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    Nos téléphones portables sont des passoires d'informations.

             Un de mes lecteurs, étonné de mon dernier article sur les indiscrétions du net, m’a demandé ce qu’il en était pour les téléphones portables.
             Je ne suis pas sûr que vous ayez conscience de l’utilisation qui est faite de votre propre téléphone portable, ou de votre tablette, à des fins d’enquête.
             Certes nous ne sommes, ni vous, ni moi, aussi important que monsieur Macron ou madame Merkel, pour avoir droit à l’espionnage de la NSA. Mais cela n’empêche pas pour autant, que l’on espionne à des fins commerciales ce que vous faites.

             D’abord, il faut savoir que s’il est assez difficile pour un non-spécialiste, de rentrer dans un ordinateur qui a des protections diverses, par contre les téléphones portables, les tablettes et leurs systèmes d’exploitation IOS ou Androïd, en sont démunis et un technicien connaissant les techniques « réseau » peut facilement y accéder, surtout depuis que nos téléphones sont reliés à internet.
             Sur ordinateur on peut empêcher la machine de donner sa position géographique, et on peut la déconnecter du réseau en coupant la wi-fi.
             Sur votre téléphone portable, c’est impossible car par principe vous êtes rattaché à une borne locale, et votre opérateur peut avoir votre position par triangulation à partir des trois bornes les plus proches de votre appel.
             Il est donc très facile de suivre vos déplacements, et aux Etats Unis (et probablement en France ?) les opérateurs vendent des données, théoriquement anonymes, sur les utilisations internet des portables, et leur localisations successives, soit à des laboratoires de recherches, notamment sociologiques, soit à des sociétés industrielles ou de marketing.

              Ceux qui utilisent les réseaux sociaux ou un agenda, sur leur téléphone portable, y laissent forcément des informations sur leurs rendez vous ou sur divers événements.
             Un laboratoire de recherche a montré que dans une base de données de 1,5 millions d’abonnés, il suffit de 4 données (lieu et information correspondante), judicieusement choisies, pour connaître l’identité de la personne qui a émis ces informations. Donc l’anonymat est un leurre. De nombreuses personnes peuvent trouver tout de suite, avec un logiciel performant, qui et où est Charlie. (je suppose que vous êtes amusé(e)s à ce jeu sur les pages des livres de Charlie).
             Impossible de se cacher dans la foule, et les données qui sont sur notre téléphone portable (réseaux sociaux, consultation, échanges, avis divers, transactions, loisirs, déplacements…), permettent d’en savoir long sur nous.
             Et maintenant, même les jeunes enfants ont un téléphone portable, et ils sont encore moins méfiants que nous vis à vis de cette collecte de données. Espionner les enfants renseigne sur les parents !

             Une équipe du MIT ( l’Institut de technologie du Massachusetts, est un institut de recherche et une université américaine, située à Cambridge, spécialisée dans les domaines de la science et de la technologie), a demandé à des étudiants de remplir un test de personnalité, puis elle a regardé leurs données de téléphone mobile pour y trouver des corrélations afin d’identifier; dans les données qui s’y trouvent, notamment sur leurs recherches de renseignements et leurs déplacement, voire leurs achats, des indicateurs permettant de déduire les 5 types de personnalité de la théorie du Big five.
             Ils ont mis au point un modèle, relativement fiable, utilisant 36 indicateurs.
             Yves-Alexandre de Montjoye du MIT indique que son modèle est fiable et permet de définir avec une bonne probabilité la personnalité du possesseur du téléphone, si toutefois les données qu’on y trouve ne sont pas biaisées volontairement, et à condition que la personne se serve suffisamment de son matériel.
             Donc, à partir des données de l’usage de votre téléphone mobile, (une succession de chiffres dans une énorme base de données), on peut en déduire en partie votre personnalité et vendre éventuellement cette information..
             Une autre menace commence à apparaître car les téléviseurs récents peuvent accéder à internet et permettre, à partir d’un clavier, le même usage qu’une tablette. La collecte des données pourra être encore plus facile.

             Des qu’un nouveau produit ou un nouveau service dans le domaine de la communication, trouve un large public, les grandes entreprises se battent pour l’acquérir et approvisionner leurs bases de données.
             C’est ainsi que Facebook a acheté WhatsApp, ce réseau qui permet de communiquer à moindre frais sur internet avec famille, amis, et autres interlocuteurs. Rapprocher ce que les personnes racontent sur Facebook et sur WhatsApp donne encore plus d’indications sur les personnalités et les besoins commerciaux des utilisateurs.
             Un appareil vendu par Amazon, Alexa, est un « robot de communication », muni d’intelligence artificielle et de nombreux micros disséminés dans la maison, et il répond à toutes les questions que vous lui posez oralement : il peut donner toutes sortes d'informations pratiques, comme les prévisions météo, l’état du trafic, les titres de l’actualité, ou des informations encyclopédiques. Il peut également communiquer avec des services extérieurs, notamment Amazon, pour commander en ligne produits et services. Enfin, Alexa peut s'utiliser comme une véritable télécommande vocale pour la maison connectée, car il permet d'interagir à la voix avec de très nombreux objets connectés.
             Mais Alexa étant en permanence relié par ses hauts-parleurs-micros au serveur d’Amazon il peut en fait enregistrer toutes les conversations dans la maison.
             Un procès de deux plaignantes américaines a révélé que leurs sextoys envoyaient des renseignements sur leur utilisation via une électronique intégrée et le smartphone de l’utilisatrice !!!

              Finalement, il m’arrive souvent de parler de « données personnelles », mais aujourd’hui, toutes nos données sont devenues, hélas, personnelles. Elles servent surtout à des études psychologiques statistiques, mais jusqu’à quand durera notre anonymat ?
             
    Qui pourra et voudra s’en servir (la société où vous avez envoyé une demande d’embauche par exemple ?).

              L’Europe commence à s’émouvoir du problème, et devrait publier fin mai 2018 un « règlement européen sur la protection des données » (RGPD), qui devrait renforcer la protection des usagers en leur donnant la possibilité (théorique ??) d’accès aux données collectées sur eux, et la possibilité de se plaindre en justice via des associations.

     

     

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                Internet est un outil formidable pour faire de la documentation ou pour échanger des idées, que ce soit sur le messagerie ou sur un blog.
                Mais c’est aussi la pire des choses en tant qu’intrusion dans votre vie privée.

                Nous sommes tellement habitués à internet que nous ne nous étonnons plus de pouvoir accéder gratuitement à la plupart des sites et des bases de données.
                Certes certains sites scientifiques, artistiques ou littéraires se contentent de publier leurs travaux, pour les faire connaître et c’est en cela qu’internet est un outil extraordinaire : vous avez à disposition toutes les bibliothèques du monde. Malheureusement il n’y en a pas une liste et vous n’avez pas leur adresse et quand vous la connaissez, ce n’est pas toujours facile de trouver ce que vous cherchez si vous n’en avez pas la dénomination exacte.
                Et nous ne méfions pas quand nous cherchons des renseignements commerciaux. Et pourtant, quand c’est gratuit c’est que c’est vous qui êtes le produit !!!

                Déjà je suppose qu’il vous est arrivé, comme à moi, quelques petites mésaventures ou des interventions agaçantes.
                Bien entendu, je sais qu’on peut accéder indûment à mon ordinateur, par piratage, via le web, et je ne mets donc aucun login ou code confidentiel sur cette machine, par exemple permettant des accès à des comptes financiers.
              Mais, pour permettre d’accéder de mon Mac de Bretagne et de mon iPad aux adresses et aux dates de rendez vous, qui sont stockées sur mon Mac de la région parisienne ou à des photos personnelles, j’avais mis ces renseignements sur le iCloud qu’Apple met à ma disposition.
                Quelle n’a pas été ma surprise de voir que mon carnet d’adresse avait été piraté et servait pour contacter des personnes que je connaissais, ainsi que de retrouver certaines de mes photos sur internet.


                Par ailleurs, vous recevez sûrement comme moi, de nombreux mails de publicité, ainsi que des coups de téléphones d’offres de service ou d’enquêtes. J’ai programmé mon mac pour qu’il les mette dans un dossier indésirable, et il le fait bien.
                J’ai eu une conversation sur Skipe avec un « mage » qui voulait absolument prédire mon avenir, et je lui ai dit qu’il n’était pas un bon mage car il aurait dû prévoir que j’allais refuser et ainsi s’épargner une démarche inutile. cela l’a vexé.
                J’ai même complètement désarçonné un courtier qui m’appelait sur mon téléphone portable pour me vendre un abonnement mirifique pour cet appareil et à qui j’ai dit que je n’avais pas de téléphone portable. Il a mis 15 secondes pour comprendre et m’a raccroché au nez
                 Ces démarches commerciales, ce n’est pas très grave, mais c’est agaçant.

                Plus gênant est le suivi que font des entreprise comme Google des consultations que vous faites, et qui ensuite vous donne des tas de conseils pour vous « aider ».
                Déjà quand vous remplissez une question à partir de votre clavier, il se plaît à la compléter votre phrase dès le premier mot, et dans 99% des cas, c’est faux et il faut effacer et recommencer. J’ai mis quelques temps avant de pouvoir supprimer cela sur mon mac. Je n’ai pas encore réussi sur mon ipad.

                Mais plus énervant, il passe son temps, dès que vous consultez pendant quelque jours sur un sujet donné, de vous envoyer de la pub sur le même sujet, voire de passer les informations à des entreprises qui vous démarchent.
                Il vous donne aussi une statistique de vos consultations de site, ce dont je me fiche éperdument
                Alors maintenant je règle jalousement la confidentialité de Google en refusant tous ses services d’aide et je limite à quelques sites la possibilité de cookies, et avant chaque fermeture de mon navigateur, l’historique et les cookies sont automatiquement effacés.
                Je reçois des remarques désagréables de Google et de certains sites, mais au moins j’ai bien moins d’incursions sur mon mac.
                Bien sûr j’ai aussi installé Adblock pour limiter les pubs en ligne.
                Cela m’agaçait aussi que, dès que je partais en vacances, on m’abreuvait de toutes les pubs du coin où j’allais; Alors j’ai bloqué la localisation sur mon ordinateur et surtout sur mon iPad qui me suit dans mes déplacements.

                Et je me suis aperçu récemment que les nouveaux systèmes d'Apple sur les macs, étaient très indiscrets. Un logiciel d'aide lorsque vous recherchez un renseignement en interne, Spotlight, fait que toutes les recherches conduites, sur le Mac et sur Safari, sont connues, car, pour pouvoir fonctionner correctement, Spotlight envoie des requêtes à Apple et même à des applications tierces, comme celles de Microsoft, pour optimiser le résultat, via le moteur de recherche sur internet, et ceci sans que vous le sachiez.
                J'ai bien sûr débranché le fonctionnement de Spotlight. Je serai moins aidé mais moins espionné par Apple !! 
                
    Mais je ne me fais pas d’illusion, ces précautions ne suppriment pas tout espionnage.

                 Je sais bien que si je vais sur un site, celui-ci garde trace de mon adresse IP et de tout ce que j’ai consulté, chaque fois que j’y retourne. Et je reçois ensuite des offres basées sur ces données - ou sur ce que j’étais supposé chercher; j’aurais préféré qu’ils me le demandent !).
                Et je sais que tout ce que je peux poster sur Facebook est accessible à presque tous, et que les entreprises ne se privent pas pour consulter les élucubrations que nous postons sur les réseaux sociaux de toutes sortes, même si théoriquement, elles n’ont pas le droit de s’en servir.
                Je connais plusieurs personnes qui ont failli se faire mettre à la porte, ou dont on n’a pas renouvelé le contrat, en raison de ce qu’elles avaient publié sur les réseaux sociaux.
                Personnellement j’y vais le moins possible et je fais très attention à ce que j’y écris.
                De nombreuses personnes ont alors pris un pseudonyme, mais il ne faut pas se faire d’illusion, on peut remonter à vous par l’adresse IP de votre ordinateur,  dont vous n’êtes pas maître.

                 Et si vous stockez sur votre machine des données personnelles sensibles, sachez qu’il y aura toujours un petit malin pour les y trouver, pendant que connecté à Internet, vous irez voir divers sites ou discuter sur les réseaux sociaux.
                Seul moyen de protéger vos données que vous ne souhaitez pas voir consultées, les mettre sur un disque dur externe de sauvegarde, avec un mot de passe, et ne jamais accéder à internet à partir de ce disque et ne pas le connecter quand vous êtes relié à internet.
                Attention même si vous ne consultez pas votre ordibnateur est en général lié à internet pour prendre vos messages et les alertes. Il faut vraiment couper la wi-fi quand vous accédez à votre disque de sauvegarde.(ou quand vous faites cette sauvegarde). 

                Mon mac me propose aussi un système de codage qui change le code ASCII des caractères typographique des documents que je veux protéger, après que je les aie écrits, et pour les lire je dois entrer un mot de passe qui rétablit le codage habituel. Je l’utilise pour quelques documents, car cela retarde un éventuel hacker, mais je ne me fais aucune illusion, les informaticiens d’Apple savent comment contourner l’obstacle.
                 Alors, je suis presque à « zéro papiers », mais j’ai encore quelques dossiers « papier » et même certains écrits à la main, pour les données que je considère comme très confidentielles (par exemple mes mots de passe importants, ou des coordonnées bancaires ou d’assurance).

     

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    L'ordinateur et internet modifient ils notre cerveau ?

               La presse avait beaucoup parlé d’un article écrit par un éditorialiste américain, Nicolas Carr, dont le titre était « Est ce que Google nous rend idiots ? ».
               Il a depuis écrit un livre “The Shallows” (qu'on pourrait traduire par "le bas-fond »), qui est sous-titré « ce que l'Internet fait à nos cerveaux ».
              D’après lui, Internet, les ordinateurs, Google, Twitter et le travail multitâche, transforment notre activité intellectuelle au détriment de notre capacité à lire des choses longues, à mémoriser et à réfléchir, et le web avec son hypertexte coloré et la multitude d'informations morcelées, nous rend stupide. Voici ce qu’il dit :    

       “Il n'y a rien de mal à absorber rapidement et par bribes des informations. Nous avons toujours écrémé les journaux plus que nous ne les avons lus, et nous gérons régulièrement les livres et les magazines avec nos yeux pour en comprendre l'essentiel et décider de ce qui nécessite une lecture plus approfondie. 
      La capacité d'analyse et de navigation est aussi importante que la capacité de lire et de penser profondément attentivement. 
      Ce qui était un moyen d'identifier l'information pour une étude plus approfondie, est devenu une fin en soi et notre méthode préférée à la fois pour apprendre et analyser. 
      Éblouis par les trésors du Net, nous sommes aveugles aux dégâts que faisons peser sur notre vie intellectuelle et notre culture.”

               Soucieux de propositions concrètes, Nicholas Carr va même jusqu'à proposer de repousser les liens hyper-textes en fin d'article, pour faciliter la lecture et la concentration et éviter toute distraction due au zapping.

               Les psycho-neurologues se sont penchés aussi sur la question.
               Il ne fait aucun doute que l'Internet change notre cerveau, mais “Tout change notre cerveau”, le problème est de savoir ce qui est positif et négatif.
               Il est certain que le web a des effets pervers sur le cerveau en diminuant notre capacité de concentration et de réflexion et notre travail de mémorisation, puisqu’on peut y retrouver presque tous les renseignements. L’ordinateur et le téléphone, de leur côté, avec la possibilité de stocker et gérer des centaines de milliers de données, nous dispensent de chercher à les mémoriser et notre mémoire, peu entrainée, devient déficiente.
               Ce n’est pas totalement négatif : on ne se souvient pas des informations, mais en général, on se souvient du nom du dossier où on l’a mise : économe de ses efforts, notre cerveau ne stocke pas l'information, il se contente de mémoriser la manière de la retrouver. On peut en retrouver davantage.

               Autre question beaucoup discutée: le web augmente-t-il notre aptitude à être «multitâches», comme le sont les ordinateurs capables d'effectuer différentes opérations de façon simultanée? La réponse est négative si l'on en croit les études américaines. Dans le multitâche, quelque soit notre entrainement, le cerveau a du mal à faire deux tâches à la fois, mais y arrive en faisant coopérer les deux hémisphères, mais pour mener trois tâches à la fois, son efficacité s’effondre totalement et les erreurs apparaissent nombreuses.
              Par ailleurs, ceux qui ont l'habitude de sauter d'une page à l'autre sur le web sont plus facilement distraits par des notions sans importance.
              Autre constat, la pratique de la lecture est bouleversée par internet. Les travaux en neurosciences montrent en effet, grâce à l'IRM, que la lecture d'une page imprimée sur du papier n'active pas les mêmes zones du cerveau qu'une page web. Dans le premier cas, elle fait appel aux aires du langage, de la mémoire et du traitement visuel. Dans l'autre, ce sont les régions liées à la prise de décision et à la résolution de problèmes qui travaillent.

              Le web a cependant un avantage certain : on y trouve énormément de choses : des choses fausses, des choses sans intérêt, mais aussi bien des données littéraires ou scientifiques.
              Autrefois on ne trouvait qu’une partie seulement en allant dans des bibliothèques : aujourd’hui le contenu de presque toutes les bibliothèques est à notre portée, chez soi. Mais si tous ces savoirs sont disponibles sur le web, reste à vouloir se les approprier, et à apprendre à s'en servir à cette fin.

              Personnellement je vais assez souvent sur internet et je consulte pas mal Google et Wikipédia et sur les sites scientifiques, je me sers souvent des liens.
              Je devrais donc ne plus pouvoir faire attention de façon soutenue.
              Il n’en n’est rien, je peux encore lire des compte rendus scientifiques ou techniques de quelques dizaines de pages et il m’arrive de lire des mémoires de M2 ou des thèses, scientifiques, voire littéraires ou philosophiques qui ont 50 à 100 pages, et que j’ai sûrement plus de mal à lire et comprendre que les articles scientifiques. Mais je les lis facilement s’ils m’intéressent.
              Mais effectivement mes études et par la suite mon métier, m’ont habitué à lire aussi bien de longs rapports que des informations courtes, mais sur lesquels il faut réfléchir ensuite.
              Je me sers intensément de l’ordinateur depuis 1980 et d’internet depuis 1992 et je n’ai pas l’impression que cela m’ait trop dégradé l’esprit. LOL

              Par contre je constate que mes petits-enfants, leurs camarades ou les jeunes que je côtoie ont du mal à se concentrer longtemps sur un sujet, voire même à faire attention à un problème scolaire.
              Cela dit, la plupart d’entre eux ne font pas du zapping d’un lien à l’autre et ne consultent pas intensément Google. Donc la cause n’est pas celle invoquée par  Nicholas Carr.

              Je pense cependant que les moyens multimédias ne sont pas étrangers à ce problème.
              A mon avis les jeunes ont actuellement trop d’occupations possibles et donc se dispersent entre elles. Ils perdent beaucoup de temps dans des conversations pas forcément très utiles sur les réseaux sociaux ou par des centaines de SMS, et si l’on collecte l’information ainsi échangée, il n’y a pas grand chose d’essentiel
              Internet leur prend du temps, mais le téléphone et la télévision aussi.
              Ils écoutent souvent de la musique, mais qui n’est pas compatible avec un travail intellectuel.
              L’ordinateur, les appareils photos numériques ou les caméras sont beaucoup plus abordables (quand j’étais jeune cela n’existait même pas) et les ordinateurs donnent des possibilités d’utilisation multiples.
              Alors on n’a plus le temps (ni le courage) de faire des actions longues et fatigantes.          
              Si les jeunes ne réussissent pas toujours dans leurs études (pas tous heureusement), c’est plutôt parce qu’ils se dispersent trop et sur des tâches  peu utiles ou peu formatrices
              Et puis les copains, le ou la petit(e) ami(e), cela prend aussi du temps.

              Ce qui me gêne le plus ce n’est pas ce manque d’attention, mais c’est le manque de motivation, de curiosité pour les choses nouvelles, pour les choses scientifiques comme littéraires.
              Car pour faire quelque chose de fatigant, il faut être intéressé, motivé et en avoir pris l’habitude, en avoir fait l’apprentissage.
              Je crois simplement que l’on a aujourd’hui trop d’informations et qu’on n’apprend plus à distinguer celle qui est utile de celle qui est superficielle, futile et superflue. On a en partie tué la curiosité intellectuelle, parce qu’on n’a pas su montrer à quoi elle pouvait servir.
             Je crains que ce soit un des gros défauts de notre système actuel d’éducation, notamment au primaire et au collège..

     

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    Les raisons de la désinformation.

               J'ai déjà écrit le 4 février un article sur la désinformation sur internet, qui m'a valu quelques mails. Je voudrais aujourd'hui le compléter en examinant les causes de cette désinformation.

               Nous venons de subir quelques mois de campagne électorale et c’est ahurissant de voir les bêtises que peuvent dire nos politiques, y compris les candidats. et leurs entourages et services de presse.

              Ce n’est pas particulier à la France, Donald Trump arrange la vérité dans le sens qu’il souhaite, les partisans du Brexit ont avoué qu’ils avaient trompé leurs électeurs quant aux conséquences sur le système de santé, et Poutine passe son temps à faire de la désinformation.

               Alors on se pose la question : comment les dirigeants peuvent ils être aussi malhonnêtes intellectuellement (même si quelquefois ils ne s’aperçoivent même pas qu’ils disent des âneries!), et comment pouvons nous être assez bêtes et tolérants pour gober tout cela.

               Cela dit, il n’y a pas que les responsables ou les problèmes politiques politiques.

     Les affirmation des climato-sceptiques montrent que leur culture scientifique est nulle, et le basketteur américain O’Neal croit et affirme partout que la terre est plate ! 

               Et quand vous vous occupez de travaux, vous avez droit à des baratins de commerciaux d’entreprises, soi-disant sérieuses, qui vous proposent des systèmes censés fonctionner, bien que contraires aux lois de la physique ou de la chimie.

                Certes la désinformation a toujours existé, mais elle prend aujourd’hui des proportions inédites et surtout trop de personnes la gobent sans sourciller.

    Pourquoi ?

     

               Les psychologues ont toujours dit que, face à une information, nous en acceptions plus facilement les éléments qui étaient conformes à nos valeurs, nos idées nos convictions, ou celles qui nous étaient favorables. Les candidats politiques jouent d’ailleurs sur cela. Bien entendu les préjugés et les croyances de toutes sortes sont au premier rang dans ces convictions.

               Et cela est d’autant plus vrai qu’avec la généralisation de l’instruction, l’individualisme progresse parallèlement, et donc les individus tiennent plus à leurs opinions et, n’aimant pas consulter autrui, transforment les faits, pour qu’ils soit conformes à leurs idées, en ne voyant pas ce qui contredit leurs thèses.

     Même les politiques en sont victimes, comme récemment monsieur Fillon.

     

        Par ailleurs, depuis Pascal et Descartes, nous avons tendance à croire que c'est notre cortex préfrontal qui réfléchit, compare, prévoit, organise, qui guide toutes nos actions. C’est en partie vrai, mais la complexité des connexions montre comment les parties les plus primitives du cerveau peuvent avoir encore une influence prépondérante sur nos comportements, notamment les centres amygdaliens qui gèrent la crainte et le stress et analysent les conséquences néfastes des actions possibles, et l’hippocampe, professeur de la mémoire qui rappelle nos souvenirs; ces zones du cerveau interviennent inconsciemment dans nos raisonnements et nos prises de décisions, notre cortex se trouvant bien souvent obligé de puiser dans l’art de la rhétorique pour justifier sa conduite. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas !  ».

     

     Mais il est certain que les progrès de la technologie numérique ont une grande responsabilité dans cette désinformation.

     Chacun peut écrire ce qu’il veut sur les réseaux sociaux, y mettre sciemment et volontairement ou non des informations inexactes. Il n’y a pas comme sur Wikipédia, des personnes compétentes pour donner leur avis sur l’information, et des modérateurs du site pour éliminer les informations douteuses, ou signaler au moins qu’elles ne sont pas vérifiées.

     Et sur des réseaux sociaux, une information, quelle que soit sa qualité ou ses défauts, peut être partagée, en quelques dizaines d’heures, par des milliers voire des millions de personnes.

     La diffusion d’information est donc d’une ampleur sans commune mesure comparée au passé.

     

    Mais pourquoi les informations fausses ont au moins autant de chances de se diffuser que les vraies. ?

     

    Pourquoi retransmettre une information, ce qui la démultiplie ?

    J’ai lu un article de l’Université de Pennsylvanie, qui montrait que la plupart des utilisateurs de Facebook retransmettent une information parce qu’ils en espèrent une certaine notoriété, Dès lors, ils ne cherchent pas à vérifier l’information, mais à prévoir la réaction de leurs lecteurs, à partir du contenu de l’information. (C’est d’ailleurs le même raisonnement de certains journalistes à la recherche de sensationnel !).
     Ces chercheur ont montré par des visualisation IRM, que les zones du cerveau qui étaient actives pendant le traitement de ces informations sur Facebook, étaient le cortex préfrontal ventromédian, spécialisé dans les rapports sociaux, la représentation de soi, et la « Persona » du titulaire du compte, et d’autre part le noyau accumbens, qui évalue la valeur hédonique des actions et gère donc la motivation. Plus ces zones sont activées plus l’information a des chances d’être retransmise.

    Et évidemment, plus une information est diffusée, plus elle est crue, et finalement passe pour une vérité, même si elle est fausse. Le pire est que des rectificatifs, des démentis, ne font que propager encore plus l’information, en faisant croire qu’on veut supprimer l’information en question et on croit au complot.

    De plus les démentis ou correctifs proviennent souvent de sources officielles ou très connues et qui inspirent une certaine défiance aux gens, alors que l’information fausse ne vient de nulle part : elle se propage tel un nuage.

    Les raisons de la désinformation.

              Pourquoi croyons nous ces fausses informations, alors que les faits réels contredisent certains points ?

     Il y a cependant dans notre cerveau des centres qui sont spécialisées dans la détection des erreurs, des contradictions, des illogismes.

    Ces s centres ont pour but d’essayer d’écarter des données ou des actions non pertinentes, qui se présentent spontanément au cerveau (et souvent au départ, inconsciemment).

    Lorsque nous projetons un mouvement, le cortex prémoteur prévoit et « joue » fictivement à l’avance le mouvement et si l’aire motrice supplémentaire constate des anomalies ou des risques, elle ralentit, voire bloque, son exécution, ceci en 80 millisecondes.

    Lorsqu’il s’agit de signaux extérieurs qui montrent une erreur, c’est le cortex cingulaire antérieur qui réagit en 250 ms. Il réagit aussi à des résultats positifs.

    Par ailleurs les centres amygdaliens et des neurones à dopamine du mésencéphale comparent les résultats prévisibles de nos actions à ce que nous en attendons et envoient des signaux d’erreur au cortex préfrontal. Le système de récompense participe à ces prévisions.

    Enfin le chef d’orchestre, le cortex préfrontal, rappelle des souvenirs en mémoire, via l’hippocampe, en contrôle la pertinence, fait des analyses logiques, élabore des plans et des prévisions.

    S’il a bien été éduqué, à la réception d’une information, il en fait la critique et décèle des anomalies par rapport à l’expérience passée, à l’analyse de l’environnement et à l’analyse logique de cohérence.

     

    Mais les programmes scolaires, qui autrefois entraînaient ces centres et développaient l’esprit critique, ont été peu à peu réduits car il faut rendre agréable et amusante l’instruction , qui ne doit plus demander un effort et un travail pénibles aux élèves, mais qui doit être le plus possible un jeu.

    Et puis la télé-réalité, internet, la fiction sur la télé, mélangent fiction et réalité et on ne sait plus parfois où l’on en est.

    Bref le bons sens et l’esprit critique, autrefois développés par tous ceux que l’école avaient instruits (même un de mes grands pères qui n’avait que le certificat d’études, mais n’aurais jamais cru les bobard que l’on rencontre aujourd’hui), deviennent maintenant une qualité rare, et la crédulité des gens a augmenté exponentiellement.

     

    Je crois qu’il serait temps que l’on songe à revoir certains programmes du primaire et du collège pour réapprendre le doute rationnel aux esprits, et éviter que l’on gobe facilement n’importe quelle ânerie sans réfléchir.

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    La désinformation sur internet.

                    Il y a toujours eu de tous les temps de la désinformation qui propageait à titre d’information, des nouvelles fausses, volontairement ou non.

     Mais autrefois c’était limité aux affiches et journaux et les pouvoirs publics surveillaient l’affichage et les rédaction veillait sur les dires de la presse.

                Déjà avec la télévision, la mauvaise information par négligence a augmenté, car la concurrence entre chaines entraînait une course au sensationnel pour avoir de l’audience et donc une vérification insuffisante de l’information. Mais les journalistes essayaient de limiter ce risque.

     

               Avec internet et les réseaux sociaux, la fausse information est actuellement beaucoup plus importante que celle qui est avérée. En effet n’importe qui peut écrire n’importe quoi, relayer sans aucune vérification n’importe quelle fausse nouvelle, et propager intentionnellement n’importe quelle rumeur.

              La désinformation est l’inconvénient majeur d’internet. 

              En 2013, le Forum économique mondial, qui examine les problèmes mondiaux urgents, a indiqué que la désinformation massive sur internet étaitl’une des plus graves menaces vis à vis de nos sociétés et civilisations.

              Des chercheurs ont essayé d’analyser le phénomène, en faisant notamment des statistiques sur les réseaux sociaux, en suivant la capacité de fausse informations à se propager rapidement et massivement.

             Leurs principales conclusions exposées dans un article du journal « Pour la Science », de Walter  Quattrociocchi, qui dirige un laboratoire italien de sciences sociales, sont les suivantes :

     

             Internet a révolutionné la façon dont les personnes s’informent, trouvent des interlocuteurs, des sujets et des intérêts communs, réagissent, filtrent (ou plutôt ne filtrent pas), les informations, et se forment leur propre opinion.

            Cela est dû au fait que les réseaux sociaux font partie de notre quotidien et que le nombre de personnes ayant accès à cette information est énorme. Voici quelques statistiques:

           Le nombre de personne ayant accès à internet est de l’ordre de 3,4 milliards dan le monde (46% de la population); en Europe, 616 millions (73%), et en France ((, 4 millions (86% en France; 92% au Royaume Uni et 63% en Italie).

           En France un usager consacre environ en moyenne 1h20mn aux médias sociaux : Facebook 43%, Facebook Messenger 22%, Google 11% et Twitter 11% . Les utilisateurs de Facebook sont 32 millions, dont la moitié entre 20 et 40 ans, 14% pour les 13/19 ans et 8% pour les plus de 60 ans seulement.

           La place des téléphone mobile croit rapidement : l’interrogation d’internet par ces mobiles était de 29% en 2014 et de 39% en 2016. Le trafic moyen est de 1,4 Goctet par mois et par téléphone.

     

          Outre le nombre de personnes touchées, les problèmes que pose internet sont de quatre sortes :

                 - l’émission et la réception d’information s’effectue sans aucun contrôle sur la véracité ou le fondement de l’information. N’importe qui peut publier n’importe quoi, sans intermédiaires.

                - un certain nombre de personnes « s’amusent » à faire courir des rumeurs diverses , le plus     souvent fausses, parfois invraisemblables.

                - mais le niveau moyen des personnes qui consultent internet  est faible, de telle sorte que la compréhension et la critique de l’information reçue est souvent défectueuse.

               - l’homme n’est pas aussi rationnel qu’on pourrait le croire : le filtrage souffre de ce que les psychologues appellent le « biais de la confirmation », c’est à dire que nous privilégions les informations qui correspondent à nos propre idées et nous négligeons celles qui les contredisent. L’individu croit d’abord ce qui lui plaît le plus et correspond à son schéma de pensée.

               - enfin plus l’information est sensationnelle ou affriolante, (et a des chances d’être fausse), plus elle est retransmise de compte en compte et on aboutit à une diffusion exponentielle, comme dans une épidémie.

     

           Les chercheurs ont fait une analyse de millions de données provenant d’une part des sources habituelle d’information (en grande partie vérifiées : télévision, presse informatique, sites scientifiques ou d’information vérifiée,…), d’autre part des autres sources qui inventent l’information ou sont sensées diffuser ce que les sources habituelles « cachent » (et notamment des « complots », et enfin les sources de nature politique, qui utilisent internet comme source de mobilisation et de recrutement.

           On constate que les trois catégories de sources correspondent à des lois statistiques voisines (par exemple la durée de vie de consultation d’un post et le nombre de réactions qu’il suscite). Et plus une information entraine une discussion, plus ce qui s’en dégage est négatif.

          Paradoxalement les personnes qui sont le plus enclines à ne pas croire les sources classiques, sont celles qui fréquentent le plus les sources non avérées : les plus méfiants sont les plus crédules ! Ces personnes sont, en Italie troi fois plus nombreuses que celles qui suivent les sources classiques.

          Un autre résultat a trait aux actions menées pour essayer de convaincre qu’un information était fausse : en général cela ne fait que renforcer la croyance en cette information.

         Quand on lit une telle étude, on n’a vraiment pas l’impression qu’internet nous rende intelligent !!
     

    La désinformation sur internet.

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