• Sans sommeil, nous ne pouvons vivre ! (6)

              Maintenant que nous savons ce qu’est le sommeil et comment il survient, essayons de comprendre à quoi il sert.

              Le sommeil permet d’abord à l’organisme et plus particulièrement au cerveau, de se reposer, et de se régénérer.
             
    Pendant notre sommeil notre corps est au repos, et le cerveau aussi en partie et ils consomment moins d’énergie. La chaleur corporelle diminue, le rythme cardiaque et la pression sanguine diminues et le corps (et notamment le cerveau) consomment moins de glucose et d’oxygène.

              Il semble que cette diminution de la dépense énergétique serait en grande partie à une diminution de dopamine et d’acétylcholine.
              C’est aussi pendant le sommeil à ondes lentes que sont synthétisées les hormones de croissance.

              Le cerveau produit comme tout l’organisme des déchets, notamment des protéines. Pour s’en débarrasser le cerveau produit du liquide cérébrospinal (environ 0,5 litre par jour). Il pénètre entre les cellules gliales, aidé par des protéines qui agissent comme des pompes. Les neurones se débarrassent des déchets dans ce liquide interstitiel et ceux -ci sont entraînés jusqu’aux vaisseaux sanguins et seront ensuite détruits, notamment par les reins.

    Sans sommeil, nous ne pouvons vivre ! (6)

              Par ailleurs de nombreuses études ont montré que des durées de sommeil insuffisantes étaient nuisibles à la santé : le schéma ci-dessous l’explique :

    Sans sommeil, nous ne pouvons vivre ! (6)

              Chez une personne qui manque de sommeil l’estomac produit plus de ghréline, l’hormone qui stimule l’appétit et le tissus adipeux produit moins de leptine, l’hormone de la satiété. A moyen terme, cela favorise l’obésité.
              Le manque de sommeil altère aussi le métabolisme du glucose, ce qui est un facteur de risque de diabète.

    Sans sommeil, nous ne pouvons vivre ! (6)         
    Il apparaît de plus en plus que le sommeil , non seulement par sa durée, mais aussi par sa qualité, participe de façon importante aux rythmes et aux taux des sécrétions hormonales et à la régulation du système nerveux autonome , et par là contribue à l’apparition des pathologies qui modifient notre espérance de vie comme le diabète , l’hypertension artérielle , l’obésité , l’altération de la mémoire, la dépression...et toutes les régulations cérébrales qui peuvent accélérer ou ralentir le vieillissement.
              Une étude  a même mis en lumière un lien à long terme entre la longévité et un manque ou un excès chronique de sommeil (voir le graphique ci-dessus)

              On peut donner des explications plus détaillées des perturbations entraînées par le manque de sommeil.
              On note des effets sur les neuromédiateurs du cerveau :
                        - le taux de dopamine diminue, donc les capacités d’apprentissage et le circuit de récompense est moins actif ce qui diminue la motivation et dégrade l’humeur.
                        - l’acétylcholine, qui augmente la conduction nerveuse, est essentielle pour la commande de tous nos muscles, et qui participe à la lutte contre le vieillissement, voit son activité fortement diminuée.
                        - le GABA, qui est le neuromédiateur modérateur, participant à l’action régénératrice dans le cerveau et luttant contre le vieillissement, a son activité restreinte et son action calmante est perturbée.
                        - la production de sérotonine est également perturbée et donc notre humeur.

              Les effets sur les hormones sont importants, car l’hypophyse que commande l’hypothalamus voit ses modes d’actions très influencés par le sommeil. Or l’hypothalamus par son intermédiaire commande d’une part le système nerveux autonome (orthosympathique et parasympathique) et d’autre part toutes les glandes hormonales du corps.
              Habituellement pendant le sommeil, le système sympathique activateur  est mis au ralenti, tandis que le parasympathioque qui a un rôle de freinage est activé. Des sécrétions d’hormones sont liées à cet équilibre qui est perturbé si la quantité de sommeil diminue.
              Les hormones sympathiques (adrénaline, noradrénaline, oestradiol, hormones thyroïdiennes ..) se trouvent en excès par rapport aux hormones parasympathiques (mélatonine progestérone, testostérone, hormone de croissance...) et cela va perturber le métabolisme, l’immunité, et la qualité de vie d’une manière générale.
              La mélatonine a un rôle anti-oxydant et protecteur dans le cerveau et le manque de sommeil qui réduit sa sécrétion, va diminuer mémoire, attention et tout le rôle prévisionnel du cortex préfrontal.
              Le taux de cortisol augmente surtout le matin, ce qui diminue à la longue, les défenses immunitaires et accélère le vieillissement et favorise l’obésité et le diabète.
              Les sécrétions nocturnes d’hormones thyroïdiennes diminuent avec le manque de sommeil d’où en général une fatigue grandissante.
              Le pic nocturne d’hormone de croissance est réduit en deux petits pic, ce qui modifie la tolérance au glucose. et prédispose au diabète car  l’aptitude de l’organisme à métaboliser le glucose est diminuée; elle peut chuter de 40% chez les gens dormant moins de 6 heures par nuit, ce qui conduit à des symptômes correspondant aux premiers stades du diabète.

              Dans le prochain article je traiterai les effets du sommeil sur la mémoire et sur les souvenirs accumulés dans les journées de notre vie

     


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