• Qu'est ce qu'un vertige : notre sens de l'équilibre.

                  Un lecteur qui a consulté mes articles sur l'oreille et l'ouïe, (15 et 16 juin 2018); me demande ce qu'est un vertige et s'il y a un lien entre l'équilibre physique, et notamment le sens de l'équilibre et le ressenti émotionnel et notamment le stress et l'anxiété?  

                 Examinons d'abord comment nous conservons notre équilibre et comment il peut être perturbé physiquement. 
                 Plusieurs systèmes sensoriels permettent l'orientation spatiale (statique ou dynamique) et contrôlent la posture, l'équilibre et la locomotion. Ce sont le système visuel, le système vestibulaire de l'oreille interne (pour la perception du mouvement et de l'orientation) et les centres sur le dessus du cerveau derrière les centres sensoriels et moteurs qui contrôlent ce que l'on appelle la "proprioception", c'est à dire les informations provenant des muscles et des articulations.
                Ces données nous informent, d'une part, de nos changements de posture (par exemple la position d'un membre par rapport au tronc) et, d'autre part, de nos changements de position dans l'environnement (la position de mon pied par rapport au mur ou à un pied de table).

                Le système vestibulaire de l'oreille interne (voir schéma ci dessous), a trois fonctions principales :                                        
                            - le maintien de la posture, c'est à dire tenir debout en équilibre par exemple;
                            - la coordination des mouvements des yeux et de la tête;
                           - la perception du mouvement et de l'orientation dans l'espace.

     

    Qu'est ce qu'un vertige (et pas avoir le vertige).



                Il est composé de trois canaux semi-circulaires (le canal horizontal, le vertical antérieur et le postérieur) et d'organes dits "otolithiques" (l'utricule et le saccule).
               (A noter que la cochlée, que l'on voit sur le schéma, ne participe pas à cette fonction mais est destinée à l'analyse des sons en mesurant leur fréquence, qui se traduit en musique par les notes - voir mes articles des 15 et  16 juin 2018).
                Ces différents capteurs détectent les accélérations linéaires et angulaires de l'organisme et de la tête, et les transmettent au cerveau via Ie nerf vestibulaire.
               Les canaux et les organes otolithiques sont tapissés de plaques de tissus, les "macules", constituées de cellules sensorielles ciliées reposant sur des cellules de soutien. Les cellules sensorielles ont un long cil, qui rentre dans une membrane gélatineuse parsemée de cristaux de carbonate de calcium, nommés "otolithes" (d'où le nom d'organe otolithique).
                Quand la tête amorce ou termine un mouvement, le liquide baignant les organes otolithiques (l'endolymphe) courbe les cils.
                Dans I'utricule, la macule est horizontale et les cils sont verticaux lorsque la tête est droite; ils détecteront les mouvements dans le plan horizontal.
               Dans le saccule, la macule est presque verticale et les cils se fichent horizontalement dans la membrane otolithique. La macule sacculaire réagit surtout aux mouvements verticaux.
                Le fléchissement des cils stimule les cellules sensorielles qui transmettent leur excitation aux fibres nerveuses du nerf vestibulaire. Le cerveau peut alors analyser ces informations vestibulaires et les intégrer aux autres données sensorielles.
                Quand le corps bouge ou se penche, la tête suit le mouvement et l'oreille interne détecte donc aussi les mouvements de tout le corps.
                 Par ailleurs les yeux et le système d'interprétation de la vue situé à l'arrière du cerveau fournit en permanence des images au cerveau, qui nous renseignent sur la position du corps par rapport à l'environnement et sur les mouvements relatifs correspondants (de notre corps ou de l'environnement s'il est mouvant).
                Dans une faible proportion l'oreille nous fournit aussi des indications sur la localisation des sons provenant de l'environnement.
                Enfin les centres de proprioception fournissent des informations sur la position et l'état de contraction des muscles, notamment quand nous bougeons ou que l'environnement bouge.
                En particulier la pression sous les divers endroits de la plante des pieds, varie, sous l'effet du poids du corps, lorsque nous bougeons, ou lorsque nous sommes debout sur une plate forme qui bouge. C'est vrai aussi pour nos cellules sensitives des fesses et du dos, lorsque nous sommes assis dans un véhicule en marche ou dans un bateau ou un avion qui s'incline.

                 Tous ces signaux neuronaux sont transmis au cervelet, qui en examine la cohérence, car quand nous avons fait notre apprentissage de nos mouvements, de la marche, puis de la conduite de véhicules, éventuellement d'acrobaties diverses, les signaux correspondants ont été mémorisés.
                 Mais on peut rencontrer des cas d'anomalies, de contradiction d'incohérence entre les divers signaux. 

               C'est le cas lorsque nous sommes dans la cabine d'un bateau soumis à de forts mouvements sous l'effet du vent et des vagues. Notre vue est limitée à la paroi de la cabine, qui est proche et ne bouge pas énormément. Par contre notre oreille interne détecte des mouvements importants du corps, donc des accélérations liées aux mouvements du bateau. Notre corps est en déséquilibre par rapport à sa station verticale normale, ce qu'il corrige habituellement grâce à l'interprétation que fait le cervelet des signaux de la vue et de l'oreille interne, qui habituellement sont corrélés.
                Mais là il y a contradiction, et le cervelet va plus ou moins bien gérer la situation selon les individus.  

              Les personnes vont ressentir désorientation, déséquilibres et réflexes inappropriés, qui s'ils persistent vont réagir sur l'hypothalamus et le système sympathique, entraînant vertiges, pâleur, sueurs, nausées, vomissements...)
                Si les personnes peuvent regarder au loin l'horizon extérieur, alors les signaux vestibulaires et visuels sont plus cohérents et ces symptômes de déséquilibre ne se produisent pas.

                Dans mon prochain article, je parlerai de vertige et des liens avec le psychique.           

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  • Commentaires

    1
    Samedi 13 Juillet à 10:13

    ben moi j'ai le vertige, tout ce qui est en l'air ça va pas du tout !!! mais curieusement je n'ai pas le mal de mer même quand ça bouge beaucoup.. j'ai peur en avion mais pas en bateau.. en bateau je me dis que je sais nager, en avion par contre.. je ne sais pas voler !!! 

    interressant ton article, bon w.end flo

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