• D'où proviennent angoisse et stress ? (1)

               On me demande souvent comment réagir pour ne pas se laisser aller aux pensées négatives.
    Mais avant de traiter notre tristesse et notre stress, encore faudrait il savoir pourquoi on en est là.
    Ce sera le sujet de ce premier article.

               De nombreux chercheurs travaillent sur les problèmes de dépression et ont constaté que plusieurs régions du cerveau des personnes déprimées sont moins actives que chez une personne en pleine forme. Cela est probablement à l'origine de la léthargie et du sentiment d'abattement que ressentent les personnes déprimées. Mais d'autres régions du cerveau peuvent aussi être hyperactives
               La dépression s'installe quand l'interaction - ou l'équilibre – se trouve ainsi perturbée entre ces diverses régions cérébrales qui sont à l'origine de nos pensées positives et négatives, rationnelles et émotionnelles..
        
               La dépression correspond donc à une baisse globale de l'activité corticale, et plus particulièrement du “cortex préfrontal”, couplée à une augmentation de l'activité de leur”cerveau émotionnel” (voir l'image).
               On pense que le cortex préfrontal agirait un peu comme un frein qui contrôlerait nos réponses émotionnelles. La baisse d'efficacité de ce frein pourrait donc laisser libre cours aux émotions négatives en provenance des structures limbiques (le cerveau émotionnel), généralement hyperactives durant la dépression, et notamment les centres amygdaliens..
               Le cortex préfrontal (en bleu) et le cerveau émotionnels  (en rouge) sont schématisés ci contre.
               Pour rendre la figure plus claire, on a représenté le cerveau coupé en deux hémisphères
               Le cortex préfrontal (qui est la partie la plus récente du cerveau au plan de l'évolution da l'animal à l'homme), correspond à la partie latérale en bleu, de chaque coté du cortex frontal donc de part et d'autre de notre front.

               Des recherches plus détaillées  ont mis en lumière une explication très pragmatique de l'anxiété et du stress dans notre vie courante.

               L'être humain a deux façons d'aborder les problèmes :
                           - soit il utilise des schémas et des solutions apprises, (parce qu'il a rencontré des problèmes analogues), qu'il adapte face à une solution qui lui paraît simple et connue;
                          - soit il imagine des stratégies inédites lorsque la situation se révèle nouvelle et complexe.   
               Les situations de changement de stratégies font intervenir le cortex préfrontal.  Les centres de ce cortex permettent également de prévoir les conséquences de nos actes et ne sont pas entièrement matures à l'adolescence.
               Dans un premier temps, face à un problème, on essaie de reconnaître si on peut le résoudre avec les éléments acquis, avec des solutions déjà pratiquées, ce qui permettrait de le maintenir dans la zone des problèmes “courants”,
              Si les données du problème dépassent ce stade, (on dira qu'il s'agit d'un problème nouveau), le cortex préfrontal détecte cette attitude “conservatrice” et normalement il devrait alors entrer en action pour lancer des rélexions nouvelles.
              Mais cela prend du temps (plusieurs secondes) et par contre l'information remonte rapidement aux centres amygdaliens. En effet ces centres amygdaliens (qui font partie du cerveau émotionnel), ont entre autre la fonction de nous protéger contre des agressions et sont à l'origine des réaction de fuite, de peur, de colère, de résistance. Pour notre survie, il est important qu'ils soient prévénus immédiatement de tout événement et ils sont donc informés directement à toutes nos perceptions).
               Si nous persistons dans l'idée de résoudre notre problème de façon classique, ces centres interviennent dans un mécanisme de “peur”, transmettent l'information à l'hypothalamus (un gros centre au milieu de notre cerveau qui régit de façon autonome le fonctionnement de notre corps), qui agit sur notre système sympathique entraînant des phénomènes d'angoisse (accelération du coeur, hypertension, difficultés respiratoires, contractions abdominales...) et sur l'hypophyse (une glande qui se trouve incluse au milieu du cerveau et commande toutes les autres glandes grâce à l'envoi de “pré-hormones”.) et l'hypophise va faire produire l'hormone du stress : le cortisol.

               Que se passe t'il quand on fonctionne trop souvent et trop longtemps en mode “normal, courant”. Le cortex préfrontal perd l'habitude d'adapter nos stratégies à la nouveauté. ?
               Chez le jeune en outre, le cortex préfrontal n'a pas encore “fait son apprentissage” et  il n'a pas l'habitude d'agir efficacement et notamment de prévoir les conséquences futures d'une action.
               Donc chez les jeunes, le cortex préfrontal ne sait pas bien faire face aux situations nouvelles. Or l'adolescence est une période de transformation dans laquelle les situations nouvelles sont légion.
               D'où l'angoisse et le stress, qui sont fréquents chez les ados.

               Face au stress, les réactions sont de trois sortes : fuir, combattre ou s'immobiliser pétrifié par la peur et la stupeur.
               Ces réactions sont également vraies sur le plan psychologique :
                          - on peut s'échapper dans le rêve, dans un monde irréel où l'on n'a pas de probl!ème à résoudre, dans l'anxiété, dans la torpeur et la difficulté de se concentrer....On peut aussi fuir dans le passé, mais souvent dans les échecs que nous avons subi.
                           - on peut faire face, mais en général avec une augmentation de la susceptibilité et de l'agressivité défensive.
                          - on peut enfin être inhibé avec une impression d'abattement et d'apathie, d'une envie de ne rien faire et de pleurer.

               A travers ces trois comportements, fuite, combat et immobilisme, l'augmentation du stress dans notre monde moderne, notamment chez les jeunes, explique en partie les réactions courantes : anxiété, aggressivité et violences, dépression.
               Tout se passe comme si nous n'acceptions pas la réalité telle qu'elle se présente en essayant de résoudre les problèmes nouveaux avec des méthodes percues comme faciles, mais inefficaces, sans entrevoir ni rechercher une nouvelle stratégie d'adaptation.

                 Il est donc nécessaire d'entraîner notre cortex préfrontal pour qu'il puisse suppléer au mode “normal, courant” de notre cortex frontal en essayant de trouver des stratégies nouvelles. Ce sera le sujet de mon prochain article.

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