• Nous sentons nous toujours responsables de nos actes ? (3)

    Nous sentons nous toujours responsables de nos actes ? (2)

        Le 7 mars 2010 sur France 2,  le réalisateur Christophe Nick entouré de chercheurs en psychologie de diverses universités (Jean-Léon Beauvois, Didier Courbet et Dominique Oberlé) a essayé de transposer l'expérience de la soumission à l'autorité de Milgram dans une “expérience de télé-réalité" "La zone extrême".

        Les participants, recrutés parmi 13 000 personnes, ont été rémunérés 40 euros pour participer à une « maquette » de jeu télévisé nommé “La zone extrême”.
        Un des objectifs de cette émission était de montrer la fascination qu'exercent les médias sur notre société et que la télévision représente une autorité pouvant conduire des téléspectateurs à réaliser sur un plateau des actes violents vis-à-vis d'autrui, la télévision et la présence du public jouant un rôle analogue à celui d’une autorité.

        Dans un studio de télévision avec des décors du jeu, des effets sonores et des projecteurs, un public d'une centaine de personnes, une équipe technique et la complicité d'une animatrice (Tania Young), on a fait croire à environ 80 personnes qu’elles venaient tester un nouveau jeu  télévisé.
        Après un faux tirage au sort, les vainqueurs devaient faire passer un test de mémoire à un autre candidat (en réalité un comédien Laurent Ledoyen).
        Le sujet sélectionné (tortionnaire), lisait au comédien (victime) une liste de paires de mots et le partenaire-comédien devait reconnaître parmi eux certaines associations. Le faux partenaire-comédien-victime était attaché dans une cabine capitonnée et le participant devait lui administrer un choc électrique à chaque erreur, depuis un choc léger (20 volts), à « XYA » (460 volts).
        Comme dans l'étude de Milgram, ceux qui hésitaient à poursuivre étaient rappelés à l'ordre : « Ne vous laissez pas impressionner, il faut continuer », « Vous devez continuer, c'est la règle », ou encore « La logique du jeu veut que vous continuiez ».
        Bien entendu les chocs électriques étaient fictifs mais ils ne le savaient pas.

        L'expérience avait plusieurs variantes :
            - dans un cas, les participants pensaient participer à un test qui ne passerait pas à la télévision,
            - dans un autre on leur a dit qu'ils passeraient vraiment à la télévision.        
            - dans une troisième variante, une (fausse) assistante du producteur se présentait quand les décharges administrées atteignaient 200 volts, et contestait le principe du jeu, demandant que l'on arrête le « dérapage », puis se retirait après avoir été remise à sa place par l'animatrice.
            - enfin, dans une dernière situation, l'animatrice se retirait après l'administration d'un choc de 80 volts en précisant que le participant était « maître du jeu » et devait continuer.

        A l'exception de cette dernière situation (où seulement 28 % des participants ont administré 460 volts), plus de 70 % des participants ont accepté de continuer à administrer des chocs jusqu'au terme des 460 volts.
        Ce taux de soumission montre que dans une situation de forte pression psychologique de l’environnement, plus des deux tiers des participants administrent des décharges électriques supposées mortelles, poursuivant le jeu, malgré les hurlements de la victime qui implore que l'on arrête puis ne réagit plus.
        La télévision et la présence du public ont donc, comme l’autorité,  le pouvoir de susciter des actes dangereux.
        On pourrait même croire que la télévision est encore plus incitative puisque le pourcentage de personnes allant au terme ultime est supérieur à celui de l’expérience de Milgram.
        Mais en fait d’autres expériences analogues à celles de Milgram on obtenu des scores plus élevés. Les circonstances des épreuves et la différence entre les personnalités des personnes  doit entrainer une certaine dispersion des résultats.

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