• La reconnaissance des visages par le cerveau (2).

         Nous avons vu dans le précédent article, que le gyrus fusiforme et surtout l’aire occipitale des visages contribuaient principalement à la reconnaissance des visages. Ils effectuent une reconnaissance faciale selon des critères précis.
        Si on rend plus difficile la recherche de ces critères, on aura davantage de difficultés à différencier deux visages : on peut s’en rendre compte en examinant ces deux visages à l’endroit et à l’envers. Dans le bon sens on s’aperçoit immédiatement qu’ils sont différents; vus à l’envers c’est plus difficile (voir photos ci-dessous)

    La reconnaissance des visages par le cerveau (2).
    La reconnaissance des visages par le cerveau (2).   Les neurobiologistes ont étudié la reconnaissance des visages grâce à des essais sur des singes au moyen d’IRM mais aussi d’électrodes implantées.

        On savait que les centres primaires d’interprétation de la vision réalisaient sur les neurones de ces centres une image correspondant à ce que voyait la rétine, en conservant les angles et les distances, et il en est donc ainsi pour les visages.
        A partir de cette image, les centres de reconnaissance des visages vont cataloguer un certain nombre de paramètres, angles, distances, couleur, texture de la peau etc. ceci pour divers organes : yeux, nez , bouche, front, menton, cheveux…
        Les chercheurs ont montré qu’il suffisait d’une cinquantaine de paramètres pour définir de façon satisfaisante un visage. ils ont déterminé les zones du gyrus fusiforme qui codaient ces paramètres et ont présenté aux singes des photos de visages humains inconnus et ont relevé les informations en provenance du cerveau des animaux, qu’ils ont traitées par un logiciel spécifique. Ils ont ensuite comparé l’image résultant du traitement des données des cerveaux aux images initiales des visages : la correspondance était presque parfaite. (voir ci-dessous) :

    La reconnaissance des visages par le cerveau (2).


        On considère donc que les centres de reconnaissance des visages vont cataloguer environ 200 paramètres, ce qui ne mobilise qu’un nombre restreint de neurones. Chaque ensemble de paramètres, qui correspond à un visage est ensuite mémorisé.paramètres,
       
        Les chercheurs ont essayé d’analyser les zones du gyrus fusiforme qui codaient ces paramètres; ils ont remarqué que ces zones étaient organisées comme les visages observés, les paramètres concernant la bouche près de ceux concernant le nez, les yeux, le front et les cheveux au dessus, le menton en dessous etc.
        C’est en quelque sorte une « image mentale » du visage. Par analogie avec le rétinotope, qui est l’image mentale dans les centres d’interprétation de la vue, des signaux de la rétine, on appelle cette image mentale du visage représentée par ses paramètres, le « faciotope ».

        Sur l’homme on ne peut mener que des études à l’aide d'IRM, qui ne peut enregistrer que le fonctionnement d’un nombre important de neurones. C’est la raison pour laquelle des études ont été menées sur des animaux, notamment des singes.
        On s’est aperçu d’une part que les animaux avaient des images mentales des autres animaux qu’ils rencontraient dans la nature, en tant que proie, mais surtout en tant que danger pour eux mêmes. D’autre part les singes qui ont  une vie sociale importante, non seulement identifient tous les visages du groupe, mais savent distinguer sur ceux-ci la tristesse, la colère, la peur et donc certaines émotions.
        Chez l’homme cette faculté est encore plus importante, en raison du développement plus important du cerveau émotionnel et surtout du cortex préfrontal.

        Toutefois nos connaissances sur la reconnaissance des visages chez l’homme est encore à ses débuts. Si on a avancé dans la connaissance du code du faciotope, on est encore loin de connaître comment le cerveau l’interprète, comment d’une part il reconnait sur un visage, le sexe de la personne, son ethnie ou son âge, et d’autre part comment il décode les émotions transmises par les traits du visage, qui sont interprétées par les centres de l’hémisphère droit.

    La reconnaissance des visages par le cerveau (2).    Il ne semble pas que l'on sache comment ensuite des informations codées sont stockées dans notre cerveau : deux zones s'activent toutefois lors de la mémorisation et du rappel de visages : une zone correspondant à la mémoire déclarative, c'est à dire celle des connaissances que l'on peut rappeler lorsque nous en avons besoin, et une autre zone qui correspond à la mémorisation des rapports sociaux. 
        Il reste encore beaucoup de travail pour les chercheurs.


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