• La violence des jeunes dans la rue

     

    La violence des jeunes dans la rue

                Les exactions autour des lieux d'enseignements ne sont qu'une partie de la violence. Celle dont les médias parlent le plus, c'est la violence dans la rue, les batailles rangées, les voitures brûlées, les vitrines cassées et les magasins pillésles attaques de médecins, de pompiers, de policiers.de violences qui s’étaient produites dans la rue, non loin de son quartier.
                Mais la plupart des jeunes ne feraient jamais cela et en général ls disent ne pas comprendre la motivation des jeunes qui en sont les acteurs.

               J’ai pensé que cela pouvait être un sujet intéressant à discuter sur ce blog.

                La première réflexion c’est pourquoi font ils cela puisque moi je ne le ferais jamais !
               il faut se demander quelle est leur mentalité, quelles sont leurs raisons.


                Pourquoi donc n’auriez vous jamais commis de tels actes ?
                J'en parlais dans mon précédent article, dans mon cas personnel.

                Parce que vous avez conscience qu’il s’agit de choses graves, contre la loi, mais aussi contre vos principes moraux de conduite.
                A l’origine, nous avons dans nos gênes un certains nombre de règles de conduite qui proviennent de l’histoire de nos ancêtres et de la sélection naturelle (peut être avez vous entendu parler de Darwin). Il y a aussi dans ce que nous apprenons dans notre enfance un certain nombre de principes et de préjugés, qui proviennent de notre culture ethnique. C'est ce que CG Jung a appellé le premier,  les  “archétypes” au début du 20ème siècle.
                Mais la plupart de nos règles de conduite résultent de ce que nous ont appris nos parents, et quelques professeurs : enseignement religieux pour les uns, règles morales pour les autres, cours de civisme et de philosophie en classe.
                Il y a aussi ce qui résulte de nos lectures, de nos réflexions et de nos conversations et cela d’autant plus que notre expérience grandit avec l’âge (en principe !!!).
                L’ensemble de ces règles est appelé par les psys le “sur-moi”. C'est Freud qui a le premier, utilisé ce terme.
               Ces jeunes violents ont souvent un surmoi lacunaire à cause d'une absence d'éducation parentale, du coup, ils trouvent dans les gangs de rue par exemple, une manière de combler leur manque de valeurs, puisqu'ils adoptent alors les valeurs du groupe, qui reflètent bien souvent le surmoi du "chef"
                Alors oui, vous ne feriez pas cela, mais grâce à l’éducation de vos parents, à l’instruction que vous avez reçue par ailleurs et à la culture que vous avez pu acquérir. Chacun de nous a ainsi une conscience de ce qu’il doit ou ne doit pas faire, conscience à laquelle il n’obéit pas toujours, d’ailleurs, mais quand il est allé contre ses principes, il le sait parfaitement.
                Par ailleurs, quelles que soient les dispositions innées de votre cerveau,  l’instruction que vous recevez, développe votre intelligence et votre capacité de raisonnement.

                Alors supposez maintenant que vous soyez dans une famille où le père est parti, où la mère doit travailler (si elle n’est pas au chômage !), et n’a guère le temps de s’occuper de ses enfants, souvent nombreux; une mère qui n’a qu’un instruction modeste et n’a pas l’habitude de l’autorité, ni de la diplomatie.
                La famille vit dans un logement très étroit, les enfants, lorsqu’ils sont ados et donc naturellement en opposition aux parents, passent leur temps dans la rue, ont des fréquentations souvent peu recommandables, n’ont ni l’envie ni des conditions favorables pour travailler, et sèchent de plus en plus l’école, ce qui aggrave encore leur échec scolaire et empêche leur intelligence de se développer.
                Alors croyez vous que ces jeunes ont pu, comme vous, apprendre des règles de conduite et se forger ainsi une conscience.?
                Les filles, dans la mesure où elles sont davantage à la maison, ont plus de courage pour travailler et ont compris que les études sont le seul moyen de s’en sortir, réussissent  à ne pas tomber, pour la plupart, dans cette extrémité.
                Mais les garçons n’ont pas su développer leur intelligence et leur esprit critique; ils sont donc très influençables, prêts à croire n’importe quoi et à suivre n’importe qui, et tirent leurs règles morales de la rue, et malheureusement des rencontres qu’ils y font.
                En outre dans un environnement de chômage et de misère, ils vivent dans un climat de débrouillardise, voire de délinquance, pour pouvoir survivre.
                Ces jeunes (et moins jeunes), il faut que nous l’acceptions, n’ont ni les mêmes règles morales, ni le même esprit critique que nous.
                J’ai eu l’occasion, il y a une quinzaine d'années de rencontrer des jeunes de la DASS, qui avaient connu de telles conditions familiales et qui pourtant étaient de braves jeunes, qui auraient pu, dans un contexte différent, être comme vous et moi. Mais le handicap à remonter est très important, et je ne pouvais pas discuter avec eux, de la même manière que je discuterais avec vous. Il faut que je me place dans un autre univers !

                Cela ne veut pas dire que j’approuve ou j’excuse ces violences, mais je cherche à comprendre ces jeunes et  il me semble nécessaire, au delà de leur conduite, de s’interroger sur leurs motivations.
                Ils peuvent obéir à des pulsions très différentes des nôtres.    

                Les plus jeunes vont voir dans l’affrontement avec la police, dans ce jeu de cache cache, et même dans l’incendie de voitures, une espèce de jeu, de défi, de façon de manifester leur indépendance, et aussi de faire parler d’eux.
                Leurs héros sont souvent ceux des films de violence américains, de séries télévisées ou de jeux sur ordinateur. Cet affrontement est comme un jeu de combat, où il faut se montrer le plus fort, où l’on passe à la télé et  l’on montre aux copains (ou à la bande rivale d’un autre quartier), qu’on est plus fort qu’eux.; et c’est l’engrenage de faire “mieux” que le voisin (notamment de brûler davantage de voitures !).
                Dans certains cas, cette violence ludique est canalisée et exploitée par d’autres, peu recommandables et volontairement malfaisants (les voitures qui alimentaient systématiquement les jeunes en cocktails molotov, n’étaient pas conduites par des jeunes!).

                Pour certains de ces jeunes, un peu plus âgés, le climat social est une cause de révolte.
    J'ai essayé, il y a 20 ans, d’apporter dans mes activités bénévoles, une aide à des chômeurs pour qu’ils trouvent du travail. Je me suis rendu compte de la difficulté qu’ont certains d’entre eux à pouvoir s’en sortir, parce que leur niveau d’instruction est faible, mais aussi parce qu’ils ont un nom à consonnance étrangère, ou sont noirs de peau, ou ont une adresse ou des coordonnées scolaires, qui les font considérer comme peu recommandables.
                Au bout d’un certain temps, si malgré tous vos efforts, rien n’aboutit, non seulement vous vous découragez, mais vous finissez par avoir une aversion, une haine pour la société qui vous entoure et pour ses représentants.
                Les gens que j’ai aidés n’auraient pas eu recours à la violence, mais ces paroles amères, je les ai souvent entendues.
               Alors ces jeunes, ne pouvant pas posséder ce à quoi tous le monde aspire, subissent comme tous, le matraquage médiatique et la course vers un bonheur vain qui en résulte, mis ainsi à l'écart de la société. Une frustration se met en place, et s'exprime non pas par les mots mais par la violence.
        
                Un autre phénomène est l’entraînement du groupe. Seul on ne ferait sans doute pas de telles bêtises. Mais en groupe, il y en a toujours un qui, pour faire le malin, propose une ânerie et on ne veut pas avoir l’air de se dégonfler devant les autres et on fait tous ensemble, cette ânerie.
                Et puis en groupe on se sent plus fort, on s’encourage, on délire, on s’éclate ensemble et on oublie que le sujet du délire est une énorme bêtise et un délit.
                L’alcool et la drogue font aussi parfois oublier la raison.

                Enfin des provocateurs ont appris des techniques de manipulation de groupes, pour les empêcher de réfléchir et pour focaliser leur attention sur des incidents affectifs et des rumeurs subjectives et en général inexactes.

                Il y a sûrement bien d’autres raisons à ces incidents, mais il faudrait aller sur place, discuter avec les jeunes en cause, pour se faire une opinion plus exacte de leurs préoccupations et de leur mentalité lors de ces incidents.

                Certes, ceci n’est pas une raison pour ne pas appliquer la loi, mais il faut expliquer à ces jeunes pourquoi et ne pas s’étonner qu’ils ne comprennent pas la sanction qui va être prise contre eux. Et un simple séjour en prison n’apportera sans doute rien de bon et risque de les faire basculer encore plus dans la révolte et la délinquance, voire de terrorisme.
                Il faudrait les prendre en main et refaire entièrement leur éducation : tâche longue et ardue, car il faut arriver à les convaincre de collaborer à cette opération et ce n’est pas la moindre des difficultés.

     

     

     

    Partager via Gmail

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :