• Effort physique, remède contre la dépression.

    Effort physique, remède contre la dépression.

         Madame Kelly Lambert, neurobiologiste à l’université d’Ashland aux USA a fait de nombreuses études et articles, sur le bien être apporté par l’effort et le lien avec les dépressions.
        Ce chercheur s’intéresse depuis dix ans à l’impact de nos activités et de notre style de vie sur notre santé mentale.
        Elle s’était basée sur deux études faites dans les années 70 par Martin Séligman, sur plusieurs groupes de personnes d’âges différents, qui avaient montré que le risque de dépression chez des personnes adultes, (qui avaient pourtant connu la guerre et les privations et avaient les soucis normaux de la vie et des responsabilités), était dix fois moindres que chez des jeunes et adolescents dont la vie était plus facile et moins traumatisante.
        Mais la même étude montrait que l’activité physique de ces jeunes était nettement moindre que celle des adultes et c’était encore plus vrai pour des adultes plus âgés.
        Il s’agissait non seulement d’activités sportives, mais surtout des activités physiques dans la vie quotidienne, qui est largement facilitée par des machines, en appuyant seulement sur des boutons.

        Madame Lambert s’est donc demandé s’ il y avait un bien-être psychologique, une “récompense”  liés à l’effort .
        Elle pensait en effet que nos ancêtres depuis la préhistoire, pour subsister, devaient cultiver, chasser, se défendre, construire et ne pas paresser dans les grottes (qui avaient moins d’attrait sans télévision IOI) et que l’évolution avait peu à peu conservé les humains dont le cerveau était  “cablé” pour favoriser ces activités physiques.
        Elle a fait l’hypothèse que ces efforts permettaient non seulement de survivre, ainsi que sa famille ou sa tribu, mais aussi de mieux contrôler les événements et l’environnement et donc apportaient des émotions “positives”  et activaient notre système de récompense.

        Elle a essayé avec son équipe de chercher ce qui pouvait se passer dans le cerveau et notamment s’il y avait des liens entre l’amoindrissement des capacités motrices et la difficulté de concentration et la perte de plaisir et d’estime de soi et le sentiment de dévalorisation, qui sont fréquents dans les dépression.
        En faisant des études notamment sur des populations de rats, elle a montré qu’il y avait des liens étroits entre le circuit de la récompense (ou du plaisir, et notamment le noyau accumbens dont j’ai déjà parlé dans certains articles), les centres qui contrôlent nos mouvements (notamment un centre du cerveau émotionnel qui s’appelle le striatum) d’autres centres du cerveau émotionnel (et notamment les centres amygdaliens dont je parle souvent, qui contrôlent peur, stress, colère...) et enfin le cortex préfrontal qui contrôle nos processus de pensée et notamment prévoit et anticipe les conséquences de nos actes et qui est à la base de notre concentration sur nos activités.
        Elle a montré que les activités physiques favorisaient la production et la diffusion de neuromédiateurs tels que la dopamine et la sérotonine qui sont essentielles pour développer des “émotions positives”, et que le circuit de la récompense était maintenu actif par les stimulations nerveuses provoquées par l’effort.
        Les expériences sur les rats ont montré que des groupes de rats que l’on entraînait à l’effort quotidien, avaient des capacité de résistance et d’adaptation à des situations stressantes, beaucoup plus grandes que d’autres groupes qui ne suivaient pas le même entraînement physique.

        Il est certain que notre vie s’est beaucoup “intellectualisée” et que notre activité physique a énormément diminué depuis des décennies; nous n’utilisons plus notre cerveau de la même façon, mais son organisation profonde n’évolue que lentement, beaucoup moins vite que nos activités; Il y a donc une certaine inadaptation de notre cerveau à la vie actuelle.
        Certes les activités intellectuelles qui sollicitent les cortex frontal et préfrontal apportent une certaine récompense, mais les récompenses liées à l’effort qui activent à la fois cortex préfrontal, striatum, cerveau émotionnel et circuit de la récompense sont plus complètes et nous prépare mieux à affronter les épreuves de la vie. On note une meilleure activation des circuits ayant la dopamine comme neurotransmetteur.
        On a également montré que le sport favorisait la sécrétion de sérotonine qui permet les émotions positives et d’endorphines qui luttent contre la douleur et le mal-être.

        Madame Kelly Lambert termine son article par un conseil audacieux : quand nous nous sentons mal, anxieux et angoissés, avant d’aller voir le psy et de nous bourrer de médicaments psychotropes, d’une part ayons des activités intellectuelles pour ne pas nous ennuyer et nous distraire de nos malheurs, mais surtout essayons d’avoir des activités physiques et sportives, car elles stimuleront  nos systèmes de récompense et de réactions positives et amélioreront notre résistance à la dépression.

    Partager via Gmail

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :