• Nous consommons trop d'anxiolytiques

     

    Nous consommons trop d'anxiolytiques

       Nous sommes les plus gros consommateurs de psychotropes du monde. Et cette situation ne cesse d'empirer. Plus d'un quart des Français consomme des anxiolytiques, des antidépresseurs, des somnifères et autres médicaments pour le mental. 150 millions de boites sont prescrites chaque année

        J’ai parfois des correspondant(e)s qui sont tristes et pessimistes et prennent des anxiolytiques, le plus souvent des benzodiazépines (Valium, Xanax, Lexomil, Temesta, Seresta…) ou un médicament apparenté (Stilnox, Imovane, Myolastan…), et de nombreux médicaments se terminant par "azépam" : (bromazépam, prazépam, oxazépam, clonazépam...)
        Je connais aussi des personnes plus ou moins âgées auquel leur médecin donne de tels médicaments pour qu’elles soient plus heureuses, ou parfois simplement pour qu’elles dorment mieux.
        La France est d’ailleurs l’un des pays où la consommation de ces médicaments est la plus forte. Chaque année, un Français sur cinq consomme au moins une benzodiazépine. et 17% de la population a consommé au moins une prescription en 2017.
         En 2015, 64,6 millions de boîtes de benzodiazépines anxiolytiques et 46,1 millions de boîtes d’hypnotiques ont été vendues en France.

        Sur tous les articles et livres de médecine que je possède, il est dit que ces médicaments ne doivent pas être prescrits plus de 12 semaines (en gros 3 mois), mais un article récent indiquait que la moitié des patients prenait des benzodiazépines plus de 4 mois et 16 % d'entre eux ont même été traités en continu avec une durée médiane d'environ 6 ans!
        Ce même article indiquait que le consommateur de benzodiazépine est le plus souvent une femme (67 % des consommateurs), l'âge médian des patients est de 55 ans, un tiers d'entre eux étant âgés de plus de 65 ans et 10 % de plus de 80 ans.

        Certes il y a des cas de dépression où un traitement par des benzodiazépines est nécessaire, de même que l’administration d’autres psychotropes, mais les patients  qui ont de simples angoisses, ont tendance à demander un traitement qui leur donne l’impression d’être moins anxieux et d’autre part les médecins cherchent la tranquillité et donnent facilement un médicament qui calment leurs clients.
        En fait ce bien être est passager, le temps d’action du médicament, et ensuite les problèmes et l’angoissent ressurgissent, plus forts qu’avant, et donc incitent à reconsommer.
        On arrive à une certaine accoutumance psychique et même physique, qui conduit à une sorte d’addiction.

        La plupart des personnes que j’ai connues et qui prenaient des anxiolytiques depuis quelques mois, éprouvaient une baisse d’efficacité de la mémoire à court terme et un ralentissement dans l'apprentissage des nouvelles informations.
        A long terme pour des personnes âgées, j’ai pu constater une aggravation de la maladie d’Alzeimer et du déclin cognitif; bien sûr on n’a pas de preuve de effet des benzodiazépines, mais je reste persuadé que leur prise aggravait le déclin de fonctionnement du cerveau.
         A court terme les principaux effets secondaires cités sont les suivants :
                   - Environ 23% des effets indésirables graves déclarés avec les benzodiazépines sont des affections du système nerveux (somnolence, comas, convulsions voire, plus rarement, amnésies).
                   - Les affections psychiatriques représentent 12% des effets indésirables graves des benzodiazépines anxiolytiques et 17% des hypnotiques avec majoritairement des états confusionnels.
                    - Des études internationales montrent une augmentation de  60 à 80% du risque d’accidents de la route, ce risque étant multiplié par 8 en cas de consommation concomitante avec de l’alcool.

        Par ailleurs certains chercheurs pensent que certains de ces psychotropes sont peu efficaces et donc leur efficacité est faible vis à vis du risque pris.
        Il faudrait que l’on éduque les médecins à moins prescrire, mais malheureusement les fabricants de médicaments ne l’entendent pas ainsi, et que l’on persuade les patients que leurs problèmes ne peuvent être résolus par une simple pilule. Elle peut les aider, comme un plâtre aide l’os à se reconstituer, mais la guérison dépend avant tout de leur volonté.

     

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