• L'homme, le singe, l'ours et le perroquet.

    L'homme, le singe, l'ours et le perroquet.

       Il m’est arrivé plusieurs fois d’avoir un problème de choix de livre à la bibliothèque municipale ou à la FNAC.
        Je regardais sur un catalogue les livres qui venaient de sortir, les résumés et je choisissais un titre A qui me plaisait et que je voulais lire, mais après avoir longuement hésité entre le livre A et le livre B qui me paraissait presque aussi passionnant.
         Comble du malheur, alors que je m’étais enfin décidé pour le livre A, je ne le trouve pas en rayon et le responsable me dit qu'il n'en reste plus ! 
        Il se produit alors quelque chose d'étrange. En toute logique,je devrais choisir le livre B, si proche dans mon  ordre de préférence et que j’ai aperçu sur les étagères. 
        Mais voilà, je regarde les livres exposés, je découvre d'autres possibilités intéressantes, et pour une raison obscure, il n'est plus question du livre B. J’étais à deux doigts de le choisir quelques secondes plus tôt, et je renonce à ce choix !. 

        Ce phénomène est connu des psychologues qui l’appellent du nom barbare de “dissonance cognitive”. 
        Lorsque nous rejetons une option une première fois, il nous est difficile de la retenir ultérieurement. Si nous agissions ainsi, nous aurions une sensation d'incohérence, de conflit interne et qui pourrait se résumer en ces termes : “comment vouloir ce qu'on n'a pas voulu ? “ 

        Comme pour les autres facultés mentales humaines, les psychologues se posent la question de son origine. Y a t’il des espèces animales souffrant de dissonance cognitive ? 
        Pour le savoir, des psychologues de l'Université du Mississippi du Sud ont soumis de multiples animaux à ce paradoxe, mais évidemment il est difficile de leur proposer des livres, alors que de la nourriture, cela correspond mieux à leurs désirs.
        Macaques, babouins, chimpanzés, perroquets, même des ours ont dû d'abord choisir entre deux mets de saveurs comparables. On ôte ensuite le mets choisi et on lui repropose le mets dédaigné, en présentant en même temps un troisième moins goûteux. 

        L’animal qui choisirait le mets le moins goûteux au détriment de l'option écartée lors du premier choix serait sujet à la dissonance cognitive
        C'est ce qui a été observé sur les primates testés (chimpanzés, babouins, macaques), mais pas pour les ours ni les oiseaux. 
        Ours et perroquets se comportaient comme s'ils ne gardaient pas le souvenir de leurs choix précédents, et abordaient chaque situation comme un nouveau choix indépendant, d'après les valeurs gustatives absolues des mets. 
        Cette amnésie fait leur bonheur : pour eux, point de paradoxe, manger reste une activité heureuse et simple. 

        Alors je me demande, pour faire mon bonheur, la prochaine fois où je vais à la bibliothèque chercher des livres, dois je me comporter comme un vieux singe que je suis, ou comme un grand-père perroquet savant ? (ou comme un vieil ours, mais la bibliothécaire n’apprécierait pas !)

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 23 Avril à 13:56
    Une étude très intéressante qui me permet de comprendre certaines réactions spontanées.
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