• Qui nous tient éveillé et qui nous endort ? (5)

        Maintenant que nous connaissons les cycles du sommeil, je vais essayer de vous décrire de la façon la plus simple possible le système complexe de centres qui interviennent dans le sommeil et dans l’éveil, dans un équilibre délicat.
        Dans un premier schéma nous verrons les noms de ces centres et les neurotransmetteurs très différents qui interviennent. Mais ensuite nous n’entrerons pas dans le détail de l’intervention de ces neurotransmetteurs et nous ne désignerons plus les centres par leurs initiales.
        En effet le but de l’article n’est pas de retenir tous les détails de ce fonctionnement, mais de montrer l’équilibre général qui provoque éveil ou sommeil.

        Le système de l’éveil  est constitué de deux voies distinctes :
                  - Une première voie, en bleu sur le schéma, passe par le Thalamus et utilise l’acétylcholine comme médiateur. Le thalamus régule toutes nos sensations et notamment la vue et l’ouie.
                  - La seconde voie, en vert sur le schéma est constituée de plusieurs centres du tronc cérébral (TMN, ATV, RD, LC), utilisant des amines comme neurotransmetteurs et ils vont maintenir en fonctionnement  les centres du cortex qui “mesurent” l’état de nos muscles, et commandent nos mouvements (circuit flèches vertes vers le haut) et agissent même directement sur ceux ci (flèche verte vers le bas (moelle épinière);
        De plus le téléencéphale basal (TB) agit sur le cortex frontal, chef d’orchestre du cerveau.

    Qui nous tient éveillé et qui nous endort ?


        Les neurones à hypocrétine (découverts récemment en 1999), excitent les centres précédents pendant la veille (circuit rose), tandis que les noyaux suprachiasmiques, (notre horloge biologique dont j’ai parlé  dans l’article précédent), vont avoir tendance à sécréter de la mélanine pendant le sommeil. par un circuit  vosin du circuit rose, mais qui touche aussi les neurones de l’aire préoptique ventro-latérale (VLPO), laquelle va contribuer au sommeil comme on va le voir plus loin.
        Cette alternance (hypocrétine-mélanine), nous incline à rester éveillés le jour et à dormir la nuit.

        Etre éveillé ou dormir résulte d’un équilibre, comme celui d’une balance :
         Lorsque le centre VLPO est activé, il inhibe (en produisant du Gaba, qui entraine des signaux négatifs dans les axones), les quatre centres TMN, VTA, RD et LC, (circuit rouge-orange) qui sont actifs lors de la veille et le sujet s’endort.       
        Au contraire, à l’éveil, ce sont ces centres qui inhibent VPO. (circuit jaune).         
    Le cas des circuits LDT, PPT et TB est plus complexe; ils sont inhibés (circuit rouge-vif) au moment de l’endormissement et du sommeil profond, mais ont un rôle différent dans le sommeil paradoxal.
        Ceci est vrai de jour comme de nuit, et veiller ou dormir résulte de cet équilibre. (voir schéma).
        Une lésion du VPO entraine chez les malades une insomnie quasi permanente.

    Qui nous tient éveillé et qui nous endort ?


        Pendant le sommeil paradoxal, les centres PPT et LCT, qui activent le thalamus, sont déshinibés et le thalamus et les centres des sensations sont actifs, mais par contre le centre TB reste inhibé et la connexion avec le cortex frontal ne se fait pas.
        Le cerveau peut donc créer des "images et sensations mentales", mais le cortexpréfrontal n'est pas au courant de ces sensations.
        C’est le moment où le cerveau envoie des données vers les centres des sensations et notamment les centres visuels, données dont se débarrasse le cerveau et qui sont les éléments de base des rêves lorsque l’individu se réveille, car c’est alors le centre TB qui se desinhibe, ce qui permet au cortex frontal de refonctionner, étant sensible à nouveau aux sensations externes, mais n’étant pas encore capable de raisonnement cohérent, d’où le caractère incohérent des rêves (ja vais faire des articles à ce sujet).
        Pendant cette période, le centre LC (locus coerulus du tronc cérébral) n'est pas complètement inhibé. Les muscles ne répondent toujours pas, mais on constate des mouvements oculaires fréquents.

        Un cas très spécial est celui du somnambulisme où les centres du circuit d'éveil ne sont plus inhibés, de telle sorte que les sensations et les commandes musculaires fonctionnent, mais le centre du téléencéphale basal (TB) continue à inhiber le cortex, de telle sorte que l'on n'a pas conscience de ce que l'on fait et qu'on n'en garde aucun souvenir.

        Finalement il existe donc deux circuits neuronaux, l’un qui entraîne l’éveil, l’autre qui entraîne le sommeil et qui s’inhibent à tour de rôle, dans un équilibre complexe.

       Dans les prochains articles, nous allons essayer de savoir à quoi sert le sommeil, puis d'examiner comment se forment les rêves.

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