• L'accident train-car de Millas.

    L'accident train car de Millas.

           Comme tous ceux qui regardent la télévision, la collision entre un train TER et un autocar de transport scolaire m'a rempli de tristesse, en pensant à la peine des parents dont les enfant sont morts ou blessés. J'ai eu moi même des enfants et je sais ce qu'un tel malheur m'aurait fait.

          Mais je suis un peu étonné des réactions du transporteur et de la SNCF et surtout de la légèreté avec laquelle le procureur communique, sans penser, ni à la peine des parents, ni à la détresse de la conductrice du car.
         Je ne sais pas ce qui s'est passé réellement, mais si on s'en tient à ce qu'a dit le procureur à la télé, c'est une honte de l'accuser aux yeux de la France entière avec des arguments aussi peu logiques.

       Voyons d'abord comment fonctionne un passage à niveau avec barrières.

    L'accident train car de Millas.



          Une pédale au sol détecte le passage du train qui arrive sur le passage à niveau à une distance assez grande fonction de la vitesse maximale règlementée du train à cet endroit, et ferme un contact qui transmets immédiatement un courant électrique sur une borne lumineuse clignotante et sonore. Ce signal indique aux automobilistes que les barrières vont se fermer. Elles commencent à se fermer 7 secondes après et cette fermeture dure de 6 à 10 secondes. Donc 17 secondes après le passage du train sur la pédale, le passage à niveau doit être fermé. Le train ne passera sur le passage à niveau que 8 à 27 secondes plus tard, selon la configuration des lieux et la vitesse théorique du train, pour laisser le temps à un automobiliste qui se serait engagé sur le passage de sortit, en cassant éventuellement la seconde barrière si celles ci obturent entièrement la route.
         En général la fermeture des barrières déclenche un feu vert à l'intérieur de la cabine du conducteur du train, qui doit immédiatement freiner d'urgence si ce signal ne se déclenche pas. Il a par ailleurs alors obligation de faire "siffler" sa machine.
        
    Lorsque le dernier wagon passe sur une autre pédale 2 à 8 secondes après son passage devant les barrières, ces dernières sont à nouveau alimentées en courant électrique et se relèvent .

         L'alimentation de l'ensemble de détection se fait soit par le courant électrique EDF, soit par des batteries, et les moteurs des barrières sont en général reliées au courant EDF (par des conducteurs propres à la SNCF).

        Cela m'a choqué de voir que l'entreprise de cars et la SNCF commençaient à ergoter sur leurs responsabilités réciproque devant les journalistes, dès le jour même de l'accident. C'est à mon sens un manque de respect vis à vis de la peine des familles. Et de toutes façons il allait y avoir une enquête.
        Mais surtout, je trouve le procureur particulièrement léger, quand il annonce qu'il met la conductrice en examen uniquement parce que selon lui, la barrière était fermée avant le passage du train. Il n'en dit pas assez, et si ce sont ses seules raisons, c'est une enquête bâclée !

       On ne parle que de la barrière mais pas du signal sonore et lumineux,, qui est aussi important sur le plan des responsabilités. Quant à la barrière le procureur a seulement indiqué que le socle de la barrière était en position de fermeture après l'accident.
       Que la justice ne croie pas à priori la conductrice du car et le conducteur SNCF, c'est normal : ils sont partie prenante des responsabilités et il est important de ne pas les accuser à tort; ils sont déjà assez choqués comme cela et doivent se sentir en partie responsables.
       Il y a des témoignages contradictoires d'autres personnes, les uns ayant vu la barrière ouverte, d'autres fermée :  c'est normal, a t'on fait bien attention aux détails et surtout quand par rapport à l'instant de l'accident.
       Plus troublante cette photo prise par un jeune avec son téléphone portable, qui montre la barrière ouverte. Est elle réelle ert quand a t'elle été prise? Mais le procureur n'en souffle mot !
       Et on ne dit rien non plus des témoins qui affirment que le signal sonore et lumineux ne fonctionnait pas
       Pas un mot non plus sur des vérifications des pédales de commandeet de l'alimentation électrique..

       Je pense que le procureur ne devrait pas accuser tant qu'il ne sait pas exactement ce qui s'est passé.
       La conductrice suivait un autre car. Si la barrière ne s'est pas fermée, elle n'est responsable de rien; c'est la faute des mécanisme.
       Si la barrière s'est fermée, quand ?
       Si elle s'est fermée avant que le car ne passe, celui-ci a dû défoncer la barrière. C'est étonnant car la vitesse n'est pas en cause vu le tournant à angle droit avant le passage à niveau; le procureur a d'ailleurs parlé de 12 km/h. Je ne vois guère un conducteur de car scolaire, arrivant à si faible vitesse, prendre le risque de défoncer délibérément une barrière de passage à niveau fermé. Et casser une barrière doit laisser des traces sur elle-même et sur le car et les morceaux sont projetés vers l'avant.
       Si la barrière s'est fermée au moment du passage du car, d'une part la conductrice aurait du voir le sigal sonore et lumineux et d'autre part le train n'aurait pas dû être là encore, avant une vingtaine de secondes. Et comme il n'y avait pas de deuxième barrière, le car aurait eu le temps de sortir des voies.
       Si la conductrice est passée à gauche de la barrière (ce sont des barrières n'obturant que la moitié de la route), d'une part c'est totalement invraisemblable de prendre un tel risque et d'autre part, elle aurait dû retourner à droite et donc se trouver presque dans le sens du train. Le car n'aurait pas été coupé en deux, mais traîné sur les voies. 

       Bref en l'absence d'explication sur le déroulement de l'accident, la thèse qui paraît la plus vraisemblable est celle de la barrière ouverte.
       Alors où le procureur a d'autres explications complètes et certaines, mais il aurait dû les donner,  ou il aurait mieux fait de se taire.
       S'il n'a pas plus de faits que ce qu'il dit, il est honteux d'accabler la conductrice qui doit déjà se sentir responsable de ces malheurs.
       Je pense qu'il serait bon que les magistrats suivent des cours de communication avec les journalistes et reporters.
       Mais aucun de ces derniers n'a élevé la voix pour faire les remarques de simple bon sens que je viens de faire. Ils ne font pas bien leur métier, n'attachant de l'importance qu'au sensationnel ou au voyeurisme et non à la recherche de la vérité.
       Je pense que tous auraient dû laisser les famille tranquilles avec leur immense peine et ne parler responsabilité que lorsqu'on serait sûrs de ce qu'on avance, dans un e dizaine de jours.

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