•           Nous avons vu, très succinctement, dans l'article précédent quels sont les doses de rayonnements ionisant entraînant des effets biologiques sur notre corps.
              Il peut y avoir, au voisinage de sources radioactives puissantes, par exemple les cœurs de réacteur, des débits de dose considérables, très dangereux pour ceux qui sont à proximité, qui pourraient recevoir une dose mortelle en quelques minutes.
                Le débit de dose des rayonnement gamma décroit comme le carré de la distance (la surface de la sphère, puisque c’est un rayonnement par cm2). De plus il y a une absorption exponentielle par l’air. Les obstacles rencontrés (murs, terre...) l’atténuent.
             De ce fait à 1km il n’y a presque plus rien et à 10 km plus rien du tout et il n’y a pas de danger d’irradiation pour la population tant qu’il n’y aura pas des sols contaminés de façon importante.

              Je vais maintenant examiner les dangers de contamination externe et interne. Pour être plus réaliste, je prendrai des exemples dans les accidents de Tchernobyl et de Fukushima, et non lors d'une explosion de bombe nucléaire, pour laquelle les dangers sont sans commune mesure.

    Le nucléaire : les dangers de contamination interne (2)

                        Le danger de contamination externe.

              Lors de l’accident de Tchernobyl, du fait d'une explosion dans la centrale et de l'absence de double paroi, une partie des produits de fission des barres de combustible avait été dispersée dans un nuage de poussières, avec de la vapeur d’eau et de la fumée issue du graphite du modérateur qui a brûlé. Ces particules s’étaient ensuite déposées sur le sol, et il y avait donc une contamination par des produits de fission sur des étendues assez importantes, et des débits de dose non négligeables.
              Cependant, malgré une évacuation tardive, les irradiations on été limitées à, en général, quelques dizaines de mSV et les plus fortes vers 500 mSv et on n’a constaté aucun syndrome et aucun décès dans la population, dûs à l'irradiation.
              Quelques brûlures de la peau ont été provoquées par des contaminations des vêtements et de la peau, sous l’effet des rayonnements béta (électrons) émis par les produits de fission. Cela aurait pu être évité par une détection et une décontamination. (la protection civile russe a été très déficiente)
              En définitive le danger d’irradiation dû à l’exposition en zones contaminées est certes à prendre en compte, mais si on pratique suffisamment tôt une évacuation de certaines zones et une éventuelle décontamination des habits et de la peau, le risque paraît extrêmement limité. Mais pour prendre les bonnes décisions, il est essentiel d'être équipé de détecteurs de rayonnements, pour mesurer exactement le danger

                        Le danger de contamination  interne.

              Cela n’est pas le cas pour une éventuelle contamination interne due à l’ingestion de produits radioactifs par les voies respiratoires et digestives, produits qui peuvent alors se fixer sur des organes sensibles du corps et l’irradier pendant des périodes longues à des doses importantes.
              Le risque encouru n’est pas alors le même qu'en irradiation externe, mais il s'agit essentiellement de cancers des organes atteints.

              Les deux principaux radio-éléments dangereux parmi les produits de fission sont l’Iode 131 et le césium 137 (et à un beaucoup moindre titre le strontium 90).
              Il est possible de mesurer approximativement  la contamination ambiante et d’évaluer approximativement (et de mesurer sur certaines personnes dans des scanners spéciaux) la quantité de radio-éléments absorbés, et on peut alors évaluer la dose reçue au niveau des organes sensibles sur de longues périodes (20 ans par exemple), qui peut entrainer des cancers.
              La contamination peut être mesurée par la quantité de radio-éléments en béquerels Bq. Le béquerel est une unité qui correspond à une quantité de radio-éléments extrêmement faible. Des contaminations significatives, mais même peu importantes, correspondent à un nombre de Béquerels très élevé, ce qui effraie évidemment les personnes non averties (et les journalistes).   

    Le nucléaire : les dangers de contamination interne (2)

                        L’Iode 131

              L’iode 131 est un produit radioactif cristallin mais qui se sublime facilement et donc est émis sous forme gazeuse dans le nuage lors d'un accident grave comme Tchernobyl ou Fukushima.
              Sa période est de 7 jours environ, à l’issue de laquelle son activité est divisée par 2. Au bout de 10 semaines elle est divisée par 1000.
              Par contre, du fait de sa courte période, les rayonnements gamma émis correspondent à des débits de dose assez importants et irradient la thyroïde, sur laquelle l’iode se fixe.
              Les calculs montrent que l’ingestion de 1 Bq au niveau de la thyroïde ne donne qu’une dose en 20 ans de 0,4 μSv. Pour qu’il y ait danger, il faut inhaler des centaines de milliers de béquerels d’iode 131 gazeuse
             
    On peut minimiser le danger de l'iode en avalant, avant la contamination des pastilles d'iode, qui saturent provisoirement l'organisme, qui ne peut plus alors absorber encore de l'iode radioactif, au moment de la 
    contamination.

       
              On estime que la plupart des “liquidateurs” qui ont travaillé sur les réacteurs à Tchernobyl ont reçu, en 20 ans (1986/2006) au niveau de leur thyroïde plus de 100 mSV, les résidants des zones très contaminées plus de 50 mSv , ceux des zones moins contaminées entre 10 et 20 mSv les personnes évacuées environ 30. Ces doses ont été reçues essentiellement dans les premiers jours après l’accident. (source OMS)
              Les enfants ayant bu du lait contaminé ont reçu entre 140 et 2700 mSV.
              A noter que le rayonnement naturel pendant cette période délivre sur 20 ans une quarantaine de mSv.
              Les autorités sanitaires avaient estimé au départ que le nombre de cancers de la thyroïde risquait d’augmenter d’environ 4 000 cas.
              Chez les adultes il semble que ce pronostic ait été très surévalué et on a constaté très peu de ces cancers. Par contre chez les enfants de moins de 15 ans au moment de l’accident, on a constaté de l’ordre de 2000 cancers, toutefois bénins qui ont pu être guéris à 95%.
              Des mesures concernant le lait et la distribution de pastilles d’iode aurait permis d’éviter la plupart d’entre eux. (Là encore, la protection civile russe a été très déficiente et n'a pas pris en temps voulu les bonnes mesures d'interdiction de boire du lait et de l'eau contaminés.)
              Les journalistes ont monté en épingle le fait qu'on ait trouvé de l'iode dans les épinards et dans l'eau autour de la centrale et des traces dans l'eau du robinet à Tokio. Certes c'est anormal et cela prouve que de l'iode radioactif est sorti des centrales, mais si on mesure le phénomène, on s'aperçoit qu'il a peu d'importance.
              Dans un examen médical de la thyroïde, une scintigraphie qui n'a jamais perturbé la santé des personnes, on injecte dans l'iode un million de béquerels environ.
              Au voisinage de la centrale du Japon, on a trouvé15 000 bq par kg d'épinard et 77 bq par litre d'eau. Il faudrait manger environ une centaine de kg d'épinard et boire 15 000 litres d'eau pour atteindre l'équivalent d'une scintigraphie à la thyroïde (une partie de l'iode est rejetée). A Tokio les mesures faisaient étaut de 15 bq par m3 d'eau c'est à dire 15 millibéquerels par litre : des traces sans importance !!

                          Le Césium 137

              C’est un élément qui émet des électrons béta et des rayonnements gamma, avec une période de 30 ans. Il irradie donc peu mais ne disparait pratiquement pas au plan nucléaire, mais il est éliminé de l’organisme avec une période de 100 jours.
              Le césium est un homologue du potassium et suit le même processus biologique et participe donc à des processus de régulation osmotique au niveau des cellules et intervient dans la biochimie des enzymes et des protéines. Il se répartit surtout dans les muscles
              Il semble qu’il faille de très fortes doses pour que des effets biologiques soient constatés, lesquels sont assez divers et il est difficile de les imputer avec certitude à ce radio-élément : insuffisance médullaire et atteinte du système immunitaire, toxicité sur le foie et affections rénales, défauts de la minéralisation osseuse, troubles neurologiques, pathologies cardio-vasculaires, cancers.
              Ces actions nocives semblent davantage dues au rôle chimique du césium qu’à sa radioactivité.
              En fait il n’a pas été possible d’imputer avec certitude parmi les victimes de Tchernobyl, des pathologies dues à la contamination par le césium 137, ce qui ne démontre pas qu’il n’y en a pas eu, mais qu’il n’y a pas eu d’augmentation très importante comme pour l’iode 131
              En ce qui concerne Fukushima, certes l’accident japonais est grave, mais l’espèce d’affolement du monde entier (et beaucoup moins des japonais), a été très exagéré et dû en grande partie à des informations peu pertinentes des médias.
               Contrairement aux autorités russes, totalement dépassées par les événements, les autorités japonaises ont fait ce qui était nécessaire , vis à vis de la population : évacuer les abords de la centrale et avoir en réserve des pastilles d’iode au cas où ce serait nécessaire par la suite et interdire la consommation des épinards et légumes cultivés au voisinage de la centrale, bien que leur contamination ne soit pas très forte.
              Au plan des difficultés, rien de comparable avec l’approvisionnement en nourriture et le logement de tous les malheureux, (des dizaines de milliers) qui ont tout perdu avec le tsunami, alors qu’il neigeait et faisait froid au Japon.

     


        

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  •           Maintenant que nous savons succinctement comment fonctionne divers réacteurs nucléaires, et avant d'évoquer des accidents comme ceux de Tchernobyl et Fukushima, il faut que nous ayons une idée plus précise du risque et comment le chiffrer, c'est à dire des effets biologiques des rayonnements ionisants.

              C'est un domaine où j'ai travaillé comme jeune ingénieur, car j'ai eu à diriger un laboratoire où l'on faisait, entre autres, des études pour divers ministères, sur les effets sur des animaux (pour extrapolation à l'homme) des rayonnements ionisants et sur les méthodes possibles pour accroitre la prévention et la protection.

              Je vais donc essayer de vous donner une information, certes très succinte puisqu’en deux articles seulement, sur l’irradiation et la contamination qui peut effectivement se rencontrer dans l'industrie nucléaire en cas d'accident, mais qui concerne plus généralement les produits radioactifs et les appareils qui produisent des rayonnements dits "ionisants".
              
    Ce sera un peu difficile à lire car cela va ressembler à un cours de SVT.

              Les produits de fission émettent trois types de rayonnements :
                        - les rayonnements alpha, (noyau d'Hélium), qui sont très facilement absorbés et ne parcourent dans l'air que quelques centimètres et ne franchissent pas la peau.
                        -les rayonnement béta (des électrons) qui ne parcourent que quelques mètres dans l'air et moins d'un centimètre dans la peau.
                        - les rayonnement gamma (des photons), qui eux sont très pénétrants, d'autant plus qu'ils sont de grande énergie, et passent à travers le corps humain en y perdant de l'énergie et donc en y faisant des dégâts par ionisation.
              Seuls les rayonnements gamma sont donc dangereux devant le cœur d'un réacteur ou dans une zone où des produits de fission sont répandus sur le sol. C'est ce que l'on appelle le danger d'irradiation externe.         
              Les rayonnements béta peuvent brûler la peau si celle-ci est recouverte de poussières contenant des produits de fission, mais une décontamination élimine ces poussières.
              Par contre si, dans un endroit contaminé, on absorbe par voie respiratoire ou digestive des poussières contaminées, alors les trois types de rayonnements sont dangereux car les émetteurs radioactifs sont au contact des organes internes du corps humain.
              C'est ce que l'on appelle la contamination interne.

    Le nucléaire : effets biologiques des rayonnements ionisants. (1)

              Aujourd’hui je parlerai de l’irradiation “externe”, par des sources extérieures à notre corps, que ce soit une source ponctuelle (une source industrielle ou médicale, un appareil X de radiographie ou gamma de radiothérapie), ou une zone où le sol ou l'environnement sont contaminés par des produits de fission radioactifs.

              Les rayonnements dits "ionisants" X ou gamma principalement arrachent des électrons aux atomes des matériaux qu'ils traversent. Ces électrons peuvent créer une ionisation, notamment au voisinage des cellules biologiques de notre corps et peuvent perturber leur fonctionnement, voire les tuer.
              Voici, très résumés les effets qui sont produits au plan biologique : 

               Au niveau chimique, les rayonnements ionisants vont créer des ionisations et des ruptures de molécules et l’on va donc avoir des ions et des “radicaux libres” qui favoriseront des recombinaisons chimiques différentes de l’état initial.
               On observe notamment des oxydations qui vont perturber la chimie cellulaire.
               Au niveau des acides nucléiques, les rayonnements peuvent “casser les barreaux de l’échelle” ADN (les bases puriques - voir mes articles sur l’ADN) et provoquer ainsi des perturbations de la production des protéines, des mutations au niveau des cellules (effets cancérigènes ou génétiques pour l’espèce).
               Au niveau des chromosomes, il peut y avoir rupture d’un chromosome dans le noyau d’une cellule, ce qui en général empêche la cellule de se reproduire. Il en résulte que les organes les plus sensibles sont ceux dont les cellules se reproduisent souvent : les organes générateurs des cellules du sang (organes hématopoïétiques de la moelle des os principalement ou ganglions lymphatiques), les muqueuses  : peau et système gastro-intestinal. De nombreuses cellules détruites vont perturber voire empêcher leur fonctionnement.
                Aux doses très élevées, les ionisations tuent tous types de cellules et l’atteinte du cerveau est primordiale.

              Pour mesurer les effets des rayonnements, on utilise une unité, le Sievert (Sv), qui caractérise la quantité d’énergie cédée dans les divers organes de notre corps par les rayonnements ionisants et donc l’ionisation produite.
              On mesure les doses reçues principalement en milli-sieverts (mSv - le millième), et en micro-sieverts (μSv - le millionième.).
              Ces doses dépendent de la quantité de particules radioactives reçues et de l'énergie de ces particules. Ces données sont caractéristiques de chaque produit radioactif et de la quantité de ce produit présente. Elles sont aussi caractéristiques des appareillages qui émettent des rayons X.

              Voici une évaluation sommaire des syndromes constatés lors d’une “irradiation aigüe” c’est à dire se produisant sur une courte durée (quelques jours), sur tout le corps humain d'une personne.

                        - 10 mSv < d <100mSv : on peut, si on fait une culture de cellules du sang et qu’on examine un grand nombre de cellules, voir des anomalies chromosomiques.
    Elle n’ont pas d’influence sur la santé.

                        - 100 mSv < d < 500 mSv : on peut, si on dispose d’une numération sanguine avant et après l’irradiation, constater une diminution des nombres de globules rouges, globules blancs et de plaquettes. Ces anomalies disparaissent au bout de quelques semaines.

                        - 500 mSv < d < 6.000 mSv : les personnes vont être d’autant plus malades que la dose est élevée. Apparition de vomissements et de diarrhées, dues à l’irritation du système gastro-intestinal, d’une diminution des globules rouges d’où manque d’oxygénation des cellules et donc anémie, diminution des globules blancs et donc sensibilité plus grande à toutes les maladies microbienne.
              On pourra voir apparaître des décès au bout de quelques semaines après l’irradiation, à partir d’environ 2 500 mSv .
              Autour de 4 500 mSv, la moitié des personnes irradiée à cette dose risquent de mourir
              La survie au dessus de 6000 mSv est exceptionelle.

                        - 6000 mSv < d < 20.000 mSv : les personnes vont mourir d’une atteinte des muquauses gastro-intestinales; elles ne sont plus aptes à transmettre les nutriments. Les blessures et le manque de plaquettes entraînent des saignements et une invasion microbienne que les globules blancs, moins nombreux,  ne peuvent arrêter.
    La mort survient en quelques jours

                        - d> 20 000 mSv : Les cellules nerveuses du cerveau sont atteintes et la mort survient rapidement après un coma dans l’heure qui suit l’irradiaiton.

              Il faut attirer l’attention sur le fait que si l’irradiation ne concerne pas tout le corps et notamment les organes sensibles, seul l’organe atteint est concerné. Dans le traitement des tumeurs, on irradie la seule tumeur à plus de 100 000 mSv, mais avec des irradiations faibles pour les autres organes.
              Si une irradiation chronique est étalée sur des mois, il y a une certaine réparation qui intervient et les doses provoquant les syndromes ci-dessus sont plus élevées.

              Enfin il faut prendre en compte les modifications génétiques des cellules, qui notamment peuvent induire des leucémies en cas d’irradiation de tout le corps ou des cancers d’un organe en cas d’irradiation de cet organe.
              C’est la dose totale reçue depuis le début de l’irradiation, quelle qu’en soit la durée, qui doit être prise en compte, car c’est le nombre total de mutations du matériel génétique qui compte.
              Par exemple, pour un travailleur dans une centrale, on comptabilise les doses reçues depuis qu’il a commencé à travailler, jusqu’à sa retraite.

    Le nucléaire : effets biologiques des rayonnements ionisants. (1)     Dans ce domaine on ne peut parler que statistiques : les études montrent que la probabilité de développer un cancer n’est plus grande que la probabilité naturelle, que si l’on a reçu une dose totale supérieure à 2 000 millisieverts.
        On ne peut pas démontrer  qu’une dose plus faible peut engendrer un cancer car sur les populations étudiées (Hiroshima et Nagasaki, Tchernobyl, des irradiations thérapeutiques,...), car on ne voit pas d’anomalie statistique par rapport à l’apparition de cancers naturels, mais on ne peut pas démontrer non plus que cela n’en produit pas (l'extrapolation n'est pas possible !)
              Quant aux études sur des animaux, le passage à l’homme est extrêmement difficile et ne permet pas de trancher ce problème.
      
              En ce qui concerne le risque de modifications génétiques transmissibles à l’espèce, il ne serait important que si toute une population était irradiée très fortement (risque de la même mutation chez les deux parents).
              Aucune étude n’est possible chez l’homme, mais on sait seulement que des populations vivant dans des zônes granitiques ou en altitude recoivent au cours de leurs vies environ 200 mSv et ne sont pas anormales pour autant.

              Ce que je viens de vous exposer est très simplifié et évidemment les études d’effets biologiques sont très complexes et concernent les effets de diverses sortes de rayonnements et les divers organes de notre corps.
              Mon but était de vous donner des repères utiles en matière de doses d’irradiation et des effets biologiques correspondants.
              En résumé :
                        - La législation impose pour les travailleurs devant des rayonnements ionisants, de ne pas recevoir plus de 20 mSV par an pour le corps entier, (avec des exceptions pour les jeunes et les femmes enceintes), et 1mSv par an pour la population. Ces normes tiennent compte des effets génétiques à long terme.
              Mais il est certain que l'objectif à viser doit toujours être l'irradiation la plus faible possible.
                        - Ces doses sont très inférieures à des doses dangereuses dont on peut résumer ainsi les seuils :
                                  • entre 100 et 500 mSv on peut déceler des modifications de la numération sanguine.
                                  • il y a risque d'atteinte somatique,  à partir de 500 mSV, de plus en plus grave lorsque les doses augmentent et notamment au dessus de 2000 mSv.
                                  • la survie au dessus de 6.000 mSv est exceptionelle.

     

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  •  Nos souvenirs ne sont pas fiables !Nos souvenirs ne sont pas fiables !

           

     

     

     

     

     

     

     

     

              Un correspondant, qui a lu mes articles sur la mémoire, me dit dans un mail : "j'ai très peu de souvenirs de mon enfance, notamment avant 6 ans. Et certains souvenirs de la jeunesse me semblent inexacts. Sur des événement récents, je ne me rappelle que les grandes lignes, et puis un tout petit détail sans importance. Notre mémoire épisodique est elle fiable ?"

              Effectivement notre mémoire épisodique est assez particulière  et elle est plus sujette à l'oubli que la mémoire de nos connaissances.
              En fait pour bien comprendre, il faut se rappeler qu'un souvenir, pour être durable a besoin d'être "répété", c'est à dire rappelé en mémoire pour se consolider, soit dans la période où il s'est formé, soit ensuite de temps à autre. Sinon c'est l'oubli.
             
    L'oubli peut être presque instantané pour les perceptions courantes sans intérêt qui interviennent tous les 1/40ème de seconde. il peut aussi, lorsque nous n'avons plus besoin de ce souvenir particulier, se produire  pendant notre sommeil durant lequel nous “nettoyons” notre mémoire.
              Lorsqu'il s'agit d'un souvenir que nous gardons, si nous l'utilisons souvent, il se renforce et reste présent vivace. Mais si nous ne nous en servons pas, il s'atténue, voire disparait à la longue.

             En fait nos souvenirs sont inexacts. On ne se souvient pas des détails, mais on en rajoute, on en invente. Jean-Pierre Changeux, un grand neurobiologiste, disait que nous construisons nos souvenirs comme les paléontologues reconstituent ce qu'ont été les dinosaures.
             Lorsque nous rappelons en mémoire un souvenir, certes il y revient et de ce fait se renforce, mais il se transforme aussi un peu lorsqu'on le "ré-enregistre". On enlève des détails sans importance, on en renforce d'autres qui nous tient à cœur.
             Quand on essaie de se souvenir de notre prime enfance, jusqu'à 6 ans, on s'aperçoit que l'on n'a que de très vagues images véritables de cette période, des “flashs”. Mais par contre vous vous souvenez de ce que vos parents, votre famille vous a raconté; vous intégrez à vos souvenirs des photos que vous avez de cette période. Vous intégrez même dans vos souvenirs des petits morceaux qui n'ont jamais existé, mais correspondent à des “envies”, à des rêves, à des lectures auxquelles vous vous êtes identifiée.
             Plus on avance en âge, et plus certains morceaux de votre vie sont ainsi flous et “reconstitués”, avec une inexactitude des détails.

             Cependant certaines scènes, certaines images, gaies ou tristes sont restées là, intactes, bien que vous n'y pensiez pas forcément si souvent que cela (voire même que vous évitiez d'y penser ! ). C'est en général qu'elles avaient pour vous une “charge émotionnelle” importante.
             Lors de la mise en mémoire, comme lors du rappel du souvenir, le thalamus rassemble les perceptions évoquées : (image + son + toucher + éventuellement odeur et goût) pour chaque objet et fait probablement du tri de pertinence; l'hippocampe connecte les diverses zones du cerveau qui correspondent au souvenir "recherché" et en fait une "évocation" ; le cerveau limbique, proche, ajoute l'émotion.
             L'amygdale notamment, qui intervient dans le mécanisme de peur,  reçoit directement les sensations et alertes, fait le tri et agit sur l'attention, qu'elle focalise sur les points imporatnts; elle agit aussi sur l'hippocampe voisin et sur la libération des hormones de stress; on a constaté que bloquer ces hormones diminue la sensibilité aux souvenirs émotionnels.
             La “charge émotionnelle" d'un souvenir peut donc contribuer à une mémorisation beaucoup plus forte.
             Par exemple vous vous rappellerez telle rencontre avec quelqu'un que vous aimez, comment cette personne était habillée, ce qu'elle vous a dit, les scènes de votre rencontre          Même à 86 ans j'ai encore ainsi des souvenirs précis de certains évènements de ma jeunesse, alors que les souvenirs de la même période ont complètement disparu.

             On se rappelle également mieux des souvenirs traumatisants en partie d'ailleurs parce que, à l'origine, ce souvenir revenait souvent en mémoire et vous hantait. Le souvenir d'un accident reste ainsi présent toute la vie dans ses détails.
             Mais le cerveau émotionnel peut aussi perturber le fonctionnement de l'hippocampe et bloquer celui ci lorsqu'on voudrait rappeler un souvenir traumatisant.
             C'est l'origine de ce que Freud appelait des refoulements et leur attribuait, à tort, une origine essentiellement sexuelle. (c'était particulier aux personnes qu'il soignait).
    En fait il ne s'agit pas de refoulements, mais de “blocages” de souvenirs par blocage de leur rappel. Ces souvenirs restent donc inconscients tant que nous les bloquons ainsi.

             En ce qui concerne l'inconscient, les neurobiologistes estiment qu'il est principalement constitué de tous les souvenirs de perceptions que nous enregistrons en permanence de façon inconsciente et dont certains, pour des raisons notamment émotionnelle, restent en mémoire pendant un certain temps.  
             Le cerveau analyse en permanence toutes les données fournies par le système visuel; il y a une remise en cause permanente des données qui entrainerait une instabilité permanente de celles-ci, un “sautillement”, s'il n'y avait pas un système de stabilisation : la conscience qui oppose une certaine inertie (quelques dixièmes de seconde). pour que les autres parties du cerveau qui ont des rôles de réflexion ou de commande puissent puiser des informations stables.
             C'est la raison pour laquelle notre cerveau fait un tri sélectif important dans ce qu'il enregistre et que nos souvenirs sont peu nombreux, fortement influencés par notre attention, notre volonté et nos sentiments et émotions, voire notre personnalité et nos désirs, et que finalement notre mémoire épisodique a une fidélité très relative.

     

     

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  • Quelques histoires d'enfants et de plus vieux!

         Pour vous distraire un peu de mes articles sérieux sur les énergies, quelques histoires trouvées sur internet et parait il "authentiques".

               D'abord celles d'enfants

         Mon fils de 10 ans parle à une coccinelle... "Hummm, tu es belle ! Tu as quel âge ? Tu as MSN ?

        J'habite dans une ville où les noms de rue ont été donnés par des enfants de l'école primaire. Résultat : j'habite "rue du lapin vert*, près de "l'allée du méchant loup" et de "l'allée des arbres perdus"...

        Je fais du baby-sitting chez 4 petits garçons remuants. Au bout de 2 heures de combat acharné, j'arrive enfin à les mettre au lit.
        Je leur demande ce qu'ils veulent avant de s'endormir et l'ainé me répond "Tu peux raconter une histoire où tu meurs à la fin ?"

        J'ai demandé à mes enfants pourquoi ils croyaient au père Noël. Ils m'ont répondu : "C'est pas toi qui nous offrirait des cadeaux aussi bien !"

        J'ai six ans. J'étais chez mes grand parents.
        Je n'ai pas pu regarder mon dessin animé préféré à la télé, parce que mon grand-père de 70 ans regardait “Elle est plus belle la vie”
         Quelle honte, à son âge, alors qu'il va bientôt mourir. !


        Ma fille de 10 ans a voulu me faire plaisir en lavant l'extérieur de ma voiture... avec le  grattoir éponge vert pour les casseroles!

        C'est dur d'être ado.
        Mes parents m'ont vivement sermonné. Non, je n'ai pas pris de drogues. Non, je n'ai pas fumé. Non, je n'ai pas eu de relations sexuelles. Non, je n'ai pas bu d'alcool.
         J'ai juste un peu tiré sur la nappe en m'asseyant à table, pour le souper, et toutes les assiettes et la soupière sont allées par terre !.

        Mes parents étaient sortis et je surveillais mon petit frère. Je l'ai mis devant notre tout nouvel aquarium et je suis allée sur l'ordi.
        Quand je suis revenue, il était devant la télé avec tous les poissons alignés sur le canapé.
        "Les poissons regardent la télé avec moi."  m'a t'il dit.

        Ma mère m'a cassé ma règle en plastique sur la tête parce que je ne voulais pas apprendre mes leçons.
        En plus, prise de remord, elle m'en a rachetée une en fer. J'ai peur.

        J'ai montré à ma "petite mamie" comment marchait mon PC.
        Elle a donné une pichenette dans l'écran pour "chasser la mouche qui se promène". C'était le curseur de la souris.

        Un ballon arrive à mes pieds, je le ramasse et le relance par dessus la barrière de l'école.
        Un petit garçon, qui était derrière moi, me demande que je lui rende sa balle. On est samedi et l'école est fermée.

        Je suis en 6ème au collège et les copains ne sont pas gentil avec moi. Je suis leur “chèvre et mistère” comme dit maman.
        La classe est allée visiter un zoo et devant les cages d'oiseaux, j'arrive devant un “Mainate Religieux” et là, l'oiseau me dit un très joli "Bonjour".
        Tous les copains et le prof s'arrêtent, je rigole et l'oiseau reproduit exactement mon rire.
        Même les oiseaux se foutent de ma gueule.!

        Pour mon anniversaire, ma grand mère m'a acheté une Barbie. Sympa pour mes 16 ans.!

       

     

              Mais aussi de plus âgés et pas plus chanceux.

         J'étais à la bibliothèque pour bosser, j'enlève mes tongs pour être plus à l'aise et je les mets dans mon sac pour pour ne pas les perdre.
        En fait, ce n'était pas mon sac mais celui de mon voisin de table qui est parti avant moi.
        Dans le métro et les rues, les gens m'ont pris pour une folle. !

        Il pleuvait à verse. Je rentre dans un supermarché, tout le monde me regarde d'un air insistant.
        Au bout de 10 minutes, je me suis rendu compte que je n'avais pas fermé mon parapluie.

        Je me suis tellement ennuyée, que j'ai enlevé toutes les touches de mon clavier d'ordinateur pour les nettoyer une par une. Le pire c'est que ça m'a presque amusée de retrouver la place de chacune.

        Je dois imprimer un CV. Juste assez d'encre pour 2 ou 3 feuilles.    
        Un moustique est allé agoniser sur les têtes d'impression. J'ai le cadavre incrusté sur mes compétences.

        L'ascenseur de mon immeuble est en panne. Je dois donc me taper 7 étages à pied.
        Arrivé tout en haut, essoufflé, je sors mes clefs un peu brusquement, qui méchappent des mains dans l'escalier. Elle sont tombée jusqu'au rez-de-chaussée

        Je suis très retard, mes copains m'attendent depuis un moment. Tant pis, je changerai de débardeur sur la route.
        Allez expliquer à deux gendarmes pourquoi vous étiez en soutien gorge au feu rouge.!

        Je passais mon entretien pour un stage d'été Tout allait bien jusqu'à ce que le manager me demande de cacher ce "vilain" piercing au niveau de l'arcade sourcilière.
        Je ne pensais pas que mon grain de beauté ferait un tel effet

        Je me demande quelle était la probabilité pour qu'en me couchant au soleil dans l'herbe, un oiseau se soulage pile dans mon œil droit au seul moment où je l'ouvrais... Une sur des millions, ai-je calculé.
        Alors on peut dire que j'ai beaucoup de chance !

        Mon chéri doit venir me voir. Je m'enduis donc les jambes de crème dépilatoire quand mon chat, super affectueux, vient se frotter à moi.
        Les moumoutes pour chat exsitent elles ?

        Je suis allée à la poste pour affranchir une lettre et pour me débarrasser de mes petites pièces, j'utilise la machine.            
        Malheureusement, il me manque 1 centime et je suis obligée de mettre la plus petite pièce qu'il me reste : 50 centimes. La machine me rend la monnaie en pièces de 1 centime. Grrrrrr.

     

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  •           Tous les réacteurs nucléaires ne sont pas identiques et il existe plusieurs filières.
              Le combustible est toujours de l'uranium 238, enrichi à environ 5 à 6% d'uranium 235 fissile, En France le combustible MOX contient en outre  du plutonium qui participe à la fission et qui au cours de l'irradiation est régénéré car une petite partie de l'uranium 238 se transforme en plutonium. Mais cela ne change pas le phénomène de fission au plan des principes.

              Par contre les filières de réacteurs diffèrent par le fait qu'elles n'utilisent pas le mêmeralentisseur de neutrons (que l’on appelle “modérateur” ) et le même fluide caloporteur qui va emmener la chaleur pour en faire de la vapeur et faire tourner des turbines accouplées à des alternateurs de production d’électricité.
              On peut ramener ces filières à trois types

                        - celui où le modérateur est du graphite et le fluide caloporteur de l’eau bouillante. Environ 3,5% des réacteurs, les réacteurs russes notamment.
              Ces réacteurs sont moins stables et plus difficiles à contrôler et la filière a été abandonnée.
    Les réacteurs russes de Tchernobyl étaient de vieux réacteurs de cette filière et leur instabilité est en partie responsable de l'accident. J'en reparlerai.
                                                              
                        - celui où le modérateur et le caloporteur sont de l’eau bouillante.
              C’est la filière américaine et environ 23 % des réacteurs dont les réacteurs japonais.

              L’inconvénient est que l’eau bouillante de transport de la chaleur mais aussi de refroidissement du réacteur, sort de la cuve où est enfermé le coeur, pour aller dans les turbines, ce qui crée des risques de fuite, comme on l’a constaté au Japon et fait passer de l’eau éventuellement contaminée dans les turbines et leur circuit.

                        - celui où le modérateur est de l’eau sous pression et le caloporteur de l’eau.          
              C’est la filière française et 67% environ des réacteurs. Il y a un circuit dans la cuve avec un échangeur de température étanche qui transforme l’eau du circuit secondaire en vapeur, qui alimentera les turbines. Les risques de contamination et de fuite sont bien moindres.
              La filière française est donc plus sûre au plan des principes de fonctionnement.

              Par ailleurs, alors que les réacteurs russes, bien que peu sûrs, n’avaient pas d’enceinte étanche, les réacteurs japonais une enceinte mais non prévue pour résister à une explosion due à l’hydrogène qui peut se dégager en cas d’assèchement de la cuve, les réacteurs américains et français ont une enceinte solide, qui lors de l’accident, aux Etats-Unis de Three Miles Island au début de l’exploitation des réacteurs, a permis d’éviter toute fuite extérieure importante.
              Dans les nouveaux réacteurs type EPR en construction, il y a même une enceinte supplémentaire donc 2 enceintes superposées.

             Pour faciliter la compréhension de futurs articles sur Fukushima, je vais vous décrire les différences entre un réacteur français et un réacteur japonais :

              Dans les réacteurs français, le coeur est  enfermé dans une enceinte étanche extrêmement solide dans laquelle il y a de l’eau sous pression qui circule ensuite dans un échangeur qui est le générateur de vapeur, à partir d’eau non pressurisée, mais qui ne touche jamais le coeur radioactif.
              Le tout est mis dans une deuxième enceinte de confinement très solide. Dans le nouveau réacteur ERP, il y a même une troisième enceinte de confinement.
              La vapeur issue du générateur est envoyée sur les turbines, et est ensuite refroidie par un troisième circuit d’eau et l’eau condensée est envoyée sur le générateur de vapeur.
              Dans ce système, l’eau de refroidissement du coeur est en circuit fermé et ne sort pas de l’enceinte de confinement et si une contamination accidentelle se produisait lors d’une rupture d’une gaine de combustible, seul ce circuit serait pollué et peut être décontaminé.

    Les divers types de réacteurs nucléaires.

              Dans les réacteurs japonais, le coeur est aussi enfermé dans une enceinte étanche, mais le fluide est de l’eau bouillante et donc au sommet de l’enceinte du cœur, de la vapeur est produite et va faire tourner les turbines, puis est refroidie par un condenseur qui la retransforme en eau. Il semble, d’après ce que j’ai pu comprendre que le refroidissement du condenseur était alimenté en eau de mer, la mer évitant d’avoir des tours de refroidissement.
              Par contre, si une contamination de l’eau se produit, celle ci contamine aussi le système de turbines et par ailleurs la vapeur  contaminée sort de l’enceinte étanche.de confinement.
              Au plan de la sécurité le système est déficient.
              Une deuxième enceinte de confinement est également présente : celle du bâtiment, mais elle n'était pas prévue pour résister à une explosion (ni à un tsunami).

    Les divers types de réacteurs nucléaires.

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