• Freud et les pulsions.

     

    Freud et les pulsions.

             Le mot « pulsion » vient du latin pulsio, action de pousser. Freud étant allemand utilisait le mot « Trieb » qui est habituellement traduit par « instinct », ce qui ne correspond pas à la signification freudienne.
               Pour Freud, une pulsion est la conséquence psychique des excitations issues de l'intérieur du corps et parvenant au psychisme.
               La pulsion est une poussée constante et motrice qui a pour but la satisfaction d’un besoin physique et est la cause initiale de cette satisfaction.
              Elle a une certaine force pour s’imposer, a une source qui est localisé dans un organe ou une partie du corps (la source pulsionnelle), un but qui est la satisfaction du désir, ce qui supprimera l’excitation, et un objet, au travers duquel la pulsion peut atteindre son but.
              Au contraire d'un stimulus, née dans l’inconscient, la pulsion ne peut être évitée ou fuie et entraîne souvent l’action.. Elle doit être déchargée dans le conscient par le rêve, le fantasme, et la sublimation. Une pulsion qui n'est pas déchargée est alors refoulée. 

              Freud distingue deux types de pulsions principales : les pulsions de vie dont l’amour et le désir, notamment sexuel, et les pulsions de mort destructrices et agressives, qui tendent donc à détruire tout ce que les pulsions de vie ont construit (le masochisme par exemple). Les pulsions sexuelles qui visent la reproductionsont régies par le principe de plaisir qui recherche une décharge immédiate qui annule la tension provoquée par la pulsion. Les pulsions morbides peuvent entraîner des pulsions d'autoconservation qui visent la survie.

              Les textes qui décrivent ses théories sont très ésotériques, pas très précises et difficiles à lire (d’autant plus qu’on lit en général une traduction).

              Pour la neurobiologie, les pulsions sont parfaitement admises, mais elle leur donne une origine beaucoup plus large.
             
    Comme pour Freud, les pulsions ont une origine souvent venue des perceptions de nos sens : image, son, odeur, toucher... ou état de nos muscles.

              Mais à ces sensations se superposent alors quatre autres types d’actions nerveuses :

                        - les signaux venus de notre corps via les systèmes sympathiques et l’hypothalamus, et qui  renseignent inconsciemment sur l’équilibre interne et notamment chimique et hormonal de notre corps et de nos viscères.
              Tout déséquilibre provoque une réaction : faim, soif, fatigue, excitation, désir sexuel….
              De plus un centre particulier du cerveau émotionnel, l’insula, est particulièrement à l’écoute de tous les signaux en provenance de notre corps et en transmets une partie à notre conscience (au cortex préfrontal)

                        - les signaux des centres amygdaliens notamment en réaction rapide à nos sensations : peur, colère, agressivité, stress, mais aussi fuite, découragement, joie ...

                        - les signaux en provenance des centre d’apprentissage et de la récompense, qui nous poussent à satisfaire nos désirs pour obtenir une production de dopamine plus importante dans ce système, et cela jusqu’à parfois provoquer l’addiction.

                        - les signaux de notre cerveau émotionnel (associés à ceux de notre mémoire) qui peuvent faire ressentir avec beaucoup de force, émotions et sentiments.

                  Vous trouverez dans mes articles sur le cerveau des données sur ces mécanismes.

              En fait Freud ne pouvait connaître à son époque ces données physiologiques. Il était médecin psychiatre orienté à l’époque essentiellement vers la psychologie. Les possibilités d’investigations dans le cerveau et toutes les données sur la chimie du cerveau n’existaient pas encore.
              Compte tenu de sa clientèle particulière, il était normal qu’il mette en avant les pulsions sexuelles et il fallait un certain courage pour écrire cela à la fin du 19ème siècle et qu’il les relie à ses théories sur le refoulement.
              Les conceptions actuelles, où physiologie et psychologie se mêlent intimement, ont évidemment changé les donnes etles théories de Freud sont désuètes..

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