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    La méthode Freinet

    La méthode Freinet      J'ai parlé hier de la méthode Montessori; il me parait normal de parler d'une autre méthode connue d'enseignement, la méthode Freinet, du nom d'un enseignant qui a créé une école à Vence.

              Sa méthode est moins développée que la méthode Montessori, mais elle a le mérite de ne pas demander des investissements aussi importants et donc de pouvoir s'adresser à des parents aux ressources plus modestes.
              Par contre, je n'ai lu que des articles faits par les professeurs qui emploient cette méthode et non par des chercheurs critiques indépendants.

             Comme la méthode Montessori, la méthode Freinet est basée sur la motivation des enfants d'âges différents, pour un travail qui les intéresse, et sur un travail individuel ou en groupe choisi par le ou les enfants, à l'intérieur d'un programme guidé par l'enseignant pour atteindre les objectifs d'enseigne-ment fixés par l'Education Nationale en français, sciences, maths .... L'enfant qui se passionne se discipline automatiquement et ne rechigne pas au travail.

             Mais les moyens pour les atteindre sont différents : 
                      - les sujets d'étude sont choses tous les matins en écoutant toutes les suggestions des enfants qui évoquent leur vie de tous les jours. Mais évidemment, c'est l'enseignant qui définit ensuite la façon de mener le travail pour que l'enseignement soit efficace.
                      - les travaux se font par atelier et sont des "travaux pratique", mettant en jeu la réflexion, le travail intellectuel, mais aussi le travail manuel pour que tous les sens coopèrent à la mémorisation. En outre les enfants ont la satisfaction de la "chose réalisée". 
             Il ne s'git pas de jeu, mais d'activités partant de situations réelles - cela peut être du bricolage, de la peinture, de la menuiserie, du jardinage, la comptabilité de l'école ... mais ce sont des cadres pratiques, issus de l'environnement quotidien des enfants, pour ensuite acquérir des notions demandées par les programmes scolaires.
                      - les travaux se font par "tâtonnement expérimental", pour respecter le rôle de nos centres d'apprentissage : il faut plusieurs essais après des échecs partiels pour arriver au but satisfaisant. chaque élève dispose d'un plan individuel de travail - même s'il est fait en équipe - avec des objectifs  et des tâches à accomplir. Des fiches permettent à l'élève de comparer ses réalisations à ses objectifs et l'enseignant l'aide au besoin à détecter et corriger ses erreurs. Eventuellement un camarade peut aussi en aider un autre.
              Les sécrétions dopaminergiques des neurones des centres d'apprentissage entraîne le plaisir de l'enfant suite à la réussite de son action.
                      - ces travaux souvent manuels sont le prétexte pour apprendre des notions par exemple de mathématiques, de sciences ou même de technologie. Mais la rédaction de journaux de classe, d'échanges avec d'autres ateliers ou d'autres écoles, de documents sur les réalisations faites sont l'occasion d'apprendre le français, l'orthographe, la rédaction, la description .... Certaines de ces documents sont envoyés aux parents, qui encouragent le travail de leurs enfants.
                      - le travail en groupe et les échanges sont l'occasion de s'entraîner à la communication et aux contacts sociaux.

             Je cirerai un exemple cité dans un article d'Olivier Houdé, , ancien instituteur Freinet et professeur de psychologie à l'université Paris : le "projet bouclier" effectué dans une classe d'élèves de 5 à 8 ans, dont l'un d'entre eux s'était passionné pour les boucliers des chevaliers et avait motivé toute la classe. Le professeur a alors organisé un atelier de fabrications de boucliers, pendant une partie du temps de deux semaines.
             La décoration a été l'occasion d'étudier des figures géométriques, de calculer des dimensions, des surfaces, de calculer le prix d'achat des fournitures (carton, colle...). Il y a un travail manuel, mais aussi une organisation : atelier de découpe, de collage, de dessin, de décoration... Puis les élèves ont rédigé un document sur l'emploi du bouclier par les chevalier. Ils ont mimé des combats et ont dû les raconter. Un petit document  été publié et envoyé aux parents.
             C'est évidemment à l'enseignant à harmoniser des actions pour qu'elles cadrent avec les programmes officiels de connaissances;

             Comme pour la méthode Montessori les résultats en sciences sont équivalents à ceux obtenus par les méthodes classiques, mais par contre les résultats en français et expression écrite et orale sont meilleurs. Par ailleurs les violences et les d'incivilités ont disparu et l'attention et la motivation des élèves est beaucoup plus grande.

             L'un des points que j'ai retenu est le rôle du "tuteur" assuré par l'enseignant, mai aussi par un camarade vis à vis d'un autre, et qui est aussi un facteur d'apprentissage pour l'élève qui aide l'autre (et cela je l'ai expérimenté moi-même quand, enfant, j'étais en classe, car à l'époque c'était une règle que suivaient les professeurs).
             Ce rôle introduit un sentiment de confiance entre élève et tuteur, très différent pour l'enseignent de celui qu'il peut inspirer dans un discours magistral pédagogique collectif depuis son bureau et le tableau noir ou blanc.
             Mais il est sans doute plus difficile pour lui, car il doit sans cesse inventer des sujets et des tâches nouvelles. il lui faut susciter le concours de l'enfant à la pêche demandée, lui préciser, la simplifier éventuellement, détecter ses erreurs, l'aider à se mettre sur la voie des solutions, lui éviter un sentiment d'échec, mais l'aider à se réorienter, à mesurer ce qui lui reste à faire pour atteindre l'objectif. Lui faire aussi percevoir l'organisation et l'enchaînement des tâches.
             C'est sûrement passionnant, mais cela demande beaucoup plus de travail et d'engage-ment de la part de l'enseignant.

             Enfin, alors que la méthode Montessori  est surtout utilisée en maternelles, CP et CE1, la méthode freiner est tout à fait utilisable dans tout le primaire et même en 6ème et 5ème et semble y donner les mêmes bons résultats.
            Je n'ai pas trouvé d'article sur son emploi dans les lycées techniques où elle devrait aussi donner de bons résultats. 

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  • La méthode Montessori

     La méthode Montessori
                 Quand j'étais gosse et que j'avais des tentations de flemme, ma grand-mère, qui avait été institutrice dans sa jeunesse, me disait : "Rappelle toi que quand tu es né, tu n'avais rien dans le cerveau, seulement un énorme potentiel d'apprentissage; alors rappelle toi aussi que c'est en écoutant tes parents et tes professeurs que tu deviendras intelligent."

             Je n'ai jamais oublié ces paroles et j'ai, tout au long de mes études, puis en écoutant tous ceux qui m'ont appris de nouvelles choses, essayé de devenir plus intelligent.
             Alors je suis inquiet quand je vois certaines statistiques concernant les 12 millions de cerveaux qui font leurs études, qui passent en moyenne 4 heures par jour devant un écran - télévision, tablette ou ordinateur - et de plus consultent deux milliards de fois leur smartphone grâce à une connexion sur internet.
             Les rapports de l'Education Nationale évoquent une baisse de 40 % des performances de lecture et de calcul, et je constate qu'une jeune de 30 ans de mon entourage, qui a toujours eu en main une calculette, et a des diplômes de bac +3, ne sait plus faire, à la main, une division avec décimales.
             Je suis aussi souvent en contact, par mes blogs, avec des jeunes et je constate que la pensée critique, le bon sens, la confiance en soi et la capacité à se motiver et à soutenir son attention, et à résoudre des problèmes de manière simple et flexible, sont souvent faibles.
             La société a terriblement évolué depuis la jeunesse de ma grand mère (un peu plus de 100 ans) et on peut se demander si les méthodes d'enseignement, notamment primaires, sont encore adaptées à notre évolution.

             J'ai déjà lu des article sur une méthode innovante d'enseignement, la méthode Montessori, mais je ne trouvais pas d'avis très pertinent, d'une part parce que c'était le plus souvent les personnes qui mettaient en œuvre la méthode, qui la jugeaient, et d'autre part parce que les comparaisons avec l'enseignement classique étaient biaisées, car l'échantillon de population était particulier, cette méthode n'étant pratiquée que dans des écoles privées, d'un coût élevé, et donc fréquentées par des enfants de parents très aisés, ou faisant un énorme effort financier pour leur éducation.
             Pour la première fois, je viens de lire un article sur une étude faite sur 200 élèves d'une école publique, par un chercheur en neurosciences au CNRS, Jérome Prado et sa doctorante Philippine Courtier, en collaboration avec Alexis Gascher, enseignant à la maternelle Ambroise Croizat.
              A titre d'information, on compte en France presque 200 écoles utilisant cette méthodes, 115 maternelles regroupant 455 professeurs, 64 écoles primaires et 4 collèges, la plupart privées.   

             En quoi consiste la méthode Montessori et pourquoi a t'elle été utilisée ?

             Les neuro-scientifiques ont attiré l'attention sur le fait que la capacité d'apprentissage et le rythme de travail est très variable d'un enfant à l'autre. L'âge n'est pas un critère absolu, surtout pour la maternelle et les écoles primaires, car la capacité d'éveil et son développement sont  très variables selon les structures des cerveaux et l'environnement familial.
            La méthode actuelle, qui consiste à classer les enfants par classes de même âge et faire un enseignement collectif groupé, n'est peut être pas la mieux adaptée (j'ai déjà fait un article à ce sujet le 05/05/2019). L'enseignant qui fait des cours derrière un bureau, face aux élèves, n'est peut être plus adaptée et la motivation et l'initiative des élèves sont faibles, et cela se ressent au collège où les élèves ne sont pas assez attentifs et où le professeur passe une partie du temps à imposer la discipline et à essayer d'appeler l'attention de ses élèves. De plus le système de concurrence engendré par la notation ne motive pas énormément les meilleurs et dégoûte les moins bons.

             La méthode Montessori veut réagir face à cette constatation en laissant aux enfants beaucoup de libertés pour choisir ce qu'ils vont étudier - en apparence seulement car un matériel pédagogique très élaboré et l'aide de l'enseignant qui va de l'un à l'autre, assure cependant un programme précis.(malheureusement ce matériel pédagogique et cher et rend la méthode onéreuse).
             Dans une école Montessori, les enfants sont groupés par tranches d'âges d'au moins 3 ans et ils étudient selon les moments et leur envie, seul ou avec un autre qui peut être plus ou moins âgé. Les tables sont rangées de façon à favoriser le travail individuel et par secteur (mathématique, lecture, français, arts..), avec à chaque fois des matériels adaptés à plusieurs niveaux d'apprentissage, ces matériels comportant une reconnaissance d'erreur pour indiquer à l'enfant qu'il doit refaire l'essai (c'est le principe de base de l'apprentissage du cerveau). Il n'y a ni punition ni notes, mais l'enseignant évalue en permanence les progrès des élèves.
             L'enfant a une grande liberté de choix de son emploi du temps et de son choix de travail, progressant à son rythme, guidé bien sûr par le professeur.
            Il en résulte un enseignement très individualisé où l'enfant est censé s'engager pleinement, suit ses motivations et collabore éventuellement avec d'autres, mais évidemment guidé par l'enseignant.
    (en particulier pour qu'il varie ses activités et ne se consacre pas à une matière unique)

            A vrai dire cela ne m'apparait pas si nouveau que cela, car, il y a 80 ans certaines méthodes analogues existaient déjà.
            Je n'ai pas connu la maternelle car mes grand parents m'avaient appris à lire écrire et calculer et je suis entré directement en CE2, mais dans l'école où j'étais les enfants de la maternelle n'étaient pas séparés par âge et CP et CE1 étaient ensemble, les tables étaient disposées en demi cercle autour de celle du professeur derrière laquelle était le tableau noir, et les instits, après un cours commun,  allaient d'un  élève à l'autre pour l'aider. Tout au long de mes études secondaires les professeurs demandaient aux élèves qui comprenaient plus vite, d'expliquer à ceux dont l'apprentissage était moins rapide, et j'ai compris et appris au moins autant les cours en essayant de les expliquer aux autres qu'en écoutant le professeur. Mais bien sûr celui-ci surveillait ce que nous faisions et rectifiait si nous faisions une erreur d'explication.
           Par contre les emplois du temps étaient plus rigides que dans la méthode montessori et tous les élèves (sauf en maternelle) faisaient le même genre d'activité à un moment donné. Mais les exercices étaient adaptés à chacun, suivant ce qu'il avait déjà compris et était capable de faire et le professeur passait plus de temps à aider ceux qui avaient le plus de mal à suivre, mais ceux qui avaient compris plus vite ne s'ennuyaient pas et ne consultaient pas leur smartphone (qui n'existait pas encore), car on leur donnait des exercices plus nombreux et plus difficiles à faire.

          Revenons à la méthode Montessori : que dit l'étude qui a été faite pendant 3 ans, dans cet établissement public d'un secteur prioritaire de Vaux-en-Velin, donc dans un quartier où les difficultés sociales compliquent la réussite scolaire ? Dans cette école la moitié des élève a suivi une formation classique tandis que l'autre moitié une scolarité inspirée des méthodes Montessori, 
          Que dire des enfants de cette seconde moitié.?

          D'abord les élèves semblent motivés et content de ce qu'ils font; bien que très actifs ils sont calme, ne chahutent jamais, même s'il travaillent plusieurs ensemble, et le professeur peut se consacrer entièrement ) l'enseignement sans être obligé de maintenir en permanence la discipline.
    Ils s'engageaient plus facilement dans l'apprentissage et avaient autant de maîtrise de soi et de capacités sociales que les élèves du système classique, et par contre les conflits étaient moins fréquents.
         Les résultats calcul se sont avérés équivalents dans les deux types d'enseignement.
         Par contre les enfants des classes de maternelle Montessori sont beaucoup plus performants en lecture, et en maîtrise du vocabulaire et cela pour l'ensemble des élèves, ce qui est important puisque tout enseignement est basé sur le langage et la consultation de textes écrits.
        Ce meilleur résultat semble dû à la méthode utilisée par le matériel pédagogique : elle n'essaie pas au départ de reconnaître des mots associés à des objets, ni même d'assembler des syllabes, mais elle apprend initialement à associer les "phonèmes "- les sons, la prononciation, et les "graphèmes" :- la façon dont ils s'écrivent -. Ce n'est que lorsque ce mécanisme sera acquis que l'on passera aux syllabes, puis aux mots. Et cet apprentissage est fait uniquement en lettre cursives : l'enfant apprend à écrire en même temps et par ailleurs l mémorisation est meilleure car les centres de commande des mouvements de la main y participent. On construit les mots avec la vue, l'ouïe et le mouvement de la main.

         Par contre l'inconvénient de la méthode Montessori est d'être chère en investissements de matériel pédagogique.

         Les résultats de cette étude sur la méthode Montessori sont très encourageant, mais ils ne portent que sur des élèves de maternelle. Personnellement je voudras bien voir une études jusqu'en CM2 !. Par ailleurs il est très difficile de différencier l'apport de l'organisation de la classe, de celui du matériel pédagogique et des méthodes pédagogiques elles mêmes, telle que celle de la lecture, qui effectivement tiennent davantage compte du fonctionnement de notre cerveau.
        Mais certaines parties de la méthode mériteraient sûrement d'être généralisées.
        J'aimerais connaître l'avis des professeurs des écoles, qui nombreux fréquentent Eklablog. J'ai déjà lu quelques blogs sur ce sujet.

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  • La lecture rapide

         A la suite de mes articles sur l'apprentissage à l'école et l'utilisation de notre cerveau, j'ai eu pas mal de questions. Je vais essayer de répondre à celle-ci :
                  ”La vitesse de lecture joue-t-elle un rôle dans la facilité et la qualité des acquisitions?”

        Je vais essayer de répondre à ces questions en expliquant comment on peut acquérir une plus grande vitesse de lecture et comment je l’ai fait moi-même quand j’avais une trentaine d’année, avec l’aide d’une collègue psychologue qui faisait de l’orientation professionnelle et s’intéressait à l’enseignement de la lecture.
        Mais cette augmentation de vitesse de lecture se traduit par une baisse de la qualité de compréhension.

        Pendant longtemps l’homme n’a connu que la “tradition orale”, mais les informations étaient mal transmises et peu à peu déformées.   
        Puis, pendant des siècles, le livre, d’abord manuscrit, puis, après Gutemberg, imprimé, a constitué le seul moyen d’enregistrement, de conservation et de transmission de la connaissance.
        Mais, depuis quelques dizaines d’années, la radio, le CD, le DVD, le film et Internet remplissent le même office : ils nous transmettent les messages sous une forme plus facile et plus séduisante que ne le faisait l’austère imprimé. En effet, il est plus reposant d’écouter un journaliste que de lire un quotidien. Nous prenons plus de d’intérêt à la vision d’un documentaire télévisé qu’à la lecture d’un livre sur le même sujet.
        Or, à la surprise générale, et contrairement aux prévisions émises il y a quelques décennies par les spécialistes, la production de textes imprimés n’a pas baissé face à cette redoutable concurrence.
        La raison de cette supériorité du texte sur le langage sonore est simple : on lit beaucoup plus vite qu’on ne parle.
        Tandis que l’auditeur d’un conférencier, d’un disque, de la radio, le spectateur d’un film, d’une émission de télévision, perçoivent le message à la vitesse d’articulation orale du  speaker  à un rythme moyen de 150 mots à la minute, un lecteur  lit entre 300 et 500 mots par minute.

        Peut on lire plus vite ?
        On peut vraiment augmenter sa vitesse de lecture de 30 à 50%, mais il faut savoir parfaitement lire et avoir déjà beaucoup lu, avoir une bonne mémoire et  avoir un cerveau préfrontal presque totalement mature (donc disons plutôt étudiant qu’élève)
       
    Les méthodes de lecture rapide sont à proscrire totalement pour un enfant qui ne sait pas encore parfaitement lire, car on risque de perturber considérablement de façon durable sa façon de lire.


        Les méthodes sérieuses de lecture rapide comportent en effet cinq types d’entraînement :
            - d’abord apprendre à se concentrer au maximum.
            - éliminer la subvocalisation. (la vocalisation interne inconsciente de notre cerveau qui prononce mentalement les mots).
            - élargir physiologiquement son champ de lecture et maîtriser les saccades de ses yeux.
            - apprendre à repérer les termes importants.
            - apprendre à résumer et retenir l’essentiel d’une lecture,
    méthodes qui ne sont pas à la portée d’un enfant et empêchent au contraire le bon apprentissage initial de la lecture.

        Contrairement à ce que l’on croit, la lecture rapide demande une attention plus grande que la lecture habituelle, et il faut se concentrer et demander un effort beaucoup plus grand à notre cortex préfrontal. On se fatigue donc plus vite et on ne peut pas lire ainsi tout un roman : ce type de lecture est réservé à des documents peu volumineux et des temps de lecture séparés par des temps de repos entre les documents lus (par exemple du courrier).
        Il faut apprendre à se concentrer au maximum et surtout à maintenir sa concentration. C’est une question de volonté et de fatigue.

        La subvocalisation est le phénomène consistant à prononcer mentalement les mots lus lors d'une lecture silencieuse c'est-à-dire que la lecture devient un discours intérieur.. Elle est inutile et ralentit beaucoup la lecture sans améliorer la compréhension car le cerveau n'a pas besoin d'« entendre » le mot pour en comprendre le sens.
        Mais contrairement à ce que l’on dit ce n’est pas un défaut. Elle est nécessaire au moment de l’apprentissage de la lecture, de la même façon que lorsque, sachant écrire à la main, vous apprenez à taper de vos dix doigts sur le clavier : au début vous épelez les mots pour chercher les touches et ce n’est que lorsque vous vous serez débarrassé de cette habitude que vous taperez vite en anticipant mentalement sur votre frappe, comme vous le faisiez sur votre écriture.
        On arrive avec l’habitude à se forcer à ne pas subvocaliser, mais on constate alors que les erreurs de compréhension et de mémorisation sont alors plus nombreuses.

        On sait aujourd'hui que I'œil d’un enfant ne peut voir plus d'un mot complet. En raison du câblage des cellules photo-réceptrices de la rétine au cerveau, nous ne voyons avec précision qu’un tout petit secteur sur le papier, et les enregistrements réalisés avec des caméras  montrent que les yeux de l'enfant réalisent de courtes pauses sur les lettres au rythme de trois par seconde, saisissant de petits groupes de lettres les uns après les autres.
        Un adulte peut augmenter ce champ de vision  en déplaçant un carton muni d’une fenêtre devant le texte, cette fenêtre étant agrandie progressivement à deux puis trois mots au cours de l’apprentissage, de même qu’on augmente la vitesse de déplacement de la fenêtre et que l’on diminue ainsi les temps de pause.
        On peut ainsi augmenter le champ de vision des mots et la vitesse de parcours du texte, mais ceci n’est possible qu’à une distance assez précise du document qui dépend de votre vision.

        Mais ceci ne suffit pas et vous risquez de ne pas bien assimiler ce que vous lisez et il faut un entraînement complémentaire cognitif pour faire travailler davantage et mieux votre cerveau frontal.
        Les connaissances ou souvenirs stockés en mémoire à long terme peuvent durer des semaines, voire toute une vie (si on les rappelle régulièrement). Les connaissances ou souvenirs stockés en mémoire à court terme (les mémoires “tampon” dont se sert le cortex préfrontal), ne durent qu’au plus quelques secondes si un effort n’est pas fait pour se les rappeler (par exemple par répétition).
        Il y a trois états possibles d’une connaissance : un état de non-acquisition; un état d’acquisition instable (stockage en mémoire tampon); un état d’acquisition stabilisé (stockage en mémoire à long terme). Des expériences ont montré que l’utilisation d’une méthode qui choisit selon certains critères les items à réétudier optimisait l’efficacité des études.
        La lecture rapide va de pair avec une bonne mémoire, d’une part à court terme et d’autre part une bonne transformation en un souvenir à moyen terme.
        Un lecteur qui ne peut conserver en « mémoire immédiate” tous les mots d’une phrase, trébuche mentalement, revient en arrière : il lit donc plus lentement et retient mal.
        Il arrive à l’oeil du bon lecteur et aux mécanismes mentaux qui le commandent, d’anticiper certains des mots des phrases qu’il lit et donc de les lire plus vite. De même notre cerveau préfrontal fait des prévisions par exemple celle de la signification du mot. (soit « venir » soit « apparaître » pour le mot « venir ») ou la nature syntaxique du mot (substantif, verbe, adjectif...) ou son genre (masculin, féminin).
        Ce n’est plus la lecture proprement dite qui va plus vite, mais le mécanisme de reconnaissance et de compréhension dans le cortex frontal et les centres associés de la mémorisation des mots (centres de Wernicke et de Geschwind, dont j’ai déjà parlé dans des articles sur la parole).
        On peut donc d’une part faire des exercices pour améliorer sa mémoire à court terme et la transformation des données en mémoire à moyen terme et d’autre part des exercices qui font reconnaitre dans le texte qu’on lit, sujet, verbes, complément et adjectifs, prépositions ou adverbes importants (par exemple les négations !), en négligeant en quelque sorte les autres mots.
        Un bon entraînement consiste également à résumer des textes en en sortant les idées principales.
        Ainsi, la recherche de “mots signaux” dans une page et la sélection des parties essentielles permettent au lecteur de démultiplier sa vitesse de lecture, en augmentant la vitesse de traitement de notre cortex frontal et des centres associés, notamment de la mémoire des mots.

        J’ai fait il y a 50 ans un tel apprentissage de lecture rapide et je peux vous certifier que l’on augmente sa vitesse de lecture de façon notable, mais sur des textes courts et au détriment de la compréhension des nuances et des détails.
        Mais cela permet par exemple de gagner un temps précieux sur la lecture du courrier.
        Vous vous rappelez les lettres que vous avez lues, les sujets et en gros ce qu’elles disaient.
        Mais si l’une d’elle est très importante et comporte des points particuliers, en général vous la mettez de coté pour la relire à vitesse normale, en pesant tous les termes.
        C’est vrai également pour un contrat, pour un article scientifique. Cela vous permet d’en parcourir vite les pages et de cocher certains paragraphes importants, que vous viendrez relire ensuite, pour mieux en saisir les nuances.
        Je ne conseille pas à mes correspondant(e)s littéraires de lire ainsi les livres nécessaires à leurs études, ni aux étudiant(e)s de prépa ou de médecine de lire leurs cours pour les apprendre en lecture rapide
     
       La lecture rapide n’est qu’un survol de reconnaissance d’un texte.

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  • http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/distraction.jpg

         Quand je discute avec des professeurs, ceux ci me disent que leur principal problème est que les élèves ne font pas attention et pensent à toute autre chose qu’écouter le cours.
        Et que même s’ils font attention, celle-ci ne dure pas.
        Quand je donnais des cours à mes petits enfants, je constatais aussi que j’avais beaucoup plus de mal à conserver leur attention qu’avec mes enfants à des âges et sur des sujets similaires).
        Et il suffit qu’un défaut d’attention fréquent s’installe pour que les résultats scolaires basculent !
        Beaucoup d'enfants sont décrits comme «inattentifs», tant par leurs parents que par leurs enseignants: 30 pour cent de filles et 50 pour cent de garçons d'âge scolaire.
        Alors je me pose la question : qu’est ce qui a changé? Est ce une question d’attention ou de motivation.?
        J’aimerais avoir votre avis, notamment celui des professeurs.

        Que disent les neuro-biologistes?

        L’attention est principalement le fait du cortex préfrontal du cerveau et il n"est pas encore matures chez les jeunes. De plus la fatigue intervient plus vite.
        Les enfants ne sont pas faits comme les adultes et ont leurs propres rythmes dont on ne tient pas assez compte.
        Schématiquement, l'attention augmente au fil de la matinée, puis baisse avant le repas. On note une dégradation après le repas de midi, puis l'attention remonte en milieu d'après-midi.
        Le professeur de psychologie à l'Université de Tours, François Testu, a établi ces variations et a proposé de ne pas démarrer les activités nécessitant une attention soutenue tout de suite après l'arrivée des élèves à l'école, ni juste après le repas. Mais ce n'est pas toujours facile de faire les emplois du temps !
        Il faut aussi savoir que chez l'enfant, une attention très soutenue ne dure que 10 minutes. Et une attention modérée, tout au plus 1 heure 40.
        Les connaissances sur les rythmes des enfants ne sont pas encore suffisamment intégrées dans la conception des programmes et des emplois du temps. Ce n’est pas d’ailleurs facile car l’élaboration des emplois du temps d’un collège ou d’un lycée est un vrai casse-tête.

        En fait pour obtenir l’attention en classe, Claire Lecomte Lambert, professeur de psychologie de l’éducation et chercheur à l’université de Lille, met en avant quatre objectifs :

        - Eveiller l’attention de l’enfant, c’est à dire la mettre en route le matin.
    Pour que le niveau de vigilance soit satisfaisant, il faut que les paramètres physiologiques de l’éveil du corps soient atteints et stabilisés (activité du cerveau, toonus musculaire, rythmes cardiaque et respiratoire, température et sécrétions hormonales.).
        Il faut réclamer l’attention et essayer que les enfants et les jeunes sachent reconnaître s’ils sont ou non concentrés.

        - Diriger l’attention sur un objet et en particulier l’enseignement du professeur en faisant abstraction de tout ce qui peut distraire.
        Il faut arriver d’abord à ce que le cortex préfrontal ne soit pas inhibé par des émotions et donc essayer d’éviter tout climat émotionnel, que les jeunes ne sauraient maîtriser..
        Difficile de se concentrer quand, durant le cours de mathématiques, on pense au dernier disque acheté, au film que l'on verra samedi, à la télévision que l'on a regardé trop tard la veille, ou encore à la faim qui commence à se faire sentir. Dans ces conditions, les identités remarquables sont difficiles à mémoriser lol.
        Dans les écoles d’ingénieurs autrefois, comme dans les écoles normales d’instituteurs et professeurs, on avait des cours de “communication” ou de “pédagogie”, où l’on apprenait comment faire passer un message, par l’oral d’abord, mais aussi en se servant de supports, qui à l’époque, n’étaient que des tableaux noirs ou blancs ou des tableaux de feutres pour mettre des petits cartons de couleur, annotés..
        Aujourd’hui les logiciels genre Powerpoint nous donnent des possibilités infiniment meilleures surtout en matière d’images éventuellement animées ainsi que des films éducatifs..
        On apprenait à se servir des intonations de voix ou du questionnement, des intermèdes qui pouvaiuent réveiller l’auditoire, à se servir des lettres, des couleurs et des images.
        Mais les programmes ayant été  augmentés on a souvent supprimé ces cours et c’est aujourd’hui une vrai lacune.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/interet.jpg

        - Savoir ne pas surcharger celui qui écoute au plan cognitif.
        On apprenait aussi à ménager les efforts des auditeurs en combinant le discours et la projection ou l’écrit au tableau, pour qu’ils se complètent et se relaient, mais ne fassent pas double emploi, à ne pas attirer l’attention sur plusieurs points à la fois, mais à la concentrer sur l’information que l’on voulait faire passer.
        Répéter certaines explications de façon différente pour mieux faire comprendre, exposer les faits et l’analyse (pour les personnes de préférence de perception S) et aussi les schémas et théories et les synthèses (pour les personnes de préférence de perception G).
        Et se rappeler qu’il est  difficile pour les élèves ou auditeurs de faire plusieurs choses à la fois.
        Je me rappelle les premières dictées que me faisait ma grand mère, j’avais du mal à écouter sa voix qui dictait, comprendre le texte, écrire, réfléchir à l’orthographe des mots et donc lire ce que j’écrivais. C’était faire cinq tâches en même temps.
        Dans les classes supérieures où l’on n’a pas de cours écrit et où on prend des notes, c’est encore plus complexe, car on ne réfléchit plus simplement au sens des mots dictés, mais à comprendre ce que dit le professeur et à faire une synthèse de ce qui est essentiel , c’est à dire de ce que l’on doit noter.
        Quand je fais une conférence, pour ne pas mobiliser ainsi sur la prise de notes l’attention des auditeurs, je leur demande d’écrire sur la feuille de présence leur adresse électronique, pour que je leur envoie le diaporama de mon exposé, y compris les notes jointes à chaque diapo, qui m’aident dans mes explications et mon exposé. Ils peuvent ainsi se concentrer sur l’écoute.

        - Maintenir l’attention dans le temps.
        C’est certes une question de méthodes d’expression comme je l’ai dit précédemment, mais il faut aussi apprendre à observer l’auditoire, tout en faisant son exposé.
        Essayer de voir si les auditeurs ont compris une explication difficile et les inciter à poser alors des questions, déceler la fatigue générale ou l’inattention chez certains et les réveiller par des anecdotes ou des questions.
        Là encore cela s’apprend.

        Je voudrais par exemple attirer l’attention sur les distraits car il faut savoir reconnaître les “distraits dissipés” dont l'attention est incapable de se fixer avec stabilité, passant sans cesse d'une idée à l'autre, et les « distraits absorbés », ceux qui sont absorbés par une idée, indifférents à ce qui les entoure, offrant peu de prises aux événements extérieurs.   
        Seuls les distraits dissipés gênent et il faut apprendre à les calmer.ou à les sortir de leurs rêves.
        Les “distraits absorbés”, parce que très attentifs, paraissent précisément incapables d'attention : ils restent attentifs à leur objet de réflexion, si bien que le professeur a du mal à mobiliser leur attention sur autre chose, si cet objet n’est pas le cours
        On les accuse à tort, d'être “dans la lune” parce qu'ils focalisent leur regard sur un point précis pour éviter toute distraction extérieure. Il n'est pas rare que la personne qui regarde obstinément le plafond, cherche à éviter les distractions, car c'est le seul moyen pour elle d'écouter
        Lorsqu'on intervient auprès d'elles, c'est pour leur demander de faire attention, et c'est une erreur car elles font attention.
        La difficulté est de savoir si elles rêvent à quelque chose qui les absorbe ou si elles écoutent le cours où la conférence.
         C’est notamment vrai pour les jeunes et surtout les enfants car nous avons tendance à croire qu'un enfant qui se concentre doit ressembler à un adulte qui le plus souvent, regarde la projection, le conférencier ou le professeur.

        Aujourd'hui, la psychologie et les neurosciences nous montrent que les enfants ne ressemblent pas toujours aux adultes' même lorsqu'ils effectuent des tâches similaires, et les adultes n'en tiennent pas assez compte.

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  • Apprendre en casse (4) : former et utiliser notre mémoire.

      Aujourd’hui, je voudrais voir comment la mémoire contribue à nous rendre intelligents et à la réussite scolaire.

        Les études neuro-psychologique montrent que l’enfant dispose dès sa naissance des outils pour acquérir des connaissances. 

        Évidemment, tous les enfants n'ont pas les mêmes capacités de mémorisation. 
        Les vrais jumeaux obtiennent des résultats plus proches que les faux jumeaux dans les tests de mémorisation. Le patrimoine génétique détermine ainsi en partie la capacité d'un enfant à assimiler des connaissances. 
        Mais la partie génétique, pour employer une analogie avec l'informatique, n’est que le “disque dur” du cerveau. Il peut avoir une capacité énorme et n'être jamais rempli, faute de transmission, d'éducation, de formation et d'apprentissage. La plupart des enfants ont un disque dur suffisant pour apprendre énormément de choses. C'est donc l'environnement qui va être décisif.
        La mémoire ne se développe que si on l’entraîne ! 

        Jusque vers les années 1970, on croyait que l'intelligence était assimilable au raisonnement, et l'on valorisait à outrance les mathématiques selon le postulat que, mieux on raisonne, plus vite on acquiert des connaissances. 
        Les méthodes correspondantes n’ont pas été efficaces puis le psychologue américain Allan Collins et son collègue informaticien Ross Quillian ont découvert notre “mémoire sémantique”  (j’en ai parlé dans un article).
        Ils observent que les connaissances sont classées dans notre esprit de façon hiérarchique, selon des arborescences, un peu comme dans un ordinateur,.
        L'intelligence ne fonctionne pas à partir de rien, mais à partir d'un réseau de connaissances que l'on classe à mesure qu'on les apprend. 

        En étudiant les résultats scolaires d’élèves les psychologues ont montré que, plus les connaissances fondées sur des vocabulaires du programme étaient étendues, plus les résultats scolaires étaient bons, y compris en mathématiques, alors que l'inverse n'est pas vrai
        Ils pensent que le raisonnement pur comptait pour 25 pour cent dans la réussite scolaire globale et la mémoire, pour 50 pour cent. La quantité de connaissances mémorisées est deux fois plus importante pour la réussite scolaire que le raisonnement : car la logique pure ne permet pas de déduire toutes les informations. 

        Je vous rappelle quelques notions sur la mémoire que j’ai développées dans d’autres articles : 

        Nos sens envoient les informations vers le thalamus qui fait un premier tri et transmet ce qu’il juge pertinent dans des mémoires de travail temporaires qui les gardent quelques secondes pour que le cortex préfrontal puisse les traiter : une mémoire pour les mots, l'autre pour les images, toutes deux à capacités limitées)
        Le cortex préfrontal fait mémoriser certaines de ces sensations dans la mémoire “épisodique” (ou chronologique) qui stocke en quelque sorte l’histoire de notre vie.
        Par ailleurs nous avons une mémoire dite "lexicale" qui est celle des mots, du vocabulaire et elle classe les mots en fonction de leur signification, (par exemple les couleurs), de la nature des objets représentés (par exemple les outils), et établit des liaisons logiques (par exemple tout ce qui se rapporte à une personne donnée, à un type d’événement...)
        Mais les chercheurs qui essayaient de créer des logiciels de traduction automatique d’une langue à l’autre, se sont aperçu que le même mot avait souvent de nombreux sens et que le seul moyen de trancher était le contexte de la phrase.
        Ils ont ainsi découvert que nous avions “une mémoire du sens des mots que l’on appelle la “mémoire sémantique”. Elle inclut la mémoire lexicale, mais suppose que le classement des mots est fait de façon hiérarchique, les catégories étant emboitées les unes dans les autres du détail et du particulier au plus général, sous forme d’une arborescence.
        
        Lorsqu’on veut se rémémorer une information on peut y accéder directement, les connexions se faisant entre des informations déjà en mémoire dans le cerveau : si on demande  quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV? , le cerveau a déjà stocké le mot “blanc” dans les couleurs et donc il saura répondre immédiatement.
        Si l’on demande par contre “ce cheval a t’il un estomac” ?, la réponse n’est pas automatique car estomac est peut être codé dans notre mémoire lexicale, mais pas lié hiérarchiquement au cheval.  Le réseau de connaissances va être activé pour trouver que le cheval est un mammifère, lequel mange et devrait avoir un estomac. C’est une “déduction” et les chercheurs appellent cette démarche une “inférence”.
        Comme le montre cet exemple, ce n’est pas une question de logique, de mathématiques, ou d’intelligence, mais une question de connaissances :  cheval= mammifère  mammifère= nourriture = estomac.
        Ces connaissances on les acquiert par l’instruction ou par l’expérience, c’et à dire au départ une perception, emmagasinée dans la mémoire épisodique, et dont le cerveau extrait des données pour former les réseaux de connaissances de la mémoire sémantique.
        On ne nait pas avec une mémoire sémantique, il faut  “construire ces connaissances à partir du vocabulaire (mémoire lexicale) et des expériences (mémoire épisodique). 
        La mémoire sémantique chez l'enfant est fabriquée à partir de l'abstraction de plusieurs épisodes. 
        Un exemple : si le premier épisode « canari » pour un enfant est souvent Titi, il va aussi enregistrer d'autres épisodes ultérieurement, un canari vu dans un livre, un canari dans une animalerie, un autre dans un documentaire.
        Finalement, des mécanismes cérébraux d'abstraction (cerveau préfrontal) vont extraire les points communs de tous ces épisodes pour constituer le “concept générique de canari”. 
        Les définitions des adultes et des enfants diffèrent... Un adulte tend à évoquer un canari de façon générique en déclinant des propriétés générales : « C'est un oiseau, petit et jaune » tandis qu'un enfant répond plus souvent en décrivant un épisode : « C'est Titi »...
        La mémorisation est donc nécessaire aux raisonnements par inférence, mais elle participe à la création du sens, au sein de la mémoire sémantique. 

        Il faut donc au départ que notre cerveau se forge une mémoire lexicale, ce qui est plutôt du domaine de l'apprentissage par cœur. Par contre pour apprendre le sens des choses et construire sa mémoire sémantique, il faut  multiplier les épisodes et les expériences.
        Un cours n’est donc qu’un “gros” épisode” et il faut de nombreux exercices derrière  écrits, ou audiovisuels pour conforter notre mémoire sémantique, alors que la tendance dans l’enseignement a été de minimiser les exercices, par rapport à autrefois pour ne pas fatiguer les élèves (et leurs parents !), en leur donnant du travail à la maison. Cette tendance diminue un peu aujourd'hui.

        N'opposons surtout pas l'apprentissage par cœur à la compréhension. L’un et l'autre sont indispensables et complémentaires : l'apprentissage par cœur est le moteur de la mémoire lexicale, tandis que les expériences sont le moteur de la mémoire sémantique. 

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