• La méthode Freinet

     

    La méthode Freinet

    La méthode Freinet      J'ai parlé hier de la méthode Montessori; il me parait normal de parler d'une autre méthode connue d'enseignement, la méthode Freinet, du nom d'un enseignant qui a créé une école à Vence.

              Sa méthode est moins développée que la méthode Montessori, mais elle a le mérite de ne pas demander des investissements aussi importants et donc de pouvoir s'adresser à des parents aux ressources plus modestes.
              Par contre, je n'ai lu que des articles faits par les professeurs qui emploient cette méthode et non par des chercheurs critiques indépendants.

             Comme la méthode Montessori, la méthode Freinet est basée sur la motivation des enfants d'âges différents, pour un travail qui les intéresse, et sur un travail individuel ou en groupe choisi par le ou les enfants, à l'intérieur d'un programme guidé par l'enseignant pour atteindre les objectifs d'enseigne-ment fixés par l'Education Nationale en français, sciences, maths .... L'enfant qui se passionne se discipline automatiquement et ne rechigne pas au travail.

             Mais les moyens pour les atteindre sont différents : 
                      - les sujets d'étude sont choses tous les matins en écoutant toutes les suggestions des enfants qui évoquent leur vie de tous les jours. Mais évidemment, c'est l'enseignant qui définit ensuite la façon de mener le travail pour que l'enseignement soit efficace.
                      - les travaux se font par atelier et sont des "travaux pratique", mettant en jeu la réflexion, le travail intellectuel, mais aussi le travail manuel pour que tous les sens coopèrent à la mémorisation. En outre les enfants ont la satisfaction de la "chose réalisée". 
             Il ne s'git pas de jeu, mais d'activités partant de situations réelles - cela peut être du bricolage, de la peinture, de la menuiserie, du jardinage, la comptabilité de l'école ... mais ce sont des cadres pratiques, issus de l'environnement quotidien des enfants, pour ensuite acquérir des notions demandées par les programmes scolaires.
                      - les travaux se font par "tâtonnement expérimental", pour respecter le rôle de nos centres d'apprentissage : il faut plusieurs essais après des échecs partiels pour arriver au but satisfaisant. chaque élève dispose d'un plan individuel de travail - même s'il est fait en équipe - avec des objectifs  et des tâches à accomplir. Des fiches permettent à l'élève de comparer ses réalisations à ses objectifs et l'enseignant l'aide au besoin à détecter et corriger ses erreurs. Eventuellement un camarade peut aussi en aider un autre.
              Les sécrétions dopaminergiques des neurones des centres d'apprentissage entraîne le plaisir de l'enfant suite à la réussite de son action.
                      - ces travaux souvent manuels sont le prétexte pour apprendre des notions par exemple de mathématiques, de sciences ou même de technologie. Mais la rédaction de journaux de classe, d'échanges avec d'autres ateliers ou d'autres écoles, de documents sur les réalisations faites sont l'occasion d'apprendre le français, l'orthographe, la rédaction, la description .... Certaines de ces documents sont envoyés aux parents, qui encouragent le travail de leurs enfants.
                      - le travail en groupe et les échanges sont l'occasion de s'entraîner à la communication et aux contacts sociaux.

             Je cirerai un exemple cité dans un article d'Olivier Houdé, , ancien instituteur Freinet et professeur de psychologie à l'université Paris : le "projet bouclier" effectué dans une classe d'élèves de 5 à 8 ans, dont l'un d'entre eux s'était passionné pour les boucliers des chevaliers et avait motivé toute la classe. Le professeur a alors organisé un atelier de fabrications de boucliers, pendant une partie du temps de deux semaines.
             La décoration a été l'occasion d'étudier des figures géométriques, de calculer des dimensions, des surfaces, de calculer le prix d'achat des fournitures (carton, colle...). Il y a un travail manuel, mais aussi une organisation : atelier de découpe, de collage, de dessin, de décoration... Puis les élèves ont rédigé un document sur l'emploi du bouclier par les chevalier. Ils ont mimé des combats et ont dû les raconter. Un petit document  été publié et envoyé aux parents.
             C'est évidemment à l'enseignant à harmoniser des actions pour qu'elles cadrent avec les programmes officiels de connaissances;

             Comme pour la méthode Montessori les résultats en sciences sont équivalents à ceux obtenus par les méthodes classiques, mais par contre les résultats en français et expression écrite et orale sont meilleurs. Par ailleurs les violences et les d'incivilités ont disparu et l'attention et la motivation des élèves est beaucoup plus grande.

             L'un des points que j'ai retenu est le rôle du "tuteur" assuré par l'enseignant, mai aussi par un camarade vis à vis d'un autre, et qui est aussi un facteur d'apprentissage pour l'élève qui aide l'autre (et cela je l'ai expérimenté moi-même quand, enfant, j'étais en classe, car à l'époque c'était une règle que suivaient les professeurs).
             Ce rôle introduit un sentiment de confiance entre élève et tuteur, très différent pour l'enseignent de celui qu'il peut inspirer dans un discours magistral pédagogique collectif depuis son bureau et le tableau noir ou blanc.
             Mais il est sans doute plus difficile pour lui, car il doit sans cesse inventer des sujets et des tâches nouvelles. il lui faut susciter le concours de l'enfant à la pêche demandée, lui préciser, la simplifier éventuellement, détecter ses erreurs, l'aider à se mettre sur la voie des solutions, lui éviter un sentiment d'échec, mais l'aider à se réorienter, à mesurer ce qui lui reste à faire pour atteindre l'objectif. Lui faire aussi percevoir l'organisation et l'enchaînement des tâches.
             C'est sûrement passionnant, mais cela demande beaucoup plus de travail et d'engage-ment de la part de l'enseignant.

             Enfin, alors que la méthode Montessori  est surtout utilisée en maternelles, CP et CE1, la méthode freiner est tout à fait utilisable dans tout le primaire et même en 6ème et 5ème et semble y donner les mêmes bons résultats.
            Je n'ai pas trouvé d'article sur son emploi dans les lycées techniques où elle devrait aussi donner de bons résultats. 

    La méthode Freinet

                
         

     

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