• Mémoire, lecture et calcul mental.

                Deux de mes lecteurs m'ont fait remarquer que je n'étais pas très respectueux, dans certains de mes articles, vis à vis de notre ministre de l'Education Nationale.
               C'est vrai, mais elle s'entoure de très mauvais conseillers et ses réformes sont toutes plus absurdes les unes que les autres, car elles vont à l'encontre de l'amélioration de l'enseignement.
               Mes jeunes lecteurs trouvent exagérés mes propos sur  l’école primaire. Ils trouvent notamment que j’exagère les bienfaits de la lecture, d’apprendre par cœur pour exercer sa mémoire et du calcul mental.

        Je pense qu’effectivement qu'on sous-estime l’importance de la mémoire, car elle est responsable d’environ 50% de notre intelligence. 
        Pour raisonner, prendre des décision, notre cortex frontal compare les situations à des situations déjà connues, avec l’aide du cerveau émotionnel. 
        Dans la vie de tous les jours et dans notre métier, nous faisons appel aux connaissances que nous avons déjà emmagasinées, et nous en mémorisons en permanence de nouvelles.
        Même l’imagination et la créativité sont tributaires de la mémoire. Il ne faut pas croire que l’on crée ex-nihilo. Inventer du nouveau, c’est simplement rapprocher des éléments que nous avons en mémoire et que d’autres n’ont pas réunis.C’est agencer différemment des éléments existants.
        Lorsqu’on nous fait apprendre par cœur, ce n’est pas le plus souvent ce que nous apprenons qui est important, c’est de s’exercer à retenir. A l’origine nous n’avons que des mémoires médiocres et c’est en les entraînant qu’elles deviennent performantes.

        A coté des mémoires à long terme, perceptive, épisodique, lexicale, déclarative, nous avons des mémoires à court terme, qui servent à stocker provisoirement des éléments qui nous servent temporairement, en vue de réflexion, de décision, d’action…
        Ces mémoires très importante n’ont qu’une capacité limitée et leurs temps d’accès peuvent être assez longs si nous nous en servons peu.
        Le calcul mental est un excellent moyen pour entraîner ces mémoires tampons à court terme.
        En outre, sur le plan des mathématiques, l’habitude du calcul mental oblige à avoir une notion de la « grandeur » des chiffres, notamment de la place des décimales, et par la suite, en physique, (et dans la vie de tous les jours), cela nous évite des erreurs grossières d’un facteur 10 ou 100, que l’on commet si on ne fait pas attention ou si on se sert mal d’une calculette ou d’un tableur.

        Quant à la lecture, elle est primordiale à plus d’un titre.
        D’une part c’est essentiellement en lisant que l’on acquiert des connaissances de toutes sortes, et que l’on cultive sa mémoire déclarative.
        Mais il y a d’autres retombées : lire oblige à une réflexion et une analyse qui permettront, en plus, d’améliorer la capacité de réflexion et de compréhension.
        Lire permet d’acquérir du vocabulaire, l’orthographe correspondante, mais aussi, si on lit certains auteurs d’acquérir une meilleure façon de s’exprimer, un meilleur niveau d’écriture.
        Toutefois toutes les lectures n’ont pas la même qualité. Dans la lecture dite « rapide », dont on peut apprendre la pratique et qui consiste à lire d’un même regard tout un morceau de ligne, comportant plusieurs mots, l’effort du cerveau est presque inconscient, impulsif, à peine plus exigeant qu’un simple décodage des mots, et on ne retient qu’un aperçu du texte.
    C’est très utile pour faire par exemple un tri de courrier ou de textes, pour séparer ceux que l’on veut relire de ceux que l’on estime peu importants.
        Mais on peut négliger des points importants et, si on veut profiter de sa lecture, il faut alors refaire ce que les linguistes appellent une lecture « immersive », qui appelle notre attention sur la succession des mots et l’analyse du sens des phrases.
        Lire, que ce soit dans des livres ou sur une tablette, de façon attentive est un exercice qui perfectionne notre mémoire, notre imagination, notre capacité de réflexion et d’analyse, notre écriture, et notre façon de nous exprimer et de communiquer.
        De plus, si nous lisons des ouvrages ou articles variés sur un sujet donné, cela nous permet de confronter les idées de divers auteurs et donc d’ouvrir notre esprit sur ce sujet, en évitant donc d’avoir une vue trop étroite ou trop sectaire de la question.

        Je continue donc de penser qu’on ne cultive plus assez ces aspects à l’école primaire, puis au lycée, et qu’ainsi on contribue moins à développer l’intelligences des enfants et des jeunes;

                       

     


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