•           A la suite due mon article sur "l'effet GPS", on m'a demandé des explications sur le rôle de l'inconscient et sur notre mémoire. J'ai fait deux articles sur l'inconscient et je vais les compléter par deux articles sur nos mémoires. En effet ce que nous appelons "notre mémoire", correspond à plusieurs processus différents.
            Nous allons pour cela nous servir des deux schémas ci dessous :

    Savez vous ce que sont nos mémoires ?

     

    Savez vous ce que sont nos mémoires ?

            Nous avons cinq principaux types de mémoire :

             La mémoire perceptive est la mémoire des perceptions avant même qu'elles aient une signification. 
             Dans la perception visuelle, on perçoit parfois une forme avant de l'identifier. Déja à ce stade, le cerveau garde une première trace de ce qu'il a perçu. En voyant le fragment d'un motif visuel, le cerveau réactive la trace mnésique de la forme  et l’identification n’intervient qu’ultérieurement.
            La mémoire perceptive retient donc les formes, les couleurs, la situation dans l’espace, le mouvement et tout ce qui est lié à la vue. Elle retient également ce qui a trait aux sons, leur intensité, leur hauteur, les consonnances. Elle analyse les impressions du toucher, mais elle mémorise également l’état et les sensations liées à nos muscles, à nos viscères.... Enfin elle classe les sensations de l’odorat et du goût, qui sont en partie liées.
            Les perceptions de nos cinq sens sont interprétées dans des centres spéciaux, en liaison avec le thalamus qui coordonne 40 fois par seconde, les sensations qui se rapportent à un même objet.
           La plupart de ces sensations s'effacent au bout de quelques secondes ou quelques minutes.
           Mais le cortex préfrontal peut décider de garder l’information en mémoire (ce peut être une information ponctuelle, ou toute une scène complexe). Il oriente éventuellement les sens pour avoir des sensations complémentaires, car il peut avoir besoin de plus d’information pour prendre une décision. Puis il demande à l’hippocampe de faire mémoriser l’information ou  le souvenir en cause.
          S’il s’agit d’une information dont la nécessité est transitoire (où ai je garé ma voiture), les neurones de l’hippocampe se chargent de la garder, jusqu’à ce que le cortex préfrontal lui dise qu’il n’en a plus besoin (j’ai repris ma voiture). L’information s’efface alors peu à peu.

            La mémoire épisodique est celle qui classe et retient les scènes bien localisées dans le temps et dans l’espace, faites de perceptions, mais aussi de liens avec des événements, des sentiments. Bref c’est la mémoire des souvenirs des moments successifs de notre vie.
            
    Si le cortex préfrontal décide que c’est un souvenir à conserver à long terme, l’hippocampe va mettre à contribution les neurones du cortex temporal pour conserver une trace du souvenir en liaison avec les autres parties du cerveau.
           Pour cela il faut renforcer les liaisons entre synapses  des neurones qui vont intervenir dans  le rappel du souvenir.
           On pense que pendant la nuit, l’hippocampe et le thalamus, jouent à la « pompe à souvenir », et font circuler toutes les données des souvenirs récents, qui « tournent en rond » dans le cerveau émotionnel, renforçant ainsi à chaque "passage" les liaisons entre les neurones qui constituent le souvenir.
           Mais un souvenir complexe est fait de très nombreuses données. Notre attention peut ne pas être portée sur tous ces détails et certains ne sont peut être pas transmis au patron, le cortex préfrontal. Celui ci peut aussi négliger certaines informations qu’il ne juge pas importantes. Donc si l’on mémorise une scène, il est probable que de nombreux détails ne seront pas consolidés dans la mémoire à long terme et seront peu à peu détruits.
           A l’inverse l’hippocampe fait un « paquet » des informations du souvenir, et donc va stocker ce paquet, y compris sans doute des informations sans intérêt.
           Si par la suite on ne pense jamais à ce souvenir, les connexions entre neurones s'affaiblissent peu à peu et le souvenir tombe dans l'oubli.

           La mémoire lexicale est celle du langage, des mots que nous connaissons, et de leur prononciation, de leur orthographe, des règles de grammaires et de syntaxe.
           Je ferai par la suite des articles sur le langage. Disons pour le moment que deux centres, le centre de Wernicke et le centre de Broca sont chargés, le premier de comprendre le langage et le second, de l'élaborer et le prononcer. Ils s'appuient pour cela sur un centre qui en grange la mémoire des mots, classée par catégories : le centre de Geschwind.

             La mémoire déclarative est celle de nos connaissances générales que nous accumulons. C’est ce que nous avons appris lors de nos études, dans notre métier, dans nos lectures, mais aussi la mémoire de notre expérience acquise peu à peu. 
            Elle est liée surtout au langage, bien que les perceptions soient aussi à l’origine de sa construction (on apprend en percevant). Elle contient néanmoins des perceptions comme par exemple la forme, la couleur, le champ d’un oiseau et éventuellement le goût si nous l’avons mangé cuit.... mais aussi des données comme son appartenance à une classification, ses conditions de vie,..    
            Elle est organisée en items, regroupés en thèmes et liés entre eux, logiquement.
            Ses données assez éparses chez l’enfant, se réorganisent lorsque l’enfant apprend à parler, des liens se créant entre les données appartenant à une catégorie, à un phénomène, à une chose, à une personne ou un animal donnés....
            Elle est hiérarchique car elle regroupe ces données en catégories plus générales (comme en botanique ou zoologie) et de ce fait résulte d’une certaine logique.
            Elle peut se détacher de la perception dans des concepts abstraits.
            C’est elle qui est la base de nos actions et de nos raisonnements.

            Enfin le mémoire émotionnelle est celle de nos émotions passées, de nos sentiments, des pulsions que nous avons, des traumatismes éventuels également. C'est aussi le souvenir de nos peurs, de nos colères, de nos réactions impulsives.
              Ce sont essentiellement les centres amygdaliens qui sont la plaque tournante de ces souvenirs, qui évidemment pour s'assembler demandent la collaboration des autres centre pour y associer des images et des mots.

              La mémoire de travail est à l'oeuvre à tout instant de notre vie consciente. C'est elle qui maintient présentes à l'esprit les informations dont nous avons besoin en temps réel pour parler, imaginer, réfléchir, calculer.....

           C’est d’abord une mémoire tampon qui retient un court instant nos perceptions, dans la mesure où nous en avons besoin (par exemple pour reconnaître une personne, identifier un son...)
           Mais c’est surtout une mémoire de transit d’informations appelées par notre cortex frontal lorsqu’il raisonne, pour stocker les données dont il a besoin.
           On distingue alors en elle, la “boucle phonologique” qui permet de retenir provisoirement des mots, des chiffres, des idées, et le “calepin visuo-spatial” qui stocke de façon intermédiaire des images et des positions dans l’espace et qui permet ensuite de les représenter mentalement (par exemple pour reconnaître un animal, un itinéraire, assembler un meuble d’après un plan ...)

             Je parlerai dans un prochain article de la mémoire procédurale, celle qui  l’apprentissage et le stockage de procédures, de modes opératoires, des automatismescomme apprendre à marcher, à skier, à faire du vélo, à nager, à taper sur un clavier d’ordinateur ou de piano.....

           

     

     

     

     

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  • Notre inconscient nous sert en permanence.

     

     

         Nous avons défini dans le précédent article ce que pouvait être l’inconscient, mais cela ne nous définit pas son rôle.
        L’importance de l’inconscient dans notre comportement est très grande.


        Nous avons vu que nous enregistrons, pour des temps très courts ou plus longs, des images, sons (dont le langage), et autres sensations de nos cinq sens et que, de plus, nous recevons dans notre cerveau, des information sur l'état de nos muscles et de nos viscères, ainsi que sur la position et la contraction de nos muscles.
         La plupart de ces informations ne nous servent pas consciemment et d’ailleurs sont détruites ensuite (les connexions ne sont pas renforcées et disparaissent d’elles mêmes notamment au cours du sommeil).

        Certaines images, certains sons, certaines autres sensations sont cependant conservées (notamment celles qui ont un  grand impact émotionnel, dont beaucoup sont conscientes, mais certaines inconscientes sont aussi mémorisées à notre insu). Ces sensations peuvent ensuite dans certaines circonstance surgir consciemment, ou même avoir une influence sur nos décisions ou comportements, sans que nous nous en rendions compte, car d’innombrables connexions se produisent à tout instant à notre insu, quand un processus conscient est engagé.
        Certaines études ont confirmé qu’un geste inconscient ou un mot anodin peut déclencher un « amorçage », et orienter une décision, un choix, un comportement. Elles mettent en évidence que des motivations subliminales (sensations au dessous du seuil de perception conscient), utilisent les mêmes processus mentaux - la mémoire de travail et les fonctions exécutives - que les actes conscients, et que les gens se méprennent souvent sur les raisons de leurs comportements, car ils sont influencés par des pulsions inconscientes.

        Un autre domaine d’action de l’inconscient est celui de tous les automatismes et actes réflexes. C’est évidemment vrai pour des réactions réflexes physiologiques, au niveau de la moelle épinière (réaction à la brûlure, à la douleur…), au niveau du cervelet (faire du vélo, conduire une voiture, manger, boire …) ou du cerveau lui même (réaction d’évitement devant un danger..).
        Mais cela est vrai pour des réactions beaucoup plus intellectuelles et émotionnelles.
    Il nous faut exercer un effort volontaire et conscient pour nous défaire de nos préjugés. Plus l’influence de l’inconscient est forte, plus le contrôle cognitif conscient doit être important pour la surmonter.
        Cela concerne par exemple les addictions, la perception que nous avons d’autrui, le jugement sur notre environnement ou sur une situation donnée.
        Par exemple, lorsque nous rencontrons quelqu’un que nous ne connaissons pas, une première impression est présente en nous, avant même que nous n'ayons commencé à lui parler. Nous notons la couleur de sa peau, son sexe, son âge…, caractéristiques qui, une fois perçues se connectent automatiquement à des stéréotypes sur la façon dont les membres de ce groupe sont supposés se comporter. Ces croyances relatives à un groupe social sont souvent inexactes pour l’individu en cause, qui n'a généralement rien fait
    pour mériter aucune de ces impressions, qu'elles soient bonnes ou mauvaises.
        Les gens ont du mal à connaître la cause de leurs sentiments positifs ou négatifs, et se trompent souvent, quelque soit leur rôle et leur intelligence ou leur professionnalisme.

        Mais l’action de l’inconscient est plus vaste que les stéréotypes et les préjugés. Il influence nos actes.
        En particulier nous avons une propension innée qui est d’imiter autrui, non seulement dans ses expressions, mais aussi dans ses comportements.
        Et nous avons tendance à essayer inconsciemment à la place d’autrui, pour mieux le comprendre : c’est le rôle inconscient des « neurones miroirs ».
        Les centres d’apprentissage, qui sont aussi les centres du plaisir, agissent la plupart du temps de façon inconsciente, nous donnant la motivation de l’action. Ils calculent automatiquement le bénéfice de certaines actions et nous poussent vers la satisfaction maximale, de façon le plus souvent inconsciente.
        Mais si ses centres nous dictent un comportement égoïste, d’autres nous amènent à avoir un comportement altruiste et sont sensibles aux impressions que nous font les autres et à ce que nous pourrions faire pour eux.
        Les sentiments et les jugements inconscients que nous avons pour, ou sur, une personne, nous dictent notre comportement, parfois consciemment, mais le plus souvent sans le savoir.
        
        Des études ont montré que lorsque nous avions un problème à résoudre, dans de nombreux cas, la réponse était intuitive, ce qui ne veut pas dire qu’elle était réflexe, mais en fait une réflexion inconsciente et rapide, menée par le cortex émotionnel et probablement en partie par de cortex préfrontal.
        Et l’on pense actuellement que lorsque nous refléchissons aux solutions d’un problème, derrière la partie rationnelle consciente de recherche de solution, se cache une consultation du cerveau émotionnel par le cortex préfrontal, qui lui demande une « simulation émotionnelle » des conséquences des diverses sortes de décisions conscientes.
        En définitive, le rôle de l’inconscient est beaucoup plus important que ne le pensait Freud, car il n’est pas limité à nos désirs et pulsions, mais intervient dans tous nos actes, et les problèmes sexuels ne concernent qu'une infime partie de cet inconscient.

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  •  

              Des lecteurs ou lectrices qui ont lu le dernier article sur le "syndrome GPS" me disent que pour mieux le comprendre, il faudrait mieux connaître la mémoire.

              Par ailleurs ils trouvent que ce processus de cartes mentales est peu conscient et ils me demandent de parler de l'inconscient, qu'ils ne connaissent que par des souvenirs de cours de philosophie de terminale sur Freud et ses théories.
             Je vais donc d'abord commencer par faire deux articles sur l'inconscient, et je ferai par la suite, plusieurs articles sur la ou plutôt nos mémoires.

              Il m’arrive souvent de discuter avec mes correspondant(e)s de l’inconscient et de son rôle, car lorsqu’on essaie de comprendre les problèmes, les causes que l’on peut avancer ne sont pas toujours ce dont est consciente la personne qui les rencontre.
              Mais cela n’a rien à voir avec la psychanalyse, dont même Freud, écrivait à Jung, qu’elle n’apportait que bien peu de chose dans le traitement des malades.
              Bien que les cours de Psycho en France fassent encore une grande part à Freud et ses disciples, alors que ce n’est plus le cas ni dans les pays anglo saxons, ni même en Allemagne, la notion d’inconscient et de ses modes d’influence a totalement évolué et ne correspond plus aux théories de Freud, qui certes étaient ingénieuses, mais ne tenaient pas compte du fonctionnement physiologique du cerveau, alors presque inconnu.

               La théorie de Freud avait le mérite d’être simple : il voyait trois instances régissant le comportement de l’homme :
               Le « moi » désigne la partie de la personnalité assurant les fonctions conscientes : ancré dans la réalité, et en partie dans le rationnel, il assure la stabilité de la personne, l’empêchant de céder à ses pulsions.
               Le « ça », au contraire, est  le non conscient, inorganisé et sans volonté rationnelle, il s’efforce de satisfaire les besoins pulsionnels, en se conformant au principe de plaisir, même si parfois il réalise ses pulsions de façon détournée en les sublimant (comme l’artiste); c’est le réservoir des instincts humains, des désirs inavoués et refoulés au plus profond de nous mêmes.
              La neuropsychologie moderne si elle admet les pulsions inconscientes, tempère énormément l’importance des refoulements (que de plus Freud considérait comme essentiellement sexuels), et surtout a montré que la théorie de Freud sur l’enfance et les parents et notamment le complexe d’Œdipe, est fausse.
              Le « surmoi » enfin représente les règles, notamment morales que l’on a acceptées, mais il les voyait comme une conséquence des interdits parentaux, une sorte de loi morale qui agirait sur nous, sans que nous comprenions son origine.
              La théorie de Freud était simple et ingénieuse, mais elle avait le défaut d’être bâtie à partir de constatations sur des malades mentaux, dont beaucoup étaient des viennois(es) ayant des problèmes sérieux au plan sexuel, alors qu’elle aurait dû avant tout tenir compte de la mentalité des personnes normales.

              Pour la neuropsychologie moderne, l’inconscient est avant tout un réservoir de tout ce que le cerveau enregistre de nos sensations, mais qu’il ne juge pas utile de transmettre au cortex préfrontal, siège de la pensée et donc de la conscience.
              En effet tous les quarantièmes de seconde, le thalamus coordonne les sensations provenant de nos cinq sens, relatives à notre environnement et à ses perceptions. Mais la plupart n’ont pas d’intérêt pour l’orientation de nos actions et donc, soit le cerveau les élimine, soit les conserve pendant une durée assez brève, soit même les stocke, au cas où elles pourraient se révéler utile par la suite, mais en général il les élimine au cours des sommeils suivants.
               De même le cerveau reçoit des informations de nos membres, de nos muscles, de nos viscères, mais ils ne sont pas transmis au cortex préfrontal, sauf lorsqu’il y a problème, par exemple souffrance ou anomalie de fonctionnement qui nécessite des actions pour y remédier.
              Enfin, notre cerveau émotionnel est le siège de très nombreux échanges internes, émotions et sentiments, simulation des conséquences de projets d’action, intentions qui en découlent, voire pulsions plus immédiates et violentes. Ce ne sont pas des processus rationnels comme dans le cas du cortex préfrontal, mais les propositions et actions qui en découlent, ne sont pas pour autant, forcément néfastes pour l’individu et elles interviennent souvent en complément de processus réfléchis et rationnels.
              En fait la quantité d’information inconscientes est des millions de fois plus importante que les informations consciente. Par contre la plus grande partie d’entre elles n’est pas mémorisée.

              La psychologie actuelle, quand elle est basée sur l’observation neurophysiologique, a relégué le Ça et le Moi aux oubliettes de la psychanalyse, et adopté une vision plus pragmatique de ce qui définit le soi non conscient : la différence entre ce que nous faisons de façon automatique et ce que nous controIons de façon rationnelle, grâce à notre cortex préfrontal.
              Les processus de pensée automatiques doivent être rapides, efficaces et hors du domaine de la pensée consciente, dépourvus de délibération ou de planification qui sont lents. Ils ne requièrent qu’un simple stimulus, alors qu’un mécanisme de réflexion qui nécessite des aller-retour entre de nombreux centres du cerveau.
               Par exemple la lecture de cet article et la compréhension des mots, se font de façon fluide, automatique, presque inconsciente, alors que votre attention est centrée sur la compréhension des phrases et des idées qu’elles contiennent.
              De même quand vous rédigez, vous pensez rationnellement et lentement à ce que vous voulez dire, à l’organisation de vos phrases, mais ensuite votre main écrit ou tape sur le clavier, les lettres de façon automatique, tellement inconsciemment que vous faites des fautes de frappe sans vous en apercevoir, notamment en inversant des lettres si vous tapez trop vite.
        
              Tout comme le Ça et le Moi de Freud, le système automatique et le système contrôlé se complètent mais, dans le même temps, ils s'opposent parfois.
             J’étudierai avec vous dans le prochain article, quelques uns de ces processus, pour montrer l’importance dans notre comportement des processus inconscients, même dans nos décisions courantes.

     

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  •    J’ai lu une étude intéressante sur l’effet de l’utilisation du GPS sur notre cerveau.
        Cela m’a intéressé car je ne me sers pas de GPS, alors que des personnes de connaissance ne peuvent plus se déplacer sans lui.
        J’ai donc pu comparer et mieux comprendre le sens de cette étude.

        Le plus souvent je n’ai pas besoin de GPS, car je vais à un endroit connu. J’ai alors dans ma tête un itinéraire qui a deux composantes :
        - d’abord une carte mentale, schéma des routes, un plan mais sur lequel les distances restent approximatives;
        - ensuite des points de repères qui permettent de pallier cette approximation : un bouquet d’arbres, une maison particulière, un monument, le clocher d’une église, une affiche, les panneaux routiers…
        Si je vais en un lieu que je ne connais pas, j’étudie le trajet sur une carte routière que j’emporte avec moi, pour suppléer à un oubli. C’est l’équivalent de la carte mentale.
        Mais il me manque les souvenirs des points de repère. Maintenant que l’on peut consulter sur internet des cartes satellites, avec vue en 3D, je parcours mon itinéraire à la recherche de points de repères. Je compte aussi les croisements de route, et je relève des distances sur la carte. Cela me permettra de me guider, si je suis attentif et ne vais pas trop vite.

        Que font les personnes que je connais et qui se servent du GPS; Ils obéissent tout simplement « tourner à gauche au prochain carrefour.
        Plus besoin de réfléchir, on peut anticiper et mettre les clignotants très tôt avant de tourner. C’est bien commode. Surtout s’il y a des sens interdits.
        Mais si jamais on se trompe, ou si le GPS n’avait pas un bon plan (cela arrive !), alors là on est complètement paumé et ce d’autant plus qu’on ne sait pas quelle erreur le GPS a faite. Cela m’est arrivé de sortir d’affaire un camarade que j’accompagnais, parce que son GPS avait fait une erreur et que j’avsi regardé lka carte avant de partir.

        L’étude dont je parlais en début d’article avait comparé ainsi des personnes ayant utilisé pendant longtemps des stratégies différentes d’orientation sur route.
        Les chercheurs ont constaté que les personnes sui utilisaient toujours leur GPS depuis longtemps avaient une faculté très diminuée d’élaboration des cartes cognitives et des images mentales de repères qui les accompagnent. Après avoir parcouru les lieux et être arrivé au bon endroit, les personnes utilisant le GPS avaient quelques repères visuel, mais très peu de connaissance de l’organisation des lieux et étaient incapables de tracer un plan de leur itinéraire.
        Leur mémoire et leur cortex frontal n’étaient pas entraînés à cela. C’est le cortex préfrontal qui réfléchit et organise, et c’est l’hippocampe et le cortex entorhinal proche qui organisent et stockent les cartes mentales, le calepin visuo-spatial servant de mémoire de travail entre les deux.

        Nous ne sommes pas les seuls à avoir des cartes mentales : lorsque l’on a habitué des rats à naviguer dans un labyrinthe, ils le parcourent très vite et sans hésitation. Et si l’on barre une voie, ils arrivent assez rapidement à trouver un itinéraire de secours, ce qui prouve qu’ils ont retenu une topologie des lieux.

        Utiliser en permanence un GPS entraîne donc un appauvrissement mental. Et naviguer sans GPS si on connait un peu les lieux est une hygiène mentale.
        Les chercheurs ont alors étudié le cas de personnes que la voix de leur GPS agaçait et qui l’utilisait sous forme de l’affichage d’une carte sur laquelle est tracé l’itinéraire et d’un point représentant le véhicule. C’étaient eux qui prenaient les décisions de conduite et de changement de direction.
        Ils ont observé que ces personnes avaient gardé la capacité de retenir des images mentales.
        Ils préconisent donc de ne pas se servir « bêtement » du GPS, mais de garder l’initiative des décisions, le GPS n’étant qu’une carte routière affichée en permanence, avec un repère de position facilitant la consultation en temps réel.

     

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  •  

    Quand aurons nous un ministre de l'Education Nationale intelligent ?

         Notre Président de la République est sûrement plein de bonnes intentions et de bonne volonté, mais il s’entoure très mal. Un ministre doit être compétent dans le domaine qu’il dirige.
        Ce n’est pas le cas de madame Najat Vallaud-Belkacem, qui est certainement méritante notamment d’être arrivée malgré ses origines, ce qui a dû lui demander beaucoup de travail, mais c’est malheureusement une utopiste, qui vit dans l’idéal et n’a pas conscience de la réalité de la vie universitaire, ni de la simple pédagogie.
       Ne faire qu'une carrière uniquement politique, déconnecte complètement des réalités de la vie de tous les jours et il vaudrait mieux qu'un ministre de l'Education Nationale y ait un peu travaillé pour connaître les problèmes Et elle aussi, s'entoure de mauvais conseillers, qui n'ont sans doute jamais enseigné de leur vie, à douter même qu"'ils soient parents d'élèves..

        Déjà le ministre précédent avait pondu une réforme de l’enseignement primaire ridicule.
        Alors que nos enfants ne savent plus le français et l’orthographe, pas plus que les tables de multiplication, au lieu d’augmenter les heures des disciplines fondamentales, de promouvoir plus de lecture, de dictées et d’entraînement de la mémoire en apprenant par cœur les fondamentaux, il a prévu d’augmenter les travaux qui ressemblent à des distractions ou des détentes de cour de récréation ou de garderies, et qui coûtent énormément aux communes, et mobilisent des instituteurs ou des intervenants qui seraient mieux utilisés à faire des cours supplémentaires et très pragmatiques de français et de maths.
        L’école primaire continue de former des enfants inaptes à suivre l’enseignement secondaire, parce que ne maîtrisant pas assez la compréhension de la langue, peinant à faire les quatre opérations et incapables de résoudre un problème d’arithmétique.

        La réforme du collège de madame Vallaud-Belkacem est tout aussi ridicule. Le rapport du comité des Programmes (que j’ai lu soigneusement : voyez mon article sur la novlangue de l’Education Nationale, du 28/4/2015) collectionne les clichés de psycho, en ignorant totalement les avancées concernant le fonctionnement du cerveau humain, et accumule les objectifs vagues et utopiques, en négligeant des résultats précis et objectifs.
        L’élève n’est plus là pour apprendre et surtout pour former son intelligence, mais pour se sentir bien, et je cite « manifester sa sensibilité » et « questionner le monde ». On prend les élèves pour des écrivains philosophes, tout cela s'opérant au nom de la « liberté pédagogique de l’enseignant » et de la liberté de l'enfant qui doit être « créatif".
        Il n’est plus question de former sa mémoire, de le confronter aux auteurs anciens pour apprendre à comparer et discuter les idée, ni de donner des objectifs pratiques aux sciences.
        Par contre on peut lire qu’il faut « explorer différentes modalités de représentation par des mediums et techniques variés pour jouer des écarts et des effets produits à des fins expressives. » (il ne s’agit tout de même pas des médiums qui disent la bonne aventure !)

        Je suis tout à fait d’accord pour former les élèves à l’emploi de l’ordinateur, mais il faut d’abord savoir écrire à la main, lire un livre et faire du calcul mental.
        Le Conseil a l’air de croire qu’il suffit de savoir utiliser un tableur et un grapheur, sans avoir fait auparavant la démarche intellectuelle de comprendre le mécanisme des opérations correspondantes. Il oublie que avant tout le but est de bien poser le problème et de connaître les méthodes pour le résoudre. La machine peut faire le calcul, mais on ne peut la surveiller (notamment ses résultats) que si on connaît le processus.
        Je constate que de jeunes lycéens ne savent plus faire une multiplication ou une division sans calculette, et sont incapables de faire de tête une multiplication par 5 (on multiplie par 10 et on prend la moitié) et qu’ils ne savent pas toujours chercher une définition d’un mot dans le dictionnaire.!
        J'ai plusieurs professeurs dans ma famille et ils sont plutôt inquiets des réformes actuelles qui vont encore faire baisser le niveau des él§des et leur enlever un peu plus l'envie d'apprendre.

        La dernière trouvaille de madame Vallaud-Belkacem est de partir en guerre contre les universités qui font une sélection parmi les candidats aux études de mastère, car cela va à l’encontre de l’égalité pour tous.
        Je me demande si notre ministre a mis un jour les pieds dans une université (elle n'a pourtant pas fait ses études de droit par correspondance) ?
        Une université ne peut enseigner que certaines disciplines de mastères, en fonction des moyens matériels et humain dont elle dispose. Par ailleurs le nombre d’étudiants que l’on peut accepter est forcément limité par ces mêmes moyens. On ne peut accepter des étudiants dans des mastères inexistants ni en surnombre et il faut alors choisir ceux que l’on accepte.
        Certaines rares universités ont fait des tirages au sort : c’est la meilleure façon de mécontenter tout le monde et d’admettre de mauvais élèves.
        Les autres université s’efforcent de choisir les élèves qui ont un projet qui concorde avec l’enseignement existant, qui sont motivés et qui sont d’un niveau suffisant pour suivre l’enseignements. Cela me paraît simplement du bons sens.

        J’apprécie les efforts égalitaristes de notre ministre de l’Education Nationale, mais elle semble oublier que l’égalité ne correspond en pratique, ni à des ressources infinies, ni à des quotas.
        Malheureusement nous n’avons pas tous au départ les mêmes préférences cérébrales et les mêmes aptitudes. L’éducation des parents peut diminuer ou aggraver ces différences. Par ailleurs se former exige beaucoup de travail et une attention soutenue.
        L’égalité des chances ce n’est ni favoriser les amusements (l’instruction n’est pas un jeu), ni niveler les programmes par le bas pour que les moins doués puissent suivre.
        C’est au contraire aider ces jeunes pour qu’ils rattrapent leur retard et arrivent à suivre, et ne pas handicaper les plus doués en leur apprenant la paresse du fait du niveau trop bas des cours.
        Le but du secondaire est de former l’intelligence et d’apprendre à raisonner, et acquérir aussi des connaissances de base. La mémoire c’est la moitié de l’intelligence et négliger de la former est suicidaire. Ne plus faire de littérature qui permettait de comparer les opinions des philosophes et écrivains, c’est former des esprits étroits et fermés sur eux mêmes. Ne plus faire d’exercices pratiques dans le domaine des sciences, c’est ne plus former à la logique et aux applications pragmatiques.
        Et ce qu’il manque le plus, donner aux élèves l’habitude du travail et de l’effort.
        

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