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         Quand je discute avec des professeurs, ceux ci me disent que leur principal problème est que les élèves ne font pas attention et pensent à toute autre chose qu’écouter le cours.
        Et que même s’ils font attention, celle-ci ne dure pas.
        Quand je donnais des cours à mes petits enfants, je constatais aussi que j’avais beaucoup plus de mal à conserver leur attention qu’avec mes enfants à des âges et sur des sujets similaires).
        Et il suffit qu’un défaut d’attention fréquent s’installe pour que les résultats scolaires basculent !
        Beaucoup d'enfants sont décrits comme «inattentifs», tant par leurs parents que par leurs enseignants: 30 pour cent de filles et 50 pour cent de garçons d'âge scolaire.
        Alors je me pose la question : qu’est ce qui a changé? Est ce une question d’attention ou de motivation.?
        J’aimerais avoir votre avis, notamment celui des professeurs.

        Que disent les neuro-biologistes?

        L’attention est principalement le fait du cortex préfrontal du cerveau et il n"est pas encore matures chez les jeunes. De plus la fatigue intervient plus vite.
        Les enfants ne sont pas faits comme les adultes et ont leurs propres rythmes dont on ne tient pas assez compte.
        Schématiquement, l'attention augmente au fil de la matinée, puis baisse avant le repas. On note une dégradation après le repas de midi, puis l'attention remonte en milieu d'après-midi.
        Le professeur de psychologie à l'Université de Tours, François Testu, a établi ces variations et a proposé de ne pas démarrer les activités nécessitant une attention soutenue tout de suite après l'arrivée des élèves à l'école, ni juste après le repas. Mais ce n'est pas toujours facile de faire les emplois du temps !
        Il faut aussi savoir que chez l'enfant, une attention très soutenue ne dure que 10 minutes. Et une attention modérée, tout au plus 1 heure 40.
        Les connaissances sur les rythmes des enfants ne sont pas encore suffisamment intégrées dans la conception des programmes et des emplois du temps. Ce n’est pas d’ailleurs facile car l’élaboration des emplois du temps d’un collège ou d’un lycée est un vrai casse-tête.

        En fait pour obtenir l’attention en classe, Claire Lecomte Lambert, professeur de psychologie de l’éducation et chercheur à l’université de Lille, met en avant quatre objectifs :

        - Eveiller l’attention de l’enfant, c’est à dire la mettre en route le matin.
    Pour que le niveau de vigilance soit satisfaisant, il faut que les paramètres physiologiques de l’éveil du corps soient atteints et stabilisés (activité du cerveau, toonus musculaire, rythmes cardiaque et respiratoire, température et sécrétions hormonales.).
        Il faut réclamer l’attention et essayer que les enfants et les jeunes sachent reconnaître s’ils sont ou non concentrés.

        - Diriger l’attention sur un objet et en particulier l’enseignement du professeur en faisant abstraction de tout ce qui peut distraire.
        Il faut arriver d’abord à ce que le cortex préfrontal ne soit pas inhibé par des émotions et donc essayer d’éviter tout climat émotionnel, que les jeunes ne sauraient maîtriser..
        Difficile de se concentrer quand, durant le cours de mathématiques, on pense au dernier disque acheté, au film que l'on verra samedi, à la télévision que l'on a regardé trop tard la veille, ou encore à la faim qui commence à se faire sentir. Dans ces conditions, les identités remarquables sont difficiles à mémoriser lol.
        Dans les écoles d’ingénieurs autrefois, comme dans les écoles normales d’instituteurs et professeurs, on avait des cours de “communication” ou de “pédagogie”, où l’on apprenait comment faire passer un message, par l’oral d’abord, mais aussi en se servant de supports, qui à l’époque, n’étaient que des tableaux noirs ou blancs ou des tableaux de feutres pour mettre des petits cartons de couleur, annotés..
        Aujourd’hui les logiciels genre Powerpoint nous donnent des possibilités infiniment meilleures surtout en matière d’images éventuellement animées ainsi que des films éducatifs..
        On apprenait à se servir des intonations de voix ou du questionnement, des intermèdes qui pouvaiuent réveiller l’auditoire, à se servir des lettres, des couleurs et des images.
        Mais les programmes ayant été  augmentés on a souvent supprimé ces cours et c’est aujourd’hui une vrai lacune.

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        - Savoir ne pas surcharger celui qui écoute au plan cognitif.
        On apprenait aussi à ménager les efforts des auditeurs en combinant le discours et la projection ou l’écrit au tableau, pour qu’ils se complètent et se relaient, mais ne fassent pas double emploi, à ne pas attirer l’attention sur plusieurs points à la fois, mais à la concentrer sur l’information que l’on voulait faire passer.
        Répéter certaines explications de façon différente pour mieux faire comprendre, exposer les faits et l’analyse (pour les personnes de préférence de perception S) et aussi les schémas et théories et les synthèses (pour les personnes de préférence de perception G).
        Et se rappeler qu’il est  difficile pour les élèves ou auditeurs de faire plusieurs choses à la fois.
        Je me rappelle les premières dictées que me faisait ma grand mère, j’avais du mal à écouter sa voix qui dictait, comprendre le texte, écrire, réfléchir à l’orthographe des mots et donc lire ce que j’écrivais. C’était faire cinq tâches en même temps.
        Dans les classes supérieures où l’on n’a pas de cours écrit et où on prend des notes, c’est encore plus complexe, car on ne réfléchit plus simplement au sens des mots dictés, mais à comprendre ce que dit le professeur et à faire une synthèse de ce qui est essentiel , c’est à dire de ce que l’on doit noter.
        Quand je fais une conférence, pour ne pas mobiliser ainsi sur la prise de notes l’attention des auditeurs, je leur demande d’écrire sur la feuille de présence leur adresse électronique, pour que je leur envoie le diaporama de mon exposé, y compris les notes jointes à chaque diapo, qui m’aident dans mes explications et mon exposé. Ils peuvent ainsi se concentrer sur l’écoute.

        - Maintenir l’attention dans le temps.
        C’est certes une question de méthodes d’expression comme je l’ai dit précédemment, mais il faut aussi apprendre à observer l’auditoire, tout en faisant son exposé.
        Essayer de voir si les auditeurs ont compris une explication difficile et les inciter à poser alors des questions, déceler la fatigue générale ou l’inattention chez certains et les réveiller par des anecdotes ou des questions.
        Là encore cela s’apprend.

        Je voudrais par exemple attirer l’attention sur les distraits car il faut savoir reconnaître les “distraits dissipés” dont l'attention est incapable de se fixer avec stabilité, passant sans cesse d'une idée à l'autre, et les « distraits absorbés », ceux qui sont absorbés par une idée, indifférents à ce qui les entoure, offrant peu de prises aux événements extérieurs.   
        Seuls les distraits dissipés gênent et il faut apprendre à les calmer.ou à les sortir de leurs rêves.
        Les “distraits absorbés”, parce que très attentifs, paraissent précisément incapables d'attention : ils restent attentifs à leur objet de réflexion, si bien que le professeur a du mal à mobiliser leur attention sur autre chose, si cet objet n’est pas le cours
        On les accuse à tort, d'être “dans la lune” parce qu'ils focalisent leur regard sur un point précis pour éviter toute distraction extérieure. Il n'est pas rare que la personne qui regarde obstinément le plafond, cherche à éviter les distractions, car c'est le seul moyen pour elle d'écouter
        Lorsqu'on intervient auprès d'elles, c'est pour leur demander de faire attention, et c'est une erreur car elles font attention.
        La difficulté est de savoir si elles rêvent à quelque chose qui les absorbe ou si elles écoutent le cours où la conférence.
         C’est notamment vrai pour les jeunes et surtout les enfants car nous avons tendance à croire qu'un enfant qui se concentre doit ressembler à un adulte qui le plus souvent, regarde la projection, le conférencier ou le professeur.

        Aujourd'hui, la psychologie et les neurosciences nous montrent que les enfants ne ressemblent pas toujours aux adultes' même lorsqu'ils effectuent des tâches similaires, et les adultes n'en tiennent pas assez compte.

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  • Apprendre en casse (4) : former et utiliser notre mémoire.

      Aujourd’hui, je voudrais voir comment la mémoire contribue à nous rendre intelligents et à la réussite scolaire.

        Les études neuro-psychologique montrent que l’enfant dispose dès sa naissance des outils pour acquérir des connaissances. 

        Évidemment, tous les enfants n'ont pas les mêmes capacités de mémorisation. 
        Les vrais jumeaux obtiennent des résultats plus proches que les faux jumeaux dans les tests de mémorisation. Le patrimoine génétique détermine ainsi en partie la capacité d'un enfant à assimiler des connaissances. 
        Mais la partie génétique, pour employer une analogie avec l'informatique, n’est que le “disque dur” du cerveau. Il peut avoir une capacité énorme et n'être jamais rempli, faute de transmission, d'éducation, de formation et d'apprentissage. La plupart des enfants ont un disque dur suffisant pour apprendre énormément de choses. C'est donc l'environnement qui va être décisif.
        La mémoire ne se développe que si on l’entraîne ! 

        Jusque vers les années 1970, on croyait que l'intelligence était assimilable au raisonnement, et l'on valorisait à outrance les mathématiques selon le postulat que, mieux on raisonne, plus vite on acquiert des connaissances. 
        Les méthodes correspondantes n’ont pas été efficaces puis le psychologue américain Allan Collins et son collègue informaticien Ross Quillian ont découvert notre “mémoire sémantique”  (j’en ai parlé dans un article).
        Ils observent que les connaissances sont classées dans notre esprit de façon hiérarchique, selon des arborescences, un peu comme dans un ordinateur,.
        L'intelligence ne fonctionne pas à partir de rien, mais à partir d'un réseau de connaissances que l'on classe à mesure qu'on les apprend. 

        En étudiant les résultats scolaires d’élèves les psychologues ont montré que, plus les connaissances fondées sur des vocabulaires du programme étaient étendues, plus les résultats scolaires étaient bons, y compris en mathématiques, alors que l'inverse n'est pas vrai
        Ils pensent que le raisonnement pur comptait pour 25 pour cent dans la réussite scolaire globale et la mémoire, pour 50 pour cent. La quantité de connaissances mémorisées est deux fois plus importante pour la réussite scolaire que le raisonnement : car la logique pure ne permet pas de déduire toutes les informations. 

        Je vous rappelle quelques notions sur la mémoire que j’ai développées dans d’autres articles : 

        Nos sens envoient les informations vers le thalamus qui fait un premier tri et transmet ce qu’il juge pertinent dans des mémoires de travail temporaires qui les gardent quelques secondes pour que le cortex préfrontal puisse les traiter : une mémoire pour les mots, l'autre pour les images, toutes deux à capacités limitées)
        Le cortex préfrontal fait mémoriser certaines de ces sensations dans la mémoire “épisodique” (ou chronologique) qui stocke en quelque sorte l’histoire de notre vie.
        Par ailleurs nous avons une mémoire dite "lexicale" qui est celle des mots, du vocabulaire et elle classe les mots en fonction de leur signification, (par exemple les couleurs), de la nature des objets représentés (par exemple les outils), et établit des liaisons logiques (par exemple tout ce qui se rapporte à une personne donnée, à un type d’événement...)
        Mais les chercheurs qui essayaient de créer des logiciels de traduction automatique d’une langue à l’autre, se sont aperçu que le même mot avait souvent de nombreux sens et que le seul moyen de trancher était le contexte de la phrase.
        Ils ont ainsi découvert que nous avions “une mémoire du sens des mots que l’on appelle la “mémoire sémantique”. Elle inclut la mémoire lexicale, mais suppose que le classement des mots est fait de façon hiérarchique, les catégories étant emboitées les unes dans les autres du détail et du particulier au plus général, sous forme d’une arborescence.
        
        Lorsqu’on veut se rémémorer une information on peut y accéder directement, les connexions se faisant entre des informations déjà en mémoire dans le cerveau : si on demande  quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV? , le cerveau a déjà stocké le mot “blanc” dans les couleurs et donc il saura répondre immédiatement.
        Si l’on demande par contre “ce cheval a t’il un estomac” ?, la réponse n’est pas automatique car estomac est peut être codé dans notre mémoire lexicale, mais pas lié hiérarchiquement au cheval.  Le réseau de connaissances va être activé pour trouver que le cheval est un mammifère, lequel mange et devrait avoir un estomac. C’est une “déduction” et les chercheurs appellent cette démarche une “inférence”.
        Comme le montre cet exemple, ce n’est pas une question de logique, de mathématiques, ou d’intelligence, mais une question de connaissances :  cheval= mammifère  mammifère= nourriture = estomac.
        Ces connaissances on les acquiert par l’instruction ou par l’expérience, c’et à dire au départ une perception, emmagasinée dans la mémoire épisodique, et dont le cerveau extrait des données pour former les réseaux de connaissances de la mémoire sémantique.
        On ne nait pas avec une mémoire sémantique, il faut  “construire ces connaissances à partir du vocabulaire (mémoire lexicale) et des expériences (mémoire épisodique). 
        La mémoire sémantique chez l'enfant est fabriquée à partir de l'abstraction de plusieurs épisodes. 
        Un exemple : si le premier épisode « canari » pour un enfant est souvent Titi, il va aussi enregistrer d'autres épisodes ultérieurement, un canari vu dans un livre, un canari dans une animalerie, un autre dans un documentaire.
        Finalement, des mécanismes cérébraux d'abstraction (cerveau préfrontal) vont extraire les points communs de tous ces épisodes pour constituer le “concept générique de canari”. 
        Les définitions des adultes et des enfants diffèrent... Un adulte tend à évoquer un canari de façon générique en déclinant des propriétés générales : « C'est un oiseau, petit et jaune » tandis qu'un enfant répond plus souvent en décrivant un épisode : « C'est Titi »...
        La mémorisation est donc nécessaire aux raisonnements par inférence, mais elle participe à la création du sens, au sein de la mémoire sémantique. 

        Il faut donc au départ que notre cerveau se forge une mémoire lexicale, ce qui est plutôt du domaine de l'apprentissage par cœur. Par contre pour apprendre le sens des choses et construire sa mémoire sémantique, il faut  multiplier les épisodes et les expériences.
        Un cours n’est donc qu’un “gros” épisode” et il faut de nombreux exercices derrière  écrits, ou audiovisuels pour conforter notre mémoire sémantique, alors que la tendance dans l’enseignement a été de minimiser les exercices, par rapport à autrefois pour ne pas fatiguer les élèves (et leurs parents !), en leur donnant du travail à la maison. Cette tendance diminue un peu aujourd'hui.

        N'opposons surtout pas l'apprentissage par cœur à la compréhension. L’un et l'autre sont indispensables et complémentaires : l'apprentissage par cœur est le moteur de la mémoire lexicale, tandis que les expériences sont le moteur de la mémoire sémantique. 

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  • Apprendre en classe (3) : les clés de la réussite.

       Il m’arrive souvent de faire des cours de maths, physique chimie autrefois à mes enfants et à mes petits enfants, et j’ai souvent aidé certain(e)s de mes correspondant(e)s de mes blogs en sciences ou pour trouver des idées pour des devoirs de français ou de philo.
        Je parle avec presque tous ceux qui m'écrivent régulièrement de leurs problèmes scolaires (collège, lycée, fac, prépa...) et donc souvent de la réussite ou de l’échec dans ce domaine et de leurs causes.
      
        Je viens de lire quelques études de chercheurs faites sur quelques milliers d’élèves, et cela m’a donné envie d’en parler sur ce blog.

        Dans ces études on a recherché quels sont les ingrédients de la réussite scolaire dans le primaire et le secondaire.

        On s'aperçoit alors que c'est la mémoire des connaissances quî joue le rôle principal dans cette réussite. C’est donc, la capacité d'apprentissage, le fait de savoir aborder une leçon, de mémoriser son contenu, de se constituer un bagage de connaissances.
        Apprendre la littérature, l’histoire, la géographie, les SVT, apprendre les règles d'orthographe, les règles et formules mathématiques ou de physique...etc, cela peut servir, mais surtout cela exerce notre mémoire et notre capacité d’apprentissage.
        L’ intelligence entre aussi en ligne de compte, et parmi les composantes de l'intelligence, la capacité d'abstraction.
        La motivation est aussi essentielle, mais ce n’est pas un problème uniquement scolaire, mais une donnée sociologique et familiale. Elle conditionne la curiosité intellectuelle, l’effort et le plaisir d’apprendre.


         Toutes les études montrent que c'est en premier lieu la lecture qui sert de passeport pour la connaissance :  les élèves maîtrisant la lecture sont à la fois plus à l'aise en cours, moins stressés, moins inhibés, et plus curieux d'absorber de nouvelles connaissances.
        Le savoir appelle le savoir. Par un phénomène de boule de neige, l'élève qui saît lire et qui comprend ce qu'il lit, veut en savoir plus sur ce qu'il découvre, et trouve des réponses dans les livres, voire sur Internet : il n’y a pas de connaîssance sans lecture.
        Ma grand mère m’avait appris très tôt à lire et à comprendre ce que je lisais. Elle m’a donné le goût de lire et cela m’a aidé toute ma vie.

        Il y a eu une polémique quant à la méthode d'apprentissage de la lecture à utiliser.
        La neurobiologie montre que  l'idée selon laquelle à partir de la seule forme d'un mot, il est possible d'accéder à son sens (c'était le postulat de la méthode globale) est fausse. Il faut passer par l'étape de décodage des phonèmes, c’est à dire l'approche syllabique, durant les stades précoces de l'apprentissage.
        On sait aujourd'hui que I'œil ne peut voir plus d'un mot complet. En raison du câblage des cellules photo-réceptrices de la rétine au cerveau, nous ne voyons avec précision qu’un tout petit secteur sur le papier, et les enregistrements réalisés avec des caméras  montrent que les yeux de l'enfant réalisent de courtes pauses sur les lettres au rythme de trois par seconde, saisissant de petits groupes de lettres les uns après les autres.
        Mais il faut ajouter par la suite des exercices de compréhension mettant en relation des mots et un sens, et la méthode globale constitue finalement ce qui se met en place naturellement chez un lecteur plus ou moins expert qui est passé par la méthode syllabique pour acquérir les éléments initiaux du déchiffrage des mots.
        ll faut aussi faire fonctionner la mémoire sémantique de l'élève, sa mémoire du sens; il faut lui apprendre le sens des mots rencontrés, et établir une relation entre ces mots et des images (j'en parlerai dans un prochain article).
        Vous vous rappelez peut être ce que j’ai dit sur les préférences de perception S et G. Il faut apprendre aux S à être plus globaux (schémas, synthèses) et aux G à être davantage S (observation, analyse).

        La connaissance passe donc en grande partie par la lecture (y compris en fac) . Comment alors en développer le goût.?
        Pour développer ses aptitudes de lecteur, la méthode est très simple : il faut lire. C'est en lisant et en s’intéressant à ce qu’on lit qu'on devient lecteur.
        Or le niveau de lecture des petits Français baisse à peu près régulièrement depuis 20 ans. On ignore la raison exacte de cette tendance, mais nous vivons de plus en plus dans une culture de l'image et  le contact avec les écrans (télévision, jeux, internet) diminue globalement le temps passé au contact de l'écrit.
        Si la pratique de la culture orale (téléphone, SMS, langage phonétique) se renforce, les compétences de lecture ne pourront pas augmenter. Il faut se rendre compte qu'en 1950, quand un enfant voulait communiquer avec un proche à distance, il devait écrire (c’était mon cas). Aujourd'hui, cette communication passe un peu par la parole beaucoup par  la phonétique SMS et les phrases courtes et peu sensées des réseaux sociaux.
        Les parents ont leur rôle à jouer en incitant leurs enfants à lire, car le plus souvent ils ont tous un goût pour lire à partir de quatre ou cinq ans, avant même de connaître vraiment la lecture : l’important est que le fil de l'intérêt ne se rompe pas, qu’il soit toujours bienvenu.

        L’orthographe est le garant de l'écrit. Les linguistes vous expliquent que l'orthographe d'un mot renferme son étymologie, son sens, et le contexte historique de son apparition.
        C’est le support de la communication, qui doit saisir les nuances pour éviter les malentendus.
        Certes me direz vous, je peux comprendre le sens de phrases où il y a des fautes d'orthographe et moi même il m'arrive de ne pas voir des fautes de frappe que j'ai commises. C’est vrai, mais essayer d’éviter des fautes, c’est montrer qu’on attache de l’importance à ce qu’on écrit, c’est respecter le lecteur, c’est montrer que l’on a essayé d’apprendre la langue française en classe (et donc probablement les autres matières).
        Il ne faut donc pas s’étonner si les entreprises qui ont trop de candidats, mettent à la poubelle les lettres qui comportent beaucoup de fautes d’orthographe.
        Je suis parfois horrifié des expressions que je vois utiliser, qui ont “glissé “ de leur sens initial ou qui sont employées à tort, et notamment quand j’entends au journal télévisé parler d’ “au jour d’aujourd’hui”, de faire quelque chose en un “tour de main” (au lieu d’un tournemain), de “fier comme un bar tabac” (au lieu d’Artaban), de “mal en pire”, ou des “calandres grecques” (au lieu de calendes), ou se faire remonter la ceinture (évidemment on ne porte plus de bretelles)!!
        Par contre je trouve que les bloggeurs d'éklablog même jeunes écrivent un français au dessus de la moyenne et avec peu de fautes en général (évidemment les nombreux profs d'éklabog aussi heureusement !). C’est assez rare pour le souligner. Et certain(e)s de mes correspondant(e)s (et pas seulement les littéraires) ont même un style et  une expression tout à fait excellents.
       
        Dans les prochains articles, je parlerai de la mémoire et de la mémorisation, puis de la motivation d’apprendre, enfin de l’attention.
        Mais aussi d’une autre clé de la réussite : le travail, car sans un minimum, on n’arrive à rien.

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    Apprendre en classe (2) : utiliser notre cortex préfrontal.

        Puisque nous avons vu ensemble ce que faisait notre cortex préfrontal, avant d’aborder les problèmes d’enseignement, je voudrais évoquer la participation de ces centres aux actions d’apprentissage, et notamment à l’étude en classe
    .
        Je résume d’abord ses fonctions pour ceux qui n'ont pas lu ou ont un peu oublié mes articles à ce sujet
        Je vous ai dit que notre cortex préfrontal  remplissaient le rôle d’une cabine de pilotage qui permet au pilote d'établir le “plan de vol” de l'apprentissage, d'éviter les changements de direction intempestifs, et de fixer des objectifs et notre attention sur les actions à mener, tout en maîtrisant nos émotions et nos pulsions.
        C’est la flexibilité mentale du cortex préfrontal qui va nous permettre de sélectionner les bonnes informations mémorisée ou extérieures, d’élaborer des règles et de donner des éléments pour définir une stratégie d’action, mais aussi de trouver des idées nouvelles, en associant la représentation mentale et la flexibilité.
        Notre cortex préfrontal agit en matière de planification comme le chef d’une équipe : il sélectionne des objectifs, émet des hypothèses d’actions qu’il essaie d’analyser, puis consulte les membres de son équipe et ayant fait la synthèse des avis et des risques, il décide ce qu’il juge être la meilleure solution;
        Puis il focalise notre attention sur chaque action et contrôle l’exécution des actions et rectifie éventuellement les dérives.
        Enfin il nous évite de succomber à de trop violentes émotions et de succomber à nos pulsions en modérant l’action de notre cerveau émotionnel.

        Voyons maintenant les conséquences sur le comportement des élèves à l’école.

        La capacité de représentation est une chose essentielle à développer.  Sans elle nous ne pouvons rien imaginer, nous restons prisonniers de nos sensations. Elle nous permet d’imaginer les choses autrement, d’imaginer ce que serait notre chambre ou notre séjour si on changeait les meubles de place, de faire un puzzle, d’imaginer le montage d’un meuble en lisant la notice, et de trouver des solutions à bien des problèmes.
        Je connais un gymnaste de haut niveau qui avant de faire son passage ferme les yeux, se concentre et répète dans sa tête tous les mouvements qu’il va être amené à faire..
        L’apprentissage de cette capacité se fait en mathématiques par la géométrie, mais aussi en français en imaginant les scènes décrites par les écrivains, ou en histoire en imaginant le passé, comment vivaient nos ancètres.
       
        La flexibilité mentale est aussi une qualité importante pour sortir des sentiers battus, pour ne pas rester sur des clichés, pour ne pas croire n’importe quoi, de ce qu’on veut nous faire croire.
        Là ce sont surtout les lectures des auteurs qui nous apprennent les diverses opinions que l’on peut avoir des problèmes humains, mais le “doute” du scientifique vis à vis des phénomènes tant qu’il n’en a pas une explication satisfaisante, est aussi  formateur. Les dissertations qui nous obligent à voir les divers aspects des problèmes sont des exercices essentiels.
        L’apprentissage de cette flexibilité est difficile car il faut abandonner ses certitudes.
        Sur le plan émotionnel, il faut faire prendre conscience à l'élève de sa propre peur de se tromper, pour qu’il puisse s'en libérer. Sur le plan cognitif, on peut demander aux élèves de préciser leur pensée, de faire des hypothèses, de se tromper, recommencer, tâtonner, utiliser les erreurs comme des informations utiles. De cette façon, l'abandon des idées préalables n'est plus vécu comme une angoisse, mais comme un moyen de progresser.

        Nous utilisons la planification dans toutes nos tâches quotidiennes. Son apprentissage est dont indispensable.
        Cette planification, nous l’apprenons par la logique des sciences mais aussi chaque fois que nous rassemblons des idées, et que nous faisons le plan d’un exposé écrit ou oral.
        On ne fait plus malheureusement ce que les professeurs nous faisiaent faire jadis, où ils nous prenaient individuellement pour faire le point chaque trimestre, pour avoir une vison claire de ce qu’on savait faire et de ce qu’on avait appris, des progrès faits et des efforts à faire encore On savait ainsi d’où l’on partait et où on arrivait, on avait une idée des compétences acquises et le professeur nous aidait pour réfléchir à notre orientation future, avant d’en parler à nos parents. Il n’y avait pas de “psy d’orientation”, mais les professeurs étaient bien plus compétents pour cela car ils nous connaissaient bien et discutaient de nos goûts et compé-tences et non de nos tendances freudiennes;

        L’enfant, l’adolescent, le jeune doivent apprendre à s’autodéterminer, à avoir de plus en plus d’autonomie. Cela s’apprend aussi.
        Quand je faisais réviser des maths ou de la physique à mes petits enfants, je ne leur disais pas “fais les exercices n de la page p". C’est une injonction externe qui ne laisse pas d’initiative.   
        Je leur disais quand je pensais qu’ils avaint compris la leçon : choisis trois exercices pour vérifier que tu as compris et essaie d’inventer seul une méthode personnelle mnémotechnique pour te rappeler les formules. Et je vérifiais ensuite et j’expliquais s’ils se s"étaient trompés. Je leur demandais aussi d’expliquer quel raisonnement ils avaient suivi.
        En fait l'élève devrait être plus actif que le professeur et celui-ci devrait être un guide, mais on ne fait pas avec 30 élèves ce que l'on peut faire avec un seul.


        Les jeunes aujourd’hui ne savent pas faire suffisamment attention pendant assez de temps. Sans doute cela est dû à la dispersion des activités et des moyens dont ils disposent (notamment dans le domaine multimédia), et l'élève peut ne pas être attentif à ce que l'enseignant lui propose mais ressent plutôt envie de distraction, attitude de refus ou de confrontation, besoin de sensations immédiates. ...
        C’est au fond un problème de motivation.
            - La motivation par sécurisation, à l'origine du plaisir lors de la réalisation de tâches maîtrisées, ou lorsque l'élève reçoit de l'affection ou de la reconnaissance ;    
            - La motivation d'innovation qui procure du plaisir lorsque l'élève se sent progresser, ou en phase de découverte, quand il imagine des choses nouvelles.
            - La motivation d'addiction, foncièrement négative, qui pousse l'élève à satisfaire des jugements qui ont été émis sur lui (il rate son devoir de mathématiques, car il a toujours entendu dire qu’il était mauvais en mathématiques, ou il cherche à avoir une bonne note en français, car on lui a dit qu’jl est excellent en français).
        Le problème est d’arriver à activer l’une des deux premières motivations.
        En fait c’est un travail de longue haleine d’intéresser les élèves à ce qu’ils apprennent et d’arriver à peu à peu leur faire acquérir une curiosité intellectuelle.
        C’était probablement plus facile pour les professeurs autrefois. Ils étaient sans doute mieux formés à cela pédagogiquement. Toutefois ils n’avaient pas tous les moyens audiovisuels dont on dispose aujourd’hui, mais leurs élèves étaient plus réceptifs et respectueux.
        Mais la motivation et la curiosité intellectuelle sont aussi une conséquence de l’éducation familiale et  il est certain que les parents sont beaucoup moins disponibles qu’autrefois et que l’école ne peut tout faire.

        La maîtrise de l’état émotionnel est plus difficile à cultiver et c’est effectivement un  problème plus personnel et familial.
        Mais savoir apprécier son état de "débordement émotionnel" serait cependant utile, car l’apprentissage est compromis si l’on n’est pas soi-même dans un état réceptif.
        Apprendre c’est être dans une attitude favorable, contrôler ses actes et ses pensées, être dans une certaine empathie avec le professeur.
        Il est certain que les enseignants ne sont pas des psys, mais loin de supprimer tous les cours de pédagogie, comme l'ont fait les gouvernements passés, leur donner des notions de psychologie et de fonctionnement du cerveau, leur permettant de déceler les états anormalement émotifs de certains élèves à un moment donné, leur donneraient sûrement des éléments intéressants d’action.

     

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  • Pourquoi faut il apprendre en classe ?


         Je vous avais dit que je ferai quelques articles sur l'enseignement, car c'est une activité primordiale qui m'intéresse et je me pose des questions et j'aimerais provoquer de réponses de professionnels de ce secteur; il y en a beaucoup sur eklablog.

         L'une des premières questions que je me pose : pourquoi beaucoup de jeunes n'aiment ils plus l'école ?

        Il m’arrive aussi souvent d’aider des jeunes dans leur travail scolaire et je suis étonné des questions qu’ils se posent sur l’utilité de l’enseignement, qui sont parfois voisines des questions suivantes :
        "A quoi cela sert il d’apprendre l’orthographe quand on peut parfaitement se comprendre dans la jeune génération avec le langage SMS qui ne demande aucun effort de mémorisation car il n’engendre aucune contrainte.?
        A quoi cela sert il de savoir que Charlemagne n’est pas le père de Louis XiV et le grand père de Napoléon? Savoir que Louis XVI est mort sur l’échafaud ne lui fera pas retrouver sa tête !
        Est ce utile de connaître qui sont Montaigne, Montesquieu, Ronsard, Pascal, Racine, Corneille, Molière, Musset , Vigny ou Victor Hugo.... et ce qu’ils ont écrit. Ils sont morts depuis longtemps et leurs pensées sont démodées et ne nous feront pas comprendre le monde moderne.
        A t’on besoin de savoir qui sont Bach, Vivaldi, Mozart ou Beethoven quand on n’aime que le rock ou le rap?"
        Si les tables de multiplication et les proportions multiples (autrefois on appelait cela la “règle de trois”) sont utiles dans la vie courante, tout le monde ne se sert pas des triangles isométriques (on disait autrefois “semblables”) ou du théorème de Thalès et que dire des fonctions exponentielle et logarithme !
       Et je connais une jeune fille qui a son bac, mais qui, à force de se servir de sa calculette, ne sait plus faire à la main, une division avec des chiffres décimaux.

       C’est tout juste si certains ne me disent pas qu’avec les CD et DVD, le téléphone et la télévision, on pourrait se passer d’apprendre à lire et écrire.
      Mais ce qui est quand même ennuyeux c’est qu’on ne pourrait plus parler facilement sur Messenger ou Facebook et ce serait plus difficile de se servir d’un micro-ordinateur.!

        Je pense que ces réflexions sont certes provocatrices, mais je pense que cependant, elles montrent qu’apprendre n’intéresse pas certains des jeunes d'aujourd'hui.
        J’aimerais réfléchir un peu à cela.


        Je crois d’abord qu’on sous estime l’utilisation dans la vie courante de ce qu’on a appris à l’école
        Il m’arrive d’aider dans ses démarches quelqu’un qui ne sait ni lire ni écrire et je peux vous certifier que sa vie est aussi compliquée pour elle que si elle était unijambiste ou manchote.
        Des notions simples de physique comme les unités mécaniques et électriques, les lois d’ohm, la pesanteur, les mouvements linéaires servent souvent quand vous bricolez, quand vous circulez, quand vous payez votre facture d’électricité...On nous montre assez souvent à la télé ou dans des magazines, des courbes en coordonnées logarithmiques et ce serait mieux de les comprendre.
        Quant aux hommes de l’histoire, aux écrivains, aux  artistes, connaître un minimum sur eux nous évitera de paraître ignare, si certaines personnes en parlent ou si on lit un article sur ces personnes.
        L’orthographe pourrait être simplifiée certes, mais écrire correctement en français permet d’en saisir les nuances et la précision du langage, et de mieux saisir la pensée des autres et se faire comprendre, de même qu’avoir un bon vocabulaire est indispensable dans ce but.
        Je m’en rends bien compte quand je vais à l’étranger ou quand je lis un article scientifique compliqué en anglais, car je ne maîtrise pas assez la langue, et la signification avec les nuances ou même la démarche très précise et détaillée de la pensée, m’échappent, par manque de vocabulaire.

        Mais apprendre des connaissances n’est pas le but majeur des études.
        La neurobiologie nous montre aujourd’hui qu’un enfant ne naît pas intelligent. Certes il a un certain potentiel inné, mais ce potentiel reste vain s’il ne le cultive pas. Un enfant qui ne reçoit ni éducation, ni instruction reste beaucoup moins évolué qu’un simple animal de compagnie, comme l’ont montré des cas extrêmes d’enfants perdus pendant des années dans les forêts et élevés par des loups.
        C’est l’apprentissage en famille et en classe qui développe l’intelligence, notre mémoire et nos capacités de relations sociales et de communication.
        Les études de neurologie montent que l’intelligence n’est pas une simple question de compréhension, logique et de mathématiques, comme pourraient le faire croire les tests de QI. La plupart des chercheurs disent que l’intelligence d’une personne c’est 50% de mémoire, (professeurs l’hippocampe et le thalamus, mais répartie dans tous le cerveau), 25% de réflexion et organisation (l cortex préfrontal dont je viens de parler dans mes précédents articles) et 25% d’émotions et de relations sociales (notre cerveau émotionnel), cet ensemble supposant en permlanence la prise d’informations grâce aux perceptions de nos sens, mais aussi grâce à la communication avec autrui.
        Et la mémoire, c’est avant tout l’acquisition de connaissances ! Mais pas uniquement pour elles même, mais pour la formation des aptitudes de nos centres cérébraux et notamment  les former à raisonner et à connaître et maîtriser nos émotions.

        En fait l’étude non seulement développe notre savoir et notre intelligence, mais également nous donne des habitudes qui nous seront indispensables toute notre vie :
        - l’habitude de l’effort et du travail;
        - une certaine curiosité intellectuelle qui nous permettra de nous intéresser aux choses, aux êtres et de comprendre les phénomènes de notre environnement;
        - en contrepartie, un certain scepticisme qui nous évitera de nous comporter comme un mouton et de gober n’importe quelle assertion;
        - le moyen de nous comprendre et de comprendre les autres et notre environnement;
        - l’utilisation d’outils (langage, image, expression, ...) et de connaissances communes, qui nous rapprocheront de nos semblables et nous permettront de communiquer.

        Finalement les études primaires et secondaires, c'est nous développer l'esprit et apprendre à vivre en société

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