• Ne ruminons pas !

    Ne ruminons pas !

      Ne ruminons pas !       

     

                   J'ai fait deux articles sur les remords et les regrets et la façon de les combattre

                  Je voudrais revenir sur ce sujet en parlant de ceux qui ont du mal à se sortir de cet engrenage.

               Le psychiatre de l’hôpital Ste Anne, Christophe André, lorsqu'il parme des “états d’âme” chroniques, utilise le mot “rumination”.
              Les anglo-saxons emploient “brooding”, qui représente l’action de couver.
              Penser à ses problèmes, et y réfléchir, est normal et bénéfique, mais c’est lorsque cela devient obsessionnel et que l’on y pense sans cesse en ne pensant qu’au coté négatif sans réfléchir au moyen d’en sortir, aux solutions, que Christophe André appelle “rumination”.

              C’est vrai, ruminer, c'est  se focaliser, de façon répétée et stérile, sur les causes, les significations et les conséquences de ses problèmes, de sa situation, de son état , c'est s'enliser dans des “ pourquoi ? “ flous et sans fin...
             Dans la “rumination”, on reste inactif, assis sur ses problèmes que l'on garde bien au chaud, enfermés sous soi, en les laissant se développer sans contrôle. Ce sont des pensées inachevées, des bribes mises bout à bout en longue énumération, qui ne s'accomplissent pas, ne vont pas jusqu'à leur terme, car elles s'arrêtent à la porte de toute décision éventuelle.
            On se répète que l'on n'aurait pas dû agir comme ceci ou comme cela, au lieu de prendre des décisions pour changer le cours de sa vie; ou encore, on doute de soi au moment de passer à l'action, et on se rappelle tous ses échecs passés, pour des raisons mal identifiées, mais qui empêchent l'action et la réflexion présentes.

            La “rumination” est sans objectif précis : elle n'a donc pas de fin. Les états d'âme y sont perpétuellement recyclés, n'évoluent pas et reviennent sans arrêt au même point de départ.
    Les pensées tournent en rond dans notre cerveau émotionnel (le cyle de Papez) sans communication avec notre cortex frontal et la réflexion est donc purement “sentimentale” et émotionnelle.
            Un des éléments qui expliquent la difficulté à mettre fin à cette ronde des pensées tristes, c'est qu'en l'absence de but précis et conscient (qui pourrait être “ trouver une solution, mais ne pas trop m’épuiser ni me faire de mal avec ce problème “), elles ont tendance à prendre l'état émotionnel comme un démonstration de l'existence d'un problème et d’inverser ainsi le causes et les effets : “ Si j'ai peur, c'est qu’il y a un danger; si je suis triste, c'est qu’il y a un malheur; si je suis inquiet, c'est qu'il y a des ennuis qui arrivent... !” 
            Vos états d'âme négatifs deviennent ainsi chroniques, et leur dimension émotionnelle persiste longtemps après la disparition des éventuels problèmes, si tant est qu’ils aient jamais existé. D'où l'aggravation des éventuels ennuis, qui pourra ensuite justifier que vous vous disiez ensuite : “ Je sentais bien que j'avais raison de me faire du souci “ !    
            Si on n'y pas garde, on se fait piéger,  prisonniers de la ronde des pensées obsédantes jusqu’à ce que l'épuisement, un événement plus important inattendu ou l'usure du temps vous en arrache... 
           Il faut vous empêcher de perdre un temps long et précieux à ruminer sur les causes éventuelles de vos ennuis au lieu de chercher des remèdes,  et vous empêcher de vous focaliser sur un problème et ses conséquences, mais chercher plutôt à le faire sur les solutions possibles à imaginer et à mettre en œuvre. 

            Cela dit, il ne s’agit pas de supprimer ces états d’âme, mais d'en limiter les dérapages. Ne pas avoir d'états d'âme reviendrait à mettre sa vie, son existence spirituelle entre parenthèses. 
           D'ailleurs, c'est impossible.Tout juste peut-on les réprimer, les dissimuler, les refuser, mais en se privant de ce qu'ils nous apportent peut- être de meilleur : la connaissance de notre moi profond et d’un peu de notre inconscient.
          La “rumination” où l’on ressasse l’aspect néfaste des problèmes sans penser aux solutions, mais en s’enfonçant dans la tristese est nuisible et il faut lutter contre, mais par contre c’est tout aussi nuisible de se cacher ses problèmes et de s’enfermer dans un univers iréel où ils n’existent plus.
         En agissant ainsi, nous ne faisons que fuir nos états d'âme au lieu de les accueillir et de les examiner.
          Il faut se poser les questions : “Que se passe-t-fl en moi? Qu'est-ce qui ne va pas ? Pourquoi cet inconfort ? Que dois-je accepter et que puis-je changer ? “
         Puis voir si les états d'âme désagréables reviennent, car peut-être le travail d'introspection et de réflexion reste-t-fl à approfondir. 
         Il faut prendre le temps d'y réfléchir vraiment, maintenant ou plus tard, avec l'esprit clair.
         Ces grandes tristesses qui ont traversé le plus profond de nous-même changent beaucoup de choses en nous,et nous transforment profondément.

          Nos efforts vers davantage d'équilibre intérieur nécessitent donc l’acceptation de nos états d'âme négatifs, mais aussi attention et efforts envers les positifs
         Les études des psychologues et des sociologues sur le sentiment d'avoir une vie heureuse montrent que ce sentiment est lié à une fréquence et à une répétition de petits états d'âme agréables, à des bouffées de “petits bonheurs “ de tous les jours, plutôt qu'à de grands mouvements émotionnels, qu’aux forts moments de succès ou d'accomplissement. 
        " Carpe diem", disaient les Romains.
        
     

  • Commentaires

    1
    Vendredi 2 Décembre 2016 à 21:21

    Des petits bonheurs !

    oui , pas mal

    merci pour l'article .

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