•      Je reprends mes articles sur l’énergie, avec toujours l’idée de faire en fin de parcours une réflexion sur "Comment sauver le climat ?" ;
        Aujourd’hui je voudrais vous parler de l’énergie hydroélectrique.

        Evidemment ce que l’on connaît surtout, ce sont les barrages sur les cours d’eau et l’alimentation de turbines pour fabriquer de l’électricité. En terme de quantité, c’est le principal, mais le concept d’énergie hydroélectrique est beaucoup plus large. C’est l’énergie fournie par le déplacement de l’eau : cours d’eau, chute d’eau, vagues, courants marins, marées. Une hydrolienne -dont j’ai déjà parlé- serait à classer dans ce type d’énergie.

        L’utilisation de cette énergie est très ancienne de même qu’il y a eu les moulins à vent; il y a eu les moulins à eau; il en reste de nombreux vestiges, notamment en Bretagne : ils utilisaient le courant de rivières ou celui créé par la marée montante et descendante. Cette énergie mécanique servait à faire tourner une machine, sans intermédiaire électrique
        La première centrale électrique remonte à 1880 en Angleterre : elle servait à l’éclairage d’un domaine et ne produisait que 7kW de puissance, ce qui est négligeable.
        De nombreuses petites centrales ont existé, au fil des cours d’eau, produisant quelques centaines de kW ou quelques MW. Quelques rares étaient encore en activité il y a quelques années comme celle de l’arsenal de Tulle, en Corrèze. Mais actuellement la loi de transition énergétique essaie de relancer ces petites centrales en prévoyant un tarif de rachat de l’électricité en surplus, en général par construction de nouvelles installation, la rénovation des anciennes étant trop onéreuse. Actuellement les petites installations de moins de 10 MW, ont une puissance totale d’environ 2 GW et produisent environ 8 Twh/an.

        L’hydroélectricité a fait de gros progrès à partir de 1900 et les barrages importants se sont développés à partir de 1920.
        La France possède de très nombreux barrages  et a équipé 95% des sites envisageables. Il faut en effet non seulement avoir un cours d’eau, mais des rives capables de supporter les fondations du barrage, et une vallée qui puisse retenir l’eau sans destructions trop importantes.
        Il n’y a pas eu de grand barrage de construit depuis 2008 et la puissance totale installée est de 25,5 GW, produisant environ 70 TWh/an (1TW = 10 puissance 12 watts), sur les 540TWh/an que consomme la France, soit environ 12,5 %.
        Environ 82 % de la production française d'hydroélectricité est assurée par 4 régions :
             - Rhône-Alpes = 40 %

            - Provence Alpes Côte d'Azur = 16,3 %
            - Midi-Pyrénées = 15,3 %
            - Alsace = 11 %        
            - L’ensemble des autres régions = 17,4 %
        Le parc est constitué de plus de 2 400 centrales, mais 95 centrales de taille moyenne (50 à 600 MW) concentrent à elles seules 58 % de la puissance totale et 4 centrales de plus de 700 MW en représentent encore 17 % ; près de 1 600 installations ont moins de 1 MW et représentent seulement 1,8 % de la puissance installée.
        Près de 90 % des 2 400 centrales de France sont installées « au fil de l’eau », autrement dit turbinent l'eau d'un cours d'eau comme elle arrive, n'étant pas dotées d'un réservoir ; elles totalisent environ 7 500 MW installés (30 % du parc) et produisent 30 TWh en moyenne annuelle
        La France est classée en 2017 au 3e rang européen pour sa production hydroélectrique avec 10,1 % du total européen, et au niveau mondial, au 10e rang avec 1,3 % du total mondial, en 2013.

    L'énergie hydro-électrique
    L'énergie hydro-électrique     

     

     

     

     

     


         La puissance fournie par le barrage dépend essentiellement de deux facteurs : la hauteur de chute et le débit d’eau qui va faire tourner des turbines

        Dans des barrages sur de grands fleuves (le Rhin par exemple), la hauteur de chute est très faible et c’est le débit d’eau qui est primordial.
        Le schéma de fonctionnement est le même dans les deux cas, et correspond aux deux figures ci-dessous.
        L’eau est prise à une certaine hauteur dans le barrage et amenée par une conduite forcée jusqu’aux turbines couplées à un alternateur qui produit du courant alternatif. Un transformateur élève la tension de ce courant pour permettre le transport à distance aux moindres pertes par effet joule, sur les lignes haute tension.
        Un déversoir dans le barrage permet d’évacuer l’eau en surplus, notamment en période de crue.
        Par ailleurs un obturateur peut boucher tout ou partie des canalisations d’entrée des conduites forcées ce qui permet de moduler la production d’une centrale qui peut passer de zéro à sa puissance nominale en quelques minutes.
        Les dimensions et distances diffèrent.
        Dans un barrage au fil de l’eau la dérivation du fleuve est un véritable canal et les turbines se trouvent au fil de l’eau, en bas d’un barrage de très faible hauteur.
        Dans un barrage classique, la canalisation forcée est de faible longueur et a un débit important, les turbines étant près du barrage.
        Dans des barrages en montagne, en général de moindre hauteur, les canalisations forcées sont des tuyaux en acier de débit moindre, mais les turbines se trouvent à plusieurs centaines de mètres (voire des kilomètres) du barrage en bas de la montagne, avec des dénivelées de plusieurs centaines de mètres.
        Un mot aussi, des centrales de « pompage turbinage » (STEP = station de transfert d’énergie par pompage).
         Elle sont conformes au schéma ci-contre. Actuellement on se sert du supplément d’électricité disponible la nuit pour remonter de l’eau la nuit dans le réservoir supérieur , laquelle sera utilisée de jour, colle dans un barrage normal pour produire un supplément d’électricité.

        La France possède 6 stations qui permettent de stocker quotidiennement quelques dizaines de GWh.
        Le stockage hydraulique retrouve de l'intérêt pour gérer l'intermittence de la production solaire et éolienne, le courant intermittent de ces sources d'énergie pouvant être stocké par pompage.

        L’hydraulique dans le monde

         La particularité de l'hydroélectricité est sa répartition globalement homogène par continent dans le monde. Les pays producteurs en sont aussi les consommateurs, même si certains pays comme la France exportent un peu d’électricité.
        Comme on le voit sur les tableau ci-dessous, la Chine est de loin le plus grand producteur d’électricité hydro-électrique et possède sur le Yangzi-Jiang d’énormes barrages. Le plus grand « barrage des 3 gorges », mis en service en 2012, a une puissance de 22,5 GW et produit 100 TWh /an.
        Le Canada et le Brésil sont le seconds producteurs, mais avec moins de la moitié de production annuelle. grand barrage brésilien  a une puissance de 14 GW et produit également environ 100 TWh /an, et le plus grand barrage canadien  a une puissance de 7,7 GW et produit 26,5 TWh /an.

    L'énergie hydro-électrique
    L'énergie hydro-électrique

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

         L'hydroélectricité a une gros avantage : pas d'émission de CO2, grande souplesse d'utilisation pouvant s'adapter à la demande évoluante dans une journée, et disponibilité quasi permanente. Son coût est relativement faible.

         Ses inconvénients proviennent de la formation d'un lac derrière le barrage qui va engloutir la vallée et son contenu naturel et humain, et les conséquence sur la faune aquatique de l'interruption du cours d'eau, même si des "écluses à poissons" sont parfois mis en place (remontée des saumons notamment).

         Pour ne pas faire un article trop long, je publierai des photos de quelques barrages et leurs caractéristiques dans un prochain article, et j’y parlerai aussi, de l’usine marémotrice de la Rance.

    Partager via Gmail

    votre commentaire

  •              Non ce n'est pas un article sur le changement climatique.

              Je recommencerai après-demain à écrire sur l'énergie, avec un article sur l'hydroélectricité.

              Lorsqu'on a été deux mois en Bretagne et qu'on est revenu en région parisienne, on pense souvent à cette belle province, à ses ports, ses églises et chapelles, ses châteaux et aux paysages des îles avec leurs phares.
              On pense aussi évidemment au crachin breton et aux caricatures qui se moquent un peu de ce pays attachant. En voici quelques unes en intermède.

    Le climat de Bretagne

    Le climat de Bretagne

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le climat de Bretagne

    Le climat de Bretagne

     

    Le climat de Bretagne

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le climat de Bretagne

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le climat de Bretagne

     

     

     

     

     

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •           A la télévision, en ce moment, on reparle des ours des Pyrénées et le Ministre de l'Ecologie s'est fait des ennemis en voulant réintroduire quelques ours pour remplacer ceux ou celles qui sont morts. Evidemment tous les éleveurs ont hurlé au scandale. Pourtant ils sont remboursés chaque fois qu'un ours (ou une autre bête), tue une de leur brebis.
             Peut être est ce un souvenir de mon enfance, parce que j'avais des nounours en peluche, mais j'aime bien les ours et quand j'étais jeune, j'en ai vu de près.
     


            Quand j'avais une dizaine d'années, c'était la guerre et nous ne pouvions pas aller loin dans la montagne, car les allemands contrôlaient la frontière avec l'Espagne.
              J'habitais à Pau et nous allions souvent, à vélo, dans un petit village des Pyrénées de 1000 habitants, Laruns, dont vous voyez là une photo plus récente.
    (à l'époque les photos en couleur n'existaient pas et je n'ai pas retrouvé de photo du village de cette époque)


     

           Il y avait beaucoup d'ours à cette époque dans la montagne et un paysan de Laruns que connaissaient mes parents, avait recueilli un ourson orphelin.

              Maman et grand-mère lui donnaient souvent le biberon et l'ours les connaissait bien.
              Sur cette photo avec Maman, il avait un an et ne tétait plus.
     

     


              Le même petit ours au même endroit avec ma grand mère.
              Il grognait après mon père qui prenait la photo !
              Mais il était relativement apprivoisé et on pouvait le caresser, je me souviens ses poils étaient à la fois doux et rugueux. (comme de la laine). (excusez la mauvaise qualité des photos, elles datent de 1943 et sont prises avec un vieux Kodak)



             Ma grand mère n'aimait pas que les ours, elle donnait aussi le biberon aux petits agneaux qui avaient perdu leur mère, comme on le voit sur cette photo.

                 Après la guerre en 1946 on avait de nouveau accès à la montagne et à trois reprises je me suis trouvé nez à nez avec un ours adulte (mais je n'avais pas d'appareil photo, hélas ! )
                  La première fois c'était en forêt une ourse et son petit, mais ils étaient à une vingtaine de mêtres. L'ourse a fait partir son ourson et s'est tourné vers moi en grognant fortement. Je suis resté sans bouger et elle est partie à reculons en me surveillant : l'amour maternel.
                  La deuxième fois c'était au détour d'un rocher et j'étais à 5 ou 6 mètres de lui. Pour me montrer qu'il était une grosse bête il s'est mis debout et il m'a regardé manifestement curieux. Je n'étais pas très rassuré mais on m'a toujours dit que, dans ces cas, là, il ne faut pas bouger et surtout ne pas tourner le dos. On est resté ainsi deux ou trois minutes, puis il est parti.
                  La troisième fois c'était un ours qui pêchait des truites dans un torrent  : d'un coup de patte rapide, il en a envoyé une sur l'herbe de la berge et a ensuite été la manger, puis il est parti, calmement.

              S'ils ne se sentent pas menacés, les ours sont très pacifiques; D'ailleurs ils mangent autant de baies et légumes que de viande.

              Une amie qui faisait une promenade en bateau dans l'Ariège, a eu la chance de photographier les ébats d'un ours.  D'abord dans l'herbe, puis lui aussi dans la rivière


           

     

     

     

     

     

     

     

     

                 Il n'a pas l'air farouche, mais intéressé par ces gens sur un bateau, mais bientôt l'amusement reprend ses droits, on batifole dans l'eau !

     

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

    La liberté autrefois

           Mes articles sur la liberté m'ont valu quelques mails et on me demande si c'était pareil quand j'étais jeune. Je vais essayer de répondre à cette question.

           D'abord nous avions été éduqués de façon relativement stricte, entre 2 et 6 ans par nos parents et grands parents. C'est en effet dans ce créneau d'âge qu'il faut donner les bonnes habitudes aux enfants : apprendre à obéir, à être poli, à savoir qu'un enfant n'est pas un adulte, à réfléchir avant de dire n'importe quoi, à se tenir bien à table, à s'ennuyer et s'inventer alors des occupations, à découvrir l'environnement et en avoir des explications, à s'habituer à vivre avec les autres sans leur apporter une gêne....

          Puis dans la préadolescence parents et professeurs nous avait appris à travailler, à aimer acquérir des connaissances, à avoir une curiosité intellectuelle pour un peu tout, et à respecter le travail et la propriété des autres.
          Il faut reconnaître que les programmes scolaires étaient mieux faits : on nous bourrait moins de savoir, mais on nous apprenait davantage de méthodes, d'explications. Nous avions beaucoup plus d'exercices à faire le soir, mais relativement pratiques de telle sorte qu'on comprenait ce à quoi pouvait servir ce que l'on apprenait.
          Par contre il fallait travailler et suivre sinon on redoublait ou l'oriententaion était faite plus tôt en fonction des goûts et des capacités.
         L'enseignement professionnel était fait en liaison avec entreprises et artisans, et, à cette époque, d'une part il y avait plein emploi, mais également les chefs d'entreprise avaient conscience que certes leur outil devait être rentable, mais que sont but était notamment de fournir du travail à ses employés pour qu'ils puissent vivre. Aujourd'hui, leur objectif est purement financier. On y apprenait vraiment un métier.
         Finalement nous avions tous conscience que nous préparions notre vie future à l'école et nous écoutions et respections nos professeurs et nous allions les voir si nous avions une difficulté. Bien sûr nous étions parfois turbulents, mais cela ne durait guère, les professeurs savaient rétablir la discipline et les parents les approuvaient et leur faisaient confiance.
        D'ailleurs la plupart des parents faisaient tout leur possible pour suivre les études de leur enfant et les aider s'ils le pouvaient.

        Troisième facteur, nous désirions l'indispensable et non le superflu.
        D'une part nous sortions de la guerre, nous avions à peine à manger; vêtements, chaussures, jouets, vélos, autos...étaient usés jusqu'à la corde et la plupart des gens n'avaient pas beaucoup d'argent et la priorité allait aux achats indispensables.
        D'autre part la société de consommation n'existait pas : les matières plastiques débutaient, pas de multimédia sauf de rares postes radio à lampes, pas de téléphone sauf les professions médicales, les administrations et entreprises, pas d'appareil photo, ni d'ordinateur (l'électronique était balbutiante)
        Très peu de familles avaient la chance de partir en vacances.
        Nos occupations en dehors des études : lire, jouer avec les copains notamment  à des jeux de société, et faire beaucoup de sport. Se promener aussi mais à pied ou à vélo si on avait pu en racheter, parfois le cinéma (pas encore de télé!).   
    Les marques de vêtements et produits n'existaient pas, la publicité discrète (radio et ciné). Ce qu'avait le voisin nous importait peu et nous n'aurions jamais passé notre temps à le regarder et désirer la même chose. Au contraire nous essayons de nous compléter et de mettre nos moyens en commun.
        Une conséquence autre, les particuliers faisaient beaucoup de travaux par eux mêmes et il nous semblait normal d'aider les parents aux travaux ménagers et dans leurs bricolages et rangements.

        L'éducation était en moyenne beaucoup plus sévère qu'aujourd'hui.
    Comme tous les enfants, nous étions turbulents et nous faisions des bêtises.
    Les remarques, mais aussi les conseils, les sanctions mais aussi les encouragements, venaient très vite dès que nous ne nous conformions pas aux règles. Quelques claques ou fessées, des privations de jeu ou de sports, nous incitaient à ne pas désobéir et à faire attention à nos actions. Par contre nos activités étaient souvent proches de celles des parents qui nous encourageaient aussi à bien faire.
        Mais il est certain que la surveillance par les parents et grands parents était beaucoup plus stricte qu'aujourd'hui. Pas question par exemple de s'éloigner de la maison sans autorisation, sans avoir dit où on allait et quand on rentrerai, et si on voulait obtenir ces autorisations dans le futur, on n'avait pas intérêt à mentir et raconter des histoires, car les parents communiquaient entre eux et étaient rarement dupes.
        Pour nous la plupart des parents étaient des modèles, et nous reproduisions en société les comportements que nous avions au sein de la famille. 
        Ce n'est plus vrai aujourd'hui : les modèles, ce sont les copains du groupe.

        J'ai aussi l'impression que la communication avec les parents était en moyenne, meilleure qu'aujourd'hui et le “déficit de tendresse” était beaucoup moindre chez les ados. Mais il faut reconnaitre que beaucoup de mères ne travallaient pas et que la vie était moins trépidante.

        Si les jeunes d'aujourd'hui étaient brusquement transportés à cette époque, ils se sentiraient sans doute malheureux et terriblement privés de liberté et très contraints par les parents dans leurs occupations et par leur règles.
        Pourtant nous étions heureux et nous n'avions pas l'impression de manquer de liberté.
        En fait quand on est habitué à respecter des règles qui sont relativement logiques et utiles, et qu'on les a comprises (notamment leur utilité), on n'en souffre pas : cela devient naturel et finalement cela facilite la vie en famille et en société.
        Aujourd'hui trop souvent dès qu'un ado a un désir, celui-ci est satisfait et dès lors il n'en obtient guère de satisfaction, mais il pens tout de suite au désir suivant. Il devient alors un éternel insatisfait qui ne jouit pas de ce qu'il a et souffre de tout ce qu'il n'obtient pas assez vite.
        N'ayant pas grand chose, ayant du mal à obtenir ce que nous souhaitions, si ce n'est par notre propre travail, nous étions habitués à attendre la satisfaction d'un besoin et donc nous apprécions ce que nous obtenions.

        Bien que dans un milieu sévère et austère, nous obtenions peu, mais nos désirs étaient très peu importants. Donc nous obtenions plus que ce que nous attendions avoir  et nous apprécions donc ce que nous apportait la vie.
        Les contraintes qui paraîtraient insupportables aujourd'hui, nous étaient légères et donc nous nous sentions relativement libres.
        Comme je vous le disais, le sentiment de liberté est une chose toute relative.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Acheter des "marques", une illusion.

         Bien entendu, dans mon entourage c'est la rentrée, cela l'est aussi dans vos mails et je suis étonné d'entendre parler des achats “qui ne sauraient être que des produits de grandes marques”, pour faire, “comme les copains”, comme les "amis", qui ont déjà de tels produits. C'est vrai pour les ados, mais c'est aussi le cas des adultes.

        J'avoue que c'est une chose que je comprends mal.

        Certes il y a des cas où tous les produits sont de grandes marques, quand vous achetez une voiture ou un téléviseur par exemple.
        Mais il s'agit d'achats importants qu'on ne fait pas à la légère et on regarde alors les caractéristiques, les performances, les prix et on choisit alors en fonction de ce que l'on a besoin, le meilleur rapport qualité / prix.

        Là je parle des fournitures de classe ou des habits, chaussures .... bref de produits d'un usage courant bien défini et pour lesquels on a une multitude de choix, dont certaines grandes marques, connues essentiellement parce qu'elles font beaucoup de publicité.
        Je constate d'abord que leurs produits sont 50% à deux fois plus chers que d'autres ayant le même usage.
        Pour avoir discuté avec les usagers, il me semble que la qualité et les caractéristiques des produits de marque ne sont guère supérieures à celles des autres marques moins chères (ou du moins de certaines d'entre elles).
        Leur seule originalité est d'être d'un aspect assez agressif afin qu'on les remarque et d'avoir le nom de la marque écrit en gros sur les objet, afin qu'on sache bien de quoi il s'agit.
        Alors je me demande, “qu'est ce qui vous attire tant dans ces marques. ?"

        Moi j'avoue que ma réaction est différente. J'avais au début de l'été, besoin de chaussures de marche et j'ai été chez un marchand, en Bretagne.
        Lui a intérêt, je le sais, (il n'est pas philanthrope), à me vendre le plus cher possible, et il m'a donc proposé des chaussures d'une marque connue. J'ai essayé et je me suis trouvé très bien dedans (ce qui n'est pas toujours le cas même avec de grandes marques). Alors j'ai demandé le prix qui m'a paru bien élevé;
        J'ai regardé pourquoi j'étais bien dans ces chaussures : j'ai vu la semelle en forme, en mousse, à l'intérieur, et la semelle extérieure en trois parties : l'une très rigide sur les bords, pour résister à l'usure, et deux autres plus souples et élastiques sous le talon et la plante des pieds, pour amortir les chocs de la marche.
        J'ai alors cherché des chaussures ayant la même conception dans des marques peu connues (qui ne font pas de pub à la télé !).
        J'en ai trouvé deux l'une 30% moins chère et l'autre 80% de moins. J'ai essayé et je m'y sentais aussi bien; elles avaient l'air aussi solides, mais bien sûr, plus discrètes, moins “remarquables”.
        A qualité très proche, j'ai pris la moins chère des trois. Bien sûr il y en avait d'encore moins chères mais de moins bonne qualité.
        J'avoue à postériori et après utilisation tout l'été, être très content de mon choix.

        Alors j'ai l'impression que finalement les marques ne sont recherchées que parce qu'elles font remarquer l'acheteur, pour qu'il puisse se vanter auprès des copains d'avoir tel produit, et exciter un peu leur jalousie; dès lors le voisin veut la même chose.

        J'avoue que je trouve ce comportement aberrant de la part de l'utilisateur, mais je l'excuse car il est en général jeune et ne se rend pas bien compte de ce qu'est un rapport qualité / prix, mais je trouve surtout cela totalement absurde de la part des parents dont la motivation est souvent : “je veux faire plaisir à mon enfant parce qu'il a envie de la même chose que son copain et que j'ai peur que le copain ne se moque de lui”, et encore plus étonnant quand il s'agit d'adultes, qui devraient avoir un peu de bon sens.
        Je pense que les parents ne sont pas faits uniquement pour faire plaisir à leurs enfants quelle que soit leurs demandes, et que leur rôle est avant tout de les éduquer, de les préparer à leur vie d'adulte.
        Alors d'une part je pense qu'il faut leur inculquer le sens de l'économie, leur montrer comment comparer qualité et prix, et leur montrer que le plus clinquant et le plus connu n'est pas forcément le meilleur.
        Et d'autre part il faut leur montrer que le choix des copains et la mode ne sont pas forcément des critères de choix pertinents.
        Personnellement je préfèrerais encourir leurs moqueries parce que je n'ai pas un produit de marque, que de passer pour un imbécile parce que je me suis fait avoir en payant deux fois plus cher un produit qui n'a pas d'autre avantage que d'avoir eu son image sur maintes affiches et écrans de télévision.

        J'ai souvent comparé des produits ainsi dits “de marque” et à la mode, ils étaient toujours très chers et chaque fois j'ai trouvé un produit à peu de chose près équivalent ou même de meilleure qualité, mais qui évidemment ne me permettait pas de dire que j'étais un des moutons suivant la mode ou un dandy voulant paraître riche et dans le vent.

        Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais ce qui me navre le plus c'est que souvent ce sont des enfants de ménages modestes qui  demandent le plus à leur parents de tels produits, alors que le budget familial aurait grand besoin d'être consacré à des choses moins futiles.
        Là encore on retrouve l'aspect nocif des médias et de la société de consommation.

    Acheter des "marques", une illusion.

       

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires