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    Que faire pour éviter les attentats ?

             Comme je crois tous les français, les attentats de Bruxelles, après ceux de Paris, m’ont horrifié et indigné, mais malheureusement, à titre personnel, on ne peut pas faire grand chose, sauf si sur place, on peut aider les blessés et garder une vie normale dans Paris pour ne pas céder au chantage.
             On souhaiterait que cela ne se reproduise plus, et évidemment on se demande comment faire pour cela, et si les mesures prises par le gouvernement sont suffisantes.
            J’entends beaucoup de réflexions à ce sujet et je trouve que beaucoup d’entre elles ne sont guère pertinentes. Pourquoi.?

           Je crois que la difficulté vient de ce que nous traitons les terroristes comme des gens « normaux », c’est à dire qui ont les mêmes réactions, la même mentalité que la majorité d’entre nous, or il n’en n’est rien.
            Aucun d’entre nous, même si on lui fournissait les armes et lui garantissait son impunité, ne tirerait ainsi sur d’autres personnes, encore plus sur des innocents.
    Même ceux qui savent manipuler une arme moderne (et ils ne sont pas nombreux), ne s’en serviraient que si on menace directement leur vie ou celle des êtres qu’ils aiment.        
            Même si certains parmi nous ont des envies suicidaires (j’en ai connu), ils ne le feraient pas en tuant en même temps autrui. Le pilote de la Lufthansa est un fou et une exception.

           Bref notre personnalité, notre éducation, notre vie, nous pousse plutôt à aider les gens qu’à les tuer. Même dans une guerre, le soldat répugne à tuer celui d’en face, et il ne le fait que s’il sent sa propre vie menacée ainsi que celle des siens. Il tuera des ennemis mais pas des innocents et il le fait avec l’espoir de faire cesser le conflit par son action.
          Il n’en n’est pas du tout de même des terroristes actuels, qui ne sont pas des gens normaux. 

         D’abord, on constate que ce sont pour la presque totalité des repris de justice, et des gens qui en veulent à la société, aigris en quelque sorte par leur échec. Le vol ou le crime les a endurcis et la prison a accru leur haine de la société.
         Puis on les a conditionnés, voire drogués, pour qu’ils acceptent de tuer des innocents, de se sacrifier en héros pour faire parler d’eux, d’être kamikaze. Je ne suis pas sûr non plus que la plupart soient intelligents et la drogue qu’on leur donne diminue leurs facultés et leur vision de la réalité.

         Nous tous et même un combattant aguerri, nous tenons à la vie et nous craignons pour la nôtre.  
         Notre civilisation occidentale n’aime pas la mort et même si notre prochain n’est pas toujours respecté, cela ne va pas jusqu’au crime, sauf de la part de grands délinquants ou de malades mentaux.
         Nous ne comprenons donc pas la mentalité des terroristes, nous avons du mal à nous mettre à leur place et donc les mesures que nous proposons pour les contrer ne sont pas la plus souvent, pertinentes. Elles peuvent rassurer, mais n’empêcherons pas les attentats par de telles personnes.

        Essayons de réfléchir :

        Les vigiles non armés qui fouillent votre sac, à l’entrée de certains bâtiments, vous rassurent mais à quoi cela sert il d’autre.  Si deux terroristes se présentent ils le frapperont ou le tueront et ils renteront impunément se faire exploser ou se servir de leur arme.
        Pour que ce soit efficace, il faudrait qu’il y ait près de lui, trois ou quatre militaires armés et même une balle dans le canon pour réagir plus vite, ce qui , au milieu d’une foule, n’est pas très prudent, en l’absence de menace immédiate.
        Le travail que l’on donne aux militaires qui arpentent nos rues est exténuant, mais ils ne peuvent être partout à la fois, et si des terroristes font des ravages à un endroit, (ce qui ne prend que quelques minutes), peuvent ils y être rapidement et en état d’intervenir.
        Des gens normaux seraient dissuadés par le risque qu’ils puissent être pourchassés et annihilés par ces soldats en armes, mais à partir du moment où ces terroristes de moquent de mourir, cette crainte ne les arrête plus.

       Cela dit ces terroristes ne sont pas des monstres aussi insensibles que ce que nous pourrions croire. Ils ont discuté avec des gens qu’ils ont épargnés au Bataclan, alors que, vu le temps dont ils ont disposé, et le fait qu’ils ne voulaient pas fuir, ils auraient pu exécuter tout le monde. Un simple gardien non armé a réussi à empêcher d’entrer un des terroristes au stade de France, qui prétendait ne pas avoir son billet et attendre un copain. C’est curieux qu’il n’ait pas forcé le passage. Est ce par bêtise, par remord, parce qu’il était drogué, mais pas par peur puisqu’il s’est fait sauter ensuite.
       Le logisticien qu’on vient d’arrêter en Belgique avait une ceinture d’explosifs, à Paris, et ne s’est cependant pas fait sauter. Etait ce parce qu’il était plus intelligent ou non drogué, et qu’il était un des rares à avoir peur pour sa vie ?

      Je suis très sceptique sur le fait qu’un homme intelligent et non drogué, accepte d’être kamikaze, pour un résultat qui, certes fait des victimes, mais innocentes et sans pouvoir, ce qui ne changera pas le monde, comme cela me parait peu probable que des repris de justice du grand banditisme, deviennent tout à coup des fanatiques d’une religion, parce qu’on leur a promis qu’ils auraient au paradis, des vierges à leur service, s’ils se comportent en martyr.  Pour cela il faut être naïf et un peu illuminé. Cela n’est en général pas le cas de bandits et d’assassins.

       Je crois qu’il faut que l’on se dise que c’est très difficile d’empêcher un commando de terroristes à faire un attentat, au moment où ils vont le commettre.

      Alors que peut on faire ?

      Il me semble que la prévention et le renseignements sont des outils fondamentaux.

      Je ne comprends pas ceux qui refusent l’état d’urgence, la possibilité d’examiner ce qui se passe sur internet ou sur des téléphones mobiles, de faire des perquisitions, d’avoir un fichier des passagers d’avions, que l’on contrôle les frontières et les déplacements de suspects.

      Le contrôle des ventes d’armes et de la drogue est aussi très important dans ce domaine, ainsi que celui des explosifs et produits pouvant en faire. Il n’est pas nécessaire pour une ceinture, d’avoir des explosifs sophistiqués et qui se conservent longtemps. Des produits plus élémentaires, fabriqués à la demande, suffisent.

       L’embrigadement dans les prisons devrait être plus contrôlé, de même que des mesures pour brouiller les sites djihadistes et pour essayer de dissuader les jeunes dont ils lavent les cerveau. Certes c’est difficile et demande des moyens, mais a t’on étudié ce qu’on pourrait faire dans ce domaine. Ceux qui font cet embrigadement devraient être recherchées et mis sous contrôle ou renvoyés chez eux pour les étrangers.
      Je trouve qu’on ne devrait pas donner le nom des terroristes morts ou arrêtée, mais les appeler « assassin 1 », « assassin 2 », pour leur enlever leur notoriété.

      Je ne suis pas sûr que de nombreux militaires en armes, mais à pied, puissent être suffisamment efficaces. L’attaque ne se produira pas où ils se trouvent. Il vaudrait mieux trois militaires bien armés et protégés, ayant été entraînés, plus un chauffeur dans une voiture munie de radio, faisant des rondes et qui dépendent d’un centre de surveillance, qui puisse les envoyer rapidement en intervention, s’il se passe quelque chose.

      Quant aux contrôles des bagages à l’entrée du métro ou des aéroports, ils détecteraient certes les anomalies, mais n’empêcheraient pas un commando d’intervenir en force et surtout créerait à l’extérieur un tel embouteillage que ce serait facile de faire un attentats dans la foule de ceux qui attendent.

      Bref je ne crois pas qu’on puisse empêcher un attentat en cours, mais il faut plusieurs semaines pour le préparer et c’est là où une organisation très rigoureuse et une coopération européenne, permettrait peut être d’arrêter les terroristes, avant qu’ils ne le commettent, de même qu’on pourrait en réduire le nombre, en luttant contre leur embrigadement.

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  •      Dans mon dernier article j'avais dit que j'examinerai plusieurs cas particuliers de mise en place d'automatismes dans nos mémoires procédurales :
            - comment l’enfant apprend à marcher.
            - comment vous apprenez à conduire une automobile.
            - comment apprendre à taper un texte sur un clavier d’ordinateur.
            - comment intervient la peur d’un serpent.

         Si vous ne l'avez pas lu, je vous conseille de lire avant cet article celui du 13 décembre sur les centres d'apprentissage et du plaisir.

    Apprendre à marcher.

        L’enfant se met debout et dès qu’il n’est pas sur ses deux pieds et quitte l’appui d’un fauteuil, il tombe.
        Le système de récompense n’émet pas de dopamine et le cerveauy n’est pas content. Le cortex préfrontal demande donc de réessayer.
        L’enfant n’est pas très conscient des gestes qu’il faut faire. Le cortex préfrontal et le cervelet unissent leurs efforts pour donner des ordres aux jambes et au reste du corps pour répartir le poids. Bébé fait deux pas avant de tomber et il récolte un peu de dopamine. C’est un progrès et le cortex préfrontal est content !
        Papa ou Maman donne la main, l’équilibre est mieux assuré et alors les centres amygdaliens disent au cortex préfrontal que c’est plus sûr et celui ci décide de faire autant de pas que possible.
        Bébé est à nouveau accroché à son fauteuil, mais maman à deux mètres lui tend les bras. Alors le cortex préfrontal, qui se rappelle l’appui sur la main, se dit qu’il faut aller voir maman et bébé fait ses premiers pas seul, avant de s’écrouler dans ses bras. Encore un succès et de la dopamine : les centres d’apprentissage font leur travail.
        Pendant tous ces essais le cervelet a codifié les gestes, les réglages qui ont entraîné la réussite : il mesure les signaux venus du « gyroscope » qu’est notre oreille interne (renseignements indispensables à l’équilibre), les informations visuelles, la tension des muscles, la position des jambes et des bras, les ordres donnée et les gestes accomplis, les sensations sous les pieds ….
        Alors à chaque essai il va faire mieux et peu à peu, le cortex préfrontal se désintéresse de l’affaire. Le cervelet se débrouille seul. Bébé, encore un peu titubant, sait marcher, voire même courir.

    Conduire une automobile.

        Là c’est plus compliqué. Ce n’est pas qu’une question de commande des membres et de l’équilibre, en quelque sorte physiologique.
        Le cerveau n’est plus celui d’un bébé, il a appris à apprendre et cela à partir du langage. Alors on commence par écouter le moniteur qui explique comment fonctionne le moteur, l’embrayage, le frein et le volant. C’est le cortex préfrontal qui comprend et, avec l’aide de l’hippocampe, met ces notions en mémoire.
        L’exercice physique commence : il s’agit de maîtriser accélérateur et embrayage, puis changement de vitesse. Le volant aussi, mais c’est plus facile.
        Là c’est comme pour bébé : centres d’apprentissage, dopamine, essais. Mais au début, le cortex préfrontal intervient beaucoup plus, parce qu’on réfléchit, on se rappelle ce que le moniteur a expliqué, on se force à embrayer très doucement….
        Le cervelet coopère et peu à peu il prend la main, on commence à manier accélérateur et embrayage sans réfléchir et même presque inconsciemment.
        Maintenant on ne reste plus dans une rue déserte, on part sur la route avec d’autres voitures. 
        L’apprentissage maintenant cela va être celui de la vue, d’apprécier la direction, la vitesse des autres véhicules, le danger de les cogner et de prendre les bonnes décisions.
        Le processus cérébral est lent et on va tout doucement. Mais peu à peu, grâce au cortex préfrontal qui dirige et aux centres d’apprentissage et leur dopamine, le cervelet apprend peu à peu et se substitue pour toute l’observation, mais il remonte encore les informations au cortex préfrontal qui décide de l’action.
        Puis le cervelet apprend à décider et vous avez l’impression de tout observer et conduire autour de vous sans vraiment faire très attention car le cervelet n’appelle plus  le cortex préfrontal que lorsqu’il rencontre une situation qu’il ne connaît pas.
        Le cortex préfrontal a alors deux tâches : regarder devant lui,et prévoir ce qui pourrait ou va se passer, pour donner à temps des ordres au cervelet ou même reprendre la main volontairement. Il se concentre par ailleurs sur l’itinéraire à suivre et donne les ordres correspondants. Mais là encore le cervelet apprend et connaît par exemple, la route de votre travail que vous prenez tous les matins. Et le week-end, si vous partez en voiture en discutant avec votre passager et ne faites pas assez attention, vous vous retrouvez sur cette route au lieu d’aller vers une autre destination.

    Taper sur un clavier.
        
        C’est particulier car vous avez déjà appris à lire et à écrire et non pas en épelant les lettres, mais en apprenant à déchiffrer des syllabes, des phonèmes, puis des mots entiers (et même si vous aviez appris la lecture rapide, des groupes de mots.
        Quand vous écrivez à la main, vous avez appris à écrire non des lettres mais des mots (d’ailleurs les lettres sont liées entre elles).
        Alors l’ennui c’est que l’automatisme c’est celui là, et ce n’est pas adapté à votre clavier, qui lui écrit lettre par lettre.
        Il va donc falloir inhiber l’automatisme du cervelet pour le replacer par un autre, lorsque vous allez utiliser votre clavier.
        Connaissant les mécanismes cérébraux, je me suis observé quand j’ai appris à taper sur mon ordinateur, et j’ai observé que je ne pensias plus à l’avance les mots que je voulais écrire, le cervelet faisant le nécessaire pour écrire le mot à la main, mais que j’épelais les mots pour que je puisse ensuite taper les lettres. ma pensée était donc ralentie, puisque mon cortex préfrontal devait intervenir en permanence pour penser à ce que j’allais dire, puis épeler chaque mot.
        J’ai quand même gagné un peu en vitesse, et je me suis aperçu que mon cervelet se débrouillait maintenant seul pour des mots courants de deux ou trois lettres et qu’il savait les épeler. J’avais aussi un peu pris l’habitude de la position des lettres sur le clavier.
        Et puis au bout de plusieurs mois, tout à coup, en quinze jours, ma vitesse de frappe a quadruplé tout à coup et je n’épelais plus. Mon cervelet le faisait à la place de mon cortex préfrontal et donc je n’en n’étais plus conscient.
  Mon cortex préfrontal pouvait, comme lorsque j'écrivais à la main, réfléchir à ce que je voulais écrire.  Par contre je faisais de temps en temps, des fautes de frappe, notamment l’inversion de deux lettres !

    Avoir peur d’un serpent (d'une souris ou d'une araignée).

        Quand nous voyons quelque chose que nous ne connaissons pas, nos centres amygdaliens, qui sont là pour nous protéger, nous empêchent de faire des bêtises, d’abord en inhibant nos gestes et en préparant la fuite ou une réaction de défense, puis en avertissant le cortex préfrontal du danger possible.
        A  fortiori évidemment si nos parents ou une autre personne nous ont dit que c’était dangereux, ou si notre expérience nous l’a enseigné.
        C’est donc là encore un automatisme très rapide que l’évolution a mis en plase dans notre cerveau pour nous protéger.
        Mais cela peut nous jouer des tours, car des peurs d’enfant peuvent devenir ainsi des réflexes automatiques, et les centres amygdaliens faisant partie du cerveau émotionnel, celui-ci peut amplifier le phénomène.
        Et nous pouvons ainsi avoir dans notre mémoire implicite, une procédure automatique de peur d’une petite souris bien inoffensive et il faut alors que notre cortex préfrontal intervienne pour nous calmer face à la gentille petite bête.

        

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  •            Dans le précédent article, nous avons vu les diverses mémoires dont nous disposions. Nous allons maintenant voir ce que sont les mémoires procédurales

    Nos mémoires "procédurales"

               Dans vos études vous avez sûrement appris par cœur des formules de mathématiques, des poèmes, des listes de mots, des formules chimiques….
               Vous avez appris aussi à faire certaines tâches intellectuelles logiques de manipulation du langage et surtout de termes mathématiques (par exemple résoudre une équation du second degré). Ce sont de procédures intellectuelles.
               Ce sont les centres du langage (Centre de Wernicke, de Broca et de Geschwind), qui sont en général à l’origine de ces opérations, sous le contrôle du cortex préfrontal.

             Notre organisme a ensuite de nombreux réflexes de défense destinés à nous protéger. Nous accumulons une certaine expérience de faits désagréables ou dangereux et nous savons qu’il y a des actions à ne pas faire (mettre les doigts dans une prise de courant), ou d’autres à faire par précaution (regarder des deux cotés avant de traverser).
             Cela devient peu à peu un réflexe conditionné.
             Ce sont les centres amygdaliens (les « centres de la peur »), qui veillent sur notre sécurité et nous alertent sur tout danger potentiel. C’est inconscient et automatique. Le cortex préfrontal n’intervient ensuite que pour pendre certaines décisions. (par exempele couper le courant électrique ou traverser la rue).

    Nos mémoires "procédurales"

             Enfin nous savons exécuter certaines tâches presque inconsciemment, une fois que nous les avons apprises : ce sont des « automatismes", des « procédures d’actions physiques » dans lesquelles notre « cervelet », coordonne de façon inconsciente (sans appel au cortex préfrontal), nos sens, notamment vue, ouÏe et toucher, ainsi que nos centres moteurs, qui commandent les mouvements de nos membres.
            Ces actions, ce sera par exemple marcher, faire du vélo, conduire une voiture, nager, jouer d’un instrument de musique ou taper sur un clavier…..

             Si nous reprenons notre schéma des mémoires nous voyons que nous avons quatre types principaux de mémoires procédurales que j'ai évoquées ci dessus :
                 - Celle des apprentissages cognitif, par exemple en logique ou en mathématiques.
                 - Celle des procédures d'apprentissage verbal (réciter un poème) ou des cinq sens (reconnaitre un son, une odeur...).
                 - Celle des mécanismes émotionnels conditionnés.
                 - Celle des tâches quotidiennes que nous exécutons automatiquement.

    Nos mémoires "procédurales"

             Pour illustrer ces notions, j'expliquerai dans mon prochain articlecomment une procédure se met en place sur ces mémoires, et notamment :
                  - comment l’enfant apprend à marcher.
                  - comment vous apprenez à conduire une automobile.
                 - comment apprendre à taper un texte sur un clavier d’ordinateur.
                 - comment intervient la peur d’un serpent. 

     

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  •           A la suite due mon article sur "l'effet GPS", on m'a demandé des explications sur le rôle de l'inconscient et sur notre mémoire. J'ai fait deux articles sur l'inconscient et je vais les compléter par deux articles sur nos mémoires. En effet ce que nous appelons "notre mémoire", correspond à plusieurs processus différents.
            Nous allons pour cela nous servir des deux schémas ci dessous :

    Savez vous ce que sont nos mémoires ?

     

    Savez vous ce que sont nos mémoires ?

            Nous avons cinq principaux types de mémoire :

             La mémoire perceptive est la mémoire des perceptions avant même qu'elles aient une signification. 
             Dans la perception visuelle, on perçoit parfois une forme avant de l'identifier. Déja à ce stade, le cerveau garde une première trace de ce qu'il a perçu. En voyant le fragment d'un motif visuel, le cerveau réactive la trace mnésique de la forme  et l’identification n’intervient qu’ultérieurement.
            La mémoire perceptive retient donc les formes, les couleurs, la situation dans l’espace, le mouvement et tout ce qui est lié à la vue. Elle retient également ce qui a trait aux sons, leur intensité, leur hauteur, les consonnances. Elle analyse les impressions du toucher, mais elle mémorise également l’état et les sensations liées à nos muscles, à nos viscères.... Enfin elle classe les sensations de l’odorat et du goût, qui sont en partie liées.
            Les perceptions de nos cinq sens sont interprétées dans des centres spéciaux, en liaison avec le thalamus qui coordonne 40 fois par seconde, les sensations qui se rapportent à un même objet.
           La plupart de ces sensations s'effacent au bout de quelques secondes ou quelques minutes.
           Mais le cortex préfrontal peut décider de garder l’information en mémoire (ce peut être une information ponctuelle, ou toute une scène complexe). Il oriente éventuellement les sens pour avoir des sensations complémentaires, car il peut avoir besoin de plus d’information pour prendre une décision. Puis il demande à l’hippocampe de faire mémoriser l’information ou  le souvenir en cause.
          S’il s’agit d’une information dont la nécessité est transitoire (où ai je garé ma voiture), les neurones de l’hippocampe se chargent de la garder, jusqu’à ce que le cortex préfrontal lui dise qu’il n’en a plus besoin (j’ai repris ma voiture). L’information s’efface alors peu à peu.

            La mémoire épisodique est celle qui classe et retient les scènes bien localisées dans le temps et dans l’espace, faites de perceptions, mais aussi de liens avec des événements, des sentiments. Bref c’est la mémoire des souvenirs des moments successifs de notre vie.
            
    Si le cortex préfrontal décide que c’est un souvenir à conserver à long terme, l’hippocampe va mettre à contribution les neurones du cortex temporal pour conserver une trace du souvenir en liaison avec les autres parties du cerveau.
           Pour cela il faut renforcer les liaisons entre synapses  des neurones qui vont intervenir dans  le rappel du souvenir.
           On pense que pendant la nuit, l’hippocampe et le thalamus, jouent à la « pompe à souvenir », et font circuler toutes les données des souvenirs récents, qui « tournent en rond » dans le cerveau émotionnel, renforçant ainsi à chaque "passage" les liaisons entre les neurones qui constituent le souvenir.
           Mais un souvenir complexe est fait de très nombreuses données. Notre attention peut ne pas être portée sur tous ces détails et certains ne sont peut être pas transmis au patron, le cortex préfrontal. Celui ci peut aussi négliger certaines informations qu’il ne juge pas importantes. Donc si l’on mémorise une scène, il est probable que de nombreux détails ne seront pas consolidés dans la mémoire à long terme et seront peu à peu détruits.
           A l’inverse l’hippocampe fait un « paquet » des informations du souvenir, et donc va stocker ce paquet, y compris sans doute des informations sans intérêt.
           Si par la suite on ne pense jamais à ce souvenir, les connexions entre neurones s'affaiblissent peu à peu et le souvenir tombe dans l'oubli.

           La mémoire lexicale est celle du langage, des mots que nous connaissons, et de leur prononciation, de leur orthographe, des règles de grammaires et de syntaxe.
           Je ferai par la suite des articles sur le langage. Disons pour le moment que deux centres, le centre de Wernicke et le centre de Broca sont chargés, le premier de comprendre le langage et le second, de l'élaborer et le prononcer. Ils s'appuient pour cela sur un centre qui en grange la mémoire des mots, classée par catégories : le centre de Geschwind.

             La mémoire déclarative est celle de nos connaissances générales que nous accumulons. C’est ce que nous avons appris lors de nos études, dans notre métier, dans nos lectures, mais aussi la mémoire de notre expérience acquise peu à peu. 
            Elle est liée surtout au langage, bien que les perceptions soient aussi à l’origine de sa construction (on apprend en percevant). Elle contient néanmoins des perceptions comme par exemple la forme, la couleur, le champ d’un oiseau et éventuellement le goût si nous l’avons mangé cuit.... mais aussi des données comme son appartenance à une classification, ses conditions de vie,..    
            Elle est organisée en items, regroupés en thèmes et liés entre eux, logiquement.
            Ses données assez éparses chez l’enfant, se réorganisent lorsque l’enfant apprend à parler, des liens se créant entre les données appartenant à une catégorie, à un phénomène, à une chose, à une personne ou un animal donnés....
            Elle est hiérarchique car elle regroupe ces données en catégories plus générales (comme en botanique ou zoologie) et de ce fait résulte d’une certaine logique.
            Elle peut se détacher de la perception dans des concepts abstraits.
            C’est elle qui est la base de nos actions et de nos raisonnements.

            Enfin le mémoire émotionnelle est celle de nos émotions passées, de nos sentiments, des pulsions que nous avons, des traumatismes éventuels également. C'est aussi le souvenir de nos peurs, de nos colères, de nos réactions impulsives.
              Ce sont essentiellement les centres amygdaliens qui sont la plaque tournante de ces souvenirs, qui évidemment pour s'assembler demandent la collaboration des autres centre pour y associer des images et des mots.

              La mémoire de travail est à l'oeuvre à tout instant de notre vie consciente. C'est elle qui maintient présentes à l'esprit les informations dont nous avons besoin en temps réel pour parler, imaginer, réfléchir, calculer.....

           C’est d’abord une mémoire tampon qui retient un court instant nos perceptions, dans la mesure où nous en avons besoin (par exemple pour reconnaître une personne, identifier un son...)
           Mais c’est surtout une mémoire de transit d’informations appelées par notre cortex frontal lorsqu’il raisonne, pour stocker les données dont il a besoin.
           On distingue alors en elle, la “boucle phonologique” qui permet de retenir provisoirement des mots, des chiffres, des idées, et le “calepin visuo-spatial” qui stocke de façon intermédiaire des images et des positions dans l’espace et qui permet ensuite de les représenter mentalement (par exemple pour reconnaître un animal, un itinéraire, assembler un meuble d’après un plan ...)

             Je parlerai dans un prochain article de la mémoire procédurale, celle qui  l’apprentissage et le stockage de procédures, de modes opératoires, des automatismescomme apprendre à marcher, à skier, à faire du vélo, à nager, à taper sur un clavier d’ordinateur ou de piano.....

           

     

     

     

     

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  • Notre inconscient nous sert en permanence.

     

     

         Nous avons défini dans le précédent article ce que pouvait être l’inconscient, mais cela ne nous définit pas son rôle.
        L’importance de l’inconscient dans notre comportement est très grande.


        Nous avons vu que nous enregistrons, pour des temps très courts ou plus longs, des images, sons (dont le langage), et autres sensations de nos cinq sens et que, de plus, nous recevons dans notre cerveau, des information sur l'état de nos muscles et de nos viscères, ainsi que sur la position et la contraction de nos muscles.
         La plupart de ces informations ne nous servent pas consciemment et d’ailleurs sont détruites ensuite (les connexions ne sont pas renforcées et disparaissent d’elles mêmes notamment au cours du sommeil).

        Certaines images, certains sons, certaines autres sensations sont cependant conservées (notamment celles qui ont un  grand impact émotionnel, dont beaucoup sont conscientes, mais certaines inconscientes sont aussi mémorisées à notre insu). Ces sensations peuvent ensuite dans certaines circonstance surgir consciemment, ou même avoir une influence sur nos décisions ou comportements, sans que nous nous en rendions compte, car d’innombrables connexions se produisent à tout instant à notre insu, quand un processus conscient est engagé.
        Certaines études ont confirmé qu’un geste inconscient ou un mot anodin peut déclencher un « amorçage », et orienter une décision, un choix, un comportement. Elles mettent en évidence que des motivations subliminales (sensations au dessous du seuil de perception conscient), utilisent les mêmes processus mentaux - la mémoire de travail et les fonctions exécutives - que les actes conscients, et que les gens se méprennent souvent sur les raisons de leurs comportements, car ils sont influencés par des pulsions inconscientes.

        Un autre domaine d’action de l’inconscient est celui de tous les automatismes et actes réflexes. C’est évidemment vrai pour des réactions réflexes physiologiques, au niveau de la moelle épinière (réaction à la brûlure, à la douleur…), au niveau du cervelet (faire du vélo, conduire une voiture, manger, boire …) ou du cerveau lui même (réaction d’évitement devant un danger..).
        Mais cela est vrai pour des réactions beaucoup plus intellectuelles et émotionnelles.
    Il nous faut exercer un effort volontaire et conscient pour nous défaire de nos préjugés. Plus l’influence de l’inconscient est forte, plus le contrôle cognitif conscient doit être important pour la surmonter.
        Cela concerne par exemple les addictions, la perception que nous avons d’autrui, le jugement sur notre environnement ou sur une situation donnée.
        Par exemple, lorsque nous rencontrons quelqu’un que nous ne connaissons pas, une première impression est présente en nous, avant même que nous n'ayons commencé à lui parler. Nous notons la couleur de sa peau, son sexe, son âge…, caractéristiques qui, une fois perçues se connectent automatiquement à des stéréotypes sur la façon dont les membres de ce groupe sont supposés se comporter. Ces croyances relatives à un groupe social sont souvent inexactes pour l’individu en cause, qui n'a généralement rien fait
    pour mériter aucune de ces impressions, qu'elles soient bonnes ou mauvaises.
        Les gens ont du mal à connaître la cause de leurs sentiments positifs ou négatifs, et se trompent souvent, quelque soit leur rôle et leur intelligence ou leur professionnalisme.

        Mais l’action de l’inconscient est plus vaste que les stéréotypes et les préjugés. Il influence nos actes.
        En particulier nous avons une propension innée qui est d’imiter autrui, non seulement dans ses expressions, mais aussi dans ses comportements.
        Et nous avons tendance à essayer inconsciemment à la place d’autrui, pour mieux le comprendre : c’est le rôle inconscient des « neurones miroirs ».
        Les centres d’apprentissage, qui sont aussi les centres du plaisir, agissent la plupart du temps de façon inconsciente, nous donnant la motivation de l’action. Ils calculent automatiquement le bénéfice de certaines actions et nous poussent vers la satisfaction maximale, de façon le plus souvent inconsciente.
        Mais si ses centres nous dictent un comportement égoïste, d’autres nous amènent à avoir un comportement altruiste et sont sensibles aux impressions que nous font les autres et à ce que nous pourrions faire pour eux.
        Les sentiments et les jugements inconscients que nous avons pour, ou sur, une personne, nous dictent notre comportement, parfois consciemment, mais le plus souvent sans le savoir.
        
        Des études ont montré que lorsque nous avions un problème à résoudre, dans de nombreux cas, la réponse était intuitive, ce qui ne veut pas dire qu’elle était réflexe, mais en fait une réflexion inconsciente et rapide, menée par le cortex émotionnel et probablement en partie par de cortex préfrontal.
        Et l’on pense actuellement que lorsque nous refléchissons aux solutions d’un problème, derrière la partie rationnelle consciente de recherche de solution, se cache une consultation du cerveau émotionnel par le cortex préfrontal, qui lui demande une « simulation émotionnelle » des conséquences des diverses sortes de décisions conscientes.
        En définitive, le rôle de l’inconscient est beaucoup plus important que ne le pensait Freud, car il n’est pas limité à nos désirs et pulsions, mais intervient dans tous nos actes, et les problèmes sexuels ne concernent qu'une infime partie de cet inconscient.

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