutations, il existe par contre un mécanisme très rigoureux qui va les réparer et donc limiter de façon drastique le nombre de mutations réelles.


                      Anomalies de transcription :

            La partie droite de la figure montre trois types d'erreurs qui interviennent surtout au moment de la réplication de l'ADN et modifient sa séquence génétique .

    Mutations de l'ADN, réparation, épigénétique.


            Les deux premières lignes représentent le code initial, constitué de codons, (succession de 3 bases C G U A), chaque codon donnant lieu à la synthèse de l’acide aminé dont le nom est inscrit au dessous (ici méthionine, valine, glycine, histidine)
            Les anomalies sont montées sur les trois séquences de deux lignes suivantes :
                    - Insertion d'une base (U) supplémentaire,qui va tranformer toute la suite des synthèses des acides aminés et donc de la protéine qui ne sera plus celle attendue. (tryptophane au lieu de glycine)
                    - départ d'une base (G) qui dans ce cas particulier, va transformet le codon en stop (UAG) et la synthèse va s'arrêter et échouer.
                    - conversion d'une base (C) en une autre (A) ce qui va changer un acide aminé dans la séquence et donc modifier la protéine, s ses propriétés ou ses fonctions. (acide aminé sérine à la place de la glycine)
            Il peut se produire ainsi plusieurs milliers d'anomalies par jour et par cellule.

                     Réparation des anomalies :

            Des protéines inspectent en permanence les hélices d'ADN pour détecter les erreurs et amorcer les réparations, selon le schéma ci dessous.

    Mutations de l'ADN, réparation, épigénétique.

            Une protéine MutS inspecte le brin d'ADN ou d’ARN et repère une anomalie.
    MutL « voit » que MutS a trouvé une erreur et elle active alors une autre protéine MutH qui va couper le brin défectueux en aval et en amont.
            Une enzyme ADNpolymérase intervient alors pour resynthétiser correctement le brin manquant et une ADN ligase va refaire la liaison finale avec le brin d'ADN.
            Ainsi la plupart des anomalies sont corrigées permettant aux protéines adéquates de remplir leurs fonctions vitales.

                       L’ADN silencieux :

            Un gène est une séquence d’ADN qui, par le mécanisme que noous avons décrit, contr ôle la transcription d’un ARN, qui génèrera ensuite un enchaînement d’acides aminés et une protéine particulière spécifique.
            Tant que l’ADN n’est pas transcrit, la protéine n’est pas produite.
            Quand le transcription s’effectue, on dit que le gène “s’exprime”.

            L’ADN humain comporte environ 3 milliards de nucléotides (paire de bases face à face) et environ 30 000 gènes, support de l’hérédité des cellules..
            Mais ces gènes ne représentent que 30 % de l’ADN
            Les 70 % restant semblent ne servir à rien et sont ce que l’on appelle “l’ADN silencieux”
            On ne sait pas à quoi il sert. On pe,nse que certaines parties sont des restes d’anciens gènes désactivés au cours de l’évolution.
            Mais il est possible également que certaines parties soeint responsable de l’activation ou non de certains autres gènes.

                      L’activation des gène : l’épigénétique.

            Un gène existant n’est pas automatiquement exprimé et il semble que de nombreux gènes ne s’expriment jamais.
            Il est possible qu’une partie de l’ADN silencieux soit constitué de gènes que nous ne connaissons pas parce qu’ils s’expriment rarement et que la recherche dans ce domaine est à ses débuts
            On a vu que, pour que la transcription se fasse, il fallait que l’ADN soit redéplié et que la double hélice soit séparée localement au niveau du gène à répliquer.
            Il semble que dans de nombreux cas, cette ouverture de l’ADN ne se fasse pas et le gène ne peut pas s’exprimer.
            Cet empêchement d’ouverture est dû à de légères modifications chimiques qui se sont produites dans la chaine d'ADN, et qui sont ensuite transmises aux cellules filles suivantes.
            La plus connue de ces modification est l’apparition de radicaux méthyl (-CH3), lesquels semblent empêcher l’ouverture de la chaîne à leur emplacement et donc l’expression du gène correspondant.
            Certains gènes correspondant à l’apparition de maladies sont ainsi bloqués et si à un moment donné ce blocage chimique disparaît, le gène s’exprime et la maladie se produit.
            On pense que cela pourrait être une explication de certains cancers.
            Il est probable que ce serait une explication des maladies immuno-déficientes.
            Certains chercheurs pensent également que de nombreuses personnes possèdent un gène de la schizophrénie, mais que ce gène ne s’exprimerait pas. Mais un traumatisme, une modification environnementale, une alimentation particulière... pourraient détruire le blocage de ce gène et la maladie se manifesterait alors.
            Ce type d'apparition doit être possible pour de nombreuses maladies génétiques.


            L’épigénétique est une science encore à ses débuts mais des progrès vont probablement dans les années qui viennent, permettre de comprendre l’origine de certaines maladies et donc sans doute de les soigner.

           J’espère que la lecture de ces articles ne vous a pas trop fatigué(e)s. 
           J’ai essayé de les simplifier au maximum.
           Dans mon prochain article j'expliquerai le cas du "bébé à trois parents".

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  •           Aujourd’hui je vais essayer de vous expliquer comment se présente l’ADN dans nos cellules.

                         D’abord quelle est la structure de l’ADN ?

               L'ADN est formé de deux chaînes symétriques de désoxyriboses (voir schéma ci dessous),  composés de sucres reliés par des phosphates. Entre ces deux chaînes, les bases azotées (C, G, T, A) sont liées par une liaison chimique normale aux sucres, mais reliées entre elles par des liaisons plus faibles, qui ressemblent à des attractions magnétiques.
               La cytosine C est toujours opposée à la guanine G et la thymine T à l'adénosine A.
               La structure de l'ADN est hélicoïdale comme le montre le schéma de droite.

    L'ADN dans nos cellules

             Les liaisons faibles entre bases (C-G ou T-A) peuvent être plus facilement rompues de telle sorte que les deux chaines s'ouvrent comme une fermeture éclair, grâce à l'action de protéines particulières.
             Un enzyme, l’ADN-polymérase resynthétise la chaîne opposée de chacune des deux châines qui se sont séparées, de telle sorte que l'on ait ensuite deux ADN identiques. (je vais montrer comment plus loin)
             Les cellules qui se reproduisent gardent donc le même ADN, support de leur caractéristiques héréditaires.

                    L’ADN dans nos cellules :

            Il est étonnant que l'ADN qui, déroulé, mesure environ 2m de long, arrive à tenir dans les chromosomes du noyau d'une cellule, donc dans un espace inférieur au micron. (le millième de millimètre)
        L'ADN est enroulé et compacté en plusieurs étapes :
        D 'abord il est enroulé autour de 8 molécules appelées histones (à gauche, largeur 10 nm; cela ressemble à un jeu de boules lol), qui sont assemblées six par six, à la suite les unes des autres. Ce sont les nucléosomes.
        Ces filaments de nucléosomes hexaédriques font environ 30 nm (un nanomètre = 1 milliardième de mètre),et sont compactés (figure de droite) pour former la chromatine.

     

    L'ADN dans nos cellules

                                Reproduction de l'ADN :

               Je vais très rapidement vous montrer comment l’ADN se reproduit identique à lui même (en biochimie on dit qu'il se réplique).
               C’est une usine chimique complexe dont les “ouvriers” sont des protéines spécialisées (des “ases” ou enzymes), qui du fait de leur formule chimique dans l’espace tout à fait spécifique, agissent en un endroit très précis de l’ADN, pour y favoriser une réaction de transformation, qui consomme de l’énergie.
              Cette énergie est apportée par une molécule particulière fabriquée par notre organisme à partir du glycogène que nous stockons : l’ATP ou adénosine tri-phosphate. De plus du magnésium (Mg ++) est nécessaire pour stabiliser les phosphates, d’où l’importance de cet élément pour notre organisme.
     

    L'ADN dans nos cellules

              On commence par décompacter la chromatine pour libérer le brin d’ADN (on défait le compactage que je vous ai précédément expliqué, un peu comme votre PC décompacte un document pour que vous puissiez le lire.)
              Alors qu’une première protéine maintient fermée la double hélice à l’arrière du “chantier”, une autre "ase" déroule puis sépare les brins de l’hélice, tandis qu’une troisième maintient en place cette forme linéaire, comme le feraient des pinces.
             Puis une protéine va réaliser des “briques” pour fabriquer de nouvelles chaînes, morceaux élémentaires de sucres, phosphates et bases puriques (C, G, T, A). Deux protéines vont alors progresser le long de chaque brin et resynthétiser la chaîne de l’hélice et des barreaux, complémentaire de celle existant en face et qui a été séparée.
            Un premier brin est définitif, le second brin a une extrémité en plusieurs exemplaires et avec un léger retard sur le premier brin, la bonne structure est choisie pour qu’il y ait parfaite complémentarité.
            Enfin une autre série de protéines va à nouveau enrouler et compacter le brin et, en même temps, les chromosomes, puis les noyaux cellulaires, puis les cellules elles-mêmes vont se diviser pour donner deux cellules identiques à celle à l’origine.

                         Le génome humain :

            
    Le séquençage du génome humain s'est achevé en 2003 et une version complète est accessibles aux chercheurs, en ligne, sur internet. Elle correspond à un séquençage à 99% de la partie comprenant les gènes et à 90% des 3 milliards de nucléotides. Mais Il faut ensuite caractériser les 30 000 gènes environ qu'il comporte.
           Les gènes ne représentent que 30% des nucléotides, le reste représentant « l'ADN silencieux » dont il reste à découvrir le rôle exact dans l'expression des gènes.
           Le séquençage est difficile et nécessite des programmes performants d'ordinateur.
           On ne peut déterminer que des séquences de quelques milliers de bases qu'il faut ensuite assembler. Chaque séquence est réalisée en faisant des milliers de fragments à partir d'un nucléotide fixe unique, et on sépare ces éléments par électrophorèse (migration dans un gel) de telle sorte que leur longueur ne diffère que d'une seule base qui est ensuite caractérisée ;
           La quantité d'ADN, contrairement à ce qui a été longtemps supposé, n'est pas proportionnelle à la complexité d'un organisme.
           La comparaison entre le génome humain et celui de mammifères comme la souris est très important pour la compréhension des mécanismes génomiques.

          Dans le prochain article, je vous parlerai de l’ARN messager qui transfère les caractéristiques de l’ADN pour “fabriquer” nos protéines.

     

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