• Que sont nos centres d'apprentissage et de plaisir ?

              Je vous ai décrit le développement des savoirs faire du bébé, et de l'apprentissage correspondant du cerveau. J'ai reçu deux mails qui me demandent en quoi consistent les centres du cerveau qui sont à l'origine de cette tâche essentielle.
             Ce sont des régions, interconnectées entre elles, qui forment ce que l’on appelle le “circuit de la récompense”.

            Mais l’absence de mise en oeuvre du circuit de la récompense, va au contraire donner une connotation négative à nos actes et on peut dire qu'il constitue aussi un “circuit de la punition”et que le circuit de la récompense, ainsi que celui de la punition, fournissent la motivation nécessaire à la plupart de nos actes et comportements.
           En fait une grande partie du cerveau est concernée par ces actions, mais je vais essayer de simplifier et de résumer l'essentiel de ces circuits, que représente le schéma ci dessous.

    Que sont nos centres d'apprentissage et de plaisir ?

          

              L’aire tegmentale ventrale (ATV), le septum et le noyau accumbens constituent les centres majeurs de ce circuit; mais aussi d'autres centres du cerveau comme l’amygdale, le cortex préfrontal, le thalamus, l'hypothalamus, l'hippocampe, le striatum et les centres moteurs qui commandent nos muscles, tous ces centres étant fortement interconnectés.
             L’aire tegmentale ventrale (ATV), reçoit de l’information de plusieurs autres régions qui lui indiquent le niveau de satisfaction des besoins fondamentaux, en provenance de l’hypothalamus pour les besoins vitaux et du cerveau émotionnel pour les désirs et pulsions, ou bien relatifs à la réussite ou l'échec d'une action donnée de nos membres liés à l’observation par notre vue, notre toucher et notre ouie et donc grâce à la coordination de nos sens par le thalamus. Eventuellement des signaux de non satisfaction des centres amygdaliens, qui évaluent la crainte, le stress et les risques de nos actions.    
           L’aire tegmentale ventrale analyse et transmet ensuite cette information de satisfaction grâce à un neuromédiateur chimique particulier, la dopamine, au noyau accumbens , au septum, aux centres amygdaliens et au cortex préfrontal. 
          Le septum
    va évaluer la valeur hédonique de l'action passée ou bien son taux d'échec ou de réussite : c'est une sorte de censeur, de thermomètre et il va renseigner le cortex préfrontal.
          Le cortex préfrontal est le chef d'orchestre du cerveau : il réfléchit, prévoit, organise, dirige nos actes et donneuse ordres en conséquence, aux autre centres et focalise notre attention.
          L'amygdale donne son avis sur le risque encouru et le niveau de stress ressenti.
         L'hippocampe, sur ordre du cortex rappelle de la mémoire les éléments relatifs au passé et à l'expérience acquise sur des actions analogues.
          Le noyau accumbens rassemble les éléments et les ordres du cortex préfrontal, évalue la valeur hédonique de l'action future ou son taux probable de réussite, ainsi que la motivation de pour poursuivre la future action. Il agit alors sur le striatum qui commande nos mouvements en liaison avec le cortex moteur qui commande nos muscles.

          L'ensemble de ces centres communiquent dans ces actions grâce à un même neurotransmetteur, la dopamine, qui agit sur des récepteurs spécifiques.
         Cette action de la dopamine n’est connue que depuis les années 90 et a donc un effet de renforcement sur des comportements permettant de satisfaire nos désirs et souhaits. C'est la libération de plus ou moins de dopamine qui semble correspondre à la sensation de plaisir et de satisfaction : c'est la récompense, qui va motiver la poursuite ou le renouvellement des actes, avec une motivation pour en améliorer l'exécution, de façon à provoquer au production de davantage de dopamine encore.
          Des animaux que l’on traite avec un antagoniste de la dopamine, perdent toute envie de récompense, notamment de manger.
          Ces mécanismes peuvent nous expliquer le renforcement inconscient de certains comportements, par renforcement de liaisons entre neurones dopaminergiques.
           La recherche par le cerveau d'une production plus fréquente et plus importante de dopamine est à la base de toutes les addictions, aux drogues, comme au jeux ou au téléphone et à internet.

         J’ai essayé de simplifier au maximum mes explications. Les phénomènes chimiques et de liaison entre neurones sont plus complexes que ne le laisse supposer mon article. L’ATV  par exemple, utilise la dopamine pour moduler l’activité du noyau accumbens, mais d’autres neurotransmetteurs comme la sérotonine, les endorphines et le GABA sont aussi utilisés dans d’autres parties du circuit de la récompense pour renforcer certains comportements. (le Gaba ayant un rôle inhibiteur).

         Cet exposé a dû vous paraître aride.
         Ce qu’il faut en retenir, au delà de la stricte connaissance des phénomènes, c’est une leçon de modestie. Depuis Pascal et Descartes, nous avons tendance à croire que c'est notre cortex qui réfléchit, compare, prévoit, organise, qui guide toutes nos actions. C’est en partie vrai, mais la complexité des connexions que j’ai décrites, laissent entrevoir comment les parties les plus primitives du cerveau peuvent avoir encore une influence prépondérante sur nos comportements, notre cortex se trouvant bien souvent obligé de puiser dans l’art de la rhétorique pour justifier sa conduite. "Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas !"   


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