• Les théories de Freud sont elles encore valables ?

     

                Dans mes articles sur les rêves, j'ai écrit que certains psys interprétaient encore les rêves en fonction des théories de Freud et que cela était vraiment très arriéré. Cela a un peu étonné certains de mes correspondants qui m'ont demandé de préciser ma pensée.
    Je vais donc faire deux articles l'un sur les théories de Freud, ce qui reste vrai et ce qui est contesté et un second article plus particulièrement sur les rêves.

                Sigmund Freud était un psychiatre (et donc docteur en médecine) qui vivait autour de 1900 à Vienne. Il est confronté aux problèmes sexuels de son époque, mais chez une clientèle particulière et restreinte, principalement constituée de bourgeoises de cette ville qui avaient subi des traumatismes sexuels. Contrairement à son ami Jung, il n'a jamais exercé la psychiatrie en hôpital, c'est à dire sur des cas multiples et pas forcément sexuels.
                En tant que médecin, il a essayé d'utiliser les connaissances de neurobiologie de la fin du 19ème siècle, encore très frustres, mais il a eu le mérite de mettre en lumière d'une part la notion d'inconscient qui reste toujours valable, et d'autre part, celle de refoulement qui est beaucoup plus contestée à la lumière des connaissances neurologiques modernes.
                Par contre il a fait une construction intellectuelle du refoulement  sexuel démesurée. Il n'apporte aucune justification expérimentale de ses théories et ses interprétations paraissent souvent biaisées pour conforter sa théorie, que réfute actuellement la neurobiologie récente.
                Pour Freud, l'inconscient est une collection de pulsions angoissantes et incompatibles principalement sexuelles (la libido), que la conscience doit maitriser et rejeter. 

                L'inconscient existe, mais il est différent de la conception qu'en avait Freud.
                La mémoire stocke d'abord inconsciemment pour des temps courts toutes les informations de perceptions que nous enregistrons tous les quarantièmes de seconde (voir mon artic-le sur le thalamus). Nous pouvons garder en mémoire des souvenirs, par exemple des images que nous n'avons pas conscience d'avoir vues, des paroles ou des mots que nous n'avons pas le souvenir d'avoir entendues ou lus (voir mon article sur les perceptions subliminales).
                Certains souvenirs sont gardés par notre mémoire, se déforment dans le temps et s'ils nous ont “traumatisés”, ne sont pas facilement évoqués, bien que nous nous en souvenions en faisant un très gros effort. C'est une sorte de refoulement, mais il n'est pas inconscient.Et la plupart de ces "difficultés de mémoire" ne sont pas d'ordre sexuel.
                Il y a aussi des “blocages” : le cerveau émotionnel peut intervenir au passage sur les ordres donnés par le cortex qui réfléchit, soit à d'autres parties du cerveau, soit à notre corps. S'il a été traumatisé il peut systématiquement bloquer certaines réactions ou certains sujets que nous ne voulons pas évoquer. C'est assez proche de la censure de Freud, mais la plupart de ces blocages ne sont pas non plus d'ordre sexuel.
                Notre inconscient nous “trompe” parfois en nous donnant de fausses raisons de nos actes pour nous protéger. C'est effectivement proche du “déplacement” de Freud, mais sur de nombreux sujets très divers. (le déplacement c'est le transfert de l'intérêt de l'intensité, de l'énergie, d'une représentation, vers d'autres représentations originellement peu intenses, reliées à la première par des associations d'idées).

                 Un idée intéressante de Freud est celle de la personnalité et de sa distinction entre le "mo", le "ça" et le "surmoi". Même si la neurobiologie a un peu modifié ces notions, leurs grandes lignes restent valables.
                 Je pense faire un article à ce sujet.

                 L'inconscient de l'enfant n'a pas plus d'aptitude que l'enfant lui même, contrairement à ce que pensait Freud et l'enfant ne peut donc, comprendre dans son inconscient, plus que ce qu'il ne comprend consciemment.
                L'enfant n'a pas de vrais désirs sexuels avant la puberté (sauf évidemment si on le conditionne par des lectures). Il y a certes notamment à l'adolescence des divergences et des heurts entre parents et enfants, les filles s'entendent souvent mieux avec leur père et les garçons avec leur mère, il peut y avoir une certaine rivalité entre parents et enfants dans la famille, mais ces problèmes ont la plupart du temps bien d'autres causes que les problèmes sexuels et les refoulements systématiques d'inceste et d'anthropophagie ne correspondent pas à la réalité et ne sont constatés que dans des cas très particuliers.
                Freud a tiré des conclusions générales (d'ailleurs niées par ses psychiatres et amis Jung et Adler) de l'observation de malades sexuels de Vienne et peut être de son propre cas personnel.
                 Le "complexe d'Œdipe" n'existe pas : par exemple lorsqu'une très petite fille de 3 ou 4 ans dit  “je vais me marier avec mon papa”, les psys qui y voient un complexe d'Oedipe, sont dans l'erreur. L'enfant aimerait rester avec son père comme sa maman, jouer davantage avec lui; elle peut être jalouse quand son père s'occupe de sa mère, car sa mère lui porte alors moins d'intérêt, mais il ne faut pas y voir un complexe sexuel chez un enfant de cet âge pour lequel toute réaction d'ordre sexuel est physiologiquement impossible, l'hypothalamus n'étant pas encore développé complètement et n'ayant pas provoqué les sécrétions hormonales de la puberté.

                 Freud pensait que les pulsions étaient “stockées” dans ce qu'il appelait les “neurones phi “ , qu'elles étaient universelles, refoulées pendant l'enfance et provoquaient une accumulation de désirs inconscients qui poursuivent l'adulte toute sa vie, chaque individu se refusant, souvent avec violence, à prendre conscience de ses propres désirs sexuels infantiles réprimés.
                 Ces neurones “phi”  n'existent pas. Les neurones ne stockent rien, excepté le glucose nécessaire à quelques minutes de fonctionnement ou des neurotransmetteurs chimiques. Ils transmettent simplement des informations et ils établissent de très nombreuses connexions entre eux (environ 10 000 /neurone en moyenne).
                L'information résulte des connexions entre de multiples neurones.

                  Dans le prochain article nous reparlerons des rêves

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