• Les méfaits des écrans sur nos cerveaux

    Le schéma ci-dessous est tiré du magazine "Cerveaux et psycho".

    Les méfaits des écrans sur nos cerveaux

              J'ai utilisé autrefois pour mon métier, les services de très gros ordinateurs, je me sers d'un microordinateur depuis 1979 (un des premiers Apple2), j'ai un iMac avec un grand écran qui renferme tous mes dossiers, me sert tous les jours, et obéit au doigt et à l'œil à ce que je lui demande, une tablette qui me sert surtout à consulter internet et prendre quelques photos, mais que je n'aime pas car elle ne me laisse pas assez de liberté, et ne fait pas exactement ce que je veux, et un smartphone que je déteste, et dont je ne me sers que lorsque je ne suis pas chez moi et donc sans téléphone fixe ou sans ma tablette.
    Par ailleurs je regarde la télévision environ deux heures tous les soirs.

               Et j'avais fait installer dans mon entreprise un "intranet" dès 1986.
               Je suis donc un habitué des écrans, mais sans doute pas un accro.

               Il y a 20 ans les médias annonçaient la grande révolution du numérique : nous allions devenir des génies ayant des connaissances dans toutes les disciplines grâce à Google, nos enfants allaient être bientôt des surhommes multitâches, aux cerveaux plus performants et plus rapides, traitant des bigs data. J'avoue que j'étais très sceptique, certes conscient de ce que mon ordinateur m'apportait, mais sans que je me sente beaucoup valorisé et transformé pour autant.
               Mon mac me permettait surtout de gagner du temps et de l'espace. Il me déchargeait de tâches fastidieuses et répétitives, me permettait de classer documents et photos, de composer lettres, documents et présentations, de faire rapidement des calculs complexes et Google me permettait de lire des articles provenant de tous les coins du monde, en quelques clics, que j'aurais eu du mal à aller chercher dans les bibliothèques de Paris.
              Mes armoires contiennent encore beaucoup de livres, et des revues, mais presque plus de papiers (juste quelques archives à conserver par sécurité, malgré une sauvegarde informatique).

            Depuis c'est la déconfiture. Les enfants ont des problèmes de langage et de lecture, beaucoup doivent consulter l'orthophoniste, les professeurs nous décrivent des enfants agités, qui ne peuvent se concentrer, ni se passer de leur smartphone, les psychologues nous les décrivent comme submergés par leurs émotions, manquant de sommeil et de mémoire. Les rapports de l'Education Nationale évoquent une baisse de 40 % des performances de lecture et de calcul et une désaffection pour les études.

            Nous ne devrions pas être étonné de cela, car de nombreuses études existent sur les conséquences de cette addiction au numérique, et d'autre part, nos connaissances sur le fonctionnement du cerveau permettent d'en prévoir certaines.
             Le cerveau de l'enfant est prédisposé aux relations humaines; le nourrisson est plus attiré par la voix et le visage de sa mère que par tout autre stimuli. Même les introvertis ont besoin de relations humaines, et les enfants vivant dans la forêt au milieu des loups, ont survécu, mais sont devenus presque fous, du fait du manque d'interactions humaines.
             Les diverses études donnent des statistiques sur l'envahissement du numérique sur les enfants de divers âges et sur les parents, ce qui nuit à leurs rapports pourtant indispensables et entraine un isolement et un report sur les écrans. Les échanges verbaux deviennent minimes et le jeune enfant ne sait plus manier le langage. Plus l'enfant passe du temps devant les écrans, plus il a de chances d'être obligé de consulter un orthophoniste.!
              L'interaction humaine est tout aussi nécessaire pour l'adolescent, mais les SMS et les réseaux sociaux ont remplacé les conversations face à face, et si l'interaction existe, elle est limitée à de courtes phrases et à des photos, complètement dématérialisée. Le jeune n'apprend plus ce que les psychologues appellent "la théorie de l'esprit" : comprendre et anticiper la pensée d'autrui.
               Le langage dans ces échanges est très succinct : la grammaire, l'orthographe et le vocabulaire ne résistent pas à ces habitudes. Beaucoup de bacheliers ne savent plus écrire en français et sans fautes d'orthographe.
               Au plan de l'apprentissage et de la mémorisation, on apprend mieux avec une personne qu'avec un tutoriel ou une vidéo. Ceux-ci ne font appel qu'à la vue. Ecouter le professeur fait appel à l'ouïe et la correspondance gestes-paroles se retient mieux. Faire des fiches écrites oblige à se servir de son cortex préfrontal pour résumer l'essentiel et la mémoire manuelle intervient dans l'écriture.
        
                Sans doute est il difficile aux jeunes de se passer de Facebook, Youtube ou Instagram, de recevoir des SMS la nuit ou de regarder des vidéo en replay sur leur ordinateur, mais par contre, on ne peut se passer de sommeil sans dommage à court et moyen termes. De plus la lumière bleutée des écrans retarde la production de mélatonine et favorise donc la veille avant le sommeil..
               Du sommeil dépendent la mémorisation, la capacité d'attention et de concentration de la journée suivante, le contrôle de nos émotions, la maturation de notre cortex préfrontal, et même en partie notre équilibre physiologique et immunitaire.
              Mais les transformations sur notre cerveau peuvent même être maléfiques à long terme. Notre cerveau est câblé pour être monotâche. Les données que nous stockons sont conservées dans deux mémoires tampons, l'une pour les images, l'autre lexicale;
             Dès que nous lui faisons faire deux tâches à la fois, il partage son énergie et ses ressources et le rendement diminue. A trois tâches et plus, il s'effondre. En fait il s'occupe (comme un ordinateur) d'une tâche après l'autre puis revient à la première et à chaque fois les mémoires tampons sont vidées et rechargées des informations adéquates. Le rendement est mauvais, la dépense d'énergie et la fatigue grandes.
             Or l'utilisation des écrans et notamment d'internet fait zapper l'utilisateur d'une information à l'autre. Notre cerveau s'habitue à ne plus faire attention longtemps et ne peut plus se concentrer.
             Sans parler des changements dans la commande des doigts et de la transmission au cerveau tels que les présente le schéma ci-dessous.

    Les méfaits des écrans sur nos cerveaux

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 21 Avril à 11:48

    En voilà des bonnes raisons pour ne pas laisser les enfants jouer avec les écrans...

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