• Le cortex préfrontal (5) Décider et agir

    Le cortex préfrontal (5) Décider et agir

        J'ai fait déjà quatre articles sur le cortex préfrontal et ses fonctions générales.
        Je voudrais maintenant aborder les fonctions particulières d'actions "intelligentes"
        Aujourd'hui : comment décider et agir.

        Les deux fonctions suivantes des lobes frontaux, la capacité d'initiative et d’autonomie, et I’attention, concernent la relation de l'homme avec l'espace.
        La première lui confère la capacité de déclencher une suite de gestes pour faire une tâche donnée, pour mener aune action.


        Pensons d’abord à des gestes et des décisions simples.
        Les neurobiologistes distinguent deux sortes de mouvements à cet égard: d'une part, ceux qui sont hétéro-déterminés (c'est la réaction d'un sujet qui obéit à une consigne telle que « lorsque la lampe rouge s'allumera, vous prendrez avec votre main droite, le cube qui est posé sur la table devant vous ! ») et, d'autre part, les mouvements auto-déterminés (« quand vous le déciderez, prenez le cube ! »).
        Dans le premier cas, le cortex préfrontal est inactif. Les personnes aux lobes préfrontaux lésés restent capables de produire de tels mouvements en réaction à des injonctions. Ce sont les centres de commande des mouvements du cortex frontal sur le dessus de la tête, après le front, qui agissent après détection des signaux par les centres d'interprétation de la vue.
        Au contraire, dans le second cas, les lobes préfrontaux sont les premières zones du cerveau à devenir actives ; ce sont eux qui déclenchent le mouvement. Tout se passe comme si, dans cette partie de notre cerveau, existait une interface entre l'espace psychique de représentation (le fait de se représenter un cube, une décision, un mouvement), et les neurones qui commandent la longue chaîne de centres nerveux, permettant de saisir l'objet en question, (allant des aires motrices corticales aux moto- neurones de la moelle épinière responsables de la contraction des différents muscles).

        La réflexion sur nous mêmes après la planification et avant l’action :
    Une équipe de chercheurs dirigée par le Pr. Geraint Rees de l'University College London suggère que le cortex préfrontal est le meneur dans les réflexios que nous pouvons faire sur nous mêmes : l’introspection et la confiance en soi.
        Les chercheurs ont posé à des sujets des questions difficiles de sorte que les participants n'étaient jamais complètement sûrs de donner la bonne réponse et ils leur ont demandé ensuite d’évaluer leur réponse. Ils supposaient que les personnes meilleures pour l'introspection seraient plus sûres d'elles après avoir fait le choix correct et moins sûres lorsque leur choix n'était pas le bon.    
        Effectivement, l'expérience a montré que la capacité à prendre des décisions était la même pour tous les participants mais que la différence semblait se situer dans la connaissance des participants de leurs capacités à prendre des décisions.
        Les chercheurs ont confirmé que leur capacité introspective peut énormément varier d’une personne à l’autre. En comparant les images IRM du cerveau de chaque participant, ils ont pu repérer une corrélation entre la capacité d'introspection et la structure d'une petite zone du cortex préfrontal antérieur droit.

        Les malades qui ont des troubles du cortex préfrontal ont souvent une incapacité de décision
    . En fait ils ont le plus souvent également une incapacité de planification qui entraînerait l’impossibilité de prendre des décisions dont on n’a pas les éléments.

        L’initiative est intimement liée à la préparation des décisions d’une part et à la motivation d’autre part.
        Les études actuelles semblent montrer que la motivation de même que la conscience sont régulées par le cerveau émotionnel et en particulier le cortex cingulaire. Mais celui-ci est en liaison étroite avec le cortex préfrontal et  la motivation ne pourra se trduire en initaitives d’actions que par son intermédiaire.
        Le problème de l’acquisition de l’autonomie, essentiel pour le passage de l’adolescence à l’âge adulte, est donc un problème complexe relevant à la fois du cerveau émotionnel et du cortex frontal, et bien entendu de l’éducation et de l’instruction.

        Je vous ai parlé plusieurs fois des préférences cérébrales de décision, qui privilégiaient soit des critères de choix logiques objectifs, soit des critères de valeurs et de goûts, plus subjectifs mais plus altruistes.
        Malheureusement il n’y a guère de liaison entre psychologues et neurobiologistes dans ce domaine, et si nos connaissances sur le cerveau permettent d’expliquer des processus élémentaires, elles ne permettent pas d’expliquer des comportements.
        Je pense simplement qu’il doit exister un certain équilibre dans le rôle du cortex préfrontal qui raisonne et décide, et celui du cerveau émotionnel, qui l’influence au niveau des émotions et de la motivation (notamment les centres amygdaliens), et qui peut aussi entraîner certaines modification voire des blocages lors de la “redescente des ordres”.
        Les liaisons de ces domaines sont principalement faites par des circuits neuronaux utilisant la dopamine comme neurotransmetteur.
        Il est probable que les personnes de préférence cérébrale L ont plutôt une prédominance du cortex préfrontal alors que celles de préférence V ont une prédominence du cerveau émotionnel et notamment des centres amygdales, qui font que les décisions sont moins logiques et plus liées aux émotions et sentiments, donc aux goûts et valeurs..

     

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