• S'adapter à la vie d'aujourd'hui.

    S'adapter à la vie d'aujourd'hui.

         Hier je faisais quelques réflexions sur “vivre sa vie”  il y a 70 ans dans les années 1945/50, et je me demandais si vivre sa vie, c’était aussi en être prisonnier, mais vu le contexte particulier, les énormes différences avec l’environnement actuel, rien d’étonnant que l’on vive aujourd'hui une vie très différente.

        Je ne vais pas raconter comment vous vivez votre vie aujourd’hui, vous le savez mieux que moi.
        Par contre peut être puis-je vous intéresser en me demandant si moi, j’ai pu m’adapter, malgré mes 87 ans, à la vie d’aujourd’hui et si j’ai succombé également à certaines des idées reçues de notre époque actuelle !


        Il est certain que l’une des grandes caractéristiques des 30 dernières années, c’est le développement extraordinaire des moyens de communication et corrélativement des médias : radio, chaînes hifi, cinéma puis télé et corrélativement CD et DVD, et entre les personnes téléphone fixe, puis portable, et internet, messagerie, blogs, réseaux sociaux de toutes sortes et Messenger notamment. Parallèlement un outil a pris une énorme place dans notre vie, le micro-ordinateur.

        J’ai autrefois manipulé de gros ordinateurs et comme tout ingénieur, j’ai dû apprendre à programmer pour suivre le travail de ceux qui y faisaient de la simulation des phénomènes et des calculs techniques.
        Les premiers ordinateurs datent de 1978 et j’en ai eu un pour mon travail en 1980. Il y a eu plus de 2000 macintoshs dans mon entreprise et j’avais fait mettre en place un réseau intérieur qui ressemblait à internet.
        J’ai toujours eu un micro, je tape plus vite que je n’écris à la main, mon mac est pour moi un outil de recherche, d’écriture, et de classement des informations que je vais régulièrement rechercher dur des sites internet.
        Là je vous ai donc précédé(e)s et je n’ai vraiment pas de problème, sinon les dépannages de ceux qui en ont sur leur ordi et presque toutes mes communications passent par la messagerie. J'arrive à me débrouiller sans trop de problème avec les blogs : c'est plutôt le temps qui me manque !
        Mais je n’aime pas Messenger ou équivalents. Ou on mène 4 conversations à la fois, et là gare à l’erreur, ou s’il n’y a qu’un interlocuteur, on perd un temps fou à taper et à attendre l’autre. Vive le téléphone !
       
        Radios, chaînes hifi et CD, télé et DVD ne posent pas de grands problèmes d’emploi. La seule chose, c’est que depuis l’avènement des circuits intégrés qui ont replacé les bonnes vieilles cartes à transistors, je ne sais plus dépanner ces appareils que la société de consommation nous oblige à remplacer trop vite, soit par obsolescence, soit par manque de fiabilité.
        Par contre j’ai des problèmes avec les téléphones portables : je m’en sers peu, car j’ai presque toujours un téléphone fixe près de moi et c'est peu onéreux; mon portable  a au moins 7 ans !! Je mets I/4 d’heure à écrire 3 lignes de SMS (riez bien !!) et je suis tellement habitué aux grands écrans de télé et d’ordinateur que je ne vois pas l’intérêt d’avoir la télé ou internet sur le téléphone portable. J’ai une tablette, mais elle ne me sert qu’en déplacement ou quand je fais des conférences pour faire des projections powerpoint, et pour chercher des définitions sur internet quand je fais des mots croisés en famille.
       Et le plus souvent, si on m'appelle sur le téléphone portable, je mets tellement de temps à trouver où je l'ai mis, que mon correspondant est passé sur la messagerie.!

        J’avoue que ce que j’ai aussi du mal à.comprendre, ce sont les sujets de conversation, des ados comme de certains adultes, soit sur les réseaux sociaux, soit par SMS. Je trouve qu’ils perdent un temps fou pour ne dire que des banalités sans importance, ni utilité. Il m’est arrivé quelquefois de lire certains enregistrements Messenger de 20 à 30 minutes et de résumer les choses importantes dites : cela tenait en cinq à dix lignes !!
       Je suis aussi effaré du nombre d'inexactitudes ou d'âneries qui circulent sur les réseaux sociaux.
       Et ils servent bien souvent à rassembler les lecteurs ou les foules et c'est là, aujourd'hui l'une des principales causes de comportement moutonnier.

        Je regrette aussi qu’on ne vous apprenne pas mieux à chercher de la doc sur internet et à faire des exposés sur powerpoint (ou autre logiciel analogue), car il y a des règles précises à respecter et une multitude d'astuce pour faire une bonne présentation.
        Par contre je cède à la mode : j’ai lu Tintin, je lis Astérix et Luky-Luke ^^.
        Et je lis plutôt un livre qu’on m’a recommandé ou un “prix littéraire”, car je fais confiance à ceux qui les ont déjà lus. Est ce être mouton ? Peut être !

        Quant aux médias, j’en ai une piètre opinion. Je constate que les journalistes n’intéressent les gens que par du sensationnel et du voyeurisme, qui se font au dépens de la vérité. Ils ne contrôlent pas leurs sources, ne se font pas aider par des personnes compétentes et disent d’énormes bêtises et souvent de bon sens, sans parler de fautes de français en pagaille.
        Par ailleurs la ciné et la télé en raison de ce qu’ils diffusent et qui est loin d’être neutre, déforment dans l’esprit de tous, l’image de nombreuses de nos actions et ils sont à mon avis, en partie responsables de l’exagération de nos envies et de nos désirs et de l’explosion de la violence.

        Une deuxième caractéristique de notre époque est le développement et l’emprise de la société de consommation, certes à travers les médias et la pub, mais aussi par la comparaison incessante de ce dont dispose chacun à ce que possède son voisin.
        Je suis toujours surpris lorsqu’un jeune me dit qu’il est très stressé parce que ses parents ont refusé de lui acheter telle ou telle chose et que je lui demande les raisons profondes de cette envie : dans 80% des cas on me répond : c’est parce que mon copain C ou mes camarades ont déjà cela !
        Je n’ai jamais beaucoup regardé ce que possédait mon voisin, et les objets de mes envies avaient des buts très précis et définis, tout à fait personnels ou familiaux.   
        De même j’ai du mal à comprendre votre envie de “marques” et personnellement j’ai toujours essayé de raisonner en “qualité-prix” quelque soit la marque du produit.
        Je trouve que les médias et la société de consommation ont développé aujourd’hui un souci exagéré de l’opinion d’autrui, du qu’en dira t’on, qui s’apparente à l’esprit moutonnier en faveur de l’avis du plus grand nombre.
        J’avoue me soucier assez peu de ce que les gens pensent de moi, sauf en ce qui concerne ceux que j’aime, et je ne m’en porte pas plus mal.
        Contrairement à ce que croient beaucoup, la “mode” n’est pas une façon d’être original(e), mais au contraire de se mettre inconsidérément à la remorque de gens qui vous manipulent, le plus souvent par esprit mercantile ou par goût du pouvoir. Céder à la mode, c’est toujours un peu abdiquer sa personnalité. Il ne s’agit pas d’être original à tout prix, mais d’être conscient de ses actes et de la part de responsabilité qu’on y prend.

        Une troisième caractéristique importante est l’évolution de l’éducation et de l’instruction, mais là je suis coté parents, de l’autre coté de la barrière.
        Une de mes filles est puéricultrice, j’ai dans ma famille des professeurs, je discute avec beaucoup de jeunes et je trouve que à part quelques parents trop sévères, la majorité considèrent que pour que son enfant vous aime, on ne doit rien lui refuser, et ces parents sont d’un  laxisme effarant. Beaucoup également sont pris par leur travail et s’occupent peu de leurs enfants et croient que tout est dit du moment que ceux-ci ont leur confort matériel.
        La plupart des parents croient notamment que les puéricultrices et les professeurs peuvent éduquer à leur place leurs enfants, sans se rendre compte que la plupart des habitudes (bonnes ou mauvaises) sont prises avant 6 ans et même pour les plus générales dès que l’enfant comprend la parole, puis sait parler.
        Je suis très étonné du fait que, alors que nos moyens de communiquer ont été amplifiés de façon révolutionnaire, la communication entre les jeunes, leurs parents et leurs professeurs est beaucoup plus mauvaise qu’autrefois.
        De même je constate que des frères et soeurs vivent comme s’ils étaient des enfants uniques, alors que j’ai comme expérience une cellule familiale où parents et fratrie partageaient leurs activités de loisir, les parents suivaient le travail des enfants et ils essayaient de les intéresser au métier qu’ils faisaient.

        Enfin, point qui évidemment ne me touche qu’indirectement vu mon âge, c’est l’évolution chez les jeunes des relations d’amitié et d’amour avec ce phénomène du ou de la petit(e) ami(e).
        J’ai beaucoup écrit à ce sujet et je vous renvoie à mes articles.
        Certes j’estime que priver les jeunes de la pilule et du préservatif, ou les empêcher de faire un “essai” de vie en commun sans être mariés serait un grave retour en arrière.    
        De même obliger les gens qui ne s’entendent plus du tout à continuer à vivre ensemble et à se disputer en permanence serait néfaste.
        Par contre je constate tous les jours les dégâts sur des enfants et ados, des engueulades et divorces des parents, et je vois aussi combien la mode du petit ami fait des ravages parmi mes jeunes correspondantes, la plupart de leur tristesse provenant de chagrins d'amour.
        Je pense que les médias qui ont mis dans les esprits, un modèle d’amour basé sur une simple attirance, qui est passager et sans lendemain, et qui ont déresponsabilisé les couples dans le fait d’avoir des enfants (ou des animaux domestiques car c’est devenu presque pareil chez certains) et de les élever, ont une grande responsabilité dans la tristesse, voire le désespoir passager que je rencontre chez les jeunes que j’essaie d’aider.

        Si je reviens à mon adaptation à la vie dans le monde moderne, je constate que je n’ai guère de mal à m'adapter aux contraintes matérielles.
        Par contre je n’abandonne les règles de vie que l’on m’a données dans ma jeunesse et que j’ai acceptées et intégrées dans ma personnalité, que dans la mesure où les faits et l’observation d’autrui me montrent qu’un solution différente; mieux adaptée au monde moderne est bénéfique.
        Je reste persuadé au contraire que certaines modes actuelles ne sont pas bénéfiques quand elles tendent à déresponsabiliser l’individu, à le rendre esclave de ses désirs sans raisonner au préalable, et à lui faire adopter un comportement moutonnier de consommateur.
        Mais j’ai eu une grande chance car, quand j’étais en activité, j’ai connu une période de plein emploi. Actuellement une des caractéristiques importante de l’évolution de notre monde est la mondialisation et le chômage. Mais ce n’est malheureusement ni un phénomène de mode, ni une tendance moutonnière.

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