• Madame, vous avez peu de chance d'être daltonienne.Madame, vous avez peu de chance d'être daltonienne.


           Dans un précédent article nous avions vu que notre rétine contient des cellules sensibles aux photons lumineux et parmi celles ci des “cônes” de trois types différents, dont chacun contient un pigment différent qui réagit à des ondes lumineuses de longueurs différentes : 

             - l'un aux ondes longues appelé Cône L, sensible au rouge (580 nm),
             - un autre aux ondes moyennes appelé cône M, sensible au vert (545 nm),
             - et le troisième aux ondes courtes appelé Cône S, sensible au bleu (440 nm).
        Grâce à la superposition de ces trois types de détecteurs nerveux (rouge, vert, bleu) à différentes intensités, notre oeil est capable de reproduire toutes les couleurs et nous permet de distinguer une infinité de couleurs, correspondant à plus de 1500 nuances.

        Lors de la formation du foetus, nos gênes des 23 chromosomes de l'ovule et du spermatozoïde président à celle des divers organes.
        Certain(e)s d'entre vous ont étudié au lycée un peu de génétique.
    Vous avez vu que chez les humains, une cellule normale contient 2n = 46 chromosomes (donc 23 paires) alors qu'un gamète contient n = 23 chromosomes, car lors de leur formation, seul un chromosome de chaque paire est donné aux gamètes (cela s'appelle la méiose)
        L'ovule  a donc 23 chromosomes venant de la mère, dont un chromosome caractéristique du sexe féminin X (la mère ayant à l'origine une paire X-X qui se coupe en deux chromosomes X), et le spermatozoÏde 23 chromosome dont un qui est soit X soit Y, car à l'origine le père a une paire X-Y et  seul un de ces chromosome va dans chaque spermatozoïde.
        Les deux gamètes mettent en commun leur patrimoine génétique et donc le foetus retrouve ses 23 paires de chromosomes, avec selon le patrimoine du spermatozoïde, soit une paire X-X (une fille), soit une paire X-Y (un garçon).

         Or il se trouve que les gênes qui codent les pigments bleus sont sur le chromo-some Y et ceux qui codent les pigments rouges et verts sur le chromosome X.
        Il arrive qu'il y ait pour des raisons diverses et inconnues, des “incidents génétiques”  : une modification d'un gêne ou même sa disparition, notamment au cours de la division cellulaire qui produit les gamètes (méiose, une cellule à 46 chromosomes donnant naissance à deux gamètes à 23).
        Supposons qu'un gêne codant un pigment R, V ou B soit absent d'un gamète, celui qui en hérite n'aura que deux pigments au lieu des trois..On l'appelle “di-chromate”
        L'autre gamète aura un gène en double, mais il ne s'exprime qu'une fois et les cônes du foetus correspondant éventuel seront normaux à trois pigments.
        S'il s'agit non pas d'une absence de gène, mais d'une modification de celui-ci, alors il y aura trois pigments, mais leurs caractéristiques ne seront pas normales et leur spectre d'absorption pourra être modifié par rapport à la normale.
    On pourra avoir par exemple une certaine proportion de pigment rouge dans un gène de pigment vert. On appelle cette personne un “tri-chromate hybride”.
       
        En fait il est moins fréquent que le gêne “bleu” soit absent sur le chromosomes Y provenant du père. Les anomalies de la vision bleue sont donc plus rares.
        Par contre les anomalies des gènes X provenant de la mère ou du père sont beaucoup plus fréquentes. Les anomalies de vision les plus fréquentes sont celles des visons rouge et vert. Ces personnes ont donc une vue des couleurs anormale : on les appelle “daltoniens”.   

        Les anomalies de la vision des couleurs sont moins fréquente chez les femmes, puisqu'elles possèdent deux chromosomes X (l'un venant du père, l'autre de la mère) 
        La présence d'un gène hybride (ou l'absence d'un gène) est le plus souvent compensée par un gène normal sur le second chromosome. Pour qu'une femme soit daltonienne, il faut donc que ses deux parents soient porteurs du gène anormal.
       Mais la femme peut donc être porteuse du gène du daltonisme, sans pour autant être atteinte de ce trouble, et le transmettre à ses enfants, si un seul chromosome X est altéré.
       
        Si le gène du daltonisme (hybride ou absence de gène) est présent pour un garçon (un seul chromosome X), il sera forcément daltonien, et il tient cela forcément de sa mère, qui peut être daltonienne ou seulement porteuse du gène, puisque le chromosome venant de son père est celui Y.
        Dans le cas d'une fille, si le gène est présent sur un seul des chromosomes, alors elle ne sera pas daltonienne, mais porteuse du gène. Si le gêne est sur les deux chromosome X, elle sera daltonienne et tient cette anomalie de sa mère (qui peut être daltonienne ou seulement porteuse du gène) et de son père (qui lui est forcément daltonien).

        Les fréquences d'anomalies sont les suivantes (en %) :

                                                            garçons                      filles   
    Mono chromatisme %               très rare                     très rare
    Dichromatisme %
    vert + bleu; manque rouge           1,000                          0,020
    rouge + bleu; manque vert           1,100                          0,010   
    vert + rouge; manque bleu            0,005                         0,003
    Trichromatisme hybride %
    pas assezde rouge                       1,000                          0,020
    pas assezde vert                          4,900                          0,380
    pas assezde bleu                        très rare                     très rare
    Total    %                                      8,005                         0,433

        Les daltoniens voient donc mal certaines couleurs ou les voient déformées. On décèle ces anomalies en présentant des planches ou des lettres et chiffres de couleurs diverses sont inclus dans des fonds d'autres couleurs (en général sous forme de taches). Il n'y a aucun moyen de correction.
        Selon l'anomalie, certains de ces caractères ne sont pas perçus parce qu'ils se confondent avec le fond d'écran pour l'oeil du daltonien.
        En général on pratique ce dépistage entre 4 et 6 ans.

        Etre daltonien n'est pas dramatique; cela n'affecte pas l'intelligence !!!
        Mais cela peut interdire ou rendre difficile certains métiers  par exemple,  pilote d'avion ou de chemin de fer, peintre, décorateur, éventuellement électricité et pharmacie...

        Alors mesdames, mesdemoiselles, soyez heureuses, votre probabilité d'être daltonienne est quasiment nulle. Vous pourrez être pilote d'avion ! 

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  • La musique adoucit les mœurs et influe sur notre personnalité.

            Je vous avais décrit de façon très résumée, le fonctionnement de l'ouïe et l'interprétation des sons par le cerveau (voir dans cette rubrique les  articles des 15 et 16 juin 2018). Je vous avais même parlé de la perception de la musique. Dans les derniers articles j'aiabordé les dangers de la musique écoutée avec trop d'intensité et je me suis demandé si la musique était une drogue parfois. J'avais cité alors une étude du psychologue anglais, Adrian North

            Je vais essayer de poser un autre problème : la musique que l'on écoute reflète t'elle notre personnalité ?

            Je citerai d'abord les propos de ce psychologue anglais, Adrian North de l'université d'Edimbourg, qui a fait une étude sur plus de 36 000 personnes sur 104 styles musicaux et sur leur personnalité (grâce à des questionnaires et une corrélation statistique; il a publié un livre sur ce sujet en mai 2008)
            Voici quelques uns de ses propos :
            "Nous avons toujours soupçonné qu'il existait un lien entre les goûts musicaux et la personnalité", a expliqué M. North. "C'est la première fois que nous avons été capables d'observer cela en détail. Personne ne l'avait fait sur une telle échelle auparavant...
                    - Les amateurs de heavy metal ont plutôt un tempérament doux.
       Ils ne sont pas les plus ardents au travail et manquent de confiance en eux.
                    - Les amateurs de musique classique ont une bonne opinion d'eux-mêmes.....
                    - Les passionnés de country sont travailleurs et timides, ceux de rap sont sociables, et ceux de jazz ont l'esprit d'innovation et sont animés par une forte estime de soi, tandis que que les fans de rock indépendant manquent d'amour-propre et ne sont pas très faciles à vivre.
                    - Quant à ceux qui aiment la soul ils sont créatifs, extravertis, doux, bien dans leur peau et ont une bonne estime d'eux-mêmes.......”

            Une équipe de Cambridge a repris une étude en 2016, en comparant les goûts musicaux d'une centaine de personnes avec leurs traits de personnalité du Big-five.
            Leurs propos sont tout aussi étonnants :
                    - Les amateurs de pop et de country ont tendance à avoir des scores bas sur l’ouverture d’esprit et sur l’intelligence. Néanmoins, ils sont souvent agréables et plutôt extravertis.
                    - Les fans de musique classique ou de jazz seraient eux ouverts d’esprit, intelligents et se voient plus comme des libéraux.
                    - Quant aux amateurs de musiques dynamiques et dansantes, ils ont tendance a être extravertis, sympathiques et attrayants, sans partager pour autant les tendances conservatrices des amateurs de pop.
                   - Les personnes montrant autant d’intérêt pour les musiques calmes et romantiques que pour les musiques plus intenses et rapides auraient un bon équilibre mental. 
                     - Les personnalités empathiques ont tendance à écouter des musiques romantiques. Les psychologues ont observé une augmentation d’hormones apaisantes lorsque ces personnes écoutaient de la musique triste.
                    - Au contraire, les personnes  plus agressives sont susceptibles d’écouter du RAP, ou encore du RnB.
                    - Les scientifiques, informaticiens et mathématiciens se laissent eux plus fréquemment emporter par des mélodies classiques ou jazz

           J'avoue que je ne crois qu'en partie à ces résultats.
           Les corrélations statistiques indiquent qu'il y a un lien entre des phénomènes mais nullement que ce soit un lien de cause à effet.
           Notre tempérament (personnalité), notre éducation (et instruction), notre vécu (expérience) influent sur nos choix (pourquoi pas musicaux) et il y a donc un lien entre ces données, mais c'est, à mon avis,  bien plus compliqué que ne le disent monsieur North ou l'équipe de Cambridge.!!
           Certes la musique a un effet sur notre humeur. On cite souvent des bienfaits divers qu'elle nous apporte, et que "la musique adoucit les mœurs"..
           La musique, c'est festif, délassant, agréable… mais pas seulement ! C'est aussi une source de bienfaits qui permet de se réconcilier avec soi-même… A condition peut-être de ne pas écouter n'importe quoi !
           Lorsque vous êtes stressé, énervé, vous mettez un bon disque de musique classique, et vous voilà apaisé. Au contraire, vous manquez d'énergie… un bon vieux rock des familles, et vous voilà fringant ! Nul doute que la musique a un effet sur le corps et l'esprit !
           Une amie d'une de mes petites-filles, qui est un peu hyperactive et a beaucoup d'énergie à dépenser, se transforme à chaque concert de rock, en kangourou à ressort, et cela lui fait beaucoup de bien (sauf peut être aux oreilles !).
           Certains psychiatres pratiquent de la “musico-thérapie”

           Des études ont montré que le foetus ne réagissait au sons qu'après sept mois de gestation et qu'il réagissait à une musique forte. Mais si on sait que l'enfant s'habitue à la voix de sa mère et à des sons familiers de son entourage, par contre cela ne le rendra, ni mélomane, ni plus intelligent !!

           Chez l'enfant l'influence de la musique paraît plus important.
           Ecouter de la musique (qui ait un air et pas seulement des sons) développe l'oreille et la partie du cerveau qui interprète les sons.
           Si on apprend à jouer d'un instrument, cet exercice développe la mémoire et des études ont montré que l'apprentissage de la lecture était accéléré et que, par la suite, les enfants apprenaient plus facilement les mots et en retenaient davantage. Pour les chercheurs, l'apprentissage de la musique provoquerait une réorganisation du lobe temporal gauche du cerveau, qui améliorerait les performances intellectuelles.
           Des chercheurs américains ont fait suivre, par des enfants du primaire : des cours de musique, pour les uns, théâtre pour les autres… ou rien pour un troisième groupe (pour faire un groupe test) et ils ont observé que les enfants qui avaient bénéficié des cours de piano avaient un quotient intellectuel plus élevé directement corrélé au temps passé à jouer de l'instrument.
           Ils ont étudié sur les mêmes groupes d'enfants leur capacité à percevoir les émotions dans les paroles : les enfants qui avaient fait du théâtre avaient de très bons scores dans l'écoute et la perception des intonations dans les paroles; mais les enfants qui avaient étudié la musique avaient les mêmes scores, ce qui veut dire qu'en développant leur oreille musicale, les enfants deviennent plus sensibles au ton de la voix et à ses variations.

           Enfin on ne saurait parler de musique sans parler de danse.
           Les rythmes trop lents apaisent et endorment. Les rythmes moyennement rapides, accompagnant une belle mélodie, excitent, produisant plaisir et joie (rythme des danses européennes avec de 40 à 70 mesures par minute). Au-delà de 90 à 100 temps forts par minute, comme dans les danses afro, la musique excite et exalte, au point de produire la transe, mais il semble bien qu'il faut pour cela avoir un tempérament qui y prédispose (ou être drogué).
           La musique apporte dans l'oreille interne des quantités d'énergie qui déclenchent des flux nerveux qui empruntent différents circuits pour être analysés, identifiés, comparés etc.
           Leur passage modifie l'état électrique et chimique de ces circuits qui ensuite se restaurent pour pouvoir recueillir les impulsions suivantes. Si la fréquence est trop grande, certains circuits n'ont pas le temps de récupérer avant l'arrivée de nouvelles ondes, aussi leur conduction finit par se bloquer : c'est la tétanisation, la transe. Il s'ensuit que certaines parties du cerveau (les organes servant à la perception fine des sons, par exemple) se coupent du monde extérieur, qui cesse d'être perçu et reconnu.
           Pendant ce temps où la perception est comme suspendue, annihilée, le cerveau droit émotionnel continue à être stimulé par certains battements (qui sont des informations plus grossières) dont les voies de conduction restent, elles, actives. Bref, la transe serait un état de conscience altérée où le cerveau intellectuel est perturbé puisque coupé du monde extérieur et le cerveau émotionnel excité au maximum.
           Cet état peut aboutir à une énorme et brutale stimulation du centre du plaisir et sécrétion d'encéphalines et d'endorphines (qui interviennet dans le mécanisme de la douleur pour l'apaiser; d'où l'insensibilité à la brûlure et aux blessures par armes blanches. Il est souvent suivi d'un oubli total de la crise. C'est d'autant plus grave que, pendant la transe, l'individu peut se livrer à des actes de violence.
       
        En effet la musique a aussi ses dangers et ses inconvénients et il me semble normal d'en parler. Ce sera le sujet de mon prochain article

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  •      Un ami, avec lequel je discutais de musique m'a dit un jour :

    “ ... la musique est omniprésente de nos jours
        
    On l'écoute chez soi, sur la chaîne, à la radio ou sur l'ordi.
         On l'écoute même dans la rue, dans la voiture, dans lemétro.
        De plus en plus de personnes vivent avec des écouteurs sur les oreilles.
            Une manière de mieux se détendre?
            Une manière de se couper d'un monde qu'on apprécie moins?
            Une manière de s'isoler au milieu de la foule?
        Ou tout simplement.... la musique serait elle devenue une drogue ? ...”
        

        Alors je me suis posé la question à moi même.
        C'est vrai que j'écoute souvent de la musique classique en travaillant sur mon ordinateur dans mon bureau. Pourquoi ?
        Pas pour m'isoler du bruit; le bruit voisin ne m'a jamais empêché de travailler. J'ai été habitué à travailler dans une pièce où deux malheureux révisaient une prochaine interrogation tandis que les quatre autres occupants chahutaient parce que la leur était passée.
        Pas pour découvrir ces morceaux, je les connais tous.
        Par plaisir, sûrement, mais je fais autre chose en même temps, donc je ne les goûte pas pleinement.
        Alors c'est un fond sonore qui sans doute me fait plus volontiers accepter un travail parfois fastidieux. Un environnement qui me plaît, que je trouve agréable,  intime. D'ailleurs je ne choisis pas des morceaux trop bruyants, pas d'opéra, et surtout pas du moderne dissonnant.
        Je suis comme mon petit chien Truffe, un yorkshire qui venait autrefois se coucher devant les bafles quand j'écoutais Mozart ou Haydn, qui hurlait à la mort pour de l'opéra (sa façon de chanter avec eux) et qui fuyait à l'autre bout de l'appartement si je mettais du Boulez dissonnant!

        Une de mes petites filles aimait la musique “métal",  et j'avoue que certains des morceaux  qu'elle écoute me font penser aux cris des cochons que l'on égorgeait vivants quand j'étais enfant.
        Mais j'ai lu récemment une étude d'un psychologue anglais, Adrian North de l'université d'Edimbourg, et ce qu'il disait m'a réconcilié avec ma petite fille :

        “...Comme les mélomanes, les fans de métal sont créatifs et bien dans leur peau, Ils partagent avec eux un "amour du grandiose", qui les prédispose à apprécier également certaines oeuvres de musique classique.
           A part leur différence d'âge, ce sont fondamentalement le même genre de personnes.... Beaucoup de fans de heavy metal vous diront qu'ils aiment aussi Wagner, parce que c'est grandiose, bruyant et exubérant." 
        L'étude montre aussi que, contrairement aux idées reçues, les amateurs de heavy metal ont plutôt un tempérament doux.
         Ils ne sont pas les plus ardents au travail et manquent de confiance en eux. A contrario, toujours à en croire cette étude, les amateurs de musique classique ont une bonne opinion d'eux-mêmes.!!
         Etpuis j'ai découvert de la musique "métal" qui m'a paru audible : elle ressemblait à des mélodies irlandaises!

        J'écoute aussi la radio en voiture, “radio classic” en général. Pas trop fort et je préfèrerais qu'il n'y ait aucun blabla. Il ne faut pas me distraire de la conduite.
    Donc fond sonore aussi.

        Les écouteurs : j'ai essayé un jour ceux de ma petite fille et j'avoue que cela m'a agacé, ce truc qui vous résonne dans les oreille et vous empêche d'entendre les autres bruits.
    Je suis toujours interloqué quand à coté de moi, dans le métro, une personne écoute ainsi et que son voisn se croit à coté des hauts parleurs d'une chaîne : elle va casser les cils de sa cochlée et devenir sourde !!

        Je n'apprécie pas beaucoup notre monde, mais je n'ai pas envie de m'isoler au milieu de la foule. J'aime bien observer les gens autour de moi.

        Alors oui, j'en ai bien peur, la musique est peut être pour moi une drogue.
    Mais après tout il vaut mieux en écouter que prendre des anxiolytiques !!

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  •       J'ai fait, en juin dernier des articles sur l'ouïe et la perception des sons mais je n'ai pas parlé des altérations correspondantes et notamment des dangers de la musique.


          Il y en a trois importants :
              - écouter de la musique à un niveau trop élevé ce qui est souvent le cas des jeunes.
              - se laisser distraire alors qu'on devrait être concentré (en voiture notamment)
              - se plonger dans un univers musical  monotone, triste et déprimant.

        Je traiterai aujourd'hui le premier cas qui est de loin le plus dangereux.
       
        Vous pouvez jeter un coup d'oeil sur les articles de juin 2018 dans cette même catégorie,  où je décrivais le mécanisme de l'audition et quelques notions de physique comme les décibels.
        Vous verrez que dans l'oreille interne la cochlée et notamment des cils vibratiles reliés à des neurones, nous permettent d'entendre les diverses fréquence des sons et donc sans eux nous ne pourrions pas écouter un “air” de musique, ni d'ailleurs saisir la parole.
        Avec l'âge notre sensibilité auditive diminue, parce que ces cils vibratiles sont usés certains cassés.

    Attention à vos oreilles : les dangers de la musique.


        Comme le montre le graphique ci dessus, tiré d'un livre médical, on constate que cette perte de sensibilité atteint en particulier la partie haute du spectre audible, celle qui correspond à l'intelligibilité du langage qui est atteinte. La partie “grave” reste indemne. Mais elle ne participe pratiquement pas à la communication verbale, et partiellement à l'esthétique musicale
        Notre cerveau s'accoutume de ces pertes de sensibilité et les compense partiellement, ce qui fait que globalement on ne réalise pas vraiment cette dégradation de l'audition mais plus fréquemment une perte au niveau de l'intelligibilité de la parole, en particulier dans les milieux bruyants, de conversations multiples ou de bruits ambiants divers.

        On constate que lorsque les cils vibratiles sont soumis à de forte pressions, ils fatiguent, voire se cassent.
    Le seuil dépend du niveau sonore et du temps pendant lequel on le subit car l'oreille récupère en partie pendant les silences.
        Ainsi une pression acoustique de 120 dB pendant 1 seconde ne laissera généralement aucune trace, une pression acoustique de 100 dB, (c'est à dire une pression acoustique 10 fois moins importante) pendant une heure sera préjudiciable à une écoute fine le reste de la journée.
        SI on trace un diagramme analogue au précédent, après avoir été soumis à un niveau sonore de 110 db pendant 10 minutes, et cela après 1minute de repos, puis 15 minutes, une heure, un jour après on constate de très fortes détériorations qui s'atténuent peu à peu, mais qui peuvent ne pas revenir complètement à la normale.

    Attention à vos oreilles : les dangers de la musique.


        Vous constatez la ressemblance des deux graphiques.
        Au sortir d'un concert qui peut dans de nombreux cas atteindre les 110 db, vous avez une audition aussi dégradée que la mienne à 86 ans !!
        Evidemment c'est vrai également pour toute personne travaillant dans un milieu sonore très élevé de machines (par exemple un marteau piqueur, un chaudronnier....mais aussi certaines motos et tondeuses à gazon).

        Toute personne qui, à la suite d'un concert bruyant a souffert de sifflements d'oreilles ou de bourdonnements (on appelle cela des acouphènes), est une personne dont les qualités auditives ont été atteintes pour quelques heures ou définitivement.
    Lorsque l'on souffre de tels désagréments, il est déjà trop souvent trop tard, le mal est fait, et même si cela n'est pas immédiatement perceptible, c'est généralement irrémédiable.
         Dans un pareil cas, vous avez moins de 24 heures (limite extrême, 72 heures) pour trouver un ORL, spécialiste de ce genre d'accident, et vous faire traiter dans l'urgence. Après c'est trop tard !

        Je suis toujours effaré du niveau sonore de l'écoute des lecteurs mp3 ou des téléphones portables, alors que les oreillettes utilisées sont dans l'oreille de la personne, ou du niveau sonore de radios de certaines voitures arrêtées sous mes fenêtres.
        Pourquoi écoute-t-on aussi fort un appareil avec des oreillettes qui mettent le son tout près du tympan ?
        En partie pour compenser l'absence de vibrations abdominales générées par les graves que les basses les plus efficientes traduites par un casque ne peuvent provoquer.
        Certaines personnes écoutent aussi leurs musiques de façon forte car il y a du bruit aux alentours, elles sont dans le métro, le bus, le RER, le tramway par exemple.
        Mais d'autres personnes font exprès d'écouter leurs musiques très fort pour se faire remarquer, pour sortir du lot.

        En principe tous les ensembles “Walkman + casque” (balladeur, iPod,  CD, MP3 ou smartphones), mis sur le marché  ne doivent pas pouvoir délivrer une pression acoustique supérieure à 100 dB.
        Mais infliger à vos oreilles des heures durant, des niveaux voisins de 100 dB suffisent à détruire peu à peu la cochlée.
        Les musiques à la mode comme le rap et la techno, voire le rock, sont particulièrement dangereuses car la dynamique (écart maximum entre les niveaux faibles et forts) est inférieure à 3 dB et donc le niveau sonore peut être en permanence supérieur à 97 db, alors que certaines musiques de variétés, le jazz ou musiques dites classiques, présentent des écarts pouvant dépasser facilement les 25 dB, ce qui donne un temps d'exposition aux niveau élevés plus faible et permet un certain repos de l'oreille.
        Même la musique classique, si elle atteint un niveau supérieur à 90 dB dans l'oreille, peut causer les même problèmes. Pratiquer la flûte traversière sans protection est aussi dangereux que la guitare électrique. Les sons purs stridents de la flûte attaquent et détruisent les cils de la cochlée
        C'est pour cela que les musiciens des orchestres classiiques sont équipés de protecteurs qui limitent le niveau sans déformer les autres caractéristiques des sons.

        Alors, faites attention à vos oreilles !

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  •           Dans les articles sur l'oreille et l'ouïe, j'ai montré une figure graduée en décibels et on me demande de préciser ce que c'est.

               Je vais donc faire un article, qui, je l'espère, ne vous rebutera pas trop, bien qu'il ressemble à un cours de physique ou de SVT du lycée.

               L'air est constitué de molécules essentiellement d'azote et d'oxygène, qui s'agitent en permanence de façon plus ou moins désordonnée (on appelle cela le mouvement Brownien). Plus la température est élevée, plus cette agitation est importante. (plus les molécules vont vite et loin).
               Ces molécules en mouvement engendrent des chocs sur toute surface qu'elles rencontrent et les forces crées sur chaque unité de surface constituent ce que l'on appelle la “pression” des molécules du gaz.

               Un objet en vibration (cordes d'un instrument de musique, anche d'un instrument à vent, diapason, nos cordes vocales, la membrane d'un tambour ou d'un haut parleur ...) induit des mouvements périodiques des molécules dans l'air et donc des variations de pression, avec une certaine fréquence et une certaine intensité, en relation avec celles de l'objet en vibration.
               Les molécules de l'air en se cognant les unes contre les autres, transmettent ces variations de pression. Le mouvement périodique induit par l'objet en vibration va donc se propager dans l'air à une vitesse de l'ordre de 365 mètres/seconde : c'est le "son".
               Des propagations analogues du son ont lieu dans les liquides et les solides, mais à des vitesses plus élevées parce que les atomes et molécules sont liés beaucoup plus rigidement, ont moins de liberté pour s'agiter, et donc transmettent alors plus vite leur vibration à la molécule ou l'atome voisins.
               Les fréquences sont comptées en nombre de vibrations par seconde (Hertz; un Hz = une vibration par seconde)

     Quelques rappels de la physique des sons.          
    L'oreille va être plus ou moins sensible à ces variations de pression et donc aux sons de diverses fréquences, en général de 20 à 16 000 Hz, avec un maximum de sensibilité vers 1 800 Hz.
               Un son “pur” a une fréquence unique. Tous les musiciens connaissent le LA 4 qui a une fréquence de 440 hz. 

               Mais ce que nous entendons est souvent un mélange de fréquences, soit parce qu'on émet en même temps des sons différents, soit parce qu'il y a des déformations de la transmission par les molécules d'air  (ou les matériaux des émetteurs), et la création de ce que l'on appelle les “harmoniques", c'est à dire des fréquences multiples de la fréquence initiale émise.

    Quelques rappels de la physique des sons.           La figure ci-contre montre la fondamentale de fréquence 50hz  et les harmoniques de rang 3 (fréquence multipliée par 3 de 150Hz) et ( (250 Hz) et la somme des trois qui se propage et qui est donc un son assez déformé par rapport au son pur initial.
               
             Face à un son dont on ne connait pas,la fréquence, on peut faire, avec un appareil de mesure ce que l'on appelle une “analyse de Fourier” (ou un “spectre de Fourier”).  
               Cela consiste à repérer la fréquence du son principal et les diverses harmoniques et à évaluer la participation en pourcentage de chacune d'entre elle au son complet
              L'oreille fait une analyse des sons analogue.

              Les bons instruments à cordes et à vent produisent peu d'harmoniques, mais celles ci-sont différentes d'un instrument à l'autre comme le montent les deux figures ci-dessous.

    Quelques rappels de la physique des sons.

     Quelques rappels de la physique des sons.

     

           

     

     

     


              Les harmoniques forment une structure bien déterminée, qui définit le timbre d'une voix ou d'un instrument. Cette structure "harmonique" est propre à chaque type de son.

              De plus l'objet en vibration communique une certaine énergie chaque seconde aux molécules de l'air (on appelle cela une puissance) et donc le son qui se propage est donc plus ou moins fort. On appelle l' “intensité” du son. 
             En acoustique on utilise une unité d'intensité bizarre dont vous avez certainement entendu parler : le décibel

              On prend pour référence la pression correspondant au plus petit son P min., audible par l'oreille à 1000 hz de fréquence
              Pour un son dont l'intensité correspond à la pression P son, le nombre de décibels est lié au rapport des deux pressions Pson / P min.
              Pour ceux ou celles d'entre vous qui ont fait un peu de maths :  D (en décibels) = 20 log de base 10 (Pson / Pmin.)
              Pour les autres rappelez vous seulement que chaque fois que l'on ajoute 20 au nombre de décibels la pression est multipliée par 10. (par exemple pour P min, D = zéro décibel et un son de D = 80 décibels correspond à un son ultra fort de pression 10 000 fois plus grande que Pmin ( 4 zéros puisque 80 = 20 X 4). Une trop forte pression détruit les cils de l'oreille interne (vers 120 décibels). Une plus forte pression encore crève le tympan.
      
              Pour vous donner une idée :
    Nombre de décibels          effets       
    zéro                                 seuil de l'audition P min
    20                                    un murmure
    60                                     une conversation
    80                                     des hurlements très forts, on n'entend plus distinctement les autres.
    90 / 100                           début de danger pour l'oreille bruits insupportables.
    120                                    douleur et dégâts à l'oreille interne avec surdité partielle définitive.
                            (120 décibels correspond à un million de fois la pression minimale d'audition).

       La règlementation interdit dans les salles de concert ou de danse  une intensité supérieure à 102 décibels, (et 94 pour les enfants) mais cela n'est pas toujours respecté et il est dangereux pour les oreillesd'être trop près des baffles.  

     

    Quelques rappels de la physique des sons.

       

     

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