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         J'ai fait des articles sur la vue, l'ouïe et leur interprétation par le cerveau.
         Aujourd'hui je vais parler du toucher, mais il faut traiter en même temps le problème de nos mouvements, qui sont liées à un sens particulier : la connaissance de l'état de nos muscles et de la position de nos membres.

    Le toucher, les mouvements, l'état de nos muscles.

         Je dois donc commencer à décrire les centres correspondants du cerveau, qui se trouvent dans le cortex pariétal, sur le dessus du crâne, que l'on voit sur le schéma ci-dessous
             - Au centre les centres de décodage des perceptions envoyées par les terminaisons nerveuses de notre peau : les sensations du “toucher” (en jaune clair). Nous les détaillerons plus loin.
            - A coté, vers l’avant du cerveau, les centres de commande des mouvements des différents muscles de notre corps. Il y a trois sortes de centres :
                     • le cortex prémoteur qui prépare nos mouvement en rassemblant les renseignements nécessaires sur les positions spatiales notamment. (en bleu foncé).
                     • le cortex moteur qui transmet les ordres aux muscles (en rouge).
                     • le cortex moteur supplémentaire qui régit des mouvements complexes ou très précis. (en violet)
            - A coté, vers l’arrière du cerveau, les centres de “kinesthésie”  (en bleu et en vert clair), qui transmettent en permanence au cerveau les données sur l’équilibre de notre corps et ses postures, les positions de nos membres, les états de contraction de nos muscles, les efforts qu’ils supportent

         Avant de décrire les centres d'interprétation du toucher, un petit schéma quant aux nerfs de notre  peau, schéma qui comporte ses propres explications

    Le toucher, les mouvements, l'état de nos muscles.

        Si nous examinons de façon plus détaillée le cortex sensoriel , les divers centres qui le composent correspondent aux diverses parties du corps. (voir leschéma ci dessous à gauche)
        Mais toutes ne sont pas représentées de la même façon: la place consacrée à la représentation du visage, par exemple, est plus importante que celle des jambes, ce qui donne l'image d'un homme déformé, (la grosseur de ses partie ayant été représentée proportionnellement à l’importance des centres nerveux correspondants.). Les neurologues le nomment "homonculus" (schéma à droite).

    Le toucher, les mouvements, l'état de nos muscles.

    Le toucher, les mouvements, l'état de nos muscles.

     

     

     

     

     

     

     

     

     



         Comme dans le cas de la vision, « l’image spatiale » de la sensation à la surface de la peau est retransmise à des neurones spécifiques, car il y a connexion d’une ensemble de détecteurs sensoriel à un endroit donné, via toujours les mêmes fibres nerveuses et les mêmes relais dans le thalamus, à toujours les mêmes neurones, qui reçoivent donc la sensation à cet endroit précis.

        L’organisation détaillée du cortex sensoriel présente une certaine analogie avec le cortex visuel : Il existe un cortex primaire, qui analyse les informations brutes et notamment celles du toucher. Certains de ses centres traitent plutôt les informations de pression, d’autres les informations tactiles des doigts et permettent l’analyse des textures et des formes. Les information de pression, tactiles, de température, sont analysées par des neurones différents et une zone particulière traite en suite de la synthèse des sensations complexes.
        Ce cortex primaire est également organisé en colonnes.

        Ensuite un cortex secondaire effectue des synthèse au niveau de tout le corps, et intègre des information du schéma corporel. Il a de nombreuses liaisons avec le cerveau émotionnel et le cortex frontal.
        Enfin le cortex pariétal postérieur, appelé aussi le cortex sensoriel associatif permet d’avoir une image mentale de notre corps, mais aussi une imùage mentale des objets que nous touchons. Le cortex pariétal postérieur permet d’acquérir une connaissance consciente de notre corps ou de ses parties dans l’espace, au repos ou en mouvement.

        Le « schéma corporel » est l’ensemble des perceptions de notre corps, presque totalement inconscientes, et qui permettent à notre cerveau , d’une part de percevoir l’environnement par notre toucher, et d’autre part de coordonner mos muscles et l’action de nos membres (en liaison avec la vue de l’environnement et le toucher).
         A ce titre le schéma corporel est stable et automatisé, non contradictoire, mais en perpétuel changement chaque fois que notre corps bouge dans l’espace.
        Le schéma corporel  a donc pour fonction de rendre possible la réussite des actions les plus simples qui nous permettent d'agir dans notre environnement quotidien. Il joue un rôle essentiel, puisqu'il sert à naviguer dans l'espace, à marcher ou à courir sans trébucher ni se cogner contre les objets environnants, à localiser des cibles mouvantes dans l'espace et à les suivre à la trace, à percevoir la profondeur, la distance, ou encore à lancer ou attraper une balle.    
        Il est inconscient et préorganisé, c’est à dire qu’il a des logiques préexistantes du fait de la constitution de notre corps et l’image que nous nous faisons de nous-même repose sur un ensemble de représentations qui peuvent entrer en conflit, et il en découle parfois des illusions amusantes.
            Les positions relatives des doigts sont ainsi préalablement fixées pour que le schéma corporel puisse fonctionner. C'est la raison pour laquelle vous aurez l'impression qu'un objet touché par deux doigts croisés se dédouble.
            Vous pouvez le vérifier en posant le majeur et l'index de votre main droite sur votre nez, après les avoir croisés. Dans le schéma corporel, le majeur est supposé se trouver à gauche de l'index (si vous regardez la paume de la main droite). Mais l'information tactile causée par le contact du nez et des doigts croisés contredit ce schéma : si l'on suppose qu'un seul objet est la source de ces informations reçues par les doigts croisés, cet objet doit se trouver à droite de l'index, et à gauche du majeur - ce qui est évidemment impossible si le majeur est toujours à gauche de l'index. Pour résoudre cette incohérence, notre cerveau suppose à tort que deux objets (deux nez) sont présents, ce qui explique l'illusion.
        La connexion étroite entre les centres d’interprétation du schéma corporel et les centres moteurs permet de manipuler les objets

    Nota : j'ai oublié de préciser sur les schémas, que je n'ai représenté que l'hémisphère gauche du cerveau, qui est lié au coté droit du corps; l'hémisphère droit est en tous points symétrique et s'occupe du coté gauche du corps. Ils sont liés entre eux, par un faisceau nerveux qui s'appelle le "corps calleux".

     

     

     

     

     

     

     

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       J’ai un assez bon sens de l’orientation, en ce sens que j’ai une bonne mémoire cartographique des lieux où je suis déjà passé et je trouve donc assez facilement mon chemin, au moins de jour et quand les lieux n’ont pas trop changé.
        Dans la campagne, je peux toujours me guider sur le soleil quand il y en a, et en partie sur la luminosité du ciel, s’il n’y a pas trop de nuages. Cela me permet de savoir où est le nord. Mais cela m’est déjà arrivé de me perdre, et j’ai toujours dans ma voiture une boussole, qui sert parfois.
    Evidemment avec les GPS, on ne se perd plus, mais je n’en n’ai pas, car je ne m’en servirais pas assez.
        Mais j’aimerais bien avoir, comme les pigeons voyageurs, un circuit de mon cerveau qui m’indique la direction à suivre.
     
        En fait de nombreux animaux (pigeons, tortues, poissons…) ont « une boussole » dans leur cerveau et ont ainsi un sens de « magnéto-perception ».
        On sait que cette faculté est due à des complexes moléculaires constitués de deux protéines particulières :
            - l’une le cryptochrome fait réagir l’organisme à la lumière;
            - l’autre, qui comporte un atome de fer et un atome de soufre en son centre, qui est sensible aux champs magnétiques.
        Le complexe est formé d’une chaine de ces protéines magnétiques, autour de laquelle s’enroulent des cryptochromes de façon hélicoïdale. L’ensemble forme un tube magnéto-sensible, qui se comporte comme une aiguille de boussole.
        Si on isole ces tubes et qu’on les fait flotter dans un liquide, ils s’orientent selon l’axe nord-sud du champ magnétique terrestre.
        Présents dans le corps de certains animaux, ils doivent donner à certains neurones spécialisés des indications sur la nature ambiante de ce champ, leur permettant de s’orienter. On en a repéré par exemple dans la rétine des pigeons et il semblerait que ce complexe moléculaire leur donne des renseignements sur le champ magnétique et la position du soleil, grâce à des échanges d’électrons entre les deux protéines. On ne sait pas encore comment se fait ensuite la transmission nerveuse.
     
        Comme toutes les protéines, elles sont codées par des gènes, qui, lorsqu’ils s’expriment, entrainent leur fabrication.
        Or les gènes de ces protéines sont présents chez l’être humain, mais ils ne s’expriment pas, du moins de façon générale et nous ne sommes donc pas (ou plus ?) sensibles au champ magnétique terrestre.
        Mais ces découvertes sont toutes récentes, et dues notamment à de chercheurs chinois, et rien ne prouve que ces gènes ne s’expriment pas parfois chez quelques hommes dans le monde.
        De plus des études très récentes faites par l’institut technologique de Californie, ont montré une certaine sensibilité de l’homme aux champs magnétiques, que l’on ne soupçonnait pas.
        Des patients ont été placés yeux bandés dans une cage de Faraday, entourés de bobines qui pouvaient produire des champs variables en direction et en intensité. un casque permettait de relever des électroencéphalogrammes de leur cerveau.
        Les patients n’ont pas eu l’impression de percevoir, de sentir ces champs électromagnétiques.
        Mais les électroencéphalogrammes ont relevé une diminution importante des ondes lentes « alpha », qui sont habituellement présente quand le cerveau est relaxé et ne ne fait rien en apparence.
        On pourrait penser à des courants induits dans le cerveau, ou à des cryptochromes comme pour les animaux, mais ces processus ne sont pas sensible à la polarisation du champ, alors que cette sensibilité existe dans cette expérience.
        Les chercheurs pensent que ces champs agiraient sur des particules de magnétite, tout petits grains existant dans les membranes des neurones, qui seraient alors agités de mouvements et laisseraient entrer des ions, qui modifieraient l’état électrique du neurone.
        Cette perception n’a lieu que lorsque le champ magnétique est orienté vers le bas, ce qui est le cas pour le champ magnétique terrestre.
        On peut se demander si Homo spiens, qui a effectué de nombreuses migrations, était sensible au champ magnétique, et que l’homme en évoluant, aurait perdu cette capacité, devenue peu utile.
        Il y a un an, des chercheurs de Munich ont découvert dans des cerveaux (postmortem évidemment), la présence de magnétite, principalement dans le cervelet qui contrôle notre marche debout.

        Je ne sais pas si la génétique permettra, un jour, de restaurer cette expression du gène cher un grand nombre de personnes, mais il serait sûrement intéressant d’étudier si cela n’arrive pas chez certaines personnes qui ont des aptitudes particulières (les sourciers par exemple), enfin quand ces aptitudes sont relativement avérées et où il ne s’agit pas de charlatans.

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  • Madame, vous avez peu de chance d'être daltonienne.Madame, vous avez peu de chance d'être daltonienne.


           Dans un précédent article nous avions vu que notre rétine contient des cellules sensibles aux photons lumineux et parmi celles ci des “cônes” de trois types différents, dont chacun contient un pigment différent qui réagit à des ondes lumineuses de longueurs différentes : 

             - l'un aux ondes longues appelé Cône L, sensible au rouge (580 nm),
             - un autre aux ondes moyennes appelé cône M, sensible au vert (545 nm),
             - et le troisième aux ondes courtes appelé Cône S, sensible au bleu (440 nm).
        Grâce à la superposition de ces trois types de détecteurs nerveux (rouge, vert, bleu) à différentes intensités, notre oeil est capable de reproduire toutes les couleurs et nous permet de distinguer une infinité de couleurs, correspondant à plus de 1500 nuances.

        Lors de la formation du foetus, nos gênes des 23 chromosomes de l'ovule et du spermatozoïde président à celle des divers organes.
        Certain(e)s d'entre vous ont étudié au lycée un peu de génétique.
    Vous avez vu que chez les humains, une cellule normale contient 2n = 46 chromosomes (donc 23 paires) alors qu'un gamète contient n = 23 chromosomes, car lors de leur formation, seul un chromosome de chaque paire est donné aux gamètes (cela s'appelle la méiose)
        L'ovule  a donc 23 chromosomes venant de la mère, dont un chromosome caractéristique du sexe féminin X (la mère ayant à l'origine une paire X-X qui se coupe en deux chromosomes X), et le spermatozoÏde 23 chromosome dont un qui est soit X soit Y, car à l'origine le père a une paire X-Y et  seul un de ces chromosome va dans chaque spermatozoïde.
        Les deux gamètes mettent en commun leur patrimoine génétique et donc le foetus retrouve ses 23 paires de chromosomes, avec selon le patrimoine du spermatozoïde, soit une paire X-X (une fille), soit une paire X-Y (un garçon).

         Or il se trouve que les gênes qui codent les pigments bleus sont sur le chromo-some Y et ceux qui codent les pigments rouges et verts sur le chromosome X.
        Il arrive qu'il y ait pour des raisons diverses et inconnues, des “incidents génétiques”  : une modification d'un gêne ou même sa disparition, notamment au cours de la division cellulaire qui produit les gamètes (méiose, une cellule à 46 chromosomes donnant naissance à deux gamètes à 23).
        Supposons qu'un gêne codant un pigment R, V ou B soit absent d'un gamète, celui qui en hérite n'aura que deux pigments au lieu des trois..On l'appelle “di-chromate”
        L'autre gamète aura un gène en double, mais il ne s'exprime qu'une fois et les cônes du foetus correspondant éventuel seront normaux à trois pigments.
        S'il s'agit non pas d'une absence de gène, mais d'une modification de celui-ci, alors il y aura trois pigments, mais leurs caractéristiques ne seront pas normales et leur spectre d'absorption pourra être modifié par rapport à la normale.
    On pourra avoir par exemple une certaine proportion de pigment rouge dans un gène de pigment vert. On appelle cette personne un “tri-chromate hybride”.
       
        En fait il est moins fréquent que le gêne “bleu” soit absent sur le chromosomes Y provenant du père. Les anomalies de la vision bleue sont donc plus rares.
        Par contre les anomalies des gènes X provenant de la mère ou du père sont beaucoup plus fréquentes. Les anomalies de vision les plus fréquentes sont celles des visons rouge et vert. Ces personnes ont donc une vue des couleurs anormale : on les appelle “daltoniens”.   

        Les anomalies de la vision des couleurs sont moins fréquente chez les femmes, puisqu'elles possèdent deux chromosomes X (l'un venant du père, l'autre de la mère) 
        La présence d'un gène hybride (ou l'absence d'un gène) est le plus souvent compensée par un gène normal sur le second chromosome. Pour qu'une femme soit daltonienne, il faut donc que ses deux parents soient porteurs du gène anormal.
       Mais la femme peut donc être porteuse du gène du daltonisme, sans pour autant être atteinte de ce trouble, et le transmettre à ses enfants, si un seul chromosome X est altéré.
       
        Si le gène du daltonisme (hybride ou absence de gène) est présent pour un garçon (un seul chromosome X), il sera forcément daltonien, et il tient cela forcément de sa mère, qui peut être daltonienne ou seulement porteuse du gène, puisque le chromosome venant de son père est celui Y.
        Dans le cas d'une fille, si le gène est présent sur un seul des chromosomes, alors elle ne sera pas daltonienne, mais porteuse du gène. Si le gêne est sur les deux chromosome X, elle sera daltonienne et tient cette anomalie de sa mère (qui peut être daltonienne ou seulement porteuse du gène) et de son père (qui lui est forcément daltonien).

        Les fréquences d'anomalies sont les suivantes (en %) :

                                                            garçons                      filles   
    Mono chromatisme %               très rare                     très rare
    Dichromatisme %
    vert + bleu; manque rouge           1,000                          0,020
    rouge + bleu; manque vert           1,100                          0,010   
    vert + rouge; manque bleu            0,005                         0,003
    Trichromatisme hybride %
    pas assezde rouge                       1,000                          0,020
    pas assezde vert                          4,900                          0,380
    pas assezde bleu                        très rare                     très rare
    Total    %                                      8,005                         0,433

        Les daltoniens voient donc mal certaines couleurs ou les voient déformées. On décèle ces anomalies en présentant des planches ou des lettres et chiffres de couleurs diverses sont inclus dans des fonds d'autres couleurs (en général sous forme de taches). Il n'y a aucun moyen de correction.
        Selon l'anomalie, certains de ces caractères ne sont pas perçus parce qu'ils se confondent avec le fond d'écran pour l'oeil du daltonien.
        En général on pratique ce dépistage entre 4 et 6 ans.

        Etre daltonien n'est pas dramatique; cela n'affecte pas l'intelligence !!!
        Mais cela peut interdire ou rendre difficile certains métiers  par exemple,  pilote d'avion ou de chemin de fer, peintre, décorateur, éventuellement électricité et pharmacie...

        Alors mesdames, mesdemoiselles, soyez heureuses, votre probabilité d'être daltonienne est quasiment nulle. Vous pourrez être pilote d'avion ! 

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  • La musique adoucit les mœurs et influe sur notre personnalité.

            Je vous avais décrit de façon très résumée, le fonctionnement de l'ouïe et l'interprétation des sons par le cerveau (voir dans cette rubrique les  articles des 15 et 16 juin 2018). Je vous avais même parlé de la perception de la musique. Dans les derniers articles j'aiabordé les dangers de la musique écoutée avec trop d'intensité et je me suis demandé si la musique était une drogue parfois. J'avais cité alors une étude du psychologue anglais, Adrian North

            Je vais essayer de poser un autre problème : la musique que l'on écoute reflète t'elle notre personnalité ?

            Je citerai d'abord les propos de ce psychologue anglais, Adrian North de l'université d'Edimbourg, qui a fait une étude sur plus de 36 000 personnes sur 104 styles musicaux et sur leur personnalité (grâce à des questionnaires et une corrélation statistique; il a publié un livre sur ce sujet en mai 2008)
            Voici quelques uns de ses propos :
            "Nous avons toujours soupçonné qu'il existait un lien entre les goûts musicaux et la personnalité", a expliqué M. North. "C'est la première fois que nous avons été capables d'observer cela en détail. Personne ne l'avait fait sur une telle échelle auparavant...
                    - Les amateurs de heavy metal ont plutôt un tempérament doux.
       Ils ne sont pas les plus ardents au travail et manquent de confiance en eux.
                    - Les amateurs de musique classique ont une bonne opinion d'eux-mêmes.....
                    - Les passionnés de country sont travailleurs et timides, ceux de rap sont sociables, et ceux de jazz ont l'esprit d'innovation et sont animés par une forte estime de soi, tandis que que les fans de rock indépendant manquent d'amour-propre et ne sont pas très faciles à vivre.
                    - Quant à ceux qui aiment la soul ils sont créatifs, extravertis, doux, bien dans leur peau et ont une bonne estime d'eux-mêmes.......”

            Une équipe de Cambridge a repris une étude en 2016, en comparant les goûts musicaux d'une centaine de personnes avec leurs traits de personnalité du Big-five.
            Leurs propos sont tout aussi étonnants :
                    - Les amateurs de pop et de country ont tendance à avoir des scores bas sur l’ouverture d’esprit et sur l’intelligence. Néanmoins, ils sont souvent agréables et plutôt extravertis.
                    - Les fans de musique classique ou de jazz seraient eux ouverts d’esprit, intelligents et se voient plus comme des libéraux.
                    - Quant aux amateurs de musiques dynamiques et dansantes, ils ont tendance a être extravertis, sympathiques et attrayants, sans partager pour autant les tendances conservatrices des amateurs de pop.
                   - Les personnes montrant autant d’intérêt pour les musiques calmes et romantiques que pour les musiques plus intenses et rapides auraient un bon équilibre mental. 
                     - Les personnalités empathiques ont tendance à écouter des musiques romantiques. Les psychologues ont observé une augmentation d’hormones apaisantes lorsque ces personnes écoutaient de la musique triste.
                    - Au contraire, les personnes  plus agressives sont susceptibles d’écouter du RAP, ou encore du RnB.
                    - Les scientifiques, informaticiens et mathématiciens se laissent eux plus fréquemment emporter par des mélodies classiques ou jazz

           J'avoue que je ne crois qu'en partie à ces résultats.
           Les corrélations statistiques indiquent qu'il y a un lien entre des phénomènes mais nullement que ce soit un lien de cause à effet.
           Notre tempérament (personnalité), notre éducation (et instruction), notre vécu (expérience) influent sur nos choix (pourquoi pas musicaux) et il y a donc un lien entre ces données, mais c'est, à mon avis,  bien plus compliqué que ne le disent monsieur North ou l'équipe de Cambridge.!!
           Certes la musique a un effet sur notre humeur. On cite souvent des bienfaits divers qu'elle nous apporte, et que "la musique adoucit les mœurs"..
           La musique, c'est festif, délassant, agréable… mais pas seulement ! C'est aussi une source de bienfaits qui permet de se réconcilier avec soi-même… A condition peut-être de ne pas écouter n'importe quoi !
           Lorsque vous êtes stressé, énervé, vous mettez un bon disque de musique classique, et vous voilà apaisé. Au contraire, vous manquez d'énergie… un bon vieux rock des familles, et vous voilà fringant ! Nul doute que la musique a un effet sur le corps et l'esprit !
           Une amie d'une de mes petites-filles, qui est un peu hyperactive et a beaucoup d'énergie à dépenser, se transforme à chaque concert de rock, en kangourou à ressort, et cela lui fait beaucoup de bien (sauf peut être aux oreilles !).
           Certains psychiatres pratiquent de la “musico-thérapie”

           Des études ont montré que le foetus ne réagissait au sons qu'après sept mois de gestation et qu'il réagissait à une musique forte. Mais si on sait que l'enfant s'habitue à la voix de sa mère et à des sons familiers de son entourage, par contre cela ne le rendra, ni mélomane, ni plus intelligent !!

           Chez l'enfant l'influence de la musique paraît plus important.
           Ecouter de la musique (qui ait un air et pas seulement des sons) développe l'oreille et la partie du cerveau qui interprète les sons.
           Si on apprend à jouer d'un instrument, cet exercice développe la mémoire et des études ont montré que l'apprentissage de la lecture était accéléré et que, par la suite, les enfants apprenaient plus facilement les mots et en retenaient davantage. Pour les chercheurs, l'apprentissage de la musique provoquerait une réorganisation du lobe temporal gauche du cerveau, qui améliorerait les performances intellectuelles.
           Des chercheurs américains ont fait suivre, par des enfants du primaire : des cours de musique, pour les uns, théâtre pour les autres… ou rien pour un troisième groupe (pour faire un groupe test) et ils ont observé que les enfants qui avaient bénéficié des cours de piano avaient un quotient intellectuel plus élevé directement corrélé au temps passé à jouer de l'instrument.
           Ils ont étudié sur les mêmes groupes d'enfants leur capacité à percevoir les émotions dans les paroles : les enfants qui avaient fait du théâtre avaient de très bons scores dans l'écoute et la perception des intonations dans les paroles; mais les enfants qui avaient étudié la musique avaient les mêmes scores, ce qui veut dire qu'en développant leur oreille musicale, les enfants deviennent plus sensibles au ton de la voix et à ses variations.

           Enfin on ne saurait parler de musique sans parler de danse.
           Les rythmes trop lents apaisent et endorment. Les rythmes moyennement rapides, accompagnant une belle mélodie, excitent, produisant plaisir et joie (rythme des danses européennes avec de 40 à 70 mesures par minute). Au-delà de 90 à 100 temps forts par minute, comme dans les danses afro, la musique excite et exalte, au point de produire la transe, mais il semble bien qu'il faut pour cela avoir un tempérament qui y prédispose (ou être drogué).
           La musique apporte dans l'oreille interne des quantités d'énergie qui déclenchent des flux nerveux qui empruntent différents circuits pour être analysés, identifiés, comparés etc.
           Leur passage modifie l'état électrique et chimique de ces circuits qui ensuite se restaurent pour pouvoir recueillir les impulsions suivantes. Si la fréquence est trop grande, certains circuits n'ont pas le temps de récupérer avant l'arrivée de nouvelles ondes, aussi leur conduction finit par se bloquer : c'est la tétanisation, la transe. Il s'ensuit que certaines parties du cerveau (les organes servant à la perception fine des sons, par exemple) se coupent du monde extérieur, qui cesse d'être perçu et reconnu.
           Pendant ce temps où la perception est comme suspendue, annihilée, le cerveau droit émotionnel continue à être stimulé par certains battements (qui sont des informations plus grossières) dont les voies de conduction restent, elles, actives. Bref, la transe serait un état de conscience altérée où le cerveau intellectuel est perturbé puisque coupé du monde extérieur et le cerveau émotionnel excité au maximum.
           Cet état peut aboutir à une énorme et brutale stimulation du centre du plaisir et sécrétion d'encéphalines et d'endorphines (qui interviennet dans le mécanisme de la douleur pour l'apaiser; d'où l'insensibilité à la brûlure et aux blessures par armes blanches. Il est souvent suivi d'un oubli total de la crise. C'est d'autant plus grave que, pendant la transe, l'individu peut se livrer à des actes de violence.
       
        En effet la musique a aussi ses dangers et ses inconvénients et il me semble normal d'en parler. Ce sera le sujet de mon prochain article

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  •      Un ami, avec lequel je discutais de musique m'a dit un jour :

    “ ... la musique est omniprésente de nos jours
        
    On l'écoute chez soi, sur la chaîne, à la radio ou sur l'ordi.
         On l'écoute même dans la rue, dans la voiture, dans lemétro.
        De plus en plus de personnes vivent avec des écouteurs sur les oreilles.
            Une manière de mieux se détendre?
            Une manière de se couper d'un monde qu'on apprécie moins?
            Une manière de s'isoler au milieu de la foule?
        Ou tout simplement.... la musique serait elle devenue une drogue ? ...”
        

        Alors je me suis posé la question à moi même.
        C'est vrai que j'écoute souvent de la musique classique en travaillant sur mon ordinateur dans mon bureau. Pourquoi ?
        Pas pour m'isoler du bruit; le bruit voisin ne m'a jamais empêché de travailler. J'ai été habitué à travailler dans une pièce où deux malheureux révisaient une prochaine interrogation tandis que les quatre autres occupants chahutaient parce que la leur était passée.
        Pas pour découvrir ces morceaux, je les connais tous.
        Par plaisir, sûrement, mais je fais autre chose en même temps, donc je ne les goûte pas pleinement.
        Alors c'est un fond sonore qui sans doute me fait plus volontiers accepter un travail parfois fastidieux. Un environnement qui me plaît, que je trouve agréable,  intime. D'ailleurs je ne choisis pas des morceaux trop bruyants, pas d'opéra, et surtout pas du moderne dissonnant.
        Je suis comme mon petit chien Truffe, un yorkshire qui venait autrefois se coucher devant les bafles quand j'écoutais Mozart ou Haydn, qui hurlait à la mort pour de l'opéra (sa façon de chanter avec eux) et qui fuyait à l'autre bout de l'appartement si je mettais du Boulez dissonnant!

        Une de mes petites filles aimait la musique “métal",  et j'avoue que certains des morceaux  qu'elle écoute me font penser aux cris des cochons que l'on égorgeait vivants quand j'étais enfant.
        Mais j'ai lu récemment une étude d'un psychologue anglais, Adrian North de l'université d'Edimbourg, et ce qu'il disait m'a réconcilié avec ma petite fille :

        “...Comme les mélomanes, les fans de métal sont créatifs et bien dans leur peau, Ils partagent avec eux un "amour du grandiose", qui les prédispose à apprécier également certaines oeuvres de musique classique.
           A part leur différence d'âge, ce sont fondamentalement le même genre de personnes.... Beaucoup de fans de heavy metal vous diront qu'ils aiment aussi Wagner, parce que c'est grandiose, bruyant et exubérant." 
        L'étude montre aussi que, contrairement aux idées reçues, les amateurs de heavy metal ont plutôt un tempérament doux.
         Ils ne sont pas les plus ardents au travail et manquent de confiance en eux. A contrario, toujours à en croire cette étude, les amateurs de musique classique ont une bonne opinion d'eux-mêmes.!!
         Etpuis j'ai découvert de la musique "métal" qui m'a paru audible : elle ressemblait à des mélodies irlandaises!

        J'écoute aussi la radio en voiture, “radio classic” en général. Pas trop fort et je préfèrerais qu'il n'y ait aucun blabla. Il ne faut pas me distraire de la conduite.
    Donc fond sonore aussi.

        Les écouteurs : j'ai essayé un jour ceux de ma petite fille et j'avoue que cela m'a agacé, ce truc qui vous résonne dans les oreille et vous empêche d'entendre les autres bruits.
    Je suis toujours interloqué quand à coté de moi, dans le métro, une personne écoute ainsi et que son voisn se croit à coté des hauts parleurs d'une chaîne : elle va casser les cils de sa cochlée et devenir sourde !!

        Je n'apprécie pas beaucoup notre monde, mais je n'ai pas envie de m'isoler au milieu de la foule. J'aime bien observer les gens autour de moi.

        Alors oui, j'en ai bien peur, la musique est peut être pour moi une drogue.
    Mais après tout il vaut mieux en écouter que prendre des anxiolytiques !!

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