• Qu'est ce qu'une personne "borderline"

     

    Qu'est ce qu'une personne "borderline"

                Mes articles sur le cerveau émotionnel m'ont valu quelques messages.
              Une jeune correspondante s’inquiète parce qu’elle est tantôt joyeuse tantôt triste et elle a fait un test sur un journal féminin et il lui est dit qu’elle a une « légère tendance borderline ». Alors, inquiète, elle me demande ce qu’est un sujet borderline.
              Les journaux autres que scientifiques, ont tendance, en recherchant le sensationnel, à dire n’importe quoi. Et les tests, c’est tellement couru ! Mais ce sont des tests sans contrôle, sans étude statistique, alors les résultats ne sont guère probants.
              Nous avons tous nos moments de joie et de tristesse, des succès et des problèmes, des instants de détente et de stress. Ce n’est pas pour autant que l’on est bordeline, car c’est une situation mentale beaucoup plus tranchée.
              Il semble qu’il y ait 2% de la population qui a des tendances borderline et les femmes sont plus touchées que les hommes. Mais on ne dit pas à quel degré et cela reste assez vague. (origine DSM et OMS).

    Quels sont les comportements d’une personne borderline ou « aux états limites »?

               Les cours de psycho thérapeutique définissent des comportements caractéristiques, qui certes ne sont pas tous forcément présents, ni avec la même intensité :
              L’une des caractéristiques souvent rencontrée est une instabilité d’humeur, avec des variations incontrôlables en quelques heures.
              Ses relations peuvent aussi avoir des variations rapides, passant de l’amour à la haine.
              La personne tient énormément à l’estime des autres, a le sentiment d’être délaissée, abandonnée et peut dès lors devenir encombrante par son harcèlement.
              Cette attitude résulte souvent d’une vision instable d’elle même et un manque de confiance en elle même qui varie beaucoup dans le temps et peut atteindre de fortes proportions, cela sans motif particulier. La personne peut se sentir face au néant, à un vide, à l’inutilité de son existence, à de l’ennui permanent.
              Finalement il y a une certaine incapacité à maitriser ses sentiments et ses émotions, ce qui peut se traduire par des excès brusques, par exemple de colère, de frustration ou au contraire d’élan affectif.
              La personne peut prendre des risques importants, voire des comportements impulsifs qui pourraient amener des accidents.
              Dans les cas plus graves, le patient peut avoir des tendances paranoïaques, lorsqu’il est en état de stress.
              Il peut avoir des réactions d’automutilation ou des pensées suicidaires

    Bien entendu les psychoneurologues ont fait des études sur de tels sujets, par comparaison à des groupes témoins de personnes non borderline.

              Ils ont montré que lorsqu’on montre des vidéo de personnages qui ont des émotions ou sont dans des situations difficiles, les personnes borderline détectent sur les visages qu’il y a problème, beaucoup plus tôt que les groupes témoins, et s’identifient davantage à leur interlocuteur et à son angoisse. Des indices de réprobation ou de réaction positive donnent lieu de la part des patients à des réactions exagérées.

              Les personnes borderline ont donc une sensibilité émotive à fleur de peau et des réactions exagérées à leurs émotions, surtout négatives, mais avec une grande instabilité de telle sorte que leur comportement est très variable.
              Elles sont par ailleurs très sensibles aux émotions, sentiments et gestes d’autrui, mais ont du mal à les interpréter, d’où des réactions inappropriées. Elles ont donc du mal à faire confiance aux autres et ses sentent relativement seules et abandonnées.

    Peut on expliquer leurs réactions, notamment à la suite d’examens IRM.

              l semble que les centres amygdaliens soient trop sensibles et réagissent trop violemment aux émotions négatives, et que par contre les centres régulateur des émotions en particulier le cortex cingulaire antérieur et le cortex préfrontal ventro-médian aient au contraire une activité insuffisante. L’insula qui alerte des erreurs de jugement dans nos relations sociales st par ailleurs peu active.
            Des anomalies du système de récompense, de la sécrétion de dopamine ou de sérotonine peuvent également être en cause.

    Qu'est ce qu'une personne "borderline"

    Beaucoup de personnes qui ne sont que très faiblement borderline , ne consultent pas un psy. Que peuvent elles faire?

                Essayer d’abord d’être conscient des réactions émotionnelles exagérées et négatives. Essayer sur le moment de prendre le contre-pied : si on est triste et on veut s’enfermer dans sa chambre, au contraire sortir au grand air ou avec d’autres personnes, si on a envie d’en découdre avec quelqu’un, ne pas le voir pendant quelques temps pour éviter une colère…
              Toutes les techniques de relaxation et d’apaisement sont bonnes : lire, écouter de la musique apaisante, se décontracter, marcher au grand air….
              Un entrainement à moyen terme est de se concentrer sur des observations ou des faits précis et pragmatiques, pour fixer son attention sur autres choses que les émotions.
              Mais si l’on devient très négatif, il vaut mieux consulter.

    Mais n’allez surtout pas vous croire borderline, parce vous êtes plus ou moins gai ou stressé selon les instants : cela c’est la vie de tous les jours.


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