• Les sujets de philo du bac 2019. série S

     Suite de mes réflexions sur les sujets de philo du bac 2019.

    Sujets de la filière S
    • La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain?
    Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté?

    La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain?

        Il est certain que les diverses parties du monde peuvent abriter des peuples aux cultures très différentes, et donc à des manières de vivre différentes, mais aussi à des règles morales, législatives et économiques spécifiques, des croyances, des connaissances, des émotions artistiques, voire une morphologie et des personnalités différentes.
        Autrefois les conséquences étaient mineures, car les rapports entre personnes de cultures différentes avaient lieu, soit lors de rapports commerciaux (et cela en compliquait souvent l) soit du fait du tourisme, mais qui ne touchait qu’une élite aisée.
        Aujourd’hui, il en est tout autrement; il y a la mondialisation et l’information mondiale possible d’internet, les voyages virtuels, mais aussi un grand essor du tourisme, des études à l’étranger, et beaucoup de voyages des jeunes.
        Il y a donc de plus en plus de confrontation des cultures.
        Mais à l’inverse il y a une réaction,: la montée des nationalismes de toutes sortes, mais ils sont certes plutôt politique plutôt que culturels. Mais on voit aussi un engouement pour les langues locales et les cultures spécifiques d’une province.

        Faire obstacle à l’unité du genre humain, qu’est ce ? C’est assez vague. C’est empêcher que les hommes se reconnaissent comme êtres humains semblables, comme participant, au delà de nos différences à une même humanité.
        Avoir une certaine culture apporte un lien dans la mesure où les personnes ont conscience d’appartenir à cette culture, et donc des cultures très différentes peuvent donc rendre plus difficile le lien entre des personnes de ces cultures.
        Cela dit, à mon avis il y a des problèmes beaucoup plus graves que les différences de culture pour faire obstacle à l’unité du genre humain : rivalités de peuples ancestrales, guerres ou dominations anciennes, régimes politiques différents, rivalité personnelle d’hommes politiques, problèmes économiques et commerciaux …

        Je me rappelle que certains philosophes prônaient une culture universelle qui remplacerait peu à peu les diverses cultures. il ne semble pas que leurs thèses soient suivies d’effets. A vrai dire je ne vois pas ce que serait cette culture, d’autant plus qu’on a tendance à confondre la culture avec tous les étroits particularismes locaux.
        Et culture commune veut elle dire humanité commune, unique?
        Cela dit, il y a une nation France et des cultures locales très vives, auxquelles les gens issus de la région, sont attachés.

        J’ai toujours trouvé que les discussions, quand on n’a pas le même avis, mais qu’on est tolérant, font progresser les idées, et que chacun en tire quelque chose.
        Peut être peut on aussi tirer des enseignements d’une confrontation des cultures. Chacune a sûrement ses bons et ses mauvais aspects. Le difficile , c’est qu’ensuite on ne sait guère en tirer de leçon pratique.
        Il y a dans les diverses cultures des principes communs, des comportements humains, même si ensuite le contenu diverge : c’est la survie de l’homme, de l’espèce, la famille, le couple et les enfants, le travail, les besoins de nourriture et de logement, l’innovation et la recherche de progrès, le goût de la réflexion, des arts et des sciences, la recherche d’une organisation politique et de règles, d’une justice et d’une équité, mais aussi une certaine empathie et une certaine solidarité devant le malheur. J’en oublie surement maintes autres actions.
        Et à l’inverse, rester enfermé dans sa culture, c’est vivre éternellement das son coin, comme si l’on était aveugle, sans se remettre en question, en profitant de l’avis des autres.

        Et, au delà des cultures n’y a t’il pas quelque chose de commun en l’homme : son cerveau.
        Ce qui distingue l’homme des animaux, c’est son cerveau, principalement son cortex. C’est son système d’apprentissage qui lui permettra d’apprendre ‘abord à commander son corps, puis à marcher, parler, lire écrire, compter, puis à faire des études. C’est sa capacité à raisonner à résoudre inconsciemment des problèmes, à avoir de grandes émotions, des sentiments. C’est la possibilité de communiquer avec ses semblables, de comprendre leurs pensées.
        Ce cerveau il est différent d’un homme à l’autre, mais ses capacités générales sont les mêmes quelle que soit la culture originelle.
        Et l’usage de ce cerveau nous confère une personnalité, qui dépend de nos préférences cérébrales, dont les définitions générales sont les mêmes pour tous les hommes.
        Et c’est ce cerveau qui est à l’origine des cultures. C’est un même outil, mais il a produit des oeuvres différentes. Alors pourquoi vouloir les uniformiser. Il suffirait que l’on fasse effort pour une compréhension mutuelle, ce qui est possible avec nos cerveaux qui se ressemblent.


    Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté?

        Bien sûr chacun tient à sa liberté, mais il faut des limites à tout, y compris à sa liberté. On a coutume de dire que « sa liberté s’arrête là où commence celle de son voisin ».
        Actuellement chacun n’a qu’un mot à la bouche « nos droits »
        Sans doute en partie parce qu’il y a trop de différences entre les plus riches et les plus pauvre, entre ceux qui n’ont que peu de soucis et les malheureux. Parce qu’aussi c’est une mode en France de toujours râler et ne pas être satisfaits. Parce qu’aussi normes et règles se multiplient, souvent établies de façon technocratique et sans concertation.
        Mais on se garde bien de parler de « nos devoirs » (je ne parle pas des devoirs de classe, bien sûr LOL)
        C’est pourtant la contrepartie des droits : la communauté nous apportes certains avantages, il est normal qu’en échange, nous lui apportions aussi quelque chose, et par ailleurs il est aussi nécessaire que nous respections certaines règles et lois, qui permettent la vie en commun. Il y a en quelque sorte une « morale sociale ».
        Certes les devoirs imposent des frontières, obligent à se conformer aux règles et c’est effectivement une limitation de la liberté individuelle, mais limiter n’est pas renoncer ou supprimer. Il n’y a qu’à comparer la vie en France avec celle dans des pays totalitaires.

        Il ne faut pas je pense confondre liberté et anarchie, ou liberté et droit de faire ce que l’on veut, sans se soucier des autres.
        Les règles existent chez l’animal, et plus il est évolué, plus il y a une organisation de la société. L’homme est-du moins le pense t’il - un animal supérieur civilisé. Il est normal qu’il y ait une protection de la liberté de chacun par une limitation collective de cette liberté pour qu’elle ne nuise pas à autrui.
        Un exemple flagrant est, de nos jours, internet, où au départ la liberté est totale, et où peu à peu apparaissent maintes nuisances (escroqueries, arnaques, abus de la crédulité, harcèlement, fausses nouvelles, apologies diverses, prosélytisme…). On sera de plus en plus amené à règlementer (et ce n’est pas facile) pour protéger l’internaute.
        Evidemment certaines règles peuvent elles être erronées, injustes, avantageuses pour certains. La perfection n’est pas de ce monde, mais il vaut mieux quelques erreurs que pas de règles du tout. C’est principalement vrai pour l’éducation des enfants.
        Dans la pyramide de Maslow, dont j’ai parlé dans un article, le stade ultime est l’accomplissement de soi. Ce n’est pas un problème de règles, mais d’action orienté.
    Etre heureux de s’étre accompli, n’est ce pas une liberté intérieure?
     

     

     

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Les sujets de philo du bac 2019. série ES

    Suite de mes réflexions sur les sujets de philo du bac 2019.

    Sujets de la filière ES:
    • La morale est-elle la meilleure des politiques?
    Le travail divise-t-il les hommes?

    La morale est-elle la meilleure des politiques?


        Ce sujet ne me plaît pas du tout du fait de son imprécision et par ailleurs je pense dangereux d’aborder un sujet politique au bac, car il est difficile tant pour l’élève que pour le correcteur, de faire abstraction de ses opinions.
        Par ailleurs il y a certainement de très nombreuses paroles d’e philosophes (à commencer par Platon et Machiavel) et d’hommes politiques sur cette question, mais je ne les ai pas en mémoire.
        D’abord je ne sais pas quels sens donner aux mots « morale », et « politique ».

        La morale d’abord : le bien et le mal; l’esprit et les règles du bien. Celles aussi souhaitées et plus ou moins imposées par la société (civilisations, coutumes, religions, castes, partis politiques, groupes divers.…) ou même la mode !
        Politique, est ce seulement la politique au niveau de la ou des nations, des collectivités, mais on peut aussi parler d’une politique pour une entreprise; ou de la politique d’une personne, par exemple pour mener sa carrière. C’est assez ambigu, parce que le niveau de conséquences collectives et les acteurs ne sont pas les mêmes.
        En fait morale comme politique ne sont pas des données qui existent en elle mêmes. Elles sont bâties par des hommes, qui , à un moment donné en ont la responsabilité.

        La morale est quand même une affaire très individuelle. Au départ ses règles nous sont enseignées par nos parents; puis par des professeurs d’origines diverses : enseignement, religion, partis politiques…
        Ces personnes ont évidement une culture, des archétypes, des préjugés, des opinions et sont sensibles aux autres, à l’environnement, à la mode, à leurs intérêts ou à celui d’entités supérieures.
        Ensuite il faut que ces règles soient assimilées et ait notre accord : c’est le « surmoi » dont parle Freud.
       
        Alors quelle morale faut il retenir si l’on veut y associer une politique?
        Les chinois n’ont probablement pas les mêmes règles que les occidentaux. A Tahiti où il y a chez les autochtones une certaine communauté de bien, emprunter - sans lui dire - la voiture ou un bien du voisin, n’est pas immoral. Les terroristes ont ils une morale ?
        Les règles morales d’une secte sont elles acceptables? Et même à l’intérieur d’une religion, il y a des libéraux et des intégristes. Certains peuvent être homophobes, contre la PMA, l’IVG ou la contraception.
        Alors que doit retenir le politique parmi ces données contradictoires, alors qu’il a sa propre morale à lui-même.?
        La guerre, où l’on a le droit et même le devoir de tuer son adversaire, est elle conforme à la morale? La religion du fric des GAFA et le mépris de l’homme et de la vie humaine de certaines entreprises, mais aussi de certains pays totalitaires sont elles des politiques morales?
        La démocratie est elle plus morale qu’un régime dictatorial? En démocratie le moteur des hommes politiques est le plus souvent leur réélection et par ailleurs les sont monnaie courante. Les régimes dictatoriaux bafouent en général les droits de l’hommes, mais si on aavit comme dictateur un saint ?
        
    Par ailleurs que se passe t’il en politique : c’est la gestion de certains problèmes, de certaines affaires au niveau de collectivités, mondiales, nationales, locales, industrielles familiales.
        Si le problème est simple, et qu’il ne choque ni ne nuit à personne, c’est assez facile de se conformer à une certaine morale. C’est rarement le cas.
        Ces problèmes sont le plus souvent contradictoires : faut il par exemple accepter sans limite toute forme d’immigration, aux dépens des pauvres et des chômeurs français?
    La morale voudrait qu’on aide les deux parties, mais on n’en a pas les moyens financiers et en matière de formation et d’emplois. Alors comment choisir?
        On trouverait des centaines d’exemples de ce type.

        En fait je crois que l’on voit dans le monde trop d’actes politiques qui choquent nos convictions. Alors on pense que la morale serait la meilleure des politiques mais en réalité le politique ne sait quelle morale choisir et par ailleurs la plupart des décisions qu’il doit prendre sont telles que les deux choix contradictoires qu’il doit prendre sont tous les deux moraux et que l’un des choix conforme à la morale entrainera le refus de l’autre choix qui lui sera immoral (quelque soit le choix effectué).

        Alors si le politique veut être honnête et le plus moral possible, il se dira qui’l faut choisir la solution qui agrée ou qui profite au plus grand nombre, mais d’une part elle peut être catastrophique pour le plus petit nombre et d’autre part le politique n’est pas devin et les conséquences de son choix ne sont pas toujours celles prévues et de plus la nature du profit en cause peut avoir aussi un aspect moral.
        Personnellement tout ce que je regrette, c’est ce qu’exprimait très clairement un des- lecteurs de mes blogs quand il disait :
    « Une question qui n'est jamais abordée en politique : on fait le choix de se cacher derrière des chiffres, des statistiques... J'aimerais juste que, pour chaque décision prise, on se demande si cela va rendre le plus grand nombre de citoyens un peu plus heureux.
    La notion du bonheur collectif devrait être aussi importante que celle de l'effort collectif. »
        Le bonheur collectif est il une notion morale ?
       
       
    Le travail divise-t-il les hommes?

        C’est un sujet qui a toujours passionné les philosophes, depuis Rousseau qui pensait que l’homme était bon par nature mais estimait qu’il était très paresseux, Kant qui estimait que le travail est le moyen de se libérer, jusqu’à Carl Marx et la lutte des classes.
        Sans parler de la chanson qui dit effectivement que « le travail c’est la santé, mais ne rien faire c’est la conserver » et de la légende d’Adam et Eve chassés du paradis, à qui Dieu dit « tu travailleras à la sueur de ton front ».
        J’avoue que les idées très théoriques des philosophes à ce sujet ne me passionnent pas, d’une part parce qu’elles sont souvent très utopiques et loin des réalités, et d’autre part parce que la société et les techniques associées au travail évoluent, de même que les acteurs économiques et que les données valables un jour ne le sont plus tellement le lendemain (par exemple la lutte des classes et le collectivisme d’Etat aujourd’hui).
        Mais le travail a des aspects multiples : techniques, économiques, humains, qui sont extrêmement pratiques et concrets.
        Et si on cherche la motivation première du travail, c’est quand même au niveau individuel de gagner sa vie, c’est à dire, que ce soit par un salaire ou tout autre intermédiaire, manger et acquérir les objets et services dont on a besoin.
        Au plan collectif, c’est produire des biens, des services, des innovations.

        Au plan technique, avec l’apparition du chômage, on constate que ceux qui ont le plus de mal à trouver du travail sont ceux qui ont fait peu d’études et que d’autre part ceux qui n’ont qu’un bagage général (le bac par exemple) ont beaucoup plus de difficultés que ceux qui ont un diplôme technique, (BTS-DUT) ou ceux qui ont appris dans un lycée technique un métier manuel.
        Il y a donc une grande inégalité des hommes face au travail, en fonction de leur formation et de leurs aptitudes techniques.
        Les nouvelles technologies ont bouleversé le travail quotidien et l’adaptation des séniors n’est pas facile. Comme leurs salaires sont pus élevés que ceux des débutants, les entreprises ont tendance à s’en débarrasser et ils ont du mal à retrouver du travail.
        La robotique et l’intelligence artificielle risquent d’accroître ces inégalités.   
        La technique est donc plutôt une source de division.`

        Au plan économique, le constat est voisin : les mêmes différences apparaissent aussi au niveau des rémunérations. Le salaire des femmes, à poste et responsabilité identique est inférieur à celui des hommes.
        Le chômage est sans doute le fléau le plus important de l’époque actuelle en France, car sans lui la pauvreté serait moins fréquente, les SDF seraient moins nombreux.
        Ce chômage est la source de divergence s et d’incompréhension avec les non-français. Il est certain que le fait que des travailleurs étrangers aient, quand ils travaillent en France des salaires plus bas pour des horaires plus élevés, que leurs sociétés paient moins de charges, est forcément une concurrence déloyale.
        Et s’il apparaît normal d’accueillir des immigrants qui connaissent la guerre, les exactions et la famine dans leur pays d’origine, on comprend aussi le mécontentement des chômeurs ou des SDF auxquels on n’accorde pas toujours les mêmes avantages.
        De plus les salaires de certains, grands patrons, footballeurs… sont démesurés par rapport à celui des ouvriers et employés qui font le travail pénible, et c’est un fossé supplémentaire qui engendre, à juste titre, le mécontentement.

         Très souvent le travail sépare les hommes au plan des relations humaines.
        Avec la généralisation des smartphones, le travail vous poursuit plus qu’autrefois dans votre vie privée, l’avalanche des SMS et autres messages fait vivre dans une fébrilité permanente, et le fossé s’est creusé dans la hiérarchie, car des relais intermédiaires tels les chefs d’équipes ont été supprimé pour des raisons économiques, les niveaux hiérarchiques ont été réduits et le supérieur n’a plus assez de temps pour être sur le terrain au contact de ses collaborateurs et de ceux qui font le travail sous leurs ordres.
        Les patrons comme les politiques sont coupés des préoccupations et des problèmes de la base, et les décisions prises n’en tiennent pas compte et sont donc contestées. Le climat dans les grandes entreprises est parfois devenu délétère, entrainant des arrêts de travail, des burn-out, voire des suicides, compte tenu de l’incompréhension de la hiérarchie et des méthodes de management qui ont mal évolué.

        Cependant il ne faut pas non plus tout noircir. Si le travail dicise effectivement les hommes, il  quand même certains avantages et certains apports.
        D’abord, le travail apporte liberté. Il permet de vivre de son salaire (si celui-ci est suffisant)
        Il y a ensuite l’intérêt du travail que l’on fait, de son métier, des succès et des tâches accomplies. Beaucoup de gens que je connais sont heureux dans leur travail et pas seulement des cadres et des ingénieurs ou des médecins.
        J’ai connu des ouvriers fiers d’avoir réalisé des pièces très complexes, d’avoir monté des matériels performants, des infirmières qui se dévouaient corps et âme à leur soins, des artisans et cultivateurs fiers de leurs réalisation, de leur boutique ou de leur domaine.
        Le travail peut contribuer au bonheur.
        Enfin le travail peut être l’occasion d’une aventure humaine, diriger, faire partie d’une équipe développe un esprit et une cohésion particuliers, il se crée des liens humains au travail, qui souvent se prolongent dans la vie privée.
        Il y a bien des cas où le travail divise les hommes, mais il y a aussi des circonstances où il les rapproche.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Les sujets de philo du bac 2019. série L

     Tous les ans, quand paraissent les sujets de philo et de français du bac, bien que je sois essentiellement un scientifique, j’aime bien faire deux ou trois articles sur ce qu’ils m’inspirent.
    Il ne s’agit en aucun cas de corrigés. Je n’ai pas de formation dans ce domaine, je n’ai jamais été prof et mes études prébac sont lointaines 72 ans. Mais cela m’amuse de réfléchir et de me rappeler le temps où je passais le bac.

                                                    Sujets de la filière L:
                                      • Est-il possible d’échapper au temps?
                                      • À quoi bon expliquer une œuvre d’art?

    Est-il possible d’échapper au temps?

        J’aime bien le premier sujet, probablement parce que je suis âgé.
        Nous naissons, nous vivons et nous mourrons. C’est inexorable et même si cela exige des durées différentes selon les personne, aucune n’échappe à cette destinée.
        Certes les catholiques peuvent croire à une résurrection et à la vie éternelle, mais personne n’a encore dit quand elle aurait lieu.
        Les scientifiques savent que l temps n’est qu’une dimension comme les dimensions spatiales et que les lois de la relativité indiquent que ce temps s’écoule différemment si on atteint des vitesses proches de celle de la lumière. Mais comme il est impossible à un corps ayant une certaine masse, d’atteindre de telles vitesse, en raison de son inertie, nous ne pourrons jamais être témoins de ce phénomène
        Alors oui nous n’avons pas prise sur le temps

        Notre organisme est pourtant fait pour le mesurer. Nos horloges circadiennes ( voir mes articles des), sont sensibles à l’alternance des jours et des nuits, et notre hippocampe, s’il fonctionne encore correctement, (c’est en effet un des problèmes de la maladie d’Alzheimer), nous permet de dire approximativement à quel heure de la journée on est ou quelle a été la durée d’un phénomène (sauf s’il est très court).
        Nous sommes donc immergés dans le temps au plus profond de nous mêmes.

        Par contre le temps des horloges, qui dans notre système cartésien s’écoule de façon linéaire, a de singuliers caprices dans notre psyché.
        Quand nous ne savons que faire et nous nous ennuyons, le temps s’écoule lentement et nous trouvons « le temps long ».
        Au contraire quand nous somme très occupés, en général le temps « passe trop vite », de même que lorsque nous sommes plongés dans la joie et les émotions positives.

        Le temps se dilate et se contracte au fil de nos émotions et de notre activité.
   Donc au travers d’elles nous avons une prise sur le temps

        Autre point important, pouvons nous oublier le passé, être actifs dans le présent ou le fuir, et se positionner dans l’avenir ou ne pas y songer?
        Au cours du temps, l’environnement évolue et les hommes changent, de même que les civilisations.
        Il est certain que ce qui est passé ne peut plus être changé, (« le temps perdu ne se rattrape pas », et que nous avons une certaine prise sur le présent et surtout sur l’avenir, selon l’orientation de nos actions.
        D’une part nous constatons qu’il existe des personnes qui ont l’air de ne pas vivre avec leur temps, soit qu’elles soient absentes, soit qu’elles n’aient pas pu évoluer, et d’autre part nous voyons aussi de nombreux cas où certains ne peuvent se débarrasser de leurs remords et leurs regrets et vivent dans le passé, tandis que d’autre ne peuvent envisager l’avenir ou au contraire rêvent en permanence d’un avenir utopique. J’ai déjà fait des articles sur ces sujets.
        Nous connaissons tous aussi des personnes qui procrastinent sans cesse.
        C’est en apparence un refus d’avoir conscience du temps. En réalité cela correspond à des phénomènes bien plus complexes : préférence cérébrale J ou P qui nous amène à agir sur les événements pour les maîtriser ou à nous y adapter; sensibilité au stress , pessimisme ou optimisme, préférence S ou G qui nous oriente plus ou moins vers l’avenir. Mais aussi influence de nos souvenirs heureux ou malheureux, de traumatismes que nous avons subis, d’émotions tout au long de notre vie.

        En fait pour nous qui vivons, le temps n’est pas une donnée mathématique et physique de la vibration d’une molécule ou d’un atome. C’est une suite de souvenirs de notre passé que nous avons en mémoire et qui influent, à travers notre inconscient, sur notre présent et sur notre futur, souvenir de faits, d’émotions, mais aussi de personnes avec lesquelles nous avons eu des relations humaines.
        Sur ce temps nous avons une certaine prise et c’est souvent ce que j’essaie d’apprendre à des jeunes que j’aide.
        Certes ne pas oublier le passer, se rappeler ses instants heureux, les gens qui nous ont aimé, mais sur les moments douloureux ou les échecs, savoir tirer les leçons et ensuite tourner la page.
        Le présent c’est réfléchir aux problèmes, les analyser, prendre des décisions et agir. C’est vivre avec son temps, s’adapter à l’évolution de la société, ne pas négliger l’avis des autres, et jouir de tous les petits instants de bonheur auxquels nous ne faisons pas assez attention. «  Carpe diem » disaient les anciens.
        L’avenir c’est essayer de prévoir les conséquences de nos actions, le construire le meilleur possible, le nôtre, celui des instances familiales ou professionnelles dont nous somme responsables, voire réfléchir à ce que peut être notre action pour la collectivité, le climat et la biodiversité, par exemple
        Finalement, avoir prise sur le temps, c’est ne pas rester inconscient, c’est vivre consciemment notre vie.


    À quoi bon expliquer une œuvre d’art?

        J’avoue que ce sujet m’intéresse, mais me laisse perplexe.
        J’aime beaucoup la musique classique (certaines chansons aussi mais il faut qu’il y ait un air et de bonnes paroles). J’aime les musées notamment de sculpture et de peinture. J’aime aussi la photographie. Beaucoup moins le cinéma. J’aime lire mais je n’ai pas tendance à considérer mes lectures comme des oeuvres d’art, et pour certaines d’ente elle j’ai probablement tort puisqu’elles provoquent en moi des émotions.
        J’ai entendu de nombreux guides dans des musées ou des monuments; certains m’ont intéressé, certains m’ont fait fuir. Je lis parfois des critiques d’arts; le plus souvent ils me paraissent très ésotériques et ne réussissent pas à me convaincre. Les historiens et des professeurs m’ont aussi parlé d’art et je ne peux pas dire que cela m’a passionné.
        Comme ces métiers existent et semblent utiles, je pense que c’est moi qui ne suis pas sensible aux explications sur l’art.

        Pour moi une oeuvre d’art soulève ou non des émotions, difficiles à définir. J’aurais souvent du mal à dire pourquoi je trouve beau un objet, un tableau, un monument, un paysage une musique. Il m’arrive d’être ému aux larmes et je ne sais pas trop pourquoi. Et c’est l’objet lui même qui en est responsable et pas ce qu’on me dira sur lui.
        Alors lorsqu’on me donne des explications (et en supposant que ce soit bien fait), qu’est ce qui m’intéresse : des données factuelles mais en aucun cas émotionnelles : quelle a été la vie de l’artiste, où cette oeuvre se place dans sa vie, des détails techniques comme sa façon de peindre; éventuellement attirer l’attention sur une particularité qui se voit peu.
        Par contre quand on veut m’expliquer ce qu’à voulu faire voir, dire, exprimer l’artiste, avec parfois d’ailleurs des théories curieuses, alors cela m’agace et je fuis; à la rigueur cela m’intéresserait si c’était l’artiste lui même qui me le disait,
        Mais faire des hypothèses hasardeuses sur ses intentions, et souvent farfelues sur ce que représente son œuvre, cela me parait prétentieux voire parfois ridicule quand par exemple l’œuvre est peu représentative de la réalité. Je me suis amusé un jour, quand j’étais jeune, à commenter des tableaux de peinture moderne, avec une certaine ironie, et les visiteurs qui sont venus m’écouter me prenaient pour un guide! (Depuis d’ailleurs mes filles ne veulent plus m’accompagner dans les musées de peinture non représentative, mais je les laisse volontiers y aller seule !! Je me contenterai du Louvre et du musée d’Orsay).
        Cela dit je suis conscient qu’il faut faire connaître les artistes, les aider à subsister et donc je suis d’accord pour qu’il y ait des catalogues, des articles sur eux et leurs œuvres. J’ai moi même des livres sur les musées, les peintures , l’architecture et je lis volontiers ce que disent certaines bloggeuses sur les livres qu’elles lisent.
        Mais il faut que ce soit un compte rendu simple, direct, qui donne envie de voir l’œuvre et pas celui d’un « expert » qui se gargarise de mots et de connaissances ou qui veut absolument vendre quelque chose.
        Le pire que j’ai entendu, c’est un guide qui voulait me persuader qu’un tableau : une toile toute blanche avec un losange bleu au milieu, était une œuvre d’art extraordinaire. Je l’ai vexé car je lui ai dit avoir fait beaucoup de tableaux analogues quand j’avais 4 ans.!

    Partager via Gmail

    3 commentaires
  • L"enseignement par groupes de niveaux

        J’ai dit plusieurs fois que les résultats scolaires seraient bien meilleurs si on mettait dans une même classe les élèves de niveaux analogues, car cela permettrait d’ajuster l’enseignement au niveau de la classe, d’éviter que les moins bons ne se découragent et que les meilleurs s’ennuient au point de n’avoir pas d’effort à faire pour suivre et donc de ne plus faire grand chose.
        J’ai reçu récemment deux mails de professeurs, l’un qui est d’accord avec moi et l’autre qui ne l’est pas, au nom de la mixité sociale.
        Je pense que la mixité sociale n’est pas en cause. car les enfants de différentes classes sociales peuvent continuer à se retrouver dans l’établissement d’enseignement et même dans une même classe, même si on fait un enseignement par niveaux..
        Le problème est de savoir si on trie les enfants par âge, qui correspond au nombre de classes parcourues, puisque il y a très peu de redoublement; ou si on les trie par niveau de connaissances et surtout aptitude à suivre un certain rytme de travail en ayant assimilé l’enseignement délivré.
        Les expériences réalisées ont montré que le regroupement par âge était le moins bon pour l’efficacité et la réussite de l’enseignement.


        Des études ont été faites notamment par deux chercheurs ddu Laboratoire de neurosciences cognitives de l’Ecole Normale Supérieure Coralie Chevalier et Nicolas Baumard, qui ont d’abord montré que le développement des enfants peut se faire à des vitesses différentes, de telle sorte que les mêmes aptitudes sont atteintes à des âges différents.
        En France les classes sont actuellement organisées par âge, et 20% des élèves sortent du système scolaire sans formation et 10% sans le brevet des collèges.
        Les élèves les moins adaptés décrochent progressivement, et beaucoup de ceux qui pourraient être de bons élèves s’ennuient et prennet l’habitude de ne rien fiaire. Ils réussissent - même brillament- leur bac, mais calent ensuite très rapidement dans le supérieur, faute de pouvoir fournir un travail suffisant.
        On croit pouvoir améliorer la situation en faisant redoubler ceux qui ne suivent pas ou en faisant sauter des classes aux meilleurs, mais cela ne résout pas les problèmes, car cel ne change que peu l’hétérogénéité des classes. Le redoublement décourage encore plus ceux à qui on l’impose et sauter des classes entraîne des lacunes de connaissances (sauf en tout début de cycle).
        Créer des classes de « bons élèves » et de « moins bons » apporte nettement de meilleurs résultats d’enseignement, pour les moins bons comme pour les meilleurs, mais c’est relativement stigmatisant.
        Le meilleur résultat est un tri par compétences initiales dans chaque matière, (ou du moins dans les matières les plus importantes, de telle sorte que les groupes peuvent être différents d’une matière à l’autre.
        Cela n’exige pas de moyens supplémentaires en locaux et professeurs, et les emplois du temps restent les mêmes, les élèves se regroupant simplement au même moment du cours par groupes, dans des locaux, et avec des professeurs différents selon les matière, pour former des classes de niveaux relativement homogènes.
        Actuellement environ 50 millions d’enfants reçoivent un tel enseignement, notamment en Inde et les résultats sont bien meilleurs.

        Deux chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusset, Esther Duflo et Abhijit Barnegee, ont étudié les effets d’un enseignement par groupes, sur 30 000 élèves indiens et ont montré que le résultat était spectaculaire quelque soit le niveau des enfants.   
        Ester Duflo et des chercheurs de l’Université de Stanford ont effectué des études comparatives au Kenya, pendant plusieurs années, sur 120 classes de CP, en effectuant l’enseignement classique dans 60 d’entre elles et en faisant de l’enseignement par groupe dans les 60 autres, avec des programmes identiques.    
        Les résultats ont été bien meilleurs dans les classes par groupes, tant pour les élèves les plus faibles que pour les plus doués.
        Ils ont montré que les élèves doués ne « tirent pas vers le haut » les plus faibles dans les classes mélangées.  Ces derniers sont marginalisés et dégoûtés, alors que les meilleurs restent pour la plupart peu travailleurs.
        Le dédoublement des classes a aussi été testé. Il améliore les résultats, mais moins que le regroupement par groupes de niveaux et il est consommateurs de moyens (il faut presque les doubler), alors que le groupement par niveau n’en consomme pratiquement pas.
        En France, on se cantonne, sous prétexte de mixité sociale, à un regroupement par âges alors que cela n’a rien à voir. Et on n’a jamais voulu admettre ce regroupement par niveau, différent selon les matière, qui ne demande pas de moyen supplémentaire, mais exige seulement une organisation un peu plus complexe de la correspondance élèves-salles de cours et professeurs, qui est alors variable. (mais cela ne touche pas les emplois du temps).
        C’est dommage catr cela permettrait à notre enseignement de retrouver la qualité qu’il aavit autrefois, perte qui résulte, non pas de la qualité des professeurs, mais de la qualité de l’organisation.

       

     

    Partager via Gmail

    7 commentaires
  • L'égalité des chances à l'école.

              J'ai entendu l'autre jour à la télé, une discussion sur "l'égalité des chances à l'école" qui m'a horrifié.
              Il est évident qu'il y a des inégalités importantes, et des différences de résultats énormes, mais je trouve abusif qu'on les imputes uniquement à ces inégalités.
              On fustige les résultats des enfants de certains quartiers, ou ceux des résultats d'enfants maghrébins ou africains, mais je connais de jeunes français de vielle souche et de milieux aisés qui sont de vrais cancres.
              Dans l'émission c'était haro sur les instits et les professeurs, mais on oubliait l'éducation des parents et les inepties de certains de nos précédents ministres quant aux programmes scolaires.
             Et on parlait à peine des méfaits des moyens multimédias.
            J'ai entendu dire tellement d'âneries, que j'ai besoin de réagir pour me défouler !

              Le niveau scolaire n’a cessé de baisser depuis 50 ans (et pas seulement à l’école primaire), et  je pense que si l’on en cherche les causes il faudrait  examiner l’évolution certes des enseignants et notamment leur formation, mais aussi du rôle des parents et surtout les multiples erreurs et dégradations des pouvoirs publics, vis à vis de l'enseignement, de ses programmes et du corps enseignant, ainsi que l'influence catastrophique des moyens audiovisuels dont abusent les enfants.

              Je pense que les parents ne savent plus donner à leurs enfants le goût du travail, et ne s’occupent pas suffisamment pour la plupart de leurs études, sans doute trop occupés eux mêmes par leur métier, mais aussi souvent obnubilés par la peur de déplaire à leur enfant et que celui-ci “ne les aime plus”.
              Les tentations sont fortes pour les enfants de faire autre chose que travailler, avec tous les moyens multimédias dont ils disposent.. Or les parents ont tendance à s’en débarrasser tout jeunes, en les mettant devant la télé à regarder des dessins animés, puis devant un micro-ordinateur à jouer, et leur donner bien trop tôt un téléphone portable, sous prétexte de sécurité, mais en fait parce qu'il ne savent pas refuser puisque les autres parents en donnent à leur progéniture. 
              Leur ayant inculqué le virus, ils n’ont ensuite aucune autorité pour en limiter l’emploi, les conversations sur Messenger, Facebook , Snapchat, Instagram.... La plupart des jeunes ados que je connais se servent de leur portable jusqu'à des heures indues pour discuter de banalités avec leurs copains, ont un ordinateur dans leur chambre donc sans aucun contrôle, quand ce n'est pas une télé pour jouer. (tout cela au lieu de dormir).
              Même s’ils arrivent à limiter le temps passé sur des activités autres que le travail scolaire, peu de parents contrôlent celui-ci. A leur décharge, le travail à faire à la maison est souvent assez faible et par ailleurs les nouvelles méthodes d’enseignement ont tellement bouleversé aussi bien l’enseignement que le vocabulaire, que le parents ne comprennent plus grand chose à ce qu’étudient leurs enfants.
              Toujours est il que leurs enfants ne consacrent plus un temps suffisant aux études et ce d’autant plus qu’ils sont intelligents et arrivent donc à suivre à peu près convenablement leur classe en restant dans la première moitié, sans aucun effort, vu la baisse du niveau général.
              Mais je constate qu’ils ont à peu près oublié ce qu’ils ont appris deux ou trois ans avant, et que le plus souvent ils se contentent de relire le cours et les exercices faits en classe, mais, ne faisant pas d’exercices nouveaux, sont incapables d’imaginer la solution d’un problème ou d’une dissertation, qui ne ressemble pas à ceux faits en classe.
              Et je ne parle pas de la mauvaise éducation générale des enfants, qui chahutent, parlent en classe, se montrent insolents, voire agressifs, ou se servent de leur téléphone. Cela ne favorise pas la tâche des professeurs, obligés de passer beaucoup de temps à maintenir tant bien que mal la discipline, autant de temps qui était autrefois consacré aux cours, car les professeurs étaient respectés et on venait en classe pour apprendre.
              Mais maintenant ce sont les parents eux mêmes qui ne respectent plus les professeurs, en contestant leurs méthodes d'enseignement et les remarques qu'ils peuvent faire à leurs enfants, tant sur leur travail que sur la discipline.

             Les programmes et les méthodes d'enseignement ont beaucoup changé, du fait des décisions aberrantes de ministres précédents.
             
     Mes enfants en sortant de l'école primaire, savait lire, écrire sans fautes d'orthographe, compter et faire un certain nombre d'exercices d'arithmétique et de géométrie. 
      (et à réfléchir sur ce que voulait dire l'auteur) et j'ai dû leurs faire faire de nombreuses opérations et leur apprendre surface , volume, poids de diverses formes géométriques, et leur apprendre à raisonner sur quelques problèmes simples d'arithmétique. Ils n'avaient pratiquement pas d'exercices à faire, le directives étant de ne pas fatiguer ces pauvres petits, alors que, si on veut savoir faire une division avec décimale, il faut en avoir fait une centaine pour que le mécanisme soit automatique (l'apprentissage se fait par la répétition et le travail) : résultat, mes petits enfants sont incapables maintenant de faire une telle division "à la main'", car ils ont tout oublié à force de se servir de calculettes.
              J’ai dû me mettre aux “maths modernes” lors des études de mes enfants et pratiquement leur apprendre d’une autre façon plus simple et terre à terre tout ce qu’ils ne comprenaient pas (je ne sais pas si certains d’entre vous traitent encore les vecteurs à partir de notions de “bipoints”, mais il faut vraiment avoir l’esprit tordu pour imaginer cela et comprendre, alors qu'on peut tout expliquer avec quelques figures simples !!). Ma dernière fille qui a fait des maths modernes du primaire à la terminale, n’aurait pas été capable, si je ne lui avais pas appris, de faire une règle de trois pour faire ses achats, ou un petit calcul de triangles semblables, pour poser un papier peint, faire un patron de couture, ou à fortiori faire des plans d’architecture.
              Quelle idée bizarre pousse à traiter les fonctions trigonométriques sans jamais faire de figure sur le cercle trigonométrique. Sans cette référence géométrique, la notion de radian est incompréhensible, parce que purement abstraite. De même on passait facilement autrefois de la proportionnalité entre nombre à la représentation par une droite passant par l'origine, puis on la décalait et on appelait cela la fonction linéaire. Passer aujourd'hui par les transformations affines pour expliquer cette fonction est vraiment un défi à la simplicité et au concret.
              Je suis assez effaré de la complication actuelle du vocabulaire de grammaire, (par exemple sur la nature des compléments), qui n’a d’autre utilité que de rebuter les enfants et de les empêcher d’appliquer simplement les règles d’accord. Le nombre de fautes d’orthographe faites, même par des post-bac est assez ahurissante.
              Le pire est certainement de ne plus rien apprendre par coeur (il était plus facile d’appliquer une formule que l’on avait apprise et comprise que de perdre du temps à la retrouver) et surtout l’idée que l’on ne doit pas imposer de règles et schémas aux élèves, mais qu’ils doivent librement les trouver eux mêmes et les inventer, est une aberration qui est totalement contraire au fonctionnement du cerveau humain et à la formation de l’intelligence chez l’enfant. On n'invente pas ce qu'on n'a jamais appris ; l'invention (même artistique), résulte de rapprochements originaux de ce qu'on connaît déjà et que l'on va chercher dans sa mémoire.

              Je n’ai pas encore traité le problème de l’égalité des chances. Je pense que dans ce domaine, la politique menée a été aberrante et qu’on confond la mixité sociale et la répartition des aptitudes des élèves.
              La mixité sociale est souhaitable. C’est mélanger dans un même établissement des élèves provenant de milieux sociaux différents.
              Mais les aptitudes peuvent, selon les personnes et aussi letravail qu'elles fournissent, être bonnes ou mauvaises chez des élèves de tous les milieux, même si un enfant d’un milieu favorisé a plus de chance d’être aidé par sa famille (mais il a au moins autant de chances de ne pas travailler !).
              Je ne pense pas que mélanger des élèves de niveaux très différents au sein d’une même classe favorise la mixité sociale (au contraire) et par contre, cela incite les meilleurs à ne rien faire et les moins bons ne peuvent être aidés suffisamment et abandonnent.
              Il vaudrait mieux, à mon sens, rassembler les meilleurs dans une même classe et les faire travailler à un niveau qui les intéresserait, créerait la compétition et obligerait à travailler pour suivre, et en rassemblant ceux de niveaux moindre dans d’autre classes, d’adapter le rythme et les méthodes d’enseignement et au besoin de les aider davantage pour atteindre un niveau suffisant.
              L’égalité des chances n’existe pas à l’origine : elle ne peut être qu’essayer de donner à chacun le niveau maximum en fonction de ses capacités et de son travail.
              Je pense également que si on avait cessé de dévaloriser dans l’esprit des parents et des élèves le travail manuel, alors qu’un bon ouvrier professionnel ou artisan a le plus souvent, un métier pus rémunérateur que quelqu’un qui a seulement un niveau bac, un grand nombre des élèves qui échouent dans le secondaire ou au début du supérieur, auraient trouvé un débouché correct et probablement plus motivant.

     .     Et évidemment, si on payait mieux les professeurs, si on faisait valoir leur travail, si on les aidait plus à se faire respecter en classe, si on les formait mieux, en exigeant seulement une licence et en leur faisant passer le master en école, en même temps que l'enseignement de la pédagogie, si on les défendait vis à vis des parents, l'Educations Nationale se porterait mieux.

     

     

      

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique