• Estime de soi , modèles et éducation.

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         J’ai fait  hier un article sur le bonheur dans lequel je disais que beaucoup de personnes, et notamment les jeunes, avaient souvent assez peu confiance en eux, surtout les filles, et  je constatais qu’on fait tous des erreurs mais ce n’est pas une raison pour ne pas avoir confiance en soi.
        Les gens heureux ont tendance à avoir un niveau d’estime de soi extrêmement élevé. Ils acceptent ce qu’ils sont, rayonnent de confiance, sont fiers de ce qu’ils réalisent.

        Cependant c'est difficile d'border ce problème, car la façon dont se forge l’estime de soi, de nos jours, est assez différente de ce qui se passait quand j’étais jeune.
       Qu’en est il donc aujourd’hui.?

        Comme autrefois «  l’estime de soi » repose sur l'acceptation de soi, avec une appréciation de ses forces, de sa valeur et le fait de se sentir capable de faire face aux défis  et difficultés de la vie.
        Mais d’une part la confiance en soi ne résulte pas que de l’estime de soi, et d’autre part, les points de comparaisons pour s’évaluer soi même, ont changé.


        D’abord, je l'ai déjà dit, il est très important pour les jeunes d’aujourd’hui, d’être en accord avec les valeurs de leur groupe, alors qu’autrefois, certes le groupe de copains était important pour nous, mais nous étions beaucoup plus indépendants d’esprit, car nous n’avions pas le bombardement incessant de la télé, de sa pub et d’internet, et nous avions beaucoup plus de temps pour réfléchir, n’étant pris ni par l’ordinateur, ni par le téléphone, qui n’existaient pas (le téléphone fixe était après la guerre, réservé aux professionnels et si leurs parents en étaient dotés, les jeunes n’y avaient pas accès).
        En effet les jeunes fondent leur estime de soi non pas sur leurs valeurs personnelles, mais plus sur le fait d’être capable d’agir selon les valeurs dominantes de leur environnement culturel, et notamment de leur groupe.

        Cependant dans des études faites par des psychologues éminents auprès de jeunes du monde entier, des valeurs très classiques, qui sont à la base de l’estime de soi : remplir son devoir, aider les autres, améliorer son statut social, contrôler sa vie.
        Ils ajoutent que dans les pays en développement, Asie, Afrique, Amérique du Sud, où les valeurs de tradition dominent, «faire leur devoir» est très important pour les jeunes, pour se sentir bien avec eux-mêmes.
        En Europe et aux USA, le sentiment «de contrôler leur propre vie», est le plus important, et ce n’est pas toujours facile.
        Personnellement, au contact des jeunes avec lesquels j'ai correspondu, j’ai l’impression que le problème, et l’image qu’ils ont d’eux mêmes sont beaucoup plus complexes, et que des préoccupations mineures et des rituels de leur groupe et de leur environnement interviennent probablement de façon trop importante.

        En fait ce que je constate quand je compare ma jeunesse et les temps actuels, je pense que progressivement, nous sommes passés d'une société de règles, où les adultes (parents et professeurs principalement), donnaient des ordres que l’on respectait, car nous pensions d’une part, qu’ils nous éduquaient, et d’autre part, qu’ils nous faisaient bénéficier de leur expérience, à une société de normes plus ou moins explicites, dictées par la mode, les médias et l’environnement des copains.
        Chacun a donc perdu ses repères. Les ados ont gagné en liberté, mais ressentent en même temps des angoisses nouvelles car ils ignorent contre qui ou quoi ils risquent de se heurter, et on constate que trop d’entre eux ont des velléités dépressives.
       Quant aux parents, ils ont du mal à gérer leur rôle dans cette période de mutation et ont tendance à laisser faire, de peur qu’on ne les aime plus.
        La discussion parents, enfants est souvent inexistante, on n’ose olus aborder des tas de sujets devenus tabous; en classe le lien entre professeurs et une partie des élèves n’existe plus, et l’expérience de la vie des anciens ne sert plus aux jeunes qui se retrouvent seuls face à la vie.

        Il faut être conscients que, contrairement à ce qui se passait autrefois, maintenant, du fait des textos, messagerie, réseaux sociaux sur Internet, les adolescents passent désormais plus de temps entre eux qu'avec leurs parents.
        Cela n'est pas sans conséquences : ils apprennent la sexualité à travers des images plus ou moins pornographiques et surtout ils sont soumis à la pression des médias, de la publicité, de la consommation et de l'esprit moutonnier qu'imposent les groupes de copains. La comparaison avec ce qu’a son copain compte plus que ce que l’on a soi-même, et même si l’on est comblé, c’est une catastrophe si on n’a pas une babiole sans importance qu’ont les autres et que vos parents vous ont refusé.
        Les modèles médiatisés sont totalement contradictoires avec ceux que la plupart des parents ont envie de transmettre à leurs enfants : par exemple pour les filles, vouloir plaire à tout prix au risque de devenir objet,  et pour les garçons ne voir dans l’amour qu’un passe temps sexuel et se vanter de ses conquêtes, et pour tous, ne pas se respecter, ne s'estimer qu'aux marques que l'on porte, mépriser l’effort et ne penser qu’à profiter de la vie.…
        Et l'autoritarisme ne sert plus à rien car les adolescents sont plus sensibles aux gains qu'aux pertes. Les punitions ont moins de portée que les carottes.

        Ce qui me navre, c’est que, les codes ayant changé, les parents ne voient plus ce qui se passe et le mal éventuel des adolescents est trop souvent sous-évalué, voire ignoré, car ce ne sont pas forcément eux qui font le plus de bruit.
        Je n’ai pas d’action directe sur les jeunes qui m’écrivent, n’ayant que des contacts virtuels, mais je constate que les écouter, leur laisser exposer leur problèmes car ils sont soulagés de trouver une oreille qui les entendent et ne les juge pas.
       Essayer de décortiquer avec eux leur situation pour qu’ils la comprennent mieux et en minimisent les inconvénients et contraintes, les aider à trouver des solutions aux problèmes, voire quelquefois les aider dans leurs difficultés scolaires, arrive à les soulager d’un certain stress, d’une certaine angoisse.

        En fait c’est un rôle que jouaient autrefois les parents et surtout les grands parents.
    Nous avions avec eux des « contrats » de comportement et les deux parties le respectaient, mais ils résultaient d’un dialogue et donc d’une compréhension mutuelle.
        Pourtant c’est sûrement possible encore. Il m’arrive souvent de montrer à certain(e)s de mes correspondant(e)s que ce qu’elles ont fait était préjudiciable à elles mêmes et aux autres, et de leur montrer qu’on peut mieux faire, et c’est accepté sans acrimonie. Seulement celai intervient après une longue discussion où je les ai écouté(e)s et où j’ai essayé de les comprendre, d’appréhender le comportement de jeunes qui n’ont plus les mêmes valeurs que moi…(encore que souvent ce ne soit pas si sûr….)

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