• Le trac vous paralyse t'il, lors de vos examens ?

    Le trac vous paralyse t'il?

             Il m'est arrivé souvent d'aider des élèves à faire leur travail de classe, et j'ai donc souvent entendu parler de devoirs de contrôle, de bac blanc, ou d'examen réel et de partiels de fac.
             On m'a souvent dit d'avoir parfois l'impression de relire cent fois l'énoncé, sans parvenir à bien comprendre ce dont il s'agissait; la pensée était ralentie, et les résultats ont été médiocre.
             Le soir-même, en relisant le problème à tète reposée, tout a paru extrêmement simple. Comment ne pas avoir trouvé immédiatement la solution ?
             “J’étais stressée, je n'ai pas réfléchi, j'ai pris la mauvaise décision.et j’ai perdu en un instant toutes mes capacités de réflexion”, me dit on.

             La peur diminue les capacités de réflexion, car elle épuise les ressources de la mémoire de travail, un groupe de neurones qui permet de garder à l'esprit simultanément plusieurs données d'un problème. Cette mémoire de travail est située entre le cortex préfrontal et le cerveau émotionnel et est composée de deux centres, l’un pour les données sémantiques (les mots) l’autre pour les données sensitives, notamment les images les schémas, les scènes.
              Pour aboutir à cette conclusion, des psychologues de l'Université du Michigan ont réuni des étudiants et leur ont distribué des problèmes de mathématiques qui sollicitent la mémoire de travail. 
              Les psychologues ont distribué à la moitié des étudiants des formulaires leur indiquant qu'ils risquaient de redoubler leur unité de valeur s'ils n'obtenaient pas un score suffisant à ce test. (les vaches, c’est inhumain lol)
             Ces étudiants stressés se sont trompés beaucoup plus souvent que les autres, car leur mémoire de travail tournait au ralenti. En outre, ils étaient sujets au phénomène des pensées parasites: au milieu de leur raisonnement, qui leur faisait oublier le résultat intermédiaire et ils devaient tout recommencer.

              Pourquoi la peur perturbe-t-elle la mémoire de travail ? La mémoire de travail est gérée par le cortex préfrontal médian, dont j’ai souvent déjà parlé dans mes articles. La peur stimule le complexe amygdalien, dans le cerveau émotionnel, qui gère les émotions fortes et le stress et elle entraîne la libération d'une hormone du stress, le cortisol.
             Le cortisol se fixe sur ses récepteurs dans le cortex préfrontal médian, ce qui inhibe l'activité cérébrale dans cette zone, et perturbe la mémoire de travail.

              Face à une situation de danger, ce recul de la mémoire de travail, “intellectuelle”, permet à une mémoire instinctive, la mémoire épisodique, qui stocke tous les événements dans l’ordre chronologique, de travailler à plein régime. C'est elle qui mémorise les circonstances ayant causé le stress, de façon à ce que la personne concernée évite à l'avenir toute situation analogue.
             Ce système cérébral aurait été sélectionné pour soustraire nos ancêtres aux dangers naturels auxquels ils étaient exposés, mais, aujourd'hui, il n'est plus adapté (l’évolution est un phénomène très lent) et pourrait tout au plus conduire les élèves à fuir les salles d'examens ! Malheureusement, c'est bien souvent le cas des élèves qui ne parviennent pas à surmonter la peur de l'événement.
             Or, l'étude a montré que les plus vulnérables sont souvent ceux qui ont la meilleure mémoire de travail. Les systèmes de sélection qui soumettent les candidats à des stress trop intenses, risquent donc de laisser passer les meilleures recrues. Hélas, les organisateurs et exeminateurs de concours ne savent pas cela.
             C’est très dificile de lutter contre ce stress car comme vous venez de le constater c’est instinctif et partiellement inconscient.

              La meilleure lutte est une bonne préparation, qui vous donne confiance en vous. C’est aussi l’habitude des devoirs en temps limité en classe et des interrogations. On apprend peu à peu à maîtriser son stress. Les prépa scientifiques ont un régime barbare de “colles” toutes les semaines, mais c’est ainsi qu’on s’habitue aux oraux et à y réagir vite et calmement.
             Lorsque la peur vous tord les tripes, il faut essayer de refaire fonctionner son cortex préfrontal : s’il lit sans comprendre il faut l’obliger à réfléchir : noter les éléments clés de la dissertation, réécrire les équations à résoudre, faire un schéma logique de la question.
             Au besoin fermer les yeux dix secondes, se concentrer et se remettre au travail, avec méthode. Faire travailler sa main et son stylo car le cerveau est alors obligé de faire attention aux mouvements.
             Et se répéter qu’on est capable de réussir et non qu’on risque d’échouer.

     Et avant l’examen, 

              Riez avec des copains, cela vous détendra et vous permettra de vous sentir mieux:Quand vous riez votre organisme produit des endorphines, un opiacé naturel et grâce à elles on se sent bien quand on rit.

              Respirez à fond avec votre ventre. Notre respiration naturelle n’est pas suffisante pour l’oxygénation maximale de notre organisme. Quand le stress nous envahit les muscles de l’abdomen se contractent, les battements du cœur sont plus rapides, nous respirons plus difficilement. La respiration abdominale détend les muscles, calme notre organisme et apporte une meilleure oxygénation. C’est l’anti-stress naturel. Pensez-y devant votre copie…

              Mangez ! Votre cerveau a besoin d’aliments. Si vouus l’alimentez mal, votre cerveau puisera ces substances dans vos autres organes. Ne sautez jamais un repas et faites des repas équilibrés ! Surtout en période d’examen, pour bien fonctionner votre cerveau réclame au moins de 120 g de glucose par jour, soit une consommation de 5 g par heure.
             Le plus important ? Le petit-déjeuner… Après le jeûne de la nuit, votre organisme doit refaire le plein d’énergie. Il doit couvrir environ 25 % de vos besoins quotidiens en éléments nutritifs et calories : une boisson pour se réhydrater, par exemple un jus de fruit pour ses vitamines, des céréales (riches en fer et en vitamines) et un produit laitier sucré ou du pain et du beurre, éventuellement de la confiture; des fruits secs (noix, noisettes, amandes…) sont riches en magnésium, qui facilite la transmission d’information dans les synapses et  entre les neurones.
             Et n’oubliez pas de sucrer votre café ou infusion.

     

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