• Eloge des 7 péchés capitaux : la gourmandise

    Eloge de la gourmandise

        Quand j'étais gosse, de bonnes âmes me parlaient souvent des "sept péchés capitaux".  Leur contenu ne me paraissait pas très clair ni bien défini.
       Cela ne me gêne pas qu’on me critique, je trouve même souvent cela constructif, mais par contre, je n’aime pas qu’on m’impose ma conduite.
       Et cela m’agace d’entendre les moralisateurs à tous crins, parler sérieusement des “péchés capitaux”.
       Je déteste ces classifications arbitraires du bien et du mal, souvent très archaïques et de moins adaptées à notre vie actuelle.Et puis capitaux et capiteux, seule une lettre diffère.

       Alors j'ai envie de faire l'éloge de certains péchés capitaux. Je commencerai par la gourmandise.

    Eloge de la GOURMANDISE :

        La gourmandise est un “vilain défaut”, lit on dans les bouquins à l’eau de rose pour jeunes enfants du 19ème siècle. Evidemment, ce n’était plus “le siècle des lumières”.

        Aristote et Platon l’opposent à la tempérance, mais de nos jours la tempérance est plutôt l’opposé de la goinfrerie.
        Paradoxalement les épicuriens la considéraient comme un plaisir superflu, contraire à l’ataraxie et la recherche du bonheur.
        La religion catholique m’a toujours amusé en la classant dans les péchés mortels justiciables du troisième niveau de l’enfer dans “la divine comédie”.
        Pourtant certains papes ont aussi dit que c’était impossible de manger sans éprouver la joie que produisent naturellement les aliments et que ce n’était pas un péché si “le mobile du repas est bon et digne”.
        Ma cervelle va bouillir : mes repas sont ils bons (oui au plan culinaire !) mais un digne mobile qu’est ce mon Dieu ?
        Mon petit ami Robert me rassure car s’il parle de gros mangeur, il dit aussi que le gourmand mange par plaisir de la bonne cuisine et que c’est une fine bouche, un gastronome et ma petite amie la Rousse, en sa quelité de femme qui sait qu’il faut retenir les homme par la bouche, dit simplement qu’un gourmand aime manger de bonnes choses !!
        Me voilà rassuré, on peut être gourmand sans être goinfre.

        En quoi cela nuit il aux autres d’être gourmand, dites moi !
    Tout au plus, si nous ne sommes pas raisonnables, si nous n’équilibrons pas assez nos repas nous prendrons un peu de poids, mais au moins ce sera par plaisir.!
        Je trouve du plaisir à manger des mets qui aient un goût agréable, des nourritures que j’aime, qui soient bien cuites, bien assaisonnées, avec éventuellement des sauces telles qu’on n’a pas envie d’en laisser dans l’assiette. C’est quand même mieux qu’une viande hachée de chien ou de chat entre deux tranches de pain bioché comme j’en ai mangé aux USA ou du lapin au court bouillon de poisson ou des cerises à l’eau de vie avec un anchois roulé dans chaque cerise, que je n’ai que moyennement appréciés lors d’une réception en Angleterre !
        Au dela du plaisir de manger, il y a aussi celui de réussir un bon plât, voire d’innover un peu, d’adapter une recette, de bien présenter la table et les plats. C’est un peu comme le travail d’un peintre ou d’un sculpteur.
        Celui aussi d’être autour d’une table, en famille ou entre amis. Le repas, outre le plaisir qu’il apporte à la fois de bien recevoir et d’être bien reçu, c’est un moment de convivialité où l’on peut discuter, échanger, ressérer les liens, bref prendre quelques instants de bonheur.
        Et n’avez vous jamais éprouvé du plaisir à offrir et à manger des chocolats ? En plus c’est excellent contre le stress et un chocolat très noir ne fait pas grossir.

        Finalement être gourmand, ce n’est pas être goinfre, ce n’est pas trop manger et boire, c’est aimer manger en petite ou raisonnable quantité des choses bonnes et qui font plaisir.
        Et c’est cela que nos censeurs grincheux nous reprochent : prendre du plaisir à vivre. Pour eux il faudrait être non seulement spartiates, mais même masochistes.
        Et je regrette souvent qu’on ne forme pas davantage le goût des jeunes, qu’on les habitue à ne manger que des pâtes et du poisson pané (avec plus de pane et d’huile que de poisson, ce qui au plan diététique...)
        Le goût se forme, comme on peut former la vue à la beauté. Les sensations que délivrent la langue, le palais, le nez à notre cerveau sont ensuite interprétées par les centres de récompense dont j’ai souvent parlé, et la dopamine et les signaux qu’ils délivrent peuvent nous apprendre à apprécier la nourriture goûteuse comme nous apprenons à marcher ou à saisir un objet.
        Personnellement ma grand-mère et ma mère m’avaient appris à faire certains plats, certes j’exerce peu ce savoir car ma femme est une excellente cuisinière, mais je pense que c’est un art qui mérite qu’on le cultive et même des recettes toutes simples apportent souvent beaucoup de plaisir.

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