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    Etes vous de droite ou de gauche ?

         J’ai connu plusieurs personnes, qui me disaient ne pas bien savoir où étaient leur droite et leur gauche, et que cela les gênait beaucoup lorsqu’elles ont appris à conduire une voiture.
          Je leur avais répondu en plaisantant que, grâce à leur teinture pour cheveux, elles pourraient savoir quelle est leur main gauche et leur main droite (voir la figure ci-dessus).
          J’avoue que je n’avais pas cru la première qui m’a dit cela, mais devant son insistance, j’ai cherché à comprendre et j’ai fait un peu de doc et j’ai fini par trouver quelques explications.

         C’est vrai que lorsqu’on vous dit cela, c’est surprenant.!
         Qu'est-ce que la droite, qu'est-ce que la gauche? Aussi longtemps que l'on ne se pose pas la question, la réponse paraît évidente. Mais une fois la question posée...et bien après tout  ce sont nos parents qui nous ont appris cela !
         Mais encore faut il que notre cerveau soit apte à cette reconnaissance.
       
         Le cerveau construit la notion de droite et de gauche grâce à des neurones spécialisés, liés à l’interprétations des images en provenance de nos rétines.
         Certains neurones ne réagissent que lorsque nous voyons un objet se déplacer vers la droite, tandis que d'autres s'activent lorsque nous voyons un objet se déplacer vers la gauche.
         Une expérience réalisée sur des singes a récemment montré que cette notion peut être modifiée par des courants électriques, et donc en agissant sur les neurones, on agit sur la notion de droite et de gauche.
         Jochen Ditterich de l'Université de Washington, a implanté dans le cerveau de singes, une électrode dans des neurones spécifiquement sensibles aux mouvements vers la droite.
         Le singe, précédemment éduqué (grâce à des rondelles de banane en récompense des essais réussis), doit repérer sur un écran quels objets se déplacent vers la droite. Tant que l'électrode est débranchée, il ne fait aucune erreur, mais dès que l'électrode émet un petit courant électrique, il se met à prendre des objets en mouvement vers la gauche pour des objets défilant vers la droite.
         J. Ditterich a noté un autre fait remarquable : lorsque le singe se décide malgré tout pour la gauche, il le fait avec un retard important. Des neurones «antagonistes» lutteraient pour emporter la décision. Les neurones de la gauche sont adversaires de ceux de la droite, et la différence de leurs activités électriques détermine l'information d'ensemble. Ainsi, l'électrode implantée rajoute une force supplémentaire aux neurones de droite, si bien que le bilan reste généralement en faveur de la droite, même si l'objet réel se déplace vers la gauche. De plus, si le bilan reste néanmoins en faveur de la gauche, la différence d'activité est faible, si bien que le singe met du temps à se décider.
         Si les singes pouvaient voter, Ie résultat des élections serait peut-être modifié par une électrode judicieusement implantée IooI.

         Malheureusement l’étude ne parle pas des défauts de reconnaissance de la droite et la gauche chez les êtres humains, pas plus que je n’ai trouvé d’études qui chercherrait à déterminer si les cerveau des hommes politiques de droite et de gauche sont différents. !

         Et évidemment on me demande pourquoi est on droitier ou gaucher ?

        Etre droitier ou gaucher est spécifique des centres moteurs des mains et n'implique aucune préférence d'autres centres. Les spécificité des centres se décident lors de la formation du foetus, puis ensuite de l'apprentissage. On a un pied préféré pour shooter, un oeil préféré pour viser et ils ne sont pas forcément tous gauche ou droite.
         Il y a 15% de gauchers et il y en aurait probablement plus si on ne les contrariait pas à l'apprentissage.

         Il semble qu'il y ait des gênes qui intervenant très tôt chez le foetus, et qui rendrait plus facile l'accès aux centres moteurs de la main droite. Mais en fait le bébé n'est ni droitier ni gaucher. Il le devient en se servant plutôt d'une main pour attraper les objets et cela lui fait préférer cette main ensuite. Mais les premières fois l'aspect génétique interviendrait, ce qui expliquerait la majorité de droitier (beaucoup moindre chez les animaux).
         Mais on peut ensuite apprendre à écrire de la main droite même si on est gaucher, d'autant plus que notre écriture est conçue pour des droitiers.

         Par contre les zones du langage sont coté gauche à 99%  et le 1% ayant les centres de Wernicke et Broca à droite sont gaucher (sans doute une influence génétique). Mais l'hémisphère opposé analyse dans le langage l'intonation, l'émotion, les nuances, les images...

        Et en ce qui concerne la mémoire, tout le cerveau travaille en coopération, car même les centres moteurs des mains et doigts ont une certaine mémoire de l'écriture.

     

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    Les perceptions subliminales.

         Je rappelle d’abord ce que je vous ai déjà expliqué dans d’autres articles, qu‘une information est subliminale lorsqu’elle est au dessous du seuil de perception consciente de notre cerveau (principalement vision et audition) et que donc nous n’en n’avons pas conscience.
        Au dessous d’un autre seuil minimal, plus bas, elle ne peut plus être perçue du tout par nos sens, mais au dessus de ce seuil minimal  mais en dessous du seuil de perception consciente, nos sens perçoivent l’information, mais de façon inconsciente. (on parle de “perception subliminale”)
        Le problème est de savoir dans quelle mesure le cerveau la traite quand même et donc si une telle perception subliminale peut néanmoins nous influencer.


        J’entendais l’autre jour  au journal télévisé parler de la campagne présidentielle américaine et des irrégularités que l'on reprochait à Donald Trump dans ce domaine.
        Ce n'est pas nouveau dans les campagnes présidentielles américaines, et il faut se rappeler la campagne présidentielle de 2000, qui avait été le théâtre d'un débat enflammé sur l'effet potentiel des images subliminales à la télévision, dont avait été victime l’américain Al Gore, qui a été vice-président de Bill Clinton et qui est un passionné d’écologie, chose rare aux USA.

        Les partisans de son adversaire Georges Bush avait réussi à faire projeter  de façon périodique, pendant les discours d’Al Gore à la télévision, le mot “rats”.
         Les téléspectateurs ne pouvaient pas l'apercevoir, car le temps d'exposition (30 millisecondes) était insuffisant pour que le mot soit accessible à la conscience.    
        Néanmoins, les adversaires de G. Bush et partisans d’Al Gore ont allégué que la perception, même inconsciente, d'un tel mot, pouvait susciter un malaise ou une peur diffuse qui restait associée à AI Gore et faussait les élections;.

        Devant la fureur déchaînée par cette affaire, Joel Weinberger de l'Université de NewYork, a projeté à ses étudiants de courts messages télévisés pour l'élection d'un délégué, en insérant des images subliminales représentant, soit le mot “rats”, soit le mot “star”,qui est l’anagramme de rats, soit l'inscription dépourvue de sens “xxxx”. Des questionnaires ont ensuite été distribués aux 240 participants, qui devaient noter diverses qualités des candidats : honnêteté, compétence, etc.
        J. Weinberger a constaté que, si les participants appréciaient un des candidats avant l'expérience, l'inscription “rats” n'avait pas d'effet. En revanche, lorsqu'ils étaient indécis, l'inscription faisait légèrement baisser les notes attribuées pour l'honnêteté ou la compétence alors que l’inscription “star” les favorisait légèrement..

        La polémique avait fait se souvenir qu’en 1962, un chercheur en sciences du marketing, James Vicary, a révélé qu’ en 1957, il avait, à des fins commerciales, favorisé les ventes de Coca-cola en projetant des slogans « Buvez du Coca-Cola » de façon subliminale durant la projection des films à la télévision.
        Il est connu également que les Russes et les Vietnamiens se sont servi de telles méthodes, associées à des psychotropes, pour faire des “lavages de cerveau” de leurs prisonniers.
        Apparemment, les mots subliminaux ont un effet sur le psychisme et le comportement, mais il en manquait à l’époque, une preuve biologique.
       
        Différentes équipes ont montré que l'on perçoit de façon subliminale des objets et des nombres. Concernant les mots, il a été établi que le cerveau perçoit leur structure de façon inconsciente, mais on n'était pas certain qu'il déchiffre leur sens.
        Plus récemment, les neurobiologistes Lionel Naccache et Raphaël Gaillard de l'Hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris (unité INSERM 562), ont montré que l'on est également sensible au sens émotionnel d'un mot montré de façon subliminale.            
        Chez des patients nécessitant une opération du cerveau, à qui ils avaient implanté des électrodes dans les centres amygdaliens, (qui s'activent notamment lorsque l'on reconnaît l'émotion exprimée par un mot et qui sont à l’origine des réactions de peur), ils ont présenté des mots pendant 30 millisecondes, ce qui les rend inaccessibles à la conscience... et notamment le mot "danger" a activé les centres amygdaliens, ce qui montre que le cerveau a reconnu la peur, émotion exprimée par le mot danger.
        Si l'impact des images subliminales est avéré, on ignore pour le moment, pendant combien de temps il s'exerce. Diverses expériences ont suggéré que l'effet physique des messages subliminaux ne dure que 150 millisecondes, mais on ignore ensuite quel sort leur réserve notre mémoire inconsciente. Si vous êtes assis dans le métro et qu'un mot d'une affiche publicitaire atteint  votre rétine sans que vous n'en ayez conscience, il est possible que cet effet se prolonge pendant tout le voyage.

         L'affirmation "je ne crois que ce que je vois" est décidément ambigüe.

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  •      J’ai lu dans des compte-rendus d’études sur le cerveau deux informations qui m’ont  paru assez originales et je veux donc vous en donner l’essentiel.

    Bizarreries de notre cerveau.



        Comment sembler grand quand on est petit ?

        Dans une étude de l'Université du Maryland, des acteurs devaient adopter des comportements de domination ou de soumission, et les spectateurs devaient ensuite estimer la taille de ces acteurs.
        Les comportements de dominance (sourcils froncés, regard direct, épaules déployées et jambes détendues et gestes de mouvements des bras ou le doigt pointé) ont augmenté en moyenne de 15 centimètres la taille attribuée à l'acteur,        
        Les attitudes de soumission [sourcils relevés, regard oblique, bras croisés, jambes serrées et gestes tels que se toucher le cou ou se tordre les mains...) ont entraîné des évaluations proches de la taille de l’acteur ou un peu inférieures.
        D’après les psycho-sociologues, les attitudes de domination semblent activer un réflexe remontant aux origines de l'homme :  les individus les plus grands étaient généralement les meneurs dans un groupe, car plus forts et plus visibles et donc plus dangereux pour les autres..

    Reste à savoir ce qui se passe quand un individu très puissant est... tout petit ! (ne me faites pas de procès d’intention, je ne fais allusion à aucun homme politique, je ne me permettrais pas LOL)

        Je devine si tu fais une addition ou une soustraction !

    Bizarreries de notre cerveau.

         Les neuro-scientifiques Stanislas Dehaene, André Knops et leurs collègues de l'INSERM, du CEA, du Collège de France et de l'Université Paris Sud ont trouvé récemment que les zones du cerveau commandant les mouvements des yeux sont impliquées lors de la réalisation d'un calcul mental.
        Ils ont remarqué que les yeux d'une personne qui essaie de faire une soustraction mentalement, dans 70% des cas, réalisent une petite saccade vers la gauche, alors que ce mouvement oculaire se porte vers la droite lorsqu'il s'agit d'une addition. Bizarre non ?
        Les neuroscientifiques ont examiné l'activité du cerveau lorsqu'on déplace son regard vers la droite ou vers la gauche, et ont détecté de toutes petites différences dans la forme des aires activées par l'une ou l'autre de ces tâches, ce qui permet uniquement en observant son activité cérébrale, de savoir si une personne était en train de déplacer son regard vers la droite ou vers la gauche.
        Puis en faisant faire à leurs patients des opérations mentales et en observant l’activité cérébrale de ces aires (et pour vérification en filmant le regard de la personne), ils ont montré que l'on a tendance à regarder à gauche lorsqu'on fait une soustraction, et à droite quand on réalise une addition. (Là encore ne me prêtez aucune allusion politique !)
         Cette découverte signifie que certaines zones du cerveau sont utilisées pour diverses tâches, ici le calcul mental et le repérage visuel dans l'espace.
        Le lien entre calcul et mouvements visuels peut s'envisager de la façon suivante : depuis des millénaires, l'être humain est habitué à évaluer la quantité d'objets dans un ensemble (le nombre de bêtes dans un troupeau, ou d'arbres dans un bosquet) en déplaçant son regard d'un objet à un autre. D'ailleurs, le simple fait de compter sur ses doigts, (comme le fait un enfant qui apprend à compter),  suppose d'augmenter graduellement une quantité en déplaçant son regard. Une étape légèrement plus perfectionnée du comptage consiste ensuite à déplacer son regard d'un objet à l'autre sans s'aider de sa main, en parcourant du regard l'environnement visuel, chaque objet décompté étant assimilable à une unité ou à un point. Le calcul mental supposerait alors de déplacer son regard au sein d'une collection de points imaginaires.
        Quant à savoir pourquoi la soustraction correspond à des saccades vers la gauche et l'addition vers la droite, cela s'explique peut-être par le fait que nous sommes culturellement habitués à faire augmenter les nombres sur un axe allant de la gauche vers la droite, mais cela me paraît bien léger comme explication !

        Je vous en prie ne passez pas ce dimanche à faire faire des additions et des soustractions à votre famille en regardant leur tête : ils vous prendront pour un fou ou une folle !

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  •                Nous avons vu dans le précédent article que des anomalies de l'équilibre résultent le plus souvent d'un dysfonctionnement du système vestibulaire et de l'incohérence des interprétations que peut en faire le cervelet
    .              Mais le symptôme « vertige » ne renvoie pas à un phénomène, une sensation uniques. Les sensations les plus fréquentes sont les suivantes : tendance à tomber, environnement visuel qui tourne, sensation que le sujet tourne sur lui-même, perte d'équllibre, faiblesse posturale, tête lourde, sentiment que l'on va s'évanouir...
     .            Les patients souffrant de problèmes vestibulaires développent souvent des troubles émotionnels.
                Réciproquement plusieurs études ont montré qu'un trouble vestibulaire peut être lié à un grand nombre de symptômes anxieux, surtout ceux caractérisant des troubles paniques : agoraphobie (la phobie des grands espaces ou de la foule) ou acrophobie (la phobie des hauteurs).
                Les dysfonctionnements du système vestibulaire créent un handicap, de sorte que le patient redoute les apparitions de vertiges : la crainte d'être victime de vertiges ne fait que renforcer l'anxiété.
    Vertiges et stress, ou anxiété.Vertiges et stress, ou anxiété.













     
                Des études ont été faites mettant en jeu un plateau oscillant et une cabine fermée sur ce plateau. Le patient peut être dans ou hors cabine, les yeux ouverts ou fermés. On peut ainsi différencier les signaux de l'oreille interne, de la vue et de la proprioception.
                On a montré ainsi que les patients souffrant de troubles paniques maîtrisaient moins bien les conflits de signaux contribuant à l'équilibre.

                Des études ont été faites aussi en environnement virtuel : un ordinateur projette un certain environnement visuel en 3D, sur des lunettes que porte le patient et on envoie également des signaux sonores sur un casque. On peut ainsi créer un environnement différent, voire contradictoire avec les signaux reçus de l'oreille interne ou sur la situation de nos membres.
              La encore les patients souffrant de phobies ou simplement très stressés et anxieux sont plus sensibles à ces conflits, y compris à un simple décalage de quelques dixièmes de secondes entre les signaux sonores et visuels.
                On reconnaît une anxiété généralisée à six principaux symptômes :                          
                               - agitation, sentiment d'être à bout, tension permanente;
                               - sensation de fatigue, de ralentissement, non justifiée par une activité physique ou mentale intense;     
                                - difficulté de concentration, fuite dans les idées, défaut de la vigilance;
                                - irritabilité, nervosité ;              
                                - tension musculaire;           
                                - trouble d'endormissement (insomnie), réveil nocturne.                                                     
                Le patient anxieux ressent en permanence des angoisses et des soucis sans que sa situation personnelle ne le justifie forcément. Cette anxiété interfère en permanence avec l'attention portée aux autres ou à ses propres actes, et notamment à l'opinion des autres qui sont souvent interprétés à tort, source de nombreux malentendus et conflits.
               L'esprit anxieux n'est pas le seul à souffrir et le corps pâtit aussi de ce trouble. Par exemple, le sentiment de fatigue des anxieux (comme celui des dépressifs) est bien réel et peut se mesurer par une baisse des capacités musculaire

               Au bout d'une période d'anxiété forte peuvent apparaître des vertiges et ce peuvent être des signes avant-coureurs d'une dépression.
               Il ne faut cependant pas s'affoler, le vertige est souvent considéré comme une urgence par les personnes qui en sont victimes alors que dans la très grande majorité des cas, le vertige est une manifestation bénigne. 

              Mais il est prudent de consulter un médecin qui fera faire un bilan, car le vertige peut aussi être le signe d'une anomalie physiologique :    
                        - forte migraine, accident vasculaire cérébral.       
                        - réaction à certains médicaments; allergies    
                        - hypertension artérielle;  
                        - troubles de la vision;    
                        - lésions su rachis cervical:
                        - lésion du nerf acoustique;        
                        - tumeur du cervelet;  
                        - une infection de l'oreille interne. 

             Ne vous affolez pas, ces cas sont très rares, surtout si on est jeune, mais il ne faut pas les négliger,

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  •               Un lecteur qui a consulté mes articles sur l'oreille et l'ouïe, (15 et 16 juin 2018); me demande ce qu'est un vertige et s'il y a un lien entre l'équilibre physique, et notamment le sens de l'équilibre et le ressenti émotionnel et notamment le stress et l'anxiété?  

                 Examinons d'abord comment nous conservons notre équilibre et comment il peut être perturbé physiquement. 
                 Plusieurs systèmes sensoriels permettent l'orientation spatiale (statique ou dynamique) et contrôlent la posture, l'équilibre et la locomotion. Ce sont le système visuel, le système vestibulaire de l'oreille interne (pour la perception du mouvement et de l'orientation) et les centres sur le dessus du cerveau derrière les centres sensoriels et moteurs qui contrôlent ce que l'on appelle la "proprioception", c'est à dire les informations provenant des muscles et des articulations.
                Ces données nous informent, d'une part, de nos changements de posture (par exemple la position d'un membre par rapport au tronc) et, d'autre part, de nos changements de position dans l'environnement (la position de mon pied par rapport au mur ou à un pied de table).

                Le système vestibulaire de l'oreille interne (voir schéma ci dessous), a trois fonctions principales :                                        
                            - le maintien de la posture, c'est à dire tenir debout en équilibre par exemple;
                            - la coordination des mouvements des yeux et de la tête;
                           - la perception du mouvement et de l'orientation dans l'espace.

     

    Qu'est ce qu'un vertige (et pas avoir le vertige).



                Il est composé de trois canaux semi-circulaires (le canal horizontal, le vertical antérieur et le postérieur) et d'organes dits "otolithiques" (l'utricule et le saccule).
               (A noter que la cochlée, que l'on voit sur le schéma, ne participe pas à cette fonction mais est destinée à l'analyse des sons en mesurant leur fréquence, qui se traduit en musique par les notes - voir mes articles des 15 et  16 juin 2018).
                Ces différents capteurs détectent les accélérations linéaires et angulaires de l'organisme et de la tête, et les transmettent au cerveau via Ie nerf vestibulaire.
               Les canaux et les organes otolithiques sont tapissés de plaques de tissus, les "macules", constituées de cellules sensorielles ciliées reposant sur des cellules de soutien. Les cellules sensorielles ont un long cil, qui rentre dans une membrane gélatineuse parsemée de cristaux de carbonate de calcium, nommés "otolithes" (d'où le nom d'organe otolithique).
                Quand la tête amorce ou termine un mouvement, le liquide baignant les organes otolithiques (l'endolymphe) courbe les cils.
                Dans I'utricule, la macule est horizontale et les cils sont verticaux lorsque la tête est droite; ils détecteront les mouvements dans le plan horizontal.
               Dans le saccule, la macule est presque verticale et les cils se fichent horizontalement dans la membrane otolithique. La macule sacculaire réagit surtout aux mouvements verticaux.
                Le fléchissement des cils stimule les cellules sensorielles qui transmettent leur excitation aux fibres nerveuses du nerf vestibulaire. Le cerveau peut alors analyser ces informations vestibulaires et les intégrer aux autres données sensorielles.
                Quand le corps bouge ou se penche, la tête suit le mouvement et l'oreille interne détecte donc aussi les mouvements de tout le corps.
                 Par ailleurs les yeux et le système d'interprétation de la vue situé à l'arrière du cerveau fournit en permanence des images au cerveau, qui nous renseignent sur la position du corps par rapport à l'environnement et sur les mouvements relatifs correspondants (de notre corps ou de l'environnement s'il est mouvant).
                Dans une faible proportion l'oreille nous fournit aussi des indications sur la localisation des sons provenant de l'environnement.
                Enfin les centres de proprioception fournissent des informations sur la position et l'état de contraction des muscles, notamment quand nous bougeons ou que l'environnement bouge.
                En particulier la pression sous les divers endroits de la plante des pieds, varie, sous l'effet du poids du corps, lorsque nous bougeons, ou lorsque nous sommes debout sur une plate forme qui bouge. C'est vrai aussi pour nos cellules sensitives des fesses et du dos, lorsque nous sommes assis dans un véhicule en marche ou dans un bateau ou un avion qui s'incline.

                 Tous ces signaux neuronaux sont transmis au cervelet, qui en examine la cohérence, car quand nous avons fait notre apprentissage de nos mouvements, de la marche, puis de la conduite de véhicules, éventuellement d'acrobaties diverses, les signaux correspondants ont été mémorisés.
                 Mais on peut rencontrer des cas d'anomalies, de contradiction d'incohérence entre les divers signaux. 

               C'est le cas lorsque nous sommes dans la cabine d'un bateau soumis à de forts mouvements sous l'effet du vent et des vagues. Notre vue est limitée à la paroi de la cabine, qui est proche et ne bouge pas énormément. Par contre notre oreille interne détecte des mouvements importants du corps, donc des accélérations liées aux mouvements du bateau. Notre corps est en déséquilibre par rapport à sa station verticale normale, ce qu'il corrige habituellement grâce à l'interprétation que fait le cervelet des signaux de la vue et de l'oreille interne, qui habituellement sont corrélés.
                Mais là il y a contradiction, et le cervelet va plus ou moins bien gérer la situation selon les individus.  

              Les personnes vont ressentir désorientation, déséquilibres et réflexes inappropriés, qui s'ils persistent vont réagir sur l'hypothalamus et le système sympathique, entraînant vertiges, pâleur, sueurs, nausées, vomissements...)
                Si les personnes peuvent regarder au loin l'horizon extérieur, alors les signaux vestibulaires et visuels sont plus cohérents et ces symptômes de déséquilibre ne se produisent pas.

                Dans mon prochain article, je parlerai de vertige et des liens avec le psychique.           

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