•      Les planches que je reproduis ci-dessous sont pour la plupart extraites d'une conférence de M. Jean Poitou, chercheur au CNRS.

        L'homme s'intéresse au climat depuis l'antiquité, mais avec les ordinateurs modernes ses moyens de stockage de données et de calculs, notamment en simulation, permettent de mieux comprendre les phénomènes et de les analyser.

    Le climat depuis 800 000 ans.

        Cette planche montre que dans l’antiquité on se préoccupait déjà des accidents météorologiques, que les instruments météo sont apparus au XVIIème siècle et que les premiers réseaux datent du XIXème, Arrhénius ayant en 1896 prédit que l’homme pouvait modifier le climat par les émissions de CO2 qu’il provoquait. Mais c’est à la fin du XXème siècle qu’on en a vraiment pris conscience.

      Pourquoi des variations au cours des âges ?

        Le soleil n'a pas une activité uniforme. Il a des "sursauts d'activité" de courte durée qui ont une influence sur la météorologie.
        Par contre les variations continues d'ensoleillement (il se refroidit peu à peu) sont extrèmement lents et n'ont guère d'influence sur des temps historiques.
        Par contre au niveau des temps très anciens, les chercheurs tiennent compte de ces variations.

        La terre tourne autour du soleil mais son mouvement subit de lents changements (voir le schéma ci-dessous):
             - l’ellipse de son orbite autour du soleil se déforme très lentement (plus de 100 000 ans
             - son axe de rotation n’est pas perpendiculaire au plan de son évolution autour du soleil (plan de l’écliptique), et son obliquité change un peu plus vite (40 000 ans)
             - de plus cet axe tourne sur un cône dont l’axe est perpendiculaire au plan de l’écliptique. La période de cette évolution est de l’ordre de 20 000 ans.
        Il en résulte que les variations de l’orbite terrestre entraînent des variations de l’ensoleillement et donc de l’énergie envoyée par le soleil, dont nous avons vu l’importance au plan climatique. 

    Le climat depuis 800 000 ans.

    Quelques repères dans l’histoire du climat :

            
    - 600 millions d’années : la terre est une boule de neige

             - 360 millions d’années : ère carbonifère (chaud et humide)
             - 50 millions d’année : chaud sur toute la terre
                      • des tortues tropicales au pôle nord
                      • la mer 100 m plus haute que maintenant
             - derniers millions d’années : alternance glaciations et périodes interglaciaires
             - maintenant : relative stabilité mais le climat est sous l’action de l’homme.

        Comment reconstitue-t-on les climats du dernier million d’années ;

       
    On sait maintenant faire des datations et des analyses physico-chimique et paléontologiques sur :

            - les sédiments marins,
            - les coraux,
            - les sédiments lacustres,
            - les bois des troncs d’arbres
            - les stalagmites
            - et surtout les glaces, notamment aux pôles par carottage.

        Grâce à l’analyse physico-chimique de carottes de glaces (on date les tranches successives de plus en plus ancienne, et on analyse les particules et les gaz dissous ou inclus, provenant de l'atmosphère de l'époque), on a pu reconstituer pour les 800 000 dernières années les variation de gaz carbonique (CO2 courbe supérieure violette), de méthane (CH4 courbe inférieure marron) et au milieu en multicolore les variations de température.

        On voit sur le graphique l’énorme impact des activité humaines actuelles.

    Le climat depuis 800 000 ans.

        Pour vous faire un peu rêver, voilà comment on reconstitue la “carte climatique” de l’Europe, il y a 20 000 ans.
        (le loess est un limon siliceux et calcaire genre “terre à briques”; cultivable car retenant l’eau; la toundra ue végétation basse de pays froids; la steppe des prairies de pays à faible pluviosité; la taïga une zône forestière de pays froids) :

    Le climat depuis 800 000 ans.

         Pourtant la température moyenne n’était inférieure que de 5 d° par rapport à l’actuelle, et le niveau de la mer environ 125 m plus bas (pas de Manche ni de mer du Nord !).

     
      Si on observe le graphique ci dessous concernant les variations d'ensoleillement solaire, on constate qu'actuellement nous sommes dans une période de stabilité analogue à celle vécue il y a 400 000 ans, et donc, il n’y aura pas de nouvelle glaciation dans les 100 000 prochaines années comme le montre cette reconstitution du passé et une prévision du futur.!!

    Le climat depuis 800 000 ans.

     

         Cet autre graphique confirme le précédent, montrant que la planète connait des cycles d’environ 100 000 ans de hausse et de baisses de températures.

    Le climat depuis 800 000 ans.

         Alors, le réchauffement climatique est il un phénomène naturel phénomène naturel ?

         Absolument pas. Ce que nous vivons est unique, car le réchauffement s’opère à une vitesse jamais vu : le réchauffement observé durant les 30 dernières années s’observait dans le passé plutôt sur 1 500 à 3 000 années !
         Bref, le réchauffement est 50 à 100 fois plus rapide que les phases précédentes de réchauffement.

        Soulignons enfin que si le niveau actuel de température, et même celui à venir dans le siècle n’a rien de véritablement exceptionnel en soi, ses conséquences sur notre espèce de 7 milliards d’habitants (avec des frontières) vont être bien plus douloureuses qu’il a plusieurs millénaires quand il n’y avait qu’un million d’homo sapiens nomades…

     Contrairement à ce que pense M Trump, le climat ne "s'arrangera pas tout seul"

     

     

     

     

     

     

     

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  •      J'avais fait en 2015 quelques articles sur l'effet de serre et les pollueurs dans le monde, ainsi ue sr le rapport du GIEF. Mais je n'étais pas rentré dans les détails, du fait que la presse ne cesse d'en parler.
         Mais certains de mes lecteurs me réclament quelques articles plus précis et je vais donc reparler du climat de façon un peu plus détaillée, aujourd'hui en précisant cette pollution par les gaz à effet de serre, qui est bénéfique puisque sans lui, la vie ne serait pas possible sur une terre glacée, mais dont l’homme a perturbé ce mécanisme par la pollution qu’il émet.

         Dans l’effet de serre naturel, ce sont le dioxyde de carbone CO2 et la vapeur d’eau qui sont les facteurs essentiels. Les 15% restants (gris) sont dus aux nuages (voir le précédent article)

         Les polluants émis par l’homme qui risquent de perturber ce mécanisme sont plus nombreux :
             - Le gaz carbonique (ou dioxyde de carbone) est toujours le polluant essentiel
             - mais on trouve aussi le méthane CH4
             - ainsi que des gaz triatomiques tels que l’ozone O3, ou les oxydes d’azote N2O et NO2,
             - et des chloro- ou fluoro-carbures utilisés par l’industrie.
         De plus en cas d’augmentation de la température moyenne, la vapeur d’eau augmente dans l’atmosphère et aggrave le phénomène.
         La moitié de l’effet de serre supplémentaire dû à l’homme provient du dioxyde de carbone
    Pollution due à l'homme et climatPollution due à l'homme et climat





     

        Quelles sont les activités responsables en France de cette pollution :

     
            • D’abord les transports (automobiles, camions, bus, avions...) : 26%.

             • Puis agriculture, industrie et chauffage presque à égalité vers 20%.
             • La production d’énergie, principalement électrique ne contribue en France que pour 12 %, car 75% de notre électricité est d’origine nucléaire, mais dans le monde il n’en n’est pas de même car la plupart des centrales sont à charbon et cela représente 46% de la pollution en CO2, et le développement des besoins de la Chine et de l’Inde va augmenter encore cette proportion.

    http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/acteurseffetserre.jpg

        Disons quelques mots du “cycle du carbone” :

    Pollution due à l'homme et climat   

         La végétation absorbe du dioxyde de carbone et en rejette, mais en temps normal, ce cycle est équilibré. De même pour les océans.
    Donc dans le cycle naturel, la quantité de CO2 reste constante.



    Pollution due à l'homme et climat   

         Si l’homme rejette du gaz carbonique en supplément, végétation et océans vont essayer de rétablir l’équilibre et ils augmentent les quantités absorbées, mais ils ne peuvent pas le faire suffisamment et actuellement, on constate un excédent de 3,3 milliards de tonnes par an.


        On constate donc une augmentation sensible des concentrations en gaz carbonique, évidemment beaucoup plus forte et erratique en zône industrielle et urbaine de chauffage et circulation automobile (relevés à Gif sur Yvette en région parisienne), que dans une île au milieu de l’océan (île Amsterdam, mais où malgré le peu de pollution humaine, le taux s’élève cependant par échanges atmosphériques dus aux vents.).

    Pollution due à l'homme et climat

      Le graphique suivant montre comment la concentration en CO2? la température de l'air et la température de la mer en surface, sont liés; ces relevés ont été faits à Mauna Loa, dans l'archipel  d'Hawaii. (Cliquez sur le schéma pour l'agrandir)

    Pollution due à l'homme et climat


      Enfin un schéma des valeurs moyennes des températures enregistrées par année en surface (en rouge) et par satellites (en bleu)les lignes épaisses représentant des moyennesglissantes sur 3 ans. Ces valeurs ont été enregistrées aux USA et montrent bien l'élévation de température due à l'activité humaine, n'en déplaise à M. Trump.

    Pollution due à l'homme et climat

     

     

     

     

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  •     Hier nous avons vu le principe d'un "tokamak", qui préfigure le principe des réacteurs nucléaires à fusion thermonucléaire. Aujourd'hui nous allons parler d'ITER.

           ITER (“le chemin” en latin, et originellement en anglais : International Thermonuclear Experimental Reactor ) est un prototype de réacteur nucléaire à fusion actuellement en construction à Cadarache près de Manosque et Aix en Provence). Ce prototype est destiné à vérifier la « faisabilité scientifique et technique de la fusion nucléaire comme nouvelle source d’énergie ».

          Nous sommes habitués à voir des programmes de toutes sortes en coopération internationale, mais c’est en général au sein de l’Europe, ou entre pays européens et Etats Unis, mais le programme ITER est étonnant par l’ampleur de la coopération qui englobe les grand spays mondiaux : l’Europe, les USA, la Russie, la Chine, la Corée du Sud, le Japon,  l’Inde, et la Suisse via Euratom. 
           Après de longues discussions le site de Cadarache en France a été choisi pour abriter le réacteur (trois autres sites ayant été en lisse, en Espagne, au Canada et au Japon).et l’accord international a été signé à Moscou le 28 juin 2005, et l’accord définintif a été signé en France le 21 novembre 2006.
         “ITER Organization”, un organisme public, a été officiellement créé le 24 octobre 2007. Il est dirigé par un scientifique japonais.
          Le projet ITER est financé par les pays membres et les résultats seront fournis à tous ces pays. Le coût prévu était de 10 milliards d’euros en 2006, mais a doublé depuis, et  en outre, les divers pays fournissent des prestations en nature.
          C'est actuellement un énorme chantier et les premiers plasmas sont prévus pour 2025.  Le début du fonctionnement expérimental en puissance est prévu pour 2035.
          ITER ne produira pas d’électricité. Son rôle est démontrer que l’utilisation de l’énergie de fusion est possible dans de bonnes conditions de sécurité, en produisant dix fois plus d’énergie que l’on en consomme.
          Si les expérimentations avec ITER portent leur fruit, un autre réacteur de fusion nucléaire pourrait prendre sa place d'ici 2040. Il s'agit de DEMO(pour Demonstration Power Plant), un réacteur qui devrait fonctionner en continu et, contrairement à ITER, être relié au réseau électrique. Comme son nom l'indique, ce sera donc un démonstrateur industriel grâce auquel des prototypes moins coûteux pourraient ensuite être assemblés dans un but commercial. DEMO devrait être en mesure de produire au minimum une énergie de fusion de 2 gigawatts
          La première démonstration de production d'électricité aurait lieu en 2048, puis est prévuela mise en œuvre d'un autre projet, nommé PROTO, qui ferait office de prototype de centrale électrique.

    Le projet de réacteur thermonucléaire "ITER"

     

                  ITER et la sécurité nucléaire.

      Les réacteurs de fission présentent certains risques que nous connaissons bien :
              - Ils peuvent s'emballer en cas de fausse manoeuvre.
    Des sécurités importantes sont mises en place pour éviter un tel accident et il faut, comme à Tchernobyl, être assez inconscient et irresponsable pour court-circuiter les sécurités pour qu’il puisse arriver.
    .         - Un défaut de refroidissement peut faire fondre le coeur comme au Japon.
    Dans les réacteurs français les systèmes de refroidissement sont doublés, voire triplés dans l’EPR, mais au Japon la force du Tsunami avait détruit les arrivées d’eau, l’alimentation électrique, même de secours et les cuves des réacteurs ont été fissurées par le choc de la vague.
             - La production de déchets radioactifs impose un retraitement et un stockage des produits de fission notamment, pour des durées importantes.
    Ce problème diminue peu à peu et est bien moins important que celui des déchets de nos industries chimiques, d’autant plus que les déchets nucléaires signalent leur présence par leur émissions radioactives.
              - En cas de non refroidissement, de l'hydrogène peut se dégager et entraîner une explosion.   
             - Un défaut d'étanchéité de la cuve ou de l'enceinte peut entraîner la dissémination dans l'air et la retombée sur le sol de produits radioactifs, notamment Iode 137, Césium 135 et Strontium 90.
         Il faut donc d’abord essayer de limiter ce dégagement et ensuite avoir des enceintes de confinement très solides, ce qui n’était pas le cas au Japon ( et à Tchernobyl il n’y en avait pas !). De telles enceintes qui existent sur les réacteurs français et américains, ont fait leurs preuves lors de l’accident de Three Miles Island, qui n’a pas entraîné de pollution, malgré la fonte d’un coeur.

        Les réacteurs à fusion sont au contraire très sûrs et très peu polluants.
             - La moindre perturbation au sein du réacteur entraîne un refroidissement et l'arrêt de la réaction, sans possibilité d'emballement. Il n’y a d’ailleurs que quelques grammes de deutérium et de tritium dans l’enceinte à vide (et pas d’oxygène).
        Il ne peut donc pas y avoir d’emballement de la réaction de fusion qui s’arrête d’elle même, ni d’explosion de la chambre.
             - L'équivalent du coeur est le plasma gazeux et ne comporte que quelques grammes de deutérium et tritium radioactifs et les "déchets" sont constitués par de l'hélium, inerte et non radioactif.
        Il n’y a donc pas de déchets radioactifs produits par la réaction, l’hélium est sans danger (inerte chimiquement) et peut être utilisé industriellement et pourrait même être rélâché dans l’atmosphère sans inconvénient.
             - L'enceinte à vide est extrêmement solide et aucune explosion ne peut se produire. Une double enceinte en dépression est facile à réaliser pour éviter toute fuite éventuelle de tritium, qui est un produit radioactif.
        En fait une telle fuite est assez improbable. Elle n’est pas possible dans le réacteur lui même et ne concernerait qu’une quantité négligeable. Elle ne pourrait provenir que des réservoirs et canalisations destinés à alimenter le réacteur, risque que l’on peut techniquement fortement diminuer.
        De plus si l’on produit dans le futur le tritium par action des neutrons sur du Lithium, ce danger disparait presque totalement.   
             - Le seul incident radioactif serait une fuite de tritium, dont la probabilité est faible, et gaz très léger, il se diluerait et monterait rapidement en altitude.
        Cet incident a néanmoins été envisagé dans l'étude de sécurité : les calculs de concentration de tritium dans l'atmosphère montrent que la pollution de l'environnement serait très faible et qu'aucune évacuation de population ne serait à envisager, et la contamination des sols serait nulle.
             - Le seul problème qui subsiste est l'activation de certains composants du réacteur par les neutrons émis, mais c'est un problème local, interne à l'installation, qui peut être facilement défini et maîtrisé. Il s’agit de produits radioactifs d’activité faible et à vie courte et qui n’entraînent que des précautions pour le personnel du réacteur et lors de son éventuel démontage, mais en aucun cas une pollution extérieure, puisqu’il s’agit des matériaux de la chambre et de son enceinte.immédiate.
        Cette activation serait d’ailleurs très réduite en cas d’utilisation du lithium.

        On voit donc que les réacteurs à fusion seraient des engins propres au plan nucléaire, sans risque d’explosion ni de pollution externe et ne produisant pas de déchets radioactifs à vie longue comme les réacteurs à fusion.
        De plus ils constituent une énergie renouvelable car d’une part on pourrait extraire le tritium de l’eau de mer et surtout utiliser le lithium qui est assez abondant (et pourrait d’abord servir dans des batteries électriques).

         Mais ce sont des engins complexes et leur étude est longue. Ces réacteurs ne seront en service que dans la deuxième moitié du siècle, mais c'est la solution d'avenir pour la production d'énergie électrique.

    Le projet de réacteur thermonucléaire "ITER"

     

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  •       J'ai fait des articles sur les réacteurs nucléaires actuels "à fission", mais je n'ai rien dit sur les possibilités de réacteurs à fusion, car ce n'est guère envisageable avant la fin du siècle.
         Je parlerai d'abord du principe et des premières études, puis demain, dans un autre article, du projet international "ITER", mené à Cadarache, dans le midi de la France.

    La fusion nucléaire.

        Lorsque en se scindant ou en s’assemblant, les noyaux des atomes peuvent donner lieu à une diminution de la masse des composants, la réaction peut se produire et dégage de l’énergie selon la formule d’Einstein  E = mc2.
        Cette énergie est communiquée à des particules ou aux noyaux formés sous forme d’énergie cinétique, et ensuite, se transforme en chaleur au cours de leur ralentissement.
        La réaction de fission peut être spontanée parce que le noyau est instable : c’est la radioactivité. Avec des noyaux très lourds comme l’uranium, le plutonium, le thorium, on peut, en les bombadant avec des neutrons, provoquer leur fission en deux atomes plus légers.
        Des noyaux très légers tels que l’hydrogène, le deutérium, le tritium peuvent  fusionner en créant un atome plus lourd, en éjectant un neutron et de l’énergie, mais la réaction ne peut se produire qu’à une température énorme de l’ordre d’une centaine de millions de degrés.

        Ces réactions sont à l’origine du fonctionnement du soleil et des étoiles et sur terre de celui d’une bombe thermonucléaire. Dans cette dernière la température énorme est obtenue en faisant exploser une “amorce” qui est une bombe nucléaire à fission et je ferai par la suite, un article sur les réactions dans les étoiles. 
    Energie thermonucléaire (fusion) : principe et études anciennes.    Pour domestiquer l’énergie de fusion, le problème est de créer cette température et de contenir le plasma obtenu, qui, sous l’effet de la température, a tendance à chauffer tout autour de lui et à provoquer une violente expansion.
        La réaction utilisée est 
            2D1  +  3T1    -->  4He2  +  1n0
     et comme le tritium est un gaz très cher à fabriquer, on envisage de le produire par la suite en utilisant les neutrons produits au sein du réacteur, à partir du lithium, abondant sur terre, par la  réaction       
            6Li3  + 1n0  -->  4He2  +  3H

    Comment domestiquer la fusion : les “tokamak”

    Energie thermonucléaire (fusion) : principe et études anciennes.     Pour produire une réaction de fusion nucléaire, il faut chauffer la matière à de très hautes températures (plusieurs centaines de millions de degrés). Dans ces conditions, les électrons se détachent complètement de leur noyau — on dit que l'atome s'ionise. La matière entre alors dans un nouvel état : l'état de plasma.

        De nombreuses études ont été faites dans ce domaine, et les russes ont conçu en 1960 une machine appelé “Tokamak”
        Dans les années 70 des machines analogues ont été construites aux Etats-Unis et en France au centre CEA de Fontenay aux roses et à Grenoble.
        De nombreuses autres machines ont été construites par la suite, notamment “Joint European Torus,” en Angleterre et “Tore supra” à Cadarache.
         Ci-contre la chambre à vide d'un Tokamak. 

    Principe d’un “tokamak”

        Un tokamak est une chambre de confinement magnétique destinée à confiner et contrôler un plasma (deutérium + tritium), pour étudier la possibilité de la production d'énergie par fusion nucléaire.
    Energie thermonucléaire (fusion) : principe et études anciennes.    Comme le plasma est constitué de particules chargées, on peut confiner leur trajectoire de déplacement à l'intérieur d'un tore au moyen de champs magnétiques. C’est en quelque sorte une “boite aux parois immatérielle”.
        D’énormes bobines (en orange sur le schéma ci-contre), créent un champ toroïdal  qui confine le plasma à l’écart des parois et fait circuler à l’intérieur un très fort courant qui le réchauffe fortement et qui crée à nouveau un champ qui contribue aussi au confinement du plasma, qui est très chaud en son centre et va en se refroidissant vers l'extérieur.   
        D’autres bobines horizontales circulaires permettent de mieux contrôler la forme du plasma (en vert sur le schéma ci dessous).
    Energie thermonucléaire (fusion) : principe et études anciennes.    Ce courant n’est pas suffisant pour chauffer à la température voulue le plasma et on complète ce chauffage pa des ondes hautes fréquences (comme dans un four à micro-ondes) et par l’injection de particules qui par chocs  augmentent la température.
        Lorsque la température suffisante est atteinte, la réaction de fusion se produit et l’énergie dégagée suffit à entretenir la température.
        Dans l’air un tel plasma ne pourrait se former et donc on doit le créer dans une enceinte à vide torique, au sein de laquelle règne un vide extrêmement poussé.
        Il faut évacuer les produits parasites créés (l’hélium, gaz inerte et non radioactif) et d’autre part évacuer  aussi la chaleur si on veut l’utiliser ensuite pour produire de l’électricité, grâce à un fluide caloporteur entre le plasma et les parois de la chambre à vide.
    Energie thermonucléaire (fusion) : principe et études anciennes.    Un autre problème de ces réacteurs est de générer un champ magnétique suffisamment puissant c’est à dire de faire circuler un courant très important dans les bobines. Pour cela les bobine sont réalisées en matériaux supraconducteurs, dont la résistance est pratiquement nulle à une température proche du zéro absolu (- 273 d° K) de telle sorte que des courants très intenses peuvent circuler sans perte par effet joule.
        Le problème est évidemment de conserver une température aussi basse autour d’un réacteur qui est extrêmement chaud.
        Les petits tokamak déjà réalisés ont permis de démontrer la faisabilité scientifique de ce processus en dégageant quelques mégawatts d’énergie pendant plusieurs minutes. Mais par contre l’énergie fournie était presque aussi important que l’énergie produite.
       

           Le prochain article concernera, demain, le projet actuellement en cours d'étude: "ITER"

     

     

     

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  •     Je trouve bizarre l’initiative qu’ont pris certains écologistes d’attaquer l’Etat en justice parce qu’il ne faisait pas assez pour le climat. Cela me paraît une fois de plus montrer combien l’écologie française ne réfléchit pas beaucoup à la réalité des choses et aux aspects techniques, en faisant passer l’affectif subjectif avant le bon sens.
        Bien sûr que la lutte contre le changement climatique doit être une priorité, mais c’est avant tout un problème mondial et c’est dans sa globalité qu’il faut l’examiner.
        Il faut prendre conscience que, dans ce domaine , la France est un bon élève (grâce au nucléaire décidé par le Général de Gaulle), limitant ses rejets à moins de 1% du niveau mondial
    .  (Voir le tableau ci-dessous)

    Les écologistes et le climat

        Cela n’empêche pas que nous fassions nous aussi un effort, mais le problème est de convaincre les USA, (et c’est mal parti avec Trump), la Chine et l’Inde, de faire de gros efforts dans ce domaine, beaucoup plus que de faire diminuer nos rejets.
        Il ne faut certes pas négliger les « petites actions », car faites par tout le monde, elles auraient de l’impact, mais le problème est qu’il faut convaincre un grand nombre de gens, en France, mais aussi dans le monde. Les manifs dans le monde entier des jeunes me paraissent plus réalistes, même si elles ne convaincront sans doute pas, ni M. Trump, ni l’Inde ni la Chine qu’une action en justice bien peu réaliste.
        Et cela m’inquiète quant à l’information faite, quand je vois des jeunes croire qu’ils ont fait un beau geste pour l’écologie en ne mangeant plus de viande et en devenant végétariens, alors qu’ils mettent seulement en péril leur organisme et notamment leur cerveau, par manque de protéine. Diminuer la consommation de viande ne veut pas dire la supprimer. L’excès est, dans tous les cas, un danger.  
       Les émissions de CO2 ont augmenté de 2% dans le monde, en 2018,les coupables étant les USA, la Chine et l’Inde. En France ces émissions avaient diminué de 18% entre 1990 et 2016, mais ont de nouveau légèrement augmenté, en raison de l’augmentation du transport et de l’arrêt de centrales nucléaires.


        Les écologistes peuvent beaucoup parler de réduire la consommation d’énergie. Certes il faut le faire en France, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan !
        Et il ne faut pas se faire d’illusion, la demande mondiale d’énergie sera en très forte hausse.
  
      L’administration pou l’Information sur l’Energie (EIA aux USA), estime que cette demande devrait augmenter de 14% d’ici 2020 et 45% d’ici 2040. Cette hausse proviendrait surtout des pays en voie de développement, sous l’effet de leur croissance économique et démographique.    

        Les pays asiatiques ( Chine, Inde …) seraient en particulier responsables de plus de la moitié de l’augmentation; la consommation énergétique de l’Afrique pourrait doubler d’ici à 2040 mais resterait très faible malgré la forte poussée démographique sur ce continent; a demande énergétique des États-Unis serait encore 2,4 fois plus élevée que celle de l’Afrique en 2040 avec une population pourtant 5 fois plus faible.
       
    Les écologistes et le climat   La consommation d’énergie en 2017 est à 80% due au énergies carbonées (charbon, pétrole et gaz) comme le montre le schéma ci-contre.
        Cela a des conséquences dramatiques : prenons l’exemple chinois. En 2018, 73% de l’électricité chinoise provenait de centrales à charbon. La Chine fait des efforts très importants pour développer l’hydraulique, le nucléaire, le photovoltaïque et l’éolien. Ces moyens de production ont connu en 2018une hausse impressionnante de 147 TWh; mais la demande en énergie a augmenté de 465 TWH et la Chine a dû construire de nouvelles centrales à charbon.
        C’est très inquiétant quant aux émissions de CO2.


        Parlons maintenant de la France.
    Les écologistes et le climat   La répartition par secteur des émissions de CO2 est donnée par le schéma ci-contre.J’en ai déjà parlé dans un article précédent et j’ai montré que les efforts à faire étaient essentiellement les transports et le chauffage urbain, et en troisième lieu l’a production électrique et j’avais indiqué diverses voies possibles.

        Le gouvernement et les constructeurs semblent vouloir faire un effort en matière de véhicule électrique (ce qui n’est valable que parce que nous avons une énergie propre due au nucléaire). Mais cela passe par des batteries plus puissantes et par des stations de recharge nombreuses. On n’en parle presque pas alors que c’est essentiel.
        Dan le domaine du chauffage, on fait des efforts pour aider l’isolation et le chauffage de maisons individuelles, mais rien n’est fait pour les immeubles, qui représentent presque la moitié des logements.

        Quant à la production d’électricité, je ne comprends toujours pas les écologistes, qui restent sur des idées utopiques et des a priori subjectifs, sans tenir compte avec bon sens d’éléments factuels et techniques.
        S’ils veulent défendre le climat, il faut défendre ce qui produit le moins de CO2 et au moindre coût. (voir le tableau ci-dessous)

    Les écologistes et le climat

       Charbon, fioul, gaz et pétrolepermettent une pollution à bas coût, mais sont très polluant. Nous avons très peu de centrales de ces types, mais il faut les supprimer, en ne gardant que des groupes électrogènes mobiles pour pallier des pannes de réseau électrique.

       L’énergie éolienne est mature,mais le éoliennes sont assez fragiles et surtout l'énergie dépend de la puissance et de la régularité du vent et est donc fournie de manière intermittente : on compte en moyenne sur un fonctionnement à pleine puissance de 2400 heures par an, ce qui oblige à disposer d'autres sources de production en complément (en général des centrales à gaz).
        De plus elle génère des nuisances visuelles et sonores et des conflits d'utilisation de l'espace terrestre ou marin et la puissance unitaire étant de l’ordre de 2 MW, (5 à 10 MW en mer), il faut beaucoup de machines ce qui couvre des espaces importants, d’autant plus que le raccordement au réseau étant onéreux, il faut le regrouper pour minimiser ce coût.

        Le photovoltaïqueest intéressant au niveau de la maison individuelle, (bien que limité actuellement à environ 3 kW), mais les centrales couvrent une superficie prohibitive, ont un mauvais rendement et un coût de raccordement au réseau prohibitif.

       Finalement les énergies « intermittentes, sont très chères (notamment pour les raccorder au réseau) et en définitive des moyens de production électrique peu efficaces pour le climat, en raison des centrales complémentaires pour palier leur intermittence, car on ne sait pas stocker l’énergie électrique. On aura beaucoup de mal à dépasser une proportion de 15 à 20%.

        L’électricité nucléaire est la seule qui soit permanente, à un coût raisonnable, n’émet pas de CO2, renouvelable pour les générateurs de 4ème génération, et peut satisfaire la demande française.   
        Je ne comprends pas comment de vrais écologistes, soucieux du climat, peuvent demander la diminution du pourcentage de nucléaire (actuellement 70%), en pensant le remplacer par l’éolien et le photovoltaïque, ce qui, sur le plan technique et financier est une parfaite utopie.

        L’explication est sans doute une peur irraisonnée du nucléaire par manque d’information.
        Un réacteur ne peut en aucun cas exploser comme une bombe atomique.
        Les accidents de Tchernobyl et Fukushima sont dûs à des circonstances très spéciales qui ne peuvent se produire dans les pays occidentaux. Ils ont d’ailleurs fait moins de 100 morts (dont 2 au Japon), alors que les accidents industriels en font plus chaque année et que le tsunami japonais a fait 22 000 morts.
        Il n’y a pas eu d’accident, même minime, en France en 50 ans de production d’électricité nucléaire, alors qu’il y a eu l’accident d’AZF à Toulouse, et chaque année plus de 3 000 morts sur les routes, plus de 10 000 morts de la grippe, de l’ordre de 20 000 morts par accident domestique, environ 1500 accidents mortel industriels….
        Les écologistes veulent interdire le nucléaire par peur irraisonnée, alors qu’ils font semblant d’ignorer toutes les autres causes d’accidents mortels.
        Pourquoi n’interdirait on pas les voitures, l’utilisation du gaz, d’huile et de produits domestiques, et la plupart des travaux industriels ?
        C’est effectivement un non-sens, un manque total de bon sens.
       En fait la sauvegarde du climat passe par l’utilisation des réacteurs nucléaires de 4ème génération et c’est ce qu’un écologiste sensé devrait promouvoir.
       Je ferai bientôt des articles sur ces réacteurs

       

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