• Le Quotient émotionnel

    Le Quotient émotionnel

              Dans les précédents articles, nous avons parlé du Quotient intellectuel, puis des huit intelligences de Howard.
              Je voudrais terminer cette série par deux articles sur les aspect émotionnels.

              Résumons d'abord où nous en sommes :

              D'abord il ne faut pas attacher trop d’importance au QI, surtout pour un adulte.
              Par contre, vers l’âge de 9/11 ans (en CM2), c’est un bon indicateur pour  avoir une idée de ce qu’un enfant pourrait faire comme études, dans la mesure où il voudrait bien travailler.
             
    J’ai connu au Sahara un enfant d’une dizaine d’années, totalement ignare (c’était un esclave de nomades) et nous l’avions recueilli après une piqûre par une vipère à corne et pris en charge; nous lui avions appris rapidement à lire, à écrire et à compter et, à notre grand étonnement il avait un QI de 125. On l’a aidé à rattraper son retard et il a passé avec succès 6 ans plus tard, l'équivalent d'un bac professionnel, et 8 ans plus tard, un BTS de mécanique automobile et de conduite d’engins de travaux publics.


              Pendant des décennies, les psychologues ont voulu absolument relier l'intelligence et les performance dans un domaine précis, défini par Binet et mesuré grâce au QI.
              Des chercheurs ont étudié l'influence du savoir et de l'expertise par exemple les psychologues William Chase (années 70/80) et Herbert Simon (années 1980/2000) pour déterminer si les performances extraordinaires, par exemple aux échecs ou en mathématiques, dépendent d'une intelligence supérieure (très fort QI) ou au contraire de connaissances spécialisées.
              Le résultat n’est guère étonnant : les personnes d'intelligence supérieure et les experts résolvent les problèmes mieux que des novices, (c'est-à-dire les personnes ayant peu de connaissances dans le domaine en question).
              Parfois, une grande expertise compense une faible intelligence : des experts moins intelligents obtiennent des performances similaires à celles de novices très intelligents.
              En revanche, une grande intelligence est bénéfique même aux experts : les experts intelligents obtiennent généralement les meilleures performances (il semble exister une synergie entre expertise et intelligence, c’est à dire que des gens intelligents acquièrent plus facilement une expertise).
              Vous auriez pu imaginer ces résultats vous mêmesans connaître ces recherches : ils sont simplement logiques !

              Cela dit il y a des gens qui ont un QI très élevé et qui sont très mauvais en relations humaines !! (hélas j'en connais !!)

              Les psychologues parlent souvent “d’intelligence émotionnelle”.
             
     Ce terme a été proposé et défini en 1990 par les psychologues Salovey et Mayer. Ils définissent l’intelligence émotionnelle comme « une forme d’intelligence qui suppose la capacité à contrôler ses sentiments et émotions et ceux des autres, à faire la distinction entre eux et à utiliser cette information pour orienter ses pensées et ses gestes »  ou bien « l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres »
              Les psychologues considèrent que les émotions sont apparues au cours de l'évolution pour permettre aux animaux de réagir rapidement en cas de danger.         .

              Une telle personne sait exprimer ses propres sentiments, les maitriser et les utiliser pour résoudre des problèmes concrets. L'intelligence émotionnelle consiste donc d’abord à savoir déchiffrer ses propres sentiments, et à bien les utiliser. Ainsi, plutôt que de vouloir masquer tel ou tel sentiment, une personne intelligente saura le communiquer aux autres et faire en sorte que ceux-ci adoptent une attitude appropriée (mais pas forcément la sienne !).

              Peut-on mesurer l'«intelligence émotionnelle» (un quotient émotionnel QE?).
           
      À la différence de l'intelligence mesurée dans les tests de QI, ce critère est évalué en référence à un contexte culturel lequel a une influence primordiale : par exemple une personne exprimant ouvertement ses émotions peut devenir une personnalité charismatique et respectée en Europe ou aux États-Unis, mais vraisemblablement pas dans les pays asiatiques. Dès lors, comment définir un comportement émotionnellement intelligent, sans faire référence à l'environnement culturel?
             Par ailleurs, on demande dans les tests de QE, comment la personne se comporterait dans telle ou telle circonstance. En fait la réponse est davantage liée à la représentation qu'a la personne d'elle même (et sa Persona), qu'à la compétence d'agir dans cette situation, qui serait la véritable intelligence émotionnelle.
              Dans les réponses aux tests de QE, il n'y a pas, comme dans le tests de QI, une réponse unique : elle est en général multiple.
              Certains tests d'intelligence émotionnelle se concentrent sur des aspects précis, telle la capacité de déchiffrer les sentiments. 

              L’intelligence classique et intelligence émotionnelle sont-elles liées?
              Le lien entre intelligence émotionnelle et intelligence abstraite, quoique faible, existe. Un QI élevé traduit souvent une grande capacité d'apprentissage, avantage indéniable pour s'imprégner de règles sociales et acquérir un savoir émotionnel.        
              L'intelligence émotionnelle s'acquiert-elle encore à l'âge adulte?
              Pour ce qui est de la plasticité de l'intelligence émotionnelle, les adultes peuvent changer de comportement et en acquérir un nouveau, même si c'est plus difficile que pour les jeunes. On peut s'entraîner à gérer son stress ou apprendre à mieux communiquer. De tels exercices étaient pratiqués bien avant que l'on commence à parler d'intelligence émotionnelle ! (par exemple quand j'étais jeune).
             De nombreux psychologues, tels Mayer et Salovey, considèrent que l'intelligence émotionnelle est à la croisée des émotions et des cognitions (les quatre types d'opérations mentales étant la cognition, les émotions, la motivation et la conscience).


              Certains psychologues pensent que contrairement à l’enfant et à l’école, durant les études universitaires ou dans la vie professionnelle, moins de la moitié de la réussite serait expliquée par la mesure du QI classique, et ils recherchent donc un critère susceptible d'évaluer les 50 pour cent restants. Ils espèrent quantifier les intelligences émotionnelles et sociales notamment et les autres aussi.
              Y parviendront-ils ? Je crains qu’il ne soit pas possible d'évaluer toutes les facettes du comportement d'un individu, ni de savoir précisément de quelle façon il est capable de réagir, parce que certaines qualités ne se révèlent que dans des situations exceptionnelles et imprévisibles. Et aussi parce que notre personnalité est faite d'antagonismes, les "préférences cérébrales" et que selon le cas nous utilisons l'attitude préférée ou au contraire l'antagoniste, de la même façon qu'un droitier utilise aussi sa main gauche, mais moins souvent.
              Personnellement j'aimerais bien des tests "sérieux" qui permettent d'évaluer la mémoire et la capacité à mémoriser (cela existe un peu), et d'autres pour évaluer le "bon sens" (je n'en ai jamais entendu parler.).


    Partager via Gmail

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :