• Lire des phrases codées : que fait le cerveau ?

              Le petit exercice de lecture que je vous avais proposé à la fin de mon article d'hier sur l’inconscient, m’a valu plusieurs messages de personnes, étonnées d’avoir réussi à lire aussi facilement, et de deux jeunes qui avaient eu plus de mal.
              
    Alors je vais reprendre cet exercice, et vous en proposer un autre ensuite, qui sera un peu plus difficile.

    lecture  =   lcetrue 

    Si vuos  pvueoz lrie ccei, vuos  aevz asusi nu dôrle  de cvreeau. Puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt  56  porsnenes sur cnet en snot cpalabes.Je  n'en cyoaris pas mes yuex que je  sios  cabaple de cdrpormendre ce que je liasis. Le  povuoir phoémanénl du  crveeau huamin.  Soeln une rcheerche fiat à l'Unievristé de  Cmabridge, il  n'y a pas d'iromtpance sur  l'odrre dnas luqeel les lerttes snot, la  suele  cohse imotprante est que la  priremère et la derènire letrte du mot siot  à  la bnone palce. La raoisn est que le  ceverau hmauin ne lit pas les mtos  par  letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Étonannt  n'est-ce pas? Et moi qui ai  tujoours psneé  que svaoir élpeer éatit ipomratnt! Si vuos  poevuz le lrie,  fitaes le svirue 
     

              Comme vous l’avez constaté, l’auteur a conservé tous les mots, mais en a mélangé les lettres, en gardant toutefois la première et la dernière à la bonne place initiale.
            
     J'avoue avoir été étonné car j’ai lu ce texte sans aucun problème et sans aucune hésitation, presque comme s’il avait été écrit correctement, juste avec un effort plus grand d’attention, et une vitesse de lecture plus lente.

              Je me suis demandé ensuite ce que faisait mon cerveau.
              En fait il n’avait rien de nouveau à apprendre ni à retenir.
              Je pense que mon centre de Wernicke, qui déchiffre les mots, le faisait conformément à ce qu’il voyait, mais évidemment la plupart n’étaient pas des mots connus. Il les envoyait pour interprétation au centre voisin de Geschwind, qui gère la mémoire sémantique.
              C’est une chose connue que, lorsqu'il a appris à écrire à partir des syllabes depuis un certain temps et qu'il a donc l'habitude de lire, le cerveau déchiffre le mot en entier et non par lettre , toutefois ce n’est pas une « image globale » (qui n’est interprétable que par le cerveau droit) du mot que voit le cerveau, mais un assemblage de lettres, donc une mémorisation d’un ensemble orthographique de lettres, les unes après les autres.
              Il est aussi connu que la première et la dernière lettre sont plus importantes que les autres. Mais je n’ai jamais vu exposée une raison très claire de cela.. Peut être parce que ce sont les limites du mot et que donc c’est un des signes de reconnaissance.
              Ce qui est sûr, c’est que Geswind rapproche ce que Wernicke lui envoie, des mots réels qu’il connaît et c’est possible que les deux bouts soient un repère.
              Vous avez des dictionnaires de mots croisés  qui classent les mots par ordre alphabétique de la première lettre et une autre liste de la dernière; ils classent les mots par nombre de lettres : pourquoi le cerveau ne ferait il pas cela ?
              Dès lors le centre de Geschwind peut trouver plusieurs mots possibles et voir si les lettres médianes sont les mêmes. Il reconnait alors le bon mot.
              Il est aussi probable que notre inconscient, qui a interprété le début de la phrase, imagine la suite à partir de ce contexte (sens et grammaire), et donc permet sans doute à Geschwind de restreindre les mots possibles, comparer au mot lu.
               Ce que j’ai constaté en lisant le texte, c’est que si le mot est court, j’ai à peine l’impression qu’il avait été mal écrit, (c’est souvent un article, un adverbe), alors que lorsqu’il est long j’ai l’impression que je mets un dixième de seconde à le lire. Sans doute y a t’il un échange inconscients entre Geschwind et le cortex frontal pour choisir le bon mot !

              Et voici le second exercice que je vous propos, beaucoup plus difficile à mon sens.
              
    Là des lettres sont remplacées toujours par les mêmes chiffres.
              
    J’ai réussi sans problème à déchiffrer le message, mais ce n’étais plus de la lecture courante. Pour certains mots c’était immédiat, mais pour d’autres beaucoup plus laborieux et j’avais conscience de les relire pour essayer de comprendre.

     

    > > > UN B34U JOUR D'373, 

    > > > J'37415 5UR L4 PL4G3 37 J3 R3G4RD415 D3UX J3UN35 F1LL35 JOU4N7 D4N5 L3 54BL3. 3LL35 CON57RU15413N7 UN CHÂ734U D3 54BL3, 4V3C 7OUR5, P4554G35 C4CH35 37 PON7-L3V15. 4LOR5 QU'3LL35 73RM1N413N7, UN3 V4GU3 357 4RR1V33 37 4 7OU7 D37RU17, R3DU154N7 L3 CH4734U 3N UN 745 D3 54BL3 37 D'3CUM3.J'41 CRU QU'4PR35 74N7 D'3FFOR7, L35 F1LL37735 COM3NÇ3R413N7 4 PL3UR3R, M415 4U CON7R41R3 3LL35 COURRUR3N7 5UR L4 PL4G3, R14N7 37 JOU4N7 37 COMM3NÇ3R3N7 4 CON57RU1R3 UN 4U7R3 CHÂ734U. J'41 COMPR15 QU3 J3 V3N415 D'4PPR3NDR3 UN3 GR4ND3 L3ÇON. NOU5 P455ON5 UN3 GR4ND3 P4R713 D3 NO7R3 V13 4 CON57RU1R3 D35 CHO535 M415 LOR5QU3 PLU5 74RD UN3 V4GU3 L35 D3MOL17, L35 53UL35 CHO535 QU1 R3573N7 5ON7 L'4M1713, L'4MOUR 37 L '4FF3C71ON 37 L35 M41N5 D35 G3N5 QU1 5ON7 C4P4BL35 D3 NOU5 F41R3 5OUR1R3.

              Je me suis rendu compte d’une chose, mais qui m’est peut être personnelle.
              
    En fait j’essayais de deviner chaque mot par sa signification dans le contexte.

              J’aurais pu croire que mon cerveau allait mettre en mémoire que 3=e, 4=a, 5=s 7=t (et 1=i, mais là, on rétablit parce que la lettre est presque la même); mais en fait, il ne s’en sert que peu ou pas du tout et j’avais lu la phrase sans avoir conscience du code.
              C’est vrai que c’est plus facile quand première et dernière lettres ne sont pas des chiffres. Mais c’est certain que remplacer les signes est plus dur que simplement les remettre en ordre.
              J’ai eu l'impression que plus ou moins inconsciemment mon cortex frontal essayait plusieurs mots avant de trouver le bon, et qu’il y avait donc cet “échange” dont je parlais dans l’exercice précédent.
              Et j’ai remarqué que sur les deux ou trois mots les plus difficiles, je suis revenu lire deux mots en arrière, sans doute pour une analyse du sens supposé de la phrase, sabns doute pour différencier plusieurs mots, seul le mot final trouvé étant ensuite communiqué par les mécanismes inconscients à la conscience de mon cortex préfrontal.

        Je serai curieux de savoir ce que vous avez ressenti ?

     

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