• L'intelligence des oiseaux : des perroquets mentalists

    L'intelligence des oiseaux : des perroquets mentalists

              Puisque, ayant retrouvé mon ancienne doc, je viens de vous faire deux articles sur le perroquet Alex, autant faire un article avec d'autres données récupérées dans le magazine "Pour la Science". 

              Les oiseaux sont beaucoup plus intelligents que l’on ne croit et on a tort de parler de « tête de linotte » ou de « bête comme une poule ».

              Les pics et les pies reconnaissent leur image dans un miroir, les corneilles confectionnent des outils, les cacatoès savent danser en rythme sur de la musique, et contrairement à ce que l’on croit, la poule est futée, communique avec ses semblables et prend des décisions en tenant compte de l’environnement et de l’expérience qu’elle a acquise, pour résoudre des problèmes.

              Malgré ce que disait La Fontaine, le corbeau est aussi rusé que le renard.
              Un corbeau fait le mort pour échapper à un prédateur, il met des pierres dans une bouteille pour élever le niveau d’eau et pouvoir boire, je les vois parfois casser des noix sur ma terrasse, avec des pierres.
              Un chercheur a appris à un corbeau à compter jusqu’à 7 pour chercher de la nourriture dans des bocaux dont les couvercles comportait 1 à 7 étoiles.
              Il sait aussi tirer sur une ficelle pour remonter un morceau de viande qui y est accrochée. Il peut réaliser plusieurs fois un exercice pour obtenir une récompense.
              Certains corbeaux examinent la situation face à un problème pratique et trouvent une solution. Ils savent aussi reconnaître des visages.
              Nous ignorons ce qui se passe dans la tête d’un corbeau, mais il semble utiliser une certaine logique.

              Des chercheurs ont étudié le langage des poules et ont trouvé une trentaine cris ayant des significations différentes, notamment indiquant un danger ou la découverte de nourriture à un endroit donné. Mais elles annoncent aussi cette découverte par une « parade alimentaire ».
              Les mâles notamment se servent de cette annonce de découverte de nourriture ou de l’avertissement de l’arrivée d’un prédateur, pour faire la conquête des femelles.
              On pourrait penser qu’un tel coq est courageux de prévenir ses femelles et poussins, car il pourrait attirer l’attention du prédateur en prévenant ainsi avec grand bruit.
    Mais on constate qu’il se met d’abord à l’abri dans un buisson avant de crier gare.
              Des expériences ont montré que les poules éprouvaient une certaine empathie vis à vis de leurs congénères, notamment devant une difficulté.
              Les poussins suivent partout leur mère, question de survie, mais on peut aussi l’élever à coté d’un ou plusieurs objets. Si on dessine sur des objets des dessins géométriques, le poussin se dirigera vers l’objet habituel. Si on masque une partie du dessin, il reconstitue mentalement la forme géométrique. Et si on élève le poussin avec trois objets, il se dirigera par la suite vers des groupes comportant trois objets. Il a donc appris à évaluer le nombre d’entités.

             Je me rappelle avoir été en admiration, sur You Tube, devant des mésanges que l’on mettait devant des manèges où il fallait faire tourner ou monter des leviers, ouvrir des portes, tout cela pour trouver de la nourriture, et elles faisaient l’apprentissage de ces manoeuvres avec une rapidité extraordinaire.

    Parlons maintenant de perroquets "mentalists" :
              Je vous ai déjà parlé de ce que les psychologues appellent "la théorie de l'esprit", qui est la faculté de nous représenter les états mentaux d'autrui : perceptions, émotions, sentiments, raisonnements... et de l'apparition de cette faculté chez le jeune enfant.                      Une des questions que l'on se pose : les animaux ont ils cette faculté : on pense que oui dans une certaine mesure pour certains d'entre eux : les grands singes, les éléphants, les chiens et certains oiseaux comme les corbeaux et les perroquets.
              J'ai lu un article qui m'a amusé, écrit par Danièle Bovet, maître de conférence au laboratoire d'éthologie de l'université Paris Ouest. (l'éthologie est l'étude du comportement des animaux).
              Elle étudie le comportement des perroquets et en particulier de Léo, qui adore détacher les touches des claviers d'ordinateur, sait très bien que c'est défendu et attend qu'elle ait le dos tourné pour le faire ! Lorsqu'on présente des objets identiques pour lesquels on a préalablement interdit aux perroquets de les toucher, à la fois devant un écran transparent ou devant un écran opaque qui les cache à la vue des observateurs humains, les perroquets vont systématiquement prendre les objets derrière l'écran opaque : ils s'imaginent donc ce que voient les observateurs.
              Un autre test consiste à ne pas donner de graines à un perroquet, placé derrière un grillage, (qui évidemment les voit et aurait envie de les manger), dans trois types de circonstances : dans la première l'expérimentateur ne fait pas attention au perroquet et l'ignore totalement; dans le second cas il veut donner des graines, mais n'arrive pas à les passer à travers le grillage. Dans le troisième ca il se moque du perroquet, le nargue et finit par manger les graines lui même.   
              Ces trois situations sont le plus identiques possible au plan spatial, mais diffèrent par les intentions et la mentalité simulée de l'expérimentateur et les perroquets n'ont pas les mêmes attitudes.
              Devant le chercheur distrait, ils attendent sagement qu'il s'intéresse à eux. Pour aider celui qui veut leur donner des graines, ils cherchent à écarter les mailles du grillage pour que les graines puissent passer. (ils n'ont quand même pas traité le chercheur de maladroit !). et lorsque l'on se moque d'eux, ils poussent des petits cris , frappent de leur bec et semblent frustrés. (ils sont bien élevés, ils n'ont pas traité le chercheur de salaud !). Ils ont donc en partie décelé les intentions de leur interlocuteur.
              Entre eux les perroquet ont aussi des réactions de jugement : les chercheurs essaient de les faire rapprocher à l'aide d'une ficelle un récipient contenant de la nourriture. Après leur avoir appris comment faire, on leur donne le choix entre un mécanisme où ils peuvent tirer seul le plateau et un autre où il faut coopérer à deux pour le faire, le plateau comportant alors quatre fois plus de nourriture (pour qu'il y ait un avantage à coopérer).
               Les perroquets qui se connaissent et s'apprécient choisissent souvent de coopérer. Par contre si celui qui faisait ce choix se trouve face à un perroquet agressif, qui lui déplaît, il choisira d'agir seul. Certains d'entre eux préfèrent toujours agir seul. D'autres coopèrent quelque soit le partenaire.
              Finalement, bien qu'entraînés de la même façon, les perroquets prennent des décisions d'une part en fonction de leur tempérament et d'autre part en fonction de celui supposé de leur
    partenaire. Au fond il y a des perroquets altruistes, méfiants et égoïstes !

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