• Le cortex préfrontal (6) : l'attention sélective.

    Le cortex préfrontal (6) : l'attention sélective.

          Nous avons vu que notre cerveau frontal était capable de planifier un projet en accédant à un espace de représentation et de simulation mentale où sont amenées d'anciennes perceptions sensorielles, de ce qui a été une solution pertinente, mais dans un autre contexte; enfin, en se représentant l'écoulement du temps à venir et les événements qui risquent de se produire.
        Puis il peut ensuite prendre décisions et initiatives pour le réaliser.
        Encore faut il que la personne soit capable de diriger et de maintenir durablement son attention lors de la formation et de la réalisation du projet.
        Cette quatrième capacité du cortex préfrontal est nécessaire pour la réalisation de nos décisions et de nos actes en conformité avec les intentions et la programmation qui a été faite.

        Pour qu’il y ait attention, il faut d’abord qu’il y ait conscience. Il est évident que quelqu’un endormi ne peut faire attention à un problème à résoudre.
        Les centres cérébraux impliqués dans la conscience, centres du tronc cérébral, du cerveau central, le thalamus, l’hippocampe, le cortex cingulaire, sont donc impliqués aussi dans l’attention. Le cortex cingulaire antérieur, joue un rôle important dans le contrôle cognitif et notamment la capacité de la personne à prendre conscience de ses opérations mentales, à les mobiliser ou à les bloquer, à changer de stratégie quand c'est nécessaire. Il influence donc la motivation et l'attention.
         Pour qu'il y ait conscience, il faut notamment que le cortex cingulaire soit activé, que le thalamus transmette au cortepréfrontal, les informations des centres d'interprétation de nos perceptions, et que l'hippocampe mette en liaison le cortex préfrontal avec les zones de mémoire qu'il veut consulter.
        Mais cela ne suffit pas, l’attention suppose la concentration et cela dans la durée.
        L'attention est une fonction cognitive complexe.
        Elle correspond à un processus de sélection d'un événement extérieur (son, image, odeur, toucher...) ou intérieur (pensée) et du maintien de ce dernier à un certain niveau de conscience, ceci se traduisant à la fois par des images et des mots, et en conservant certaines données nécessaires à la réflexion dans deux mémoires intermédiaires à court terme, spécialisées dans ces deux domaines.

        Notre degré d'attention est fortement conditionné par les changements survenant dans notre environnement :
    un coup de feu ou de tonnerre captera toute notre attention automatiquement. On parle d'état d'alerte et cette alerte nous permet de maintenir un certain niveau de “vigilance”. .

        Le cortex préfrontal est alors peu concerné. Ce sont les centres amygdaliens qui d’éclencheront l’alerte et provoqueont les premières réactions instantannées de défense. Le cortex préfrontal sera alerté ensuite pour réfléchir aux solutions.

        Le cortex frontal intervient lorsque l’attention est volontaire.
        Cette attention sélective intervient lorsque nous voulons traiter une question et qu'il nous est impossible de traiter simultanément toute l'information qui se présente à nous : une analyse successive des informations est donc nécessaire.
        Ce type d'attention opère dès lors que nous avons un choix à effectuer pour la sélection d'une information répondant à nos attentes dans des circonstances données.
        Seule l'information sélectionnée est examinée. L'attention sélective permet donc de se focaliser sur un point en se coupant mentalement de l'environnement, sans devoir pour autant s'isoler physiquement.
        Si l'on est à la recherche de champignons en forêt, l'attention sélective se focalise sur le sol, et sur des formes ressemblant à des champignons, les autres informations de la scène étant ignorées.
       
        L'attention peut également être partagée :
        Dans notre quotidien, où nous avons souvent à réaliser plusieurs choses simultanément, comme lorsque nous tenons une conversation tout en conduisant.
        L'attention, ainsi partagée entre de nombreuses informations, requiert plus de ressources.
        Mais si l’un des problèmes devient prépondérant l’attention se focalise sur lui et abandonne l’autre : toute la mémoire à court terme de transfert lui est consacrée.
        L'interaction entre les deux fonctions cognitives “attention” et “mémoire” est trés grande. L'attention est particulièrement mobilisée lorsque l'information à traiter est nouvelle, c'est-à-dire qu'elle n'a pas encore d'équivalent en mémoire.
        Effectivement, une information connue ou familière (comme par exemple l'emplacement des meubles dans notre maison), n'attire plus l'oeil.
        L'attention se portera sur une information familière  seulement si elle diffère du contexte habituel (dans notre exemple, un élément aurait été déplacé) ou si nous recherchons volontairement un objet dans l'environnement.
        Notons que notre (pré)nom, entendu dans des contextes divers (dans la rue, au restaurant...) captera aussi immédiatement notre attention, même si cette information nous est extrêmement familière. Depuis le plus jeune âge, nous sommes en effet conditionnés à réagir à notre (pré)nom.

         L’attention est par nature instable, car elle résulte d’un équilibre en plusieurs centres du cerveau. Elle est donc difficile à maintenir.
        Les mécanismes de l’attention sont mal connus. Ils mettent en jeu de nombreux centres du cerveau.

        Il semble que le cortex préfrontal soit le chef d’orchestre qui demande l’attention pour travailler.
        Et si nous faisons preuve de l’inverse, la distraction, c’est que nous n’avons pas voulu nous concentrer sur le sujet.
        Pour une raison donnée (peut être influencé par un désir du cerveau émotionnel), notre cortex frontal n’a pas eu la volonté de dire qu’il fallait faire attention.
        Si beaucoup d’entre nous n’arrivent plus à fixer leur attention, ce n’est pas uniquement par manque de volonté, mais parce que, submergés par une multitude d’informations, nous subissons ce flot passivement, au gré de nos sensations et de nos envies, et que nous ne savons plus couper les liens pendant un certain temps, pour prendre un peu de repos et de recul, pour se concentrer et réfléchir.
        Il faut réapprendre à faire le tri dans nos occupations, à éviter les distractions, et devenir conscients que nous ne pouvons faire qu’une chose à la fois.

        Des chercheurs pensent actuellement que le mécanisme principal de l’attention est la communication entre le cortex frontal, le thalamus pour les sensations et l’hippocampe pour la mémoire et le cortex cingulaire pour un certain contrôle de nos opérations mentales. L’attention serait un déclencheur de l’action et se déplacerait ainsi d’une action à la suivante.

        La capacité d'autodétermination et celle d'endurance attentionnelle, toutes deux reposant en partie sur l’action du cortex préfrontal, confèrent à l’homme une emprise sur l'espace extérieur : la première permet de déclencher des actions selon des intentions, et la seconde de se repérer dans l'espace en identifiant parmi les innombrables informations qui nous parviennent de nos sens ou que le cortex frontal demande à notre mémoire, celles qui sont pertinentes.


        Demain nous verrons la dernière mission du cortex frontal : la régulation émotionnelle.

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