• L'action du cannabis et de son principe actif, le THC, sur le cerveau.

         Que fait le cannabis sur votre cerveau.?    
         C'est son principe actif, le “tétrahydrocarbinol” (ou THC), qui agit sur la transmission de l'influx nerveux de certains neurones (les cellules nerveuses), particuliers : ceux qui sont sensibles à des produits voisins du THC, et que les neurones du cerveau synthétisent naturellement : “les endocannabinoïdes” qui sont des “neuromédiateurs” particuliers.
        
         Sur la figure ci dessous
    les régions particulières du cerveau sur lesquelles le THC agit, sont indiquées et nous allons les passer en revue.
         Le THC agit particulièrement sur ces centres nerveux car ils contiennent beaucoup de neurones utilisant “les endocannabinoïdes” comme “neuromédiateurs” (voir mon article d'hier)

         Le cervelet est “l'annexe” du cerveau qui contrôle tous nos automatismes appris : l'équilibre, la marche, faire de la bicyclette, de la planche à voile, ou conduire une automobile, jouer du piano ou taper sur le clavier de l'ordinateur... C'est donc un organe qui coordonne nos mouvements qui, après apprentissage, sont passés au stade de l'automatisme.
         Le cannabis ralentit le fonctionnement du cervelet et diminue donc toutes nos facultés d'automatisme (nos "réflexes"), et notamment celles de conduite d'engins (voiture, moto, cycle) ou de machines (notamment des machines industrielles qui peuvent être dangereuses). Ce ralentissement peut engendrer des accidents.

         Les noyaux centraux (on les appele aussi “ganglions de base” dans les documents anglo-saxons), sont un ensemble de centres nerveux qui notamment contrôlent la coordination de nos mouvements et le déclenchement et l'arrêt des actions, sous l'impulsion de notre cortex qui réfléchit, organise et commande.
         Le cannabis perturbe donc la cordination de nos mouvements et actions et comme il en perturbe l'initiation et l'arrêt, il conduit à une certaine apathie, un manque d'initiative et de motivation. cette action contribue donc aussi au ralentissement des réflexes, par exemple freiner une voiture face à un obstacle.

         L'hippocampe est un organe essentiel pour la mémoire. L'hippocampe est en quelque sorte le professeur de la mémoire, car c'est lui qui trie les informations, les fait mémoriser de façon immédiate et provisoire, avant qu'on autre processus pérennise certaines de ces information par un phénomène de consolidation de la connexion des neurones qui ont enregistré les éléments de cette information. Il connait "l'adresse" des neurones ayant contribué à un souvenir et permet donc son rappel.
       La maladie d'Azeimer des personnes âgées est due essentiellement à une dégénérescence des neurones de l'hippocampe.
         Le cannabis perturbe le fonctionnement de l'hippocampe et donc celui de l'alimentation de la mémoire immédiate.
         Ce phénomène est accentué par la perturbation “des mémoires tampons” du précortex frontal.
         Ces centres nerveux stockent des informations, qui transitent venant des centres de perceptions ou les centres d'analyse de celles-ci, certaines provenant aussi du cerveau émotionnel, avant de les acheminer vers les centres du cortex qui pensent ,réfléchissent, coordonnent et ordonnent les actions.
     Certaines de ces mémoires de stockage sont plus spécialisées dans les informations ayant les idées et le langage comme support, et d'autres traitent les images, les schémas, les scènes globales.
         Elles ne peuvent stocker en général qu'un faible nombre d'informations , dont elles mémorisent aussi les “adresses” des connexions à mettre en oeuvre pour retrouver une partie des informations stockées à moyen terme dans divers endroits du cerveau, le temps nécessaire pour l'exploitation future d'une action donnée (par exemple se rappeler où j'ai garé ma voiture dans le parking du supermarché, jusqu'à ce que j'ai fini mes courses !).
         Le cannabis diminue donc notre capacité de traiter des problèmes, car il perturbe la remontée et la méorisation des informations nécessaires.

         Certains neurones du cortex préfrontal sont également sensibles au THC et nos facultés de prévision de l'avenir, de prévoyance des conséquences de nos actes, et donc des risques et du danger, sont perturbées.

         Le complexe amygdalien est également perturbé. Je vous ai souvent parlé de ces centres qui contrôlent nos peurs, nos colères, nos émotions violentes, et les actions de défense contre les dangers.
         D'une part le cannabis réduit sur le moment notre anxiété et nos peurs, mais il nous rend aussi en partie inconscient du danger.
         A terme, lorsque son action diminue, nous avons au contraire l'impression, lorsque ce complexe amigdalien retrouve son fonctionnement normal, que notre anxiété augmente de façon importante.

         Enfin le cannabis agit aussi sur l'hypothalamus et sur le tronc cérébral, qui régulent tous mos mécanismes automatiques de vie : respiration, rythme cardiaque et tension artérielle, température, système hormonal par l'intermédiaire d'une glande voisine de l'hypothalamus et sous son contrôle : l'hypophyse....
         Ils contrôlent la faim, la soif, des réflexes tels que les vomissements, notre comportement sexuel, et les mécanismes de perception de la douleur....
         Dans certains cas le cannabis peut donc intervenir sur ces actions fondamentales de régulation de l'organisme (on les appelle l'homéostasie).

         Le cerveau est un organe extrèmement complexe qui est protégé contre les produits chimiques par “la barrière hémato-encéphalique”, formée de cellules qui empêchent le passage de certaines substances du sang vers les neurones et autres tissus cérébraux. Mais les substances qui peuvent être dissoutes par les graisses, peuvent passer cette barrière et c'est le cas du THC.
         C'est la raison pour laquelle le cannabis agit sur tous les centres du cerveau qui utilisent partiellement des neurones sensibles aux endocannabinoïdes, neurotransmetteurs produits par le cerveau, qui régulent le  fonctionnement de ces neurones
     . Le THC, se substituant à ces neurotransmetteurs, perturbe donc le fonctionnement normal du cerveau.

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