• Enfants précoces ou surdoués ?

    Enfants précoces ou surdoués ?

         J’ai fait plusieurs articles sur les diverses facettes de l’intelligence, et j’ai parlé notamment du QI. Mais je n’ai pas parlé des enfants précoces ou surdoués et des problèmes que cela soulève.
        J’ai eu plusieurs fois l’occasion de rencontrer des “enfants surdoués”.
        J’en ai connus aussi quand j’étais enfant, mais on ne les appelait pas ainsi. On disait simplement qu’ils étaient un peu plus doués que les autres (et encore !) et on parlait d’enfant précoces ou “en avance”.
        Alors j’ai cherché un peu de la doc dans mes bouquins et sur internet, et cela m’inspire quelques articles que je vais publier.

        Qu’est ce qu’un enfant précoce et qu’un enfant surdoué pour les psychologue ?
        La définition qu’on donne souvent est liée au QI et cela me paraît bien léger car, comme je vous l’ai montré le QI ne teste qu’une partie de l’intelligence et si on fait plusieurs tests à divers intervalles, les scores varient de quelques points. A mon avis, le QI n’est pas une référence suffisante pour classer un individu dans une catégorie s’il n’est pas accompagné d’un bilan psychologique plus important.
        Il s’agit toutefois de tests de QI rigoureux par rapport à ceux des magazines, et destinés aux enfants, issus des tests initiaux de Binet et ils sont surtout valables vers 10/12 ans
        Un enfant doué a un QI entre 110 et 120, un enfant précoce un QI supérieur à 120 et un enfant surdoué un QI supérieur à 130.
        En France les enfants de QI supérieur à 130 sont environ 2 % de la population d’enfants, soit 1 sur 50 environ, ce qui n’est pas négligeable.

        En fait cette dénomination de “surdoué” date de 1970 et le docteur Ajuriaguerra, définissait alors ce néologisme comme “un enfant qui possède des aptitudes supérieures qui dépassent nettement la moyenne des capacités des enfants de son âge. "
        Il ne faut pas croire qu’un enfant surdoué est un “prodige” comme Mozart, la plupart d’entre eux ne réalisent pas des choses exceptionnelles. Autrefois on disait  simplement qu’ils avaient de grandes “facilités” et probablement un certain “potentiel” et les professeurs les suivaient particulièrement afin de les encourager et de veiller à ce qu’ils se servent de cette capacité favorable et qu'ils travaillent suffisamment pour la développer.
        En effet autour des années 40, dans la lointaine province ou je vivais (les Pyrénées), tous les enfants passaient en classe vers 10/12 ans un QI type Binet, qui ensuite servait aux professeurs à adapter leur enseignement et à soutenir aussi bien les meilleurs que les moins bons résultats.
        Par ailleurs il est intéressant de voir si un tel enfant est introverti ou extraverti et à quel degré.

        Les bases biologiques de ces intelligences sont méconnues. On avance deux raisons que j’ai déjà développées : un nombre de centres de mémoires tampons plus important et une meilleures myélinisation entraînant une vitesse plus grande de propagation de l’influx nerveux, mais ce sont des hypothèses. D’autres constatations sont faites .
        À l'Université de Lille, Jean-Claude Grubar a montré que le sommeil des enfants précoces comporte des phases de sommeil paradoxal (le sommeil des rêves), plus longues que chez les autres enfants du même âge.
        De plus, on constate que les mouvements de leurs yeux dans les phases de sommeil paradoxal, sont presque deux fois plus fréquents chez les surdoués que chez les enfants du même âge, ce qui est, au contraire. caractéristique de l'adulte.    
        La longueur des phases de sommeil paradoxal et la fréquence élevée mouvements oculaires refléteraient une capacité inconsciente à organiser, pendant ces phases de sommeil, les informations emmagasinées durant l'éveil.
        On constate aussi que ces enfants évaluent mieux que d'autres les conséquences de leurs actes et les risques qu'ils prennent. C'est une question d'entraînement au contact des adultes, et il est probable donc que leur cerveau préfrontal est mature plus précocement.

        Dans la vie quotidienne, les enfants précoce ou surdoués  peuvent être repérés, bien avant qu’on puisse leur faire passer un test de QI.
        Jeunes enfants, ils sont très éveillés, attentifs, émotifs. Certains ont un développement moteur avancé: ils apprennent à marcher tôt, leur coordination se met en place très vite. Leurs repères spatiaux et temporels sont affûtés: ils perçoivent mieux que les autres la signification d'une heure ou d'un kilomètre   
        En grandissant, ils développent une grande sensibilité, s'imprégnant de tout ce qui se produit autour d'eux. Ils sont très vigilants, lucides, empathiques (perméables aux sentiments d'autrui, ils ressentent la joie et la tristesse avec davantage d'intensité). Ils analysent les conversations des adultes et conversant avec eux, peuvent comprendre des concepts difficiles et acquérir un vocabulaire étendu.
        Un enfant précoce ou surdoué lit beaucoup, sa mémoire, sa créativité ou son imagination sont souvent très développées, de même que la flexibilité de la pensée ou l'élaboration de la réflexion. Ces enfants sont généralement attirés par les adultes ou par les enfants plus âgés qu'eux. Enfin, ils posent souvent de nombreuses questions et ont une grande curiosité intellectuelle.
        Une autre caractéristique est souvent présente chez les enfants surdoués. Leur pensée ne raisonne pas pas à pas mais les idées foisonnent en étoile, en feu d'artifice. Une idée en sur-ggère une autre très différente, qui en déclenche d'autres et ainsi de suite. C'est de là que vient leur créativité et le fait que souvent ils trouvent plus vite la solution à un problème;


        Je pense qu’un enfant précoce ou surdoué a certainement certaines prédispositions génétiques ou du moins innées.
        Mais je reste persuadé que le rôle des parents et de l’éducation et de l’instruction est fondamental.

        J'ai connus des cas précis que je ne citerai évidemment pas.
        Si les parents et les grands parents s’occupent beaucoup de cet enfant, lui apprennent à parler relativement tôt, conversent avec lui, répondent à ses questions, ses facultés se développent tout jeune.
        Si à partir de 4 ans on lui apprend rapidement à lire et à écrire puis à compter et à effectuer les quatre opérations, qu’on le fait dessiner et acquérir des repères spatiaux, il va lire beaucoup et acquérir du vocabulaire et des facultés logiques et de calcul, souhaiter développer ces notions par curiosité et donc se perfectionner en mathématiques très élémentaires et en vision spatiale.
        Rien d’étonnant qu’à 8 ou 10 ans, si on lui fait passer un test de QI, basé sur la logique, le calcul, la représentation spatiale et la connaissance de la langue, qu’il ait un score très élevé. Il n'est pas super-intelligent, il est simplement entraîné et a eu une" éducation précoce".
        C’est un enfant qui avait certes des facilités, mais qu’on a formé avec temps, attention et amour, et qui a développé son esprit et son intelligence par l’exercice, et à qui en plus, cela plaît de le faire, et qui donc, a pris l'habitude de travailler, sans que cela lui en coûte.
        Mais c’est un enfant tout à fait normal et pas une bête de cirque, comme l’on voudrait nous le faire croire aujourd’hui (les médias et les psys, mais aussi quelques parents!).

        À en croire ces descriptions, on serait tenté de penser que les enfants surdoués n'éprouvent aucune difficulté. Toutefois, quelques uns se retrouvent parfois, à l'école ou en famille, dans des situations où on les juge médiocres et peu sociables, n'obtenant que des résultats passables, quand ils ne sombrent pas dans le mutisme, voire la marginalité ou la délinquance.
        Cela procède de mécanismes psychologiques dont je parlerai dans mon prochain article.
     

     

    Partager via Gmail

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :