• Notre cerveau et le sommeil.

     
    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/ilyaunalligator.jpg    On croyait jusqu’à présent que lorsqu’on s’endormait, tout le cerveau plongeait très rapidement en même temps dans une activité réduite, de façon globale et homogène.

        Une étude du Service de neurologie de l’Hôpital de Lyon, et de l’INSERM et de l’université de Lyon, dont les équipes  étudient les phases de l'endormissement et la façon dont le cerveau change d'activité au moment de basculer dans le sommeil, remet en question cette conception.
        Un patient épileptique est soigné dans ce service et il a fallu lui implanter des électrodes dans le cerveau pour localiser l'origine de ses crises. Michel Magnin et son équipent en profitent pour suivre l'activité de différentes aires de son cerveau, 24 heures sur 24.
        Quand le sommeil commence à envahir son cerveau, ces chercheurs constatent que, contrairement aux hqpothèses qui prévalaient jusqu'à maintenant, c'est le thalamus qui passe le premier en mode sommeil, avec des décharges périodiques des neurones  qui passent de 40 à quelques décharges par seconde.
        Le thalamus coordonne nos sensations (voir mon article du 20/04/2018), les trie et envoie au cortex frontal les informations qu’il juge importantes et qui viennent alors à la conscience.
        Donc quand il se met ainsi en sommeil, nous ne percevons plus avec nos sens ce qui se passe à l’extérieur ou du moins, même s’il restes quelques perceptions, nous n’en sommes plus conscients

        Lentement, l’activité se ralentit ensuite ensuite dans d'autres zones : notamment frontales et temporales. On n’a plus conscience de ce qui se passe, on ne réfléchit plus, on ne coordonne plus le fonctionnement rationnel du cerveau, car le cortex préfrontal se met lui aussi en sommeil.

        Le patient dort, et pourtant, certaines zones de son cortex sont encore éveillées. Plus de 15 minutes après le début du sommeil, on note encore une activité de haute fréquence caractéristique de l'éveil dans certaines aires cérébrales.
        Tout se passe comme si le thalamus, sorte de relais entre les informations extérieures et le cortex préfrontal, donnait le signal du repos au reste du cerveau, qui met ensuite du temps à s'abandonner entièrement aux bras de Morphée.

        Selon les neurobiologistes, le thalamus répond aux consignes de deux autres centres régulateurs, l'hypothalamus et une zone du tronc cérébral, lesquels tiennent compte de l'état de fatigue de l'organisme et de l'avancement de la journée, certains neurones du tronc cérébral battant la mesure de la fréquence des oscillation  et, peu,à peu, ce mécanisme enclenché, l'activité à quatre oscillations par seconde environ au lieu de 40, gagne ensuite progressivement l'ensemble du cortex, provoquant l'assoupissement, cette fréquence faible permettant une économie d'énergie essentielle au repos.

         Lorsqu'on s'endort, il faut ainsi savoir que certaines zones du cerveau restent actives et continuent de produire des perceptions, des images, des bribes de pensées, après la baisse d’activité du thalamus et de notre cortex frontal siège de la pensée consciente.
        Dans les moments qui précèdent le sommeil total ces activités rémanentes et fragmentaires de diverses zones corticales qui tardent à s'endormir se manifestent et échangent encore, notamment au niveau de la mémoire et ainsi certaines de nos préoccupations ou de nos sensations des dernières minutes, interfèreront ensuite avec l’activité nocturne du cerveau au repos, qui va éliminer toutes les mémorisations inutiles, et interviendront ainsi dans nos rêves.
        
         Cela explique ce que l'on constate chez les personnes âgées qui parfois "déraillent" un peu au moment du sommeil et du réveil ou chez les malades d'Alzheimer. Au réveil, des mémorisations erronées n'ayant rien à voir avec la réalité, provenant de cette période d'endormissement, ou des rêves au réveil, sont prises pour la réalité et ces personnes ont des souvenirs complètement erronés dont certains sont d'ailleurs liés à leurs préoccupations profondes.
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