• Imitez vos parents et vous serez obéissants !!


        Je me souviens avoir entendu mes grands-parents dire "on n’éduque pas par ce que l’on dit, mais par ce que l’on est et ce que l’on fait".
        Il est certain qu'il faut  certaines règles en société car, sans interdits, la vie en société serait impossible. C'est pourquoi les enfants doivent acquérir cette notion, ainsi que la capacité de s'y conformer et que cette acquisition se fait grâce à nos centres d'apprentissage et de récompense.

         Mais,d'après une étude réalisée par David Forman et ses collègues de l'Université du Minnesota, tous les enfants n'auraient pas la même capacité d'apprentissage des interdits : la capacité d'un enfant de quatre ans à obéir à une interdiction dépendrait notamment de sa capacité à imiter les gestes de ses parents à l'âge de deux ans.
        Cela paraît bizarre à priori, mais ce n’est pas en contradiction avec ce que disent les scientifiques sur l’apprentissage.
        Pour participer à l'expérience de D. Forman, des mères devaient réaliser des gestes simples devant leurs enfants de deux ans et les inciter à répéter ces gestes. Il s'agissait par exemple de ranger des jouets, d’habiller une poupée ou une peluche, ou de verser de l'eau dans un verre. Certains enfants reproduisaient le geste avec précision et même enthousiasme. D’autres étaient peu enclins à imiter.
        Deux ans plus tard, les mêmes enfants ont été placés devant des jouets posés sur une table, avec interdiction d'y toucher. Certains respectaient l'interdiction, d'autres la bravaient. Les enfants obéissants étaient ceux qui, deux ans plus tôt, s'étaient prêtés au jeu de l'imitation.
        Puis, les enfants étaient placés devant une boîte opaque. Ils devaient deviner quel animal y était caché. C'était impossible, à moins de tricher et d'ouvrir la boîte. En l'absence (voulue) de l'expérimentateur, certains enfants ont ouvert la boite pour regarder secrètement ce qu'elle contenait. Ces transgresseurs étaient les mauvais imitateurs de l'expérience réalisée deux ans plus tôt.

        Pourquoi désobéissent-ils davantage ? Une troisième expérience a révélé qu'ils sont moins sensibles à la culpabilité.Si on leur donne un objet précieux en leur recommandant de ne pas l'abîmer, et si l'objet se casse entre leurs mains, (on fait en sorte qu'il soit fragile), ils n'en éprouvent guère de remords. Au contraire, les bons imitateurs sont mortifiés par la dégradation de l'objet, même s'ils n'y sont pour rien.

        Quel est le lien entre l'imitation, le respect des interdits et le sentiment de culpabilité ?
        Aucune explication n'est à ce jour acquise. Quelques hypothèses sont avancées. Le comportement d'imitation se manifeste très tôt : dès l’âge de quelques mois, le nourrisson observe les mouvements du visage de sa mère et cherche à les reproduire.
        Une catégorie particulière de ses neurones, les neurones miroirs, copie l'activité cérébrale qui commande, chez la mère, le mouvement du visage et permet à l’enfant de les imiter.
        Plus tard, l'enfant utilisera ces neurones pour détecter les intentions d'autrui : si son père tend la main vers une étagère pour y saisir un pot de confiture, les neurones miroirs de son cortex prémoteur reproduisent l'activité correspondant à la préparation du geste de son père. Quand il verra son père reproduire ce geste, il saura qu'il s'apprête à prendre la confiture : il a connaissance de son intention. Il apprendra ensuite que cela peut être aussi un objet autre et moins intéressant pour lui même qu’un pot de confiture.!

        Un enfant bon imitateur est un enfant qui fait donc beaucoup fonctionner ses neurones miroirs,et qui a vraisemblablement des capacités supérieures d'identification des intentions d'autrui.
        Les psychologues considèrent que la connaissance de ses propres intentions se construit à partir de l'observation des intentions de l'autre.
        Un enfant placé en situation de choix entre le respect et la transgression d'un interdit forme une intention avant de passer à l'acte ou de s'abstenir.
        S'il a été éduqué pour repérer ses propres intentions et pour leur attribuer une valeur négative lorsqu'elles vont à l'encontre d'un interdit, il peut s'empêcher d'agir. S'il n'a pas subi cet entrainement, il sera moins sensible à ce qui se prépare en lui, et passera à l'acte.
        Le sentiment de culpabilité procède de cette même logique: l'enfant qui voit se briser entre ses mains l'objet qu'on lui confie craint que ce geste ne soit pris pour intentionnel.
        Un enfant peu sensible à ses propres intentions ne peut pas former le sentiment de culpabilité. Le sentiment de culpabilité suppose l'intentionnalité, fondée sur les neurones miroirs et l'imitation.

        On ignore si la capacité d'imitation précoce est innée ou si elle se forme peu à peu, au contact des parents. Si cette seconde hypothèse était avérée, le contact entre enfant et parents, les jeux et les activités communes, la qualité du temps passé ensemble visant à créer une complicité par l'imitation, seraient déterminants pour tenir le futur adulte à l'écart des conduites de transgression.

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

    Les ados, les parents et internet.

            Plusieurs de mes articles ont déjà été consacrés à la différence de vie entre le ados d'aujourd'hui et ceux d'hier, il y a 60 ans au lendemain de la guerre, et à leurs problèmes avec leurs parents.
              Les grands-parents on souvent une certaine 'incompréhension vis à vis du rapport de leurs petits-enfants  aux multimédias modernes et ils en concluent que les ados d'aujourd'hui sont très différents de ceux d'hier alors que les parents, utilisateurs aussi d'internet, sont moins catégoriques, mais n'arrivent pas à contrôler les agissements de leurs enfants sur le web et sont souvent très critiques sur son influence néfaste.
              Je pense que c'est plus compliqué que cela.

              A mon avis, les préoccupations, les inquiétudes des ados d'hier et d'aujourd'hui,  sont assez semblables. Certes, les études suscitent moins d'intérêt, il y a le chômage qui retarde l'entrée dans la vie active, , et le ou la petit(e) ami(e) qui fait découvrir plus tôt l'amour ou les amourettes, mais ce sont des différences qui ne changent pas la nature des problèmes.
              On retrouve les conflits et les préoccupations classiques de l'adolescence et les trois questions existencielles :
                        - Qu'est ce que je suis ?
                        - Qu'est ce que je veux ?
                        - Qu'est ce que je vaux ?
              Le conflit entre le besoin de liberté et de prendre son indépendance et celui de la sécurité au sein du nid familial.
              Le besoin de tendresse que l'ado cherche à trouver hors de la famille, car il est persuadé que les parents ne l'aiment pas assez  et qu'ils ne lui accordent pas toute l'attention qu'il attend ou sur les points qu'il souhaite.
              Le problème de trouver la juste distance vis à vis de la famille et plus généralement vis à vis des autres, se pose plus que jamais : ni trop loin car on se sent abandonné, ni trop près car on craint alors de perdre son autonomie.    

              Par contre la vie actuelle et notamment les nouveaux moyens de communication multimédia font aujourd'hui résoudre ces problèmes de façon tout à fait différente. C'est ce qui m'est apparu au contact de mes petis enfants et de leurs camarades ou des correspondants de mes blogs.
              Il est certain que les nouvelles technologies de la rencontre et de la communication viennent en aide aux ados pour les aider à résoudre ce problème de distance.
              Il est étonnant au début pour un "ancien" de voir des blogs où l'on raconte sa vie à des amis (s'il y a un mot de passe) voire à tous ceux qui viennent lire. Mais c'est d'une part une façon de décompresser de son stress et d'autre part le souhaiot de connaître l'opinion des autres, de profiter de l'expérience de ceux qui ont déjà vécu un problème analogue.
              En fait les moyens et les occasions de discuter sont bien plus nombreuses qu'autrefois où il fallait se déplacer pour voir les copains.
              Par ailleurs la virtualité de l'interlocuteur diminue la crainte d'être jugé (e) et facilite les confidences.

              Je discute parfois avec des parents ou des grands-parents qui voient dans cette plongée dans le monde virtuel un risque de "désocialisation"
              Je pense que c'est une crainte erronée, même si bien sûr on peut rencontrer des anomalies, (l'addiction aux jeux par exemple),  Même la boulimie des jeux est souvent associée à des contacts avec des amis et elle et surtout nuisible au travail scolaire, beaucoup plus qu'à la socialisation.
              Si chez les adultes, dont une partie importante du temps est pris par leur métier, les rencontres virtuelles se font au détriment des rencontres réelles, chez les adolescents, il y a alternance et complémentarité entre les deux et il est courant que se lient ainsi des amitié, virtuelles d'abord mais où les correspondants finissent par se rencontrer.

              Un problème important actuel est donc le lien entre générations, entre enfants, parents et grands-parents, qui semble beaucoup plus relâché qu'autrefois, mais c'est trop facile de dire que c'est la faute des moyens de communication modernes..
              J'ai été très sensible à ce phénomène il y a seize ans, quand j'ai créé mon premier blog. J'avais un avantage sur beaucoup de grands parents, je m'étais déjà servi de gros ordinateurs depuis 1965, de microordinateurss depuis 1980 et j'avais découvert la messagerie intranet dans l'entreprise en 1988 et internet en 1993.
              Mais lorsque j'ai été spour la première fois sur des blogs de jeunes qui véhiculaient beaucoup de préoccupations et de pensées tristes, même parfois désespérées, j'ai eu l'impression de débarquer en pays inconnu et de me sentir exclu !
              Au hasard des commentaires puis de mails, je me suis aperçu qu'en virtuel, l'âge intervenait moins et qu'à condition de se garder de juger, la barrière de l'autorité parentale responsable n'intervenait plus comme au sein d'une famille, et que le vieux singe, qui avait craint en créant son blog de passer pour un vieux c.. , pouvait finalement trouver sa place parmi les jeunes et même se rendre utile.

              Alors d'où vient le fossé parents-enfants à propos du net?
              Ce fossé existe sans le Net, et résulte du conflit qui existe entre le souhait de liberté et le besoin de sécurité des ados au sein de la famille, que j'évoquais plus haut,, ainsi que du fait que les sont investis de l'autorité et que les études plus longues et le chômage prolongent l'attente de l'autonomie complète du jeune.
              Le fossé a été accru par le fait que les deux parents travaillent le plus souvent maintenant et que les conditions de travail leur laisse peu de temps pour s'occuper de leurs enfants qui se considèrent un peu comme abandonnés. L'éloignement géographique des grands-parents y contribue également.
              Il vient aussi du fait que les jeunes passent beaucoup de temps sur le web ou d'autres moyens multimédias,, et que par ailleurs, ayant beaucoup plus de possibilités d'activités extra-scolaires qu'autrefois, ils ne s'intéressent plus autant à leurs études et ont moins de temps à conscrer aux parents et partagent de moins en moins leurs activités sportives ou culturelles, comme on le faisait autrefois.

              La méfiance des parents pour internet (et parfois leur ignorance sur ce moyen de communication), aggrave l'incompréhension.
              Bien sûr les parents craignent la rencontre d'un pervers ou d'un pédophile. Certes le risque existe mais il est moins fréquent qu'on ne le croit : aucun(e) de mes jeunes correspondant(e)s de en 15 ans, ne m'a signalé de cas et les jeunes me paraissent conscients du danger et font attention.
              Le risque qui me paraît plus important est la "contagion d'idées tristes", voire morbides, au contact de personnes malheureuses ou dépressives, voire de manipulateurs vicieux qui prennent plaisir à susciter stress et inquiétude ou à véhiculer des idées fantastiques, glorifiant les catastrophes, le sang et la mort.
              Il y a en effet un certain risque, si l'on est en permanence dans le virtuel, de se déconnecter du réel, de se faire une vie "rêvée" dans un monde imaginaire où l'on se trouve heureux, qui devient alors une "prison de verre dont on a perdu la clé". Il ne faudrait aller sur le net que bien portant psychiquement, ce qui n'est pas le cas de tous les adolescents.
               Ces risques sont réels mais peu fréquents et les parents qui diabolisent internet en raison de ses dangers, ne font que se couper davantage de leurs enfants.

              Les parents ont tendance à regarder les pratiques culturelles de leurs adolescents avec une condescendance amusée , inquiète, parfois excédée : « Ça finira bien par lui passer. »
              Pourtant il ne faut pas croire que l'adolescent féru des nouvelles technologies s'adonne à un passe-temps provisoire avant d'entrer dans la « vraie vie ». Il est déjà de plain-pied dans ce que beaucoup de parents perçoivent avec inquiétude comme le monde de demain, un monde dont ils se sentent exclus.  Alors beaucoup d'entre eux sont tentés de penser que ce qu'il y fait est inutile, voire malsain ou dangereux.
              C'est pourquoi, si nous voulons lutter contre le risque de fracture générationnelle, il nous faut partir du point de vue exactement opposé. Ce que les adolescents font sur Internet vaut la peine d'être connu parce que c'est intéressant et que nous gagnerons à nous en rapprocher. Et pour cultiver cette attitude, le mieux est de toujours nous rappeler que les espaces virtuels ne modifient pas fondamentalement l'adolescence: ce sont les mêmes angoisses, les mêmes déceptions et les mêmes espérances que par le passé, et aussi les mêmes attentes vis-à-vis des parents.
              Car ces nouveaux territoires sont aussi pour eux des espaces de construction de leur personnalité pour lesquels ils ont envie d'une reconnaissance des adultes, même s'ils ne l'explicitent que rarement. Sur Internet, c'est seulement « habillé » autrement.
              En revanche, ces espaces donnent aux émotions et aux représentations des ados un écho qui est méconnu.. Sur Internet, tout message est certain de trouver un interlocuteur qui le confirme. Cela donne aux messages joyeux une ampleur jubilatoire, et aux malheureux une profondeur dramatique. Si u niveau individuel le danger et limité, il est certain que, au plan collectif, les réseaux sociaux peuvent permettre d'organiser des actions néfastes et dangereuses, mais tout autant par les adultes que par les ados;


         

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •   Les enfants tyrans Les enfants tyrans

     

     

     

     

     

     

         L'article d'hier m'a valu trois mails de parents qui me demandent de préciser ce que j'entends par des "enfants tyrans", mais
    Ils ne me disent pas qu'elle est leur motivation pour faire cette demande, ni s'ils ont des enfants, tyrans ou pas.

        Je vais quand même essayer de répondre, mais évidemment ce n'est qu'un avis personnel, du fait que j'ai discuté, il y a quelques années, avec de nombreux jeunes dont quelques spécimens du genre. Mais il ne faut surtout pas généraliser.

       Lors de l’adolescence il est normal qu’il y ait des disputes, des confrontations, des oppositions entre parents et enfants; elles sont typiques d’un être qui grandit et s’interroge sur son avenir et essaye de sortit du cocon familial, tout en se demandant ce que lui apporte ce milieu protecteur et en regrettant cette protection. De tels conflits de générations sont nécessaires et participent à l’évolution de l’homme en général et surtout de l'enfant qui grandit et doit être capable de s'assumer, le jour où il sera adulte.
        Les parents eux certes sont en général sortis de l’adolescence, mais ils travaillent beaucoup, sont fatigués et parfois s’énervent facilement.

        Mais j"ai constaté chez certains jeunes, une intolérance aux frustrations, un refus de la réalité, des contraintes de la vie et de la vie en société. Il est effectivement plus simple de nier les adversités quotidiennes et de rester dans un monde imaginaire et narcissique. Leur attitude rejaillit malheureusement sur la famille, voire par contagion sur les jeunes qui les côtoient.

        Je ne parle pas ici de jeunes qui ont souffert d’un milieu familial particulièrement difficile. Cela malheureusement existe aussi et il m’est arrivé d’essayer de les aider.
        Non, ceux ou celles qui ont appelé mon attention, ont connu un amour parental constant, ne souffrent pas de problèmes affectifs importants, sont en général dans des familles aisées, qui non seulement pourvoient à leurs besoins normaux, mais acceptent de leur fournir un large superflu : on trouve dans leur chambre radio, chaîne hi-fi, de nombreux CD, un ordinateur avec l’ADSL ou la fibre, voire une télévision.
        Ils vont au cinéma, en vacances au moins une fois par an, souvent au ski, sortent avec les copains et disposent d’argent de poche.
        Et pourtant plus ils sont ainsi gâtés, plus ils désirent de nouvelles choses et se révoltent si cela ne leur est pas accordé.
        Plus grave, ils refusent les contraintes de temps, quelquefois les contraintes scolaires, tous les interdits de sorties ou autres (même s’ils les ont mérité), n’acceptent pas les contradictions de la vie et les petites frustrations quotidiennes, ni évidemment les contraintes financières.
        Ils considèrent que leurs avis sont infaillibles, que leurs goûts sont sans failles et les meilleurs, et n’admettent pas que les autres aient des idées et des goûts différents. Ils sont devenus, autoritaires, capricieux, intransigeants, non seulement avec leurs camarades, mais également vis à vis de leurs parents et plus généralement des adultes.
        Ils interprètent le monde à partir de leurs sensations et de leurs idées, sans même en vérifier la véracité et c’est forcément une source de conflits tant avec leurs parents que leurs camarades.

         Ce sont non seulement des enfants gâtés, mais des enfants tyrans.
        C’est à mon avis un phénomène de société et cela m’a rien à voir avec les “crises de l’adolescence”.   
        Comme j’ai peut être un peu forcé la note, je pense que je vais avoir encore des commentaires assez vigoureux. Rassurez vous, je pense que la plupart des ados ne sont pas ainsi et d’ailleurs j’en ai peu connus qui ont une telle attitude. Mon article est une caricature un peu forcée.
         Vous n’êtes sans toute pas aussi affreux que ma description le laisse supposer, mais n’y a t’il pas un peu de cela en vous par moment ? Et j'espère ne pas avoir trop choqué les parents qui m'ont écrit.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •      Les jeunes avec lesquels il m'arrive de discuter, sont souvent en révolte contre les règles auxquelles les soumettent leurs parents.
        Et pourtant, depuis une soixantaine d’années, la conception de l’autorité au sein de la famille a considérablement évolué.
        Ces jeunes trouveraient certainement que mes parents et grands-parents étaient très sévères avec moi et que je l’étais également vis à vis de mes enfants.
        Et pourtant, quand j'étais enfant, cela ne me traumatisait vraiment pas de leur obéir !

        L’évolution des idées en mai 68 a provoqué un changement considérable de la famille, et a entraîné notamment une plus grande autonomie de chaque individu.
        Même si l’on a conscience que la société ne peut vivre sans règles ni contraintes, il est acquis aujourd’hui, que chaque règle doit être discutée, analysée, critiquée : l’éducation des enfants s’appuie toujours sur des références et des idéaux, mais les parents doivent définir leur modèle d’éducation et l’expliquer à leurs enfants.
        Les croyances religieuses et  les idéologies se sont effritées, les lendemains qui chantent ne sont plus d’actualité avec l’extension du chômage et de la pauvreté, et le respect des traditions s’est envolé; de plus les familles pluri-parentales, suite aux divorces, diluent encore la responsabilité des parents.
        Beaucoup de parents, soucieux du bonheur et de l’épanouissement de leurs enfants,  sont convaincus qu’ils exercent trop de contraintes sur eux et cette croyance introduit une confusion entre la tyrannie, qui empêche et interdit, et l’autorité, qui permet et autorise.
        La plupart des parents sont persuadés que les conflits vont à l’encontre du rapport affectif, et que l’amour ne peut se manifester que de façon positive. Cette conviction, alliée à une admiration sans borne pour les potentialités de leurs enfants, les conduit à se prosterner devant eux, comme s’il n’existait que des individus uniques et parfaits qui n’ont nul besoin d’être éduqués.
        Peut être cela rappellera t’il à certains d’entre vous , des lectures de Jean-Jacques Rousseau.! (Si on les fait encore au lycée !).

        La mode de la psychanalyse et des psychologues a également déresponsabilisé les parents lesquels refusent de “frustrer” leurs enfants par des interdits, les empêchant par là même, de se frotter à la réalité et de s’y habituer.
        Et s’ils sont tristes, on ne cherche pas à savoir pourquoi, on les confie plutôt à un psy !
        C’est une erreur car  les conflits ne mènent pas à la destruction des liens, mais au contraire, permettent de les construire.
        Nous oublions que si l’enfant est une personne, il n’est pas un adulte pour autant et quand il n’y a plus de règles, la famille rencontre des difficultés.

       Un autre problème : le développement des smartphones et des réseaux sociaux. Les jeunes sont pendus à leurs engins électroniques et les contacts avec les parents sont devenus de plus en plus rares, seuls les SMSet autres messages des copains ayant une valeur indispensable à la vie.
       Et si j'avais pour modèle mes parents et grands parents, ce n'est plus le cas des jeunes d'aujourd'hui dont le souci est d'appartenir à un groupe et de ressembler aux copains pour se fondre dans le groupe, et d'adopter ses règles de façon souvent moutonnière.
        Par contre les parents sont toujours considérés être la pour fournir le vivre et le couvert, ce qu'on désire et son argent de poche.

        Je pense donc que les “enfants gâtés tyrans” ne sont pas des ados en crise, mais un produit de notre société actuelle, peu éducative.
        A force d’avoir tout ce qu’ils veulent, ils en désirent toujours plus, voire ne savent plus quoi demander, et le moindre refus les traumatise.
        Louis Roussel (sociologue spécialiste de la famille),constate :
    “L’abolition des contraintes était censée nous faire accéder à la liberté; elle nous condamne le plus souvent à l’irrésolution sur la façon de conduire notre vie privée, à l’angoisse terrible de se tromper de chemin 

        Et ceci est probablement une explication au phénomène surprenant de la souffrance de beaucoup d’adolescents, qui sont pourtant des privilégiés de la vie et qui sont obsédés par cette idée : trouver leur voie.

        Cela dit je ne voudrais pas généraliser. La plupart des jeunes ne sont pas des enfants -tyrans et beaucoup arrivent, avec quelques efforts, à trouver leurs parents encore “supportables”, et peu à peu aussi, à trouver leur voie.

        Par contre je suis également frappé que, à contrario, certains parents ont encore des méthodes d’éducation très rigides, encore plus sévères que celles que j’ai connues enfant, et qui parfois frisent la tyrannie ou la violence.
        C’est d’autant plus regrettable, que, dans le monde trop permissif d’aujourd’hui, cette attitude apparaît encore plus anormale à leurs enfants, qui comparent leur famille à celle de leurs camarades et ont évidemment tendance à se croire victime et à idéaliser à tort, la famille des autres.

        Le manque d’autorité comme son excès, sont finalement aujourd’hui la cause de beaucoup des malaises des jeunes que je côtoie.
       

    Partager via Gmail

    1 commentaire
  • Ne vous débarrassez pas trop vite du pensum des excuses.    Nous faisons tous des erreurs, dont certaines sont préjudiciables à autrui, et il n'est jamais facile de s'excuser. 

        Les excuses supposent de reconnaitre que l'on a mal agi, que l'on s'est trompé, et donc notre amour-propre en souffre.
        Malheureusement, il ne suffit pas de s'excuser pour être pardonné : selon une étude de l'Université d'Amherst dans le Massachusetts, encore faut-il présenter ses excuses au moment opportun sinon elles manquent leur but.

        Après avoir fait une enquête statistique détaillée auprès de leurs étudiants, les psychologues ont constaté que le pouvoir d'apaisement des excuses augmente avec le temps: les excuses trop précoces laissent un sentiment de frustration, et celles qui viennent plus tard parviennent plus facilement à calmer et satisfaire les personnes blessées. Il ne faut donc pas se précipiter mais attendre que le temps apporte son apaisement. (pas trop longtemps non plus, car l'offensé sera plus réticent).

    Ne vous débarrassez pas trop vite du pensum des excuses.    Les chercheurs ont ensuite monté plusieurs types de jeux de rôles qu’ils faisaient jouer par plusieurs étudiants deux à deux, simultané-ment pour qu’il n’y ait pas de communication et une statistique était faite sur les résultats de chaque type de scénario.
        Cette étude a montré que si, pour répondre aux reproches de l’autre, on s’excuse tout de suite, en trouvant toutes sortes de raisons, on ne sera probablement pas pardonné, même si on assure qu’on ne vous y reprendra plus.
        Elle montre qu’il est préférable de  laisser d'abord longuement parler la personne blessée,   exprimer ce qu'elle a ressenti, ses inquiétudes et sa colère.
    Ce n’est qu’ensuite qu’il faut invoquer son pardon et essayer de dire simplement en termes clairs et émouvants, la vérité sur la raison de l’offense et sur les regrets que l’on a de l’avoir faite, en expliquant le plus sobrement possible les raisons de son erreur.

        Selon les psychologues, les excuses ont une fonction réparatrice à condition de reconnaître toute l'étendue de l'offense. C'est pourquoi il faut prendre la peine d'écouter; après une offense, le temps nécessaire à la personne offensée pour faire sentir tout son ressentiment par un discours peut être relativement long.
        Dans ce cas, l'offenseur doit attendre, et supporter calmement les remarques hostiles de sa victime pendant tout le temps nécessaire. Ce qui rend les vraies excuses difficiles, mais d'autant plus efficaces.
       
        C’est vrai que, moi le premier, quand on a le sentiment d’avoir fait une erreur, on est pressé de se débarrasser de la corvée des excuses et on a tendance à aller trop vite, et à multiplier dans nos explications, les raisons qui nous ont poussées à l’erreur, pensant ainsi paraître moins coupable.
        Sans doute devrions nous changer noe habitudes maladroites.

    Partager via Gmail

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique