• Grève contre la loi sur les retraites.

    Grève contre la loi sur les retraites.


              Aujourd'hui il y a donc une grève qui semble très suivie, contre la loi sur les retraites
              Non, je ne suis pas en grève, mais je voudrais donner mon opinion.

             Je ne suis pas partisan des grèves et je trouve qu'on en fait beaucoup trop en France, dès qu'il y a un mécontentement quelconque, et sans même discuter. Ce n'est pas cela qui permet de régler les problèmes, et de plus comme cela gêne beaucoup les usagers, cela les indispose et donc la grève est contre-productive. Il vaudrait mieux se mettre autour d'une table et discuter.

             Mais quand il ya un projet de loi déjà très médiocre et même très mal défini, et qu'au cours de négociations, on a l'impression de ne pas être écouté et que, de toutes façons, les positions adverses ne changeront pas d'un iota, on se demande alors pourquoi l'on discute et je comprends qu'on fasse grève. Je pense que les français ne s'y sont pas trompés, la grève est très suivie et, pour une fois,  elle est approuvée par une grande majorité de la population.

             Qu'il faille une réforme des retraites, là aussi il y a un consensus, car la population vieillit, le chômage diminue peu, et donc le nombre d'actifs par rapport au nombre de retraités diminue.
               Donc que l'on soit obligé de penser à l'équilibre financier futur, c'est le rôle des pouvoirs publics. Que l'on soit obligé d'augmenter la durée de travail et la durée des cotisations, c'est inéluctable, quoiqu'en dise la GCT, et je pense que la majorité des travailleurs sait que c'est la conséquence de l'augmentation de le longévité. C'est de la logique et du bon sens.
              Et même le système de "bous malus" suivant l'âge de départ pourrait se discuter, car il donne finalement une certaine liberté de choix.

              Mais vouloir que toutes les formes de retraites soient identiques, pour la beauté de la chose, c'est de la technocratie pure et bornée; vouloir supprimer d'un coup tous les avantages acquis, c'est de l'inconscience face au risque de réactions que cela provoque.
    Tout le monde sait que la réforme est faite pour ramener un équilibre financier et l'accepte, mais prétendre que la raison est l'égalité de tous et la justice, c'est se moquer des gens, car c'est totalement faux.
              Ce serait vrai si les métiers et les conditions de travail étaient très proches, si les conditions de rémunération étaient voisines, mais ce n'est pas le cas. Alors vouloir unifier les conditions de retraite qui suivent des conditions de carrières très différentes, c'est absurde !
              Je vais donner quelques exemples.

             Certains métiers sont pénibles ou dangereux. Les ouvriers du BTP ou dans les aciéries, des soudeurs des chantiers navals, les conducteurs de trains qui roulent la nuit et les week-ends, les militaires et les pompiers qui risquent leurs vie, les personnels soignant qui se dévouent pour la santé des autres, etc.....  méritent que des conditions particulières leur soient accordées au moment de leur retraite.

              Qu'il y ait des exagérations dans certains statuts qui accordent les mêmes avantage à ceux qui sont dans un bureau et ceux qui sont sur le terrain, je le conçois et il y a peut être des règles particulières à changer, mais cela ne veut pas dire qu'il faille tout mettre au même niveau, le plus bas, bien sûr et démolir complètement ce qui fonctionne.

             Les grilles de salaires ne sont pas uniformes. Il est certain que les fonctionnaires sont beaucoup moins payés que leurs homologues du privé, surtout en fin de carrière. De plus les primes qui ont été accordées faute d'augmentation des salaires, ne sont pas prises en compte dans leur retraite et de plus, ces primes sont très diverses d'un métier à l'autre.
              La règle de calcul de la retraite sur le salaire des six derniers mois était donc une compensation pour que les retraites des fonctionnaires ne soient pas trop basses par rapport à celles du privé, et aussi pour conserver des cadres de niveau élevé qui seraient tentés de pantoufler.
              Remettre en cause ce calcul fera baisser le niveau de leurs retraites de 20 à 30% et le système à points s'il n'aura pas trop d'impact sur les recrutement initiaux, empêchera par contre de conserver les cadres de bon niveau qui ne refuseront plus les offres d'emploi que leur fait le secteur privé, s'ils veulent avoir une retraite décente lorsqu'ils seront vieux.
             De plus le système par points n'est pas précisé, on ne sait pas qui fixera sa valeur, s'il sera indexé sur l'inflation; l’an prochain, les retraites de moins de 2.000 € seront indexés sur l’inflation, au dessus elles ne le seront pas : un euro cotisé ne donnera donc pas les mêmes droits. Je ne dis pas que le système par points ne sert à rien mais qu’il faut d’abord se préoccuper des objectifs de justice sociale : la pénibilité, les carrières longues, l’égalité femmes-hommes, le niveau des pensions, les différences importantes de salaires, le niveau du chômage, la pauvreté dont le niveau est indigne d'un pays comme la France..

             Certains régimes de retraite sont à l'équilibre et ont même engrangé des réserves en vue de l'avenir. Ce sont les professions libérales.
              Le gouvernement veut les mettre au régime général. D'une part cela entraîne une augmentation des cotisations et on ne voit pas comment ils pourraient alors garder le bas de laine qu'ils ont pourtant payé par leur travail. C'est de la spoliation et de l'absurdité, puisque les régimes correspondants sont en équilibre.

             Une femme qui avait eu 3 enfants ou plus avait droit à 10% de retraite supplémentaire. Ils étaient dispensés d'impôts et on lui a déjà supprimé cet avantage. On va remplacer cette règle simple par un système compliqué, qui, la plupart du temps diminuera sa retraite. Merci monsieur Macron, de votre considération pour les mères de famille. Evidemment vous même n'avez pas d'enfant et vous touchez un salaire suffisant pour vivre sans souci financier.

             De plus les méthodes actuelles de négociation du gouvernement sont désastreuses. Quand on veut négocier il faut d'abord avoir de part et d'autre un projet, et on discute alors jusqu'à ce qu'on puisse modifier suffisamment les deux projets pour les rapprocher.

              Le projet du gouvernement est très flou. On sait seulement que tout doit être pareil, que c'est un système à points et que la durée du travail et le nombre d'annuités devra être augmenté, mais on ne connait pas les propositions détaillées.
             Le gouvernement nous balade depuis des mois avec des déclarationsdans tous les sens : le président de la république refuse l’âge pivot, le lendemain Agnès Buzyn le soutient; la"clause du grand-père"semble acceptée, le lendemain, elle disparaît. On ne sait plus qui croire ni que croire.

              Face à cela la plupart des syndicats refusent tout en bloc, ce qui n'est pas une solution. La CGT demande le retrait du projet de loi. Mais il n'y a aucun texte : c'est là le paradoxe. Le gouvernement ne sait plus écrire et c'est un projet de loi fantôme, sans doute révélateur de divisions au sein de la majorité 

              On croyait que le gouvernement, après la crise des gilets jaunes, s'était résolu à plus de concertation et des réformes qui en prenne le temps. Or il apparaît qu'il n'en est rien, que ses positions sont proches de l'immobilisme et que finalement, les consultations comme le "grand débat" n'ont strictement rien changé dans les orientations politiques et que donc c'est du temps et de l'argent gâchés et l'on continue les réformes au galop.
              Mais pendant ce temps là, le chômage ne baisse pas, la pauvreté cet les inégalités augmentent.
              Et par ailleurs on a l'impression que la tactique du gouvernement est de dresser les français les uns contre les autres.

              Il est certain que cela n'incite pas à discuter et je comprends donc tout à fait la grève d'aujourd'hui, même si je suis en général assez sceptique sur l'utilité et l'efficacité de cess mouvements.
             Mais si je comprends cette grève de jeudi, je pense qu'un jour suffit pour montrer une désapprobation. Ensuite il faut penser à tous les usagers pour lesquels c'est une galère, aux commerçants et aux entreprises que l'on empêche de travailler et donc aux pertes financières et à l'aggravation du chômage que cela entraîne.
             

             

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