• L'estime de soi, chez les jeunes aujourd'hui.

     

     

     

     

     

         Il m’arrive souvent de discuter avec des jeunes qui me confient leurs états d’âme, et je constate qu’une partie de leurs peines et soucis vient du fait qu’ils n’ont pas confiance en eux mêmes.

         Depuis longtemps les chercheurs en psychologie étudient ce phénomène, qui d’ailleurs touche aussi de plus vieilles personnes; ils essaient d’évaluer la capacité d'un jeune à s’auto-évaluer quant à ses propres valeurs ou de son «idéal de soi», notamment dans les études sur la délinquance, l'échec scolaire ou les addictions

        Il y a eu un profond changement dans la mentalité des jeunes.
   
         Dans ma jeunesse et même pour mes enfants, les références étaient les adultes : parents, professeurs, la famille. Les parents étaient moins pris par leur travail et s’occupaient plus de leurs enfants. Les professeurs étaient mieux formés et plus estimés et respectés, des parents comme des enfants.
        De plus les jeunes évaluaient leurs capacités personnelle par leur travail, dans le secondaire comme dans le supérieur.

        Aujourd’hui les jeunes ne fondent leur estime de soi, ni par comparaison aux adultes et au sein de la famille, ni sur leurs valeurs personnelles. Ce ne sont plus les parents ou les éducateurs qui servent de modèles, mais les copains !  Leur estime de soi repose sur leur capacité à partager valeurs dominantes d’un groupe, dans leurs environnement culturel, et la plupart des adolescents intègrent celles-ci, parfois même à leur insu.
        Certes certaines de ces valeurs sont d’ordre général et assez traditionnel, comme la liberté, aider les autres, améliorer son statut social, contrôler sa vie….
        Mais des considérations d’un tout autre niveau interviennent : le mimétisme vis à vis de ce que pensent et font les personnes du groupe, et la nécessité maladive de se comporter comme eux et de disposer des mêmes objets. Cela entraine des simili addictions aux réseaux sociaux, aux téléphones portables, à des accessoires de mode, et aussi malheureusement aux drogues comme l’alcool, le tabac et le cannabis.
        La plupart des jeunes n’ont plus d’estime d’eux même s’ils ne peuvent se comporter comme les copains du groupe et leur ressembler, physiquement et en actions.
        Et comme ces modèles n'ont encore aucune expérience de la vie,  les valeurs qui en résultent sont évidemment peu valorisantes et ne préparent pas à la vie en société.


        Le problème est que ces désirs à la base de leur estime d’eux mêmes, ne sont pas des vraies valeurs et que la plupart de ces comportement sont plutôt négatifs et leur apporte donc une image très peu encourageante.
        Certaines valeurs qui autrefois, apportaient une certaine satisfaction comme la réussite scolaire par exemple, ne sont plus appréciées et beaucoup n’ont pas le courage de rechercher des résultats sportifs.
        A cela s’ajoute un climat inquiétant, entre le chômage, les guerres, le terrorisme, le changement climatique, qui rend l’avenir incertain et inquiétant.
        Les modèles rassurants de la famille et de l’instruction ont en partie disparus, la prépondérance de la société de consommation et de l’argent apportent plus de stress que de satisfactions.
        On aurait pu croire que la libération des mœurs depuis 1968 aurait apporté un calme sentimental, mais il a en fait amené un amour changeant et éphémère et les divorces ont enlevé le caractère sécurisant de la famille.

        Une de mes correspondantes m’a un jour dit cette phrase horrible : «J'ai 20 ans et je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. Tout part en quenouille : l'amour, les idées, la famille, l'entrée dans le monde des adultes, le travail et l’environnement.»
        On compte parmi les jeunes plus de 10% en détresse psychologique avec un risque de dépression, situation souvent aggravée par l’alcool , le tabac et le cannabis, qui sont pris comme un médicament contre l’anxiété.

        Cet article est très pessimiste, mais je voudrais terminer par quelque chose de positif. Je connais un certain nombre de jeunes qui ont une bonne estime d’eux mêmes et qui arrivent à avancer en étant relativement heureux, même s’ils ont des difficultés, notamment au plan travail et finances.
        Je constate que leurs parents se sont occupés beaucoup d’eux, leur ont apporté des règles et des valeurs.
        Je constate aussi qu’ils ont gardé le goût du travail et de l’effort et ont réussi dans leurs études, même en provenance de familles modestes. Ils n’ont pratiquement pas usé des drogues, car ils en connaissent les dangers.
        Certes ils sont intégrés à des groupes, comme tous les jeunes, mais ils n’en sont pas esclaves, et ont su garder leur individualité et leur indépendance.
        L’estime de soi est une lente construction et elle est donc fragile chez les jeunes et une faible perception de soi chez un jeune peut nuire grandement à son développement et à sa vie future.
        Je continue de penser comme mes parents, que si l’on traite les personnes comme ce qu’elles devraient être, on les aide ainsi à devenir ce qu’ils peuvent être.
        Le rôle des parents et des enseignants est primordial, non seulement dans l’éducation, mais aussi dans l’orientation des fréquentations de leurs enfants, vu l’importance attachée actuellement au groupe.
        Et il faudrait aussi convaincre les jeunes que l'on ne nait pas intelligents et que c'est le travail scolaire qui développe nos capacités intellectuelles et conditionne notre vie future.

     

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