• Les animaux utilisés pour la recherche médicale.

     

         Je suis toujours étonné quand j’entends des gens, que je pensais intelligents dire : « il faut se passer de l’énergie nucléaire » ou « il faut se passer de l’expérimentation animale ». Je pense qu’ils n’ont pas beaucoup réfléchi à la question.

        Que l’on ne doive pas considérer les animaux comme des objets et qu’on ne les fasse pas souffrir, je suis entièrement d’accord. En particulier qu’on n’achète pas un animal de compagnie pour l’abandonner ensuite, qu’on évite de faire souffrir les animaux qui nous servent ensuite de nourriture.
        Pourtant cela ne nous viendrait pas à l’esprit de dire la même chose des plantes et pourtant ce sont aussi des êtres vivants!
        Mais je pense qu’il faut encore être plus vigilant vis à vis de la vie et de la souffrance des humains. Et quant je vois une artiste américaine venir reprocher à la France de gaver des oies, je voudrais lui dire de s’occuper du centre de Guantanamo ou des agissements de la CIA. Je ne pense pas qu'on ait des leçons à recevoir des USA.
        Cependant je voudrais revenir sur le problème des expérimentations animales. Certes il faut éviter de faire souffrir les animaux et veiller aux conditions de ces essais, mais peut on s’en passer?

        Je parlerai d’abord des médicaments : avant de les mettre dans le commerce, il faut s’assurer qu’ils sont efficaces, qu’ils ne sont pas dangereux, et ceci à diverses doses, et aussi connaître les effets secondaires indésirables.
        L’expérimentation finale est faite sur des humains, en hôpital.
        Mais elle n’est pas sans danger et on a vu récemment qu’une telle expérimentation a causé la mort d’un homme et des séquelles graves chez plusieurs autres. Et il y avait eu pourtant une sévère et longue expérimentation animale. Sans elle il y aurait eu certainement plusieurs morts et handicapés graves si on s’en était tenu à la seule expérimentation humaine, sans autre préalable. Sans doute cette expérimentation animale n'avait pas été faite suffisamment.    S’il n’y avait pas eu d’expérimentation animale, nous n’aurions aucun vaccin, pas d’antibiotique et pas la plupart des médicaments très actifs. Il y aurait tous les ans des dizaines de millions de morts supplémentaires de maladies.

        Au départ on ne sait pas grand chose du fonctionnement du corps humain, ni de celui des bactéries et virus. Sans l’expérimentation sur les animaux, de la mouche drosophile à la souris, puis , moins souvent sur d’autres mammifères, dont le singe, nous ne saurions pas grand chose sur les mécanismes de physiologie et des maladies qui nous affectent.
        L’expérimentation animale est indispensable aux études scientifiques, car l’étude de thérapeutiques et de médicaments ne peut se faire que si on connaît suffisamment au préalable les maladies et le fonctionnement du corps humain.
        On a trouvé des traces du virus Zika dans le liquide amniotique et le cerveau d'un fœtus anormal; une culture sur des neurones a montré in vitro des perturbations apportées par le virus Zika. Mais pour être absolument certain de son action, des essais seront nécessaire in vivo sur des souris en gestation pour démontrer l'action tératogène.

        Et l’expérimentation animale n’a jamais autant été encadrée qu’aujourd’hui.
    Deux directives sur la protection des animaux existent de 1986 et de 2010.
    Les animaux sont utilisés au minimum (tellement même que probablement si on les avait davantage utilisés, il n’y aurait pas eu un mort dans les derniers essais thérapeutiques).
    Des seuils sont respectés pour limiter une éventuelle souffrance et les animaux sont insensibilisés ou traités par analgésiques. Les conditions d’élevage sont strictement réglementés de même que les conditions de soins et de chirurgie.
        Des comités d’éthiques ont été créés, ainsi que des contrôles des animaleries et laboratoires. Pour utiliser certaines espèces il faut démontrer qu’un ne peut pas utiliser des animaux moins évolués (notamment pour le singe).

        Ce qui m’agace, dans ce domaine, c’est que les gens qui critiquent l’expérimentation animale et demandent son abolition, n’ont aucune notion de biologie, de ce à quoi servent ces expérimentations et sont les premier à hurler quand les médicaments destinés à l’homme ne sont pas d’une efficacité parfaite. 
       La polémique sur le Lévothyrox est un exemple flagrant de l'ignorance des malades : toutes les personnes qui prennent la nouvelle formule se croient malades, alors qu'en fait les effets indésirables touchent moins de 5% des patients. Un examen des hormones TSH et T4L permet de savoir si la personne est trop sensible au nouveau médicament et de baisser les doses et les médecins peuvent actuellement réagir en quelques jours.
       Mais tout le monde s'affole et les journalistes qui tienne la un sujet sensible et sensationnel, s'en donnes à cœur joie.
        Il est évidemment beaucoup plus facile de critiquer ce que l’on ne connaît pas, parce qu’on ne se rend pas compte qu’on ne dit que des âneries.
       Il faut dire aussi que l'Agence des médicaments a été nulle au plan de la communication et de l'information, car c'est elle qui a demandé le nouveau médicament et ensuite n'a pas fait suffisamment son travail d'observation, en le faisant mettre sur le marché à la plus mauvaise période, juste au début des vacances.

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :