• Les perceptions du fœtus.

              J'ai écrit dans un de mes précédents articles, que les perceptions commençaient avant la naissance. On me demande de préciser cette affirmation.

              Je voudrais vous donner les grandes étapes de l'évolution du fœtus puis parler de cet apprentissage et de ce qu'on peut en connaître, car on ne peut évidemment pas l'interroger sur ce qu'il ressent.            

              Voici d'abord le déroulement dans le temps des principales étapes de développement de l'embryon et du fœtus et de ses capacités humaines.  

              Développement embryonnaire :                    
                        - première semaine : les cellules se multiplient et commencent à se différencier.Le placenta commence à se développer dans l'utérus de la mère.           
                        - 21 à 28 jours : le tube neuronal, yeux, le cœur se développent, et la pulsation cardiaque se met en place           
                        - 5 à 8 semaines, 3cm, 1gramme : les bourgeons des bras et jambes sont visibles, la plupart des organes achevés, le cerveau se développe.           
                        - 8 à 12 semaines, le sexe, les systèmes excréteur et respiratoire se développent .Le cerveau peut assurer toutes les fonctions vitales.
    L'embryon a les caractéristiques d'un être humain au delà de 12 semaines. 

              Développement du fœtus :            
                        - 13 à 16 semaines, 20cm, 450 grammes; cheveux, peau et squelette osseux sont en place.                               
                        - 28 à 28semaines : les poumons et le système vasculaire se mettent en place           
                        - 30 semaines, 37 cm, 1kg, les chances de survie, si naissance prématurée, sont grandes.                               
                        - 38 à 40 semaines, 50 cm, 3 kg, le fœtus s'étoffe et prend les dimensions d'un nouveau-né et c'est la naissance.

              Développement des organes sensoriels et de leurs fonctions :

                - toucher : dans les 20 premières semaines, le développement des sens commence par le cerveau et la bouche et se propage vers le bas du corps. Le cerveau droit se spécialise dans le repérage spatio-temporel. Les organes de l'équilibre et le cervelet se développent. Le fœtus ressent les pressions de l'utérus sous l'effet des mouvements de la mère et de ses propres mouvements.

                - goût : (3ème mois) : les organes du goût se développent. Si on injecte un goût sucré dans le liquide amniotique, la fréquence de la déglutition du bébé devient plus fréquente que la normale, dans le cas d'une substance amère, la fréquence est moins élevée que la normale.        

              - odorat (24 à 28ème semaine de grossesse), il se développe et le cerveau du fœtus est sensible à des produits odorants véhiculés par le sang de la mère (on l'a vérifié chez les enfants prématurés nés à 6 mois). La consommation maternelle de produits anisés dans les dix jours précédant la naissance rend à l'enfant cette odeur agréable, et 4 jours après la naissance, il aime de l'eau anisée, alors que ceux dont la mère n'en a pas consommés montrent du dégoût pour cette boisson (mais ils ne savent pas encore dire beurk !).

             - audition (6 mois) l’enfant est entouré des bruits intestinaux de la mère, ses pulsations cardiaques, sa voix, la musique qu'elle écoute. L'audition dépend de la fréquence et l'intensité, ainsi que du ton : seuls les sons plus graves passent tous les obstacles. La voix rythmique et mélodique semble bien préservée en particulier celle de la mère qui est transmise par vibration sonore de l'air ambiant au travers du liquide amniotique, autant que par vibration des os.
              L'enfant est capable de discerner les sons selon leur intensité. Un fœtus qui s'intéresse à quelque chose ralentit la fréquence de sa succion instinctive dans le liquide amniotique; il l'augmente s'il "s'ennuie". On peut ainsi montrer qu'il s'intéresse aux bruits extérieurs.        
              Par ailleurs dans les jours qui suivent la naissance quand on donne à un bébé une tétine en lui faisant entendre a voix de sa mère et une autre en lui faisant entendre la voix d'une autre femme, il tête préférentiellement la première.        
              Lorsqu'une femme a écouté régulièrement pendant sa grossesse une série télévisée, il semble que le bébé, une fois né, reconnaisse la musique du générique de l'émission.        
              Il y a chez ma fille une horloge dont le carillon fait beaucoup de bruit et fait sursauter tous ceux qui n'y sont pas habitués. Pourtant, dans les jours qui suivaient sa naissance, ma petite fille ne sursautait jamais à ce bruit qu'elle avait entendu en tant que fœtus.

              L'apprentissage du foetus

             Cela pose la question de la cognition et des capacités d'apprentissage du fœtus par habituation: on présente au fœtus un stimulus répétée, on note une perte d'intérêt progressive, (succion moins fréquente que si le stimulus est neuf) on présente alors un second stimulus différent du premier et on peut constater si l'enfant le trouve différent ou non, selon qu'il est motivé ou que cela ne l'intéresse pas.         

              vision : à partir de sa 20ème semaine le bébé est capable de mouvoir ses paupières, la vision est fonctionnelle chez les prématurés. On pense que la vision se développe à partir de la 25ème semaine mais son développement s’étale sur une longue période après la naissance, avant d’atteindre l’efficacité d’une vision adulte vers 3 ou 4 ans.         

              motricité : à partir de la 7ème semaine, des mouvements du fœtus sont observables à l’échographie. Au quatrième mois, la mère peut percevoir ces mouvements. Au premier trimestre de la grossesse, ils sont constants; durant le second trimestre, le nombre de mouvements diminue, mais ils acquièrent une certaine précision et de la coordination; au cours du 3ème trimestre, ils s’organisent de façon cyclique. On a repéré 15 types de mouvements entre la 7 et la 23ème semaine  et les manques peuvent être des indices de pathologies.          

              mémoire : il semble que le cerveau soit rapidement doté d'une certaine mémoire, mais qui n'est pas durable : quelques minutes, puis quelques heures, quelques jours.        
              A partir du sixième mois de grossesse, il semble que la mémoire du fœtus soit capable de consolidation et qu'il retienne des données sur son environnement, notamment auditif : voix, lecture à haute voix, musique, chansons, bruits divers....         
              Des études montrent que l'habitude de la voix de personnes parlant une certaine langue, prédisposent probablement le futur bébé à mieux la comprendre. Elles montrent que la prosodie du discours (le rythme, l’intonation, les contours mélodiques) et certaines caractéristiques sont conservées in utero.           
              Des IRM ont montré en 2011, que chez le bébé, les centres auditif et de Wernicke, (avant que l'enfant ne sache parler), étaient plus sollicités par la langue maternelle, que par une langue étrangère.           

              Il est probable que ces capacités d'apprentissage des sons chez le fœtus sont une conséquence de l'évolution, une adaptation pour mieux reconnaître et être reconnu par sa famille, condition de survie autrefois aux temps préhistoriques, pour l'enfant qui a besoin de sa protection, 

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •      Je vous avais dit hier que, après avoir parlé du rôle du Thalamus en matière de perceptions, j'aborderai les perceptions inconscientes et notamment ce que l'on appelle les "perceptions subliminales". Ce sera l'objet de cet article.

        Pour chaque sens, mais notamment la vue et l'ouie, il existe un seuil au dessous duquel la sensation qui arrive sur l'organe de sens (l'oeil ou l'oreille), est toujours perçue, est transmise et analysée dans des centres spécialisés, du cerveau, mais cependant nous n'avons pas conscience d'avoir reçu cette sensation.
        C'est ce qu'on appelle des "sensations subliminales". (en latin au dessous du seuil ).
        Ensuite pour une valeur encore plus basse du stimulus, nos sens ne perçoivent plus rien ou le  cerveau n'analyse plus les informations transmises et donc rien n'est interprété : il n'y a alors plus de perception..

        Je vais prendre maintenant deux exemples de ces sensations subliminales :

    Thalamus et perceptions.

        D'abord un exemple d'images subliminales :

        Nous savons que le thalamus ne peut détecter deux sensations séparées par moins de 12,5 millisecondes (car ses neurones oscillent à 80 Hz; voir mon article précédent).
        Mais supposons que nous projetions sur un écran d'ordinateur une lettre pendant 15 millisecondes. L'oeil la voit, les centres d'interprétation de la vue reçoivent l'information et la traitent et pourtant nous ne voyons pas cette lettre.
        Faisons cette projection pendant des temps plus longs. Brusquement à partir d'une durée de 50 millisecondes, nous voyons la lettre et nous pouvons la lire. Mais toutefois avant de la reconnaître nous mettons plusieurs centaines de millisecondes.
        Si on examine l'activité des centres du cerveau, on s'aperçoit qu'au dessous de 50 ms, le thalamus ne transmet pas l'information à une "mémoire tampon" située dans le cerveau préfrontal et que notre cortex frontal qui pense et réfléchit, ne reçoit aucune information.
        Je rappelle que les perceptions interprétées par un groupe de neurones sont transmises au thalamus à une fréquence de 40hz (un balayage sur deux) c'est à dire toutes les 25 ms. Tout se passe comme si, pour des raisons de fiabilité de l'information, celle ci n'était transmise au cortex préfrontal que si deux images successives reçues par le thalamus étaient sensiblement les mêmes d'où la durée de 50ms nécessaire (= 2 fois 25ms)
        Nous n'avons donc conscience de voir les images que si non seulement notre cerveau les interprète, mais encore que notre cortex préfrontal ait reçu l'information.
       
        Mais les choses sont plus complexes.
        Si nous voyons avec nos yeux et que les centres d'interprétation du cerveau à l'arrière du cerveau interprètent une image terrifiante d'approche d'un danger, qui est d'une durée inférieure à 50 ms, nous n'en avons pas conscience et pourtant nous en avons peur, notre pouls s'accélère et nous nous préparons à prendre la fuite. Comment est ce possible ?
        Le thalamus n'a pas transmis limage au cortex préfrontal, mais il la transmet immédiatement dans un délai de l'ordre de la milliseconde aux centres amygdaliens qui gèrent notamment la peur et la colère. Ces centres réagissent par mesure de sécurité à toute image de danger, à condition d'avoir été préalablement “programmés” pour les reconnaître.
        Cette “programmation” est innée pour certains dangers et relève de notre expérience de la vie pour d'autres. Certains parmi nous ont une “peur des araignées” innée et nous avons du mal à la vaincre, mais par contre la peur de l'obstacle intervient quand l'enfant apprend à marcher et s'y heurte, et la peur d'une voiture quand il traverse une rue, lorsqu'il en aura imaginé et réalisé le danger.
        Les centres amygdaliens alertent le cerveau émotionnel dont ils font partie, (nous ressentons la peur) et de plus préparent l'organisme aux réactions de survie ou de lutte (crier au secours, fuir ou écraser la pauvre araignée! lol).
        Et comme l'hippocampe, qui est le “professeur de notre mémoire” fait partie du cerveau émotionnel, il est averti et peut mémoriser l'évènement même si celui ci est inconscient.

        Une constatation qui a été utilisée par la publicité, mais qui est maintenant interdite.
        Supposez que dans un film ou une émission télévisée, vous glissiez entre les images projetées une image de durée inférieure à 50 ms, mais qui puisse être vue inconsciemment, que vous répétez ainsi un grand nombre de fois. Nous ne la “voyons” pas, en ce sens que nous ne sommes pas conscient de la voir, mais cependant elle est transmise à notre cerveau émotionnel qui, du fait de la répétition la mémorise !!
        Façon vicieuse de faire de la publicité ou de la propagande !!

        Deuxième exemple : une audition subliminale :
        Supposons que nous diffusions des sons - une phrase - suffisamment bas pour que nous ne l'entendions pas. Au dessous d'un certain seuil l'oreille effectivement ne perçoit rien; mais ensuite elle perçoit et transmet, les sons sont interprétés par le cerveau, mais ne sont pas transmis au cortex préfrontal.
        Donc nous n'avons pas conscience d'avoir entendu quelque chose!
        Cependant le centre de Wernicke qui interprète la parole, reçoit l'information, la décode et la transmet aux centres amygdaliens, déjà prévenus par le thalamus qu'il y avait un son et qui auraient déjà réagi s'il s'agissait d'un simple son alarmant (une explosion par exemple).
        La phrase décodée par Wernicke est donc inconsciemment transmise à notre cerveau émotionnel.
        Or  que si nous posons
    par exemple une question à laquelle on peut répondre par deux solutions et donc au hasard avec une chance sur deux de réussite, on constate dans deux populations de "cobayes" qui ont des écouteurs aux oreilles que les deux populations ont autour de 50% de réponses exactes, ce qui est normal.
        Si par contre on envoie dans les écouteurs d'une des populations d'expérimentateurs une phrase subliminale qui donne la solution, cette population n'a pas conscience de l'entendre, mais pourtant la proportion de réponses exactes monte à 80% environ. Ce n'est plus le hasard !!
        On n'a pas encore découvert la raison exacte du phénomène. Il est probable que le cerveau émotionnel participe à l'élaboration de la réponse aux cotés du cortex préfrontal, qui réfléchit, par tout un réseau de transmission entre les grand centres du cerveau, qui utilise des neurones sensibles au même transmetteur chimique dans leurs synapses : la dopamine.
        Mais certains services secrets ou de propagande ont utilisé ce phénomène pour “conditionner” des otages ou des prisonniers, en diffusant par des hauts parleurs dissimulés dans leur prison, des informations “orientées” sous forme subliminaire, et en général ils affaiblissaient en outre le pouvoir de contradiction de leurs victimes par des médicaments : c'est ce qu'on nommait le “lavage de cerveau”.

      Donc "être conscient" c'est non seulement percevoir notre environnement, interpréter nos perceptions, mais encore que ces interprétations soient transmises à certaines zones du cerveau qui “pensent et réfléchissent", notamment le cortex préfrontal.
        Cette transmission n'est faite qu'au dessus de certains seuils.
        Au dessous de ces seuils la perception peut cependant être interprétée et transmise au cerveau émotionnel - et notamment les centres amygdaliens et l'hippocampe - et nous pouvons avoir des réactions émotionnelles - notamment de sauvegarde - et même une mémorisation inconsciente.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •           Dans mes articles sur le sommeil et le rêve, j'ai parlé du rôle du thalamus. Un lecteur me demande de le préciser.
             Deux autres lecteurs me demandent de parler des perceptions subliminales.
             Je vais donc consacrer deux articles à ces deux sujets.

             Voyons d'abord comment le thalamus coordonne nos sensations.

              Le thalamus est un important centre nerveux de notre cerveau central et émotionnel, juste au dessus de l'hypothalamus. L'un de ses rôles est de coordonner nos sensations (voir schéma).

    Thalamus et perceptions.


              Mais avant de parler de ce sujet, il faut que je mentionne un autre centre qui se trouve à la base du cerveau, au dessus de la colonne vertébrale et  dont le fonctionnement est indispensable à notre vie végétative : le “tronc cérébral”.
              Une partie de ce centre contient des neurones qui grâce à des phénomènes d'échanges ioniques, sont de véritables oscillateurs, comme le quartz de votre montre et envoient ainsi des influx nerveux à une fréquence
                        - de quelques hertz  pendant notre sommeil profond (1 hertz = une oscillation par seconde);
                        - autour de 30 hertz pendant le sommeil paradoxal;
                        - et de 40 hertz quand nous sommes éveillés et donc conscients.
              Ces influx nerveux sont envoyés par le tronc cérébral à divers neurones pour les synchroniser et en particulier à ceux du thalamus.

              Notre oeil voit ce qui se trouve devant nous et les images perçues par notre rétine sont envoyées à une très gros centre d'interprétation de la vue, très sophistiqué, qui se trouve à l'arrière de notre cerveau.
              De la même façon, il existe des centres qui interprêtent les sons, les sensations de toucher (issus de la peau de tous notre corps), les odeurs et les goûts.
              Toutes ces interprétations vont être envoyées au thalamus, voyons comment. (schéma ci dessous).
              Supposons qu'un oiseau est perché sur notre main et chante.

    Thalamus et perceptions.

              Le thalamus reçoit les stimulations à 40 hz du tronc cérébral. 
              Une série de neurones oscillent alors à une fréquence de 80 hz. et ils envoient un signal nerveux de fréquence 40 hz vers les divers centres du cortex qui interprètent nos sensations. Sous l'effet de cette stimulation les neurones qui ont reçu des informations de sensations vont alors renvoyer de l'information également avec cette même fréquence de 40 hz.
        Comme 40hz est la moitié de 80hz, cela veut dire que les neurones des centres d'interprétation des sensations vont réagir à un balayage sur deux (pas forcément le même pour tous les neurones). Le thalamus reçoit donc de chaque neurone actif une information tous les quarantièmes de seconde, suivie d'une absence d'information.
    C'est exactement comme une caméra avec un film ou la télévision, qui diffusent une image, puis un “noir”, puis une image (pour que chaque image soit bien séparée et différenciée de la précédente)...à une fréquence donnée.
              Le thalamus reçoit et diffuse donc l'information de nos perceptions comme une camera projette des images, et ceci quarante fois par seconde quand nous sommes éveillés.

              Voyons le cas de l'oiseau.
              Le cortex olfactif et le cortex gustatifs qui ne sont pas concernés puisqu'on ne mange pas l'oiseau, qui ne sent pas (mauvais et ne s'est pas parfumé non plus lol ), ne répondent donc pas.
              Le cortex sensoriel renvoie la sensation de la pression des pattes de l'oiseau sur la main. Le cortex visuel renvoie l'image de l'oiseau. Le cortex auditif renvoie le son de son chant.
              Le thalamus fait la synthèse de ces signaux et les envoie au cortex préfrontal qui réfléchit. Il consulte la mémoire et celle ci lui dit : c'est un oiseau et même c'est un canari jaune, perché sur ma main et qui chante.

              Que déduire de ce processus ?

              D'abord que, pendant l'éveil, les diverses zones qui interprètent les sigaux de nos cinq sens sont consultées à la fréquence de 80 hz, c'est à dire toutes les 12,5 millisecondes, mais ne répondent, pour un même neurone que toutes les 25 ms.
              Un même neurone ne peut donc différencier deux sensations que si l'intervalle qui les sépare est d'au moins 25ms et si nous considérons tous les neurones des centres perceptifs, balayés à la fréquence de 80 hz, nous ne pouvons donc pas différencier deux phénomènes se passant à des intervalles inférieurs à cette durée. de 12,5 ms.
              Toutefois si un incident attire notre attention, il y a une “remise à zéro” de ce balayage en cours et le cycle. Il recommence aussitôt et nous avons toutes les chances de saisir le phénomène qui a appelé notre attention, moins de 12 ms après cette remise à zéro.

              Le thalamus transmet les informations au cortex préfrontal qui a ainsi une synthèse et peut “savoir ce qui se passe”  avec le maximum de détails. Les informations passent par deux mémoires tampons qui peuvent les conserver pendant une faible durée.
              Si l'information ne l'intéresse pas, il la met en mémoire, mais elle n'intéresse qu'un nombre restreint de neurones. Nous n'avons pas alors conscience de cette information et les neurobiologistes disent qu'elle est mise en mémoire dans notre inconscient.
              Si l'information lui paraît intéressante, il oriente alors nos sens vers des actions qui leur permettent de saisir d'autres informations sur le même sujet 
              Le cortex préfrontalva faire orienter les yeux, “prêter l'oreille”, déplacer la main, humer l'air, sécréter de la salive pour mieux sentir le goût etc...
              Ces informations , si elles se révèlent vraiment intéressantes seront mises alors consciemment en mémoire, avec le concours de l'hippocampe, qui va noter quelques sont les neurones concernés par ce souvenir et nous nous rappelerons que nous les avons ressenties, du moins pendant un certain temps, car lorsqu'elles seront devenues inutiles, le souvenir sera effacé pendant notre sommeil.

              Que se passe t'il pendant le sommeil ?

              L'hypothalamus et le tronc cérébral bloquent la commande des organes de nos sens et la transmission des informations vers les centres d'interprétation, qui donc ne pourront plus fournir d'information au thalamus.
              Mais celui ci va, en quelque sorte, fonctionner à l'envers.
              La mémoire va éliminer tous les souvenirs superflus (ceux notamment enregistrés inconsciemment) ou considérés comme inutiles ou nocifs. Elle les transmet au thalamus qui va les trier et les renvoyer vers les centres d'interprétation des sensations, qui vont travailler comme s'il s'agissait de sensations réelles, alors qu'il s'agit de “perceptions mentales virtuelles”. Celles que nous nous rappelerons si nous nous réveillons quelques secondes : ce sera le rêve.

              Pendant le sommeil profond, le thalamus n'est alimenté qu'à une fréquence de quelques hertz. Il ne fera ce tri qu'à faible vitesse.
              Si on nous réveille, nous aurons l'impression d'avoir fait un “rêve statique” comme si la vie allait dix fois moins vite. Comme la mémoire ne fonctionne pas pendant le sommeil profond ce souvenir restera très flou.

              Pendant le sommeil paradoxal la fréquence d'alimentation du thalamus est proche des 40 hz (autour de 35 hz). La succession des sensations virtuelles est proche de celle de la réalité et si nous nous réveillons, alors nos rêves nous paraissent donc comme une tranche de vie, mais évidemment assez illogique et irrationnelle, car les sensations éliminées par la mémoires sont, comme je l'ai déjà expliqué, aléatoires et sans lien entre elle et notre cortex, mal réveillé, cherche à trouver des liens entre elles, mais n'arrive pas en général à ce que ceux ci soient parfaitement cohérents.

              Finalement, notre thalamus a un rôle très important :
                        - quand nous somme éveillés synchroniser nos sensations pour pouvoir faire une synthèse des sensations du même instant et envoyer cette information au “patron cortex frontal”.
                         - quand nous dormons, il reçoit des informations globales  désordonnées de la mémoire, qu'il trie et renvoie aux centres d'interprétation, qui vont permettre leur élimination une par une dans les mémoires spécifiques des perceptions des cinq sens.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •      Nous avons vu dans le précédent article, que le gyrus fusiforme et surtout l’aire occipitale des visages contribuaient principalement à la reconnaissance des visages. Ils effectuent une reconnaissance faciale selon des critères précis.
        Si on rend plus difficile la recherche de ces critères, on aura davantage de difficultés à différencier deux visages : on peut s’en rendre compte en examinant ces deux visages à l’endroit et à l’envers. Dans le bon sens on s’aperçoit immédiatement qu’ils sont différents; vus à l’envers c’est plus difficile (voir photos ci-dessous)

    La reconnaissance des visages par le cerveau (2).
    La reconnaissance des visages par le cerveau (2).   Les neurobiologistes ont étudié la reconnaissance des visages grâce à des essais sur des singes au moyen d’IRM mais aussi d’électrodes implantées.

        On savait que les centres primaires d’interprétation de la vision réalisaient sur les neurones de ces centres une image correspondant à ce que voyait la rétine, en conservant les angles et les distances, et il en est donc ainsi pour les visages.
        A partir de cette image, les centres de reconnaissance des visages vont cataloguer un certain nombre de paramètres, angles, distances, couleur, texture de la peau etc. ceci pour divers organes : yeux, nez , bouche, front, menton, cheveux…
        Les chercheurs ont montré qu’il suffisait d’une cinquantaine de paramètres pour définir de façon satisfaisante un visage. ils ont déterminé les zones du gyrus fusiforme qui codaient ces paramètres et ont présenté aux singes des photos de visages humains inconnus et ont relevé les informations en provenance du cerveau des animaux, qu’ils ont traitées par un logiciel spécifique. Ils ont ensuite comparé l’image résultant du traitement des données des cerveaux aux images initiales des visages : la correspondance était presque parfaite. (voir ci-dessous) :

    La reconnaissance des visages par le cerveau (2).


        On considère donc que les centres de reconnaissance des visages vont cataloguer environ 200 paramètres, ce qui ne mobilise qu’un nombre restreint de neurones. Chaque ensemble de paramètres, qui correspond à un visage est ensuite mémorisé.paramètres,
       
        Les chercheurs ont essayé d’analyser les zones du gyrus fusiforme qui codaient ces paramètres; ils ont remarqué que ces zones étaient organisées comme les visages observés, les paramètres concernant la bouche près de ceux concernant le nez, les yeux, le front et les cheveux au dessus, le menton en dessous etc.
        C’est en quelque sorte une « image mentale » du visage. Par analogie avec le rétinotope, qui est l’image mentale dans les centres d’interprétation de la vue, des signaux de la rétine, on appelle cette image mentale du visage représentée par ses paramètres, le « faciotope ».

        Sur l’homme on ne peut mener que des études à l’aide d'IRM, qui ne peut enregistrer que le fonctionnement d’un nombre important de neurones. C’est la raison pour laquelle des études ont été menées sur des animaux, notamment des singes.
        On s’est aperçu d’une part que les animaux avaient des images mentales des autres animaux qu’ils rencontraient dans la nature, en tant que proie, mais surtout en tant que danger pour eux mêmes. D’autre part les singes qui ont  une vie sociale importante, non seulement identifient tous les visages du groupe, mais savent distinguer sur ceux-ci la tristesse, la colère, la peur et donc certaines émotions.
        Chez l’homme cette faculté est encore plus importante, en raison du développement plus important du cerveau émotionnel et surtout du cortex préfrontal.

        Toutefois nos connaissances sur la reconnaissance des visages chez l’homme est encore à ses débuts. Si on a avancé dans la connaissance du code du faciotope, on est encore loin de connaître comment le cerveau l’interprète, comment d’une part il reconnait sur un visage, le sexe de la personne, son ethnie ou son âge, et d’autre part comment il décode les émotions transmises par les traits du visage, qui sont interprétées par les centres de l’hémisphère droit.

    La reconnaissance des visages par le cerveau (2).    Il ne semble pas que l'on sache comment ensuite des informations codées sont stockées dans notre cerveau : deux zones s'activent toutefois lors de la mémorisation et du rappel de visages : une zone correspondant à la mémoire déclarative, c'est à dire celle des connaissances que l'on peut rappeler lorsque nous en avons besoin, et une autre zone qui correspond à la mémorisation des rapports sociaux. 
        Il reste encore beaucoup de travail pour les chercheurs.

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •   Le cerveau de l’homme, comme celui de la plupart des mammifères est particulièrement doué pour reconnaître des visages.
       
    Certes quelques personnes ont une anomalie cérébrale qui inhibe cette qualité, et au contraire d’autres sont particulièrement doués, reconnaissant une personne bien qu’elle ne l’ait pas vue depuis de nombreuses années.

    La reconnaissance des visages par le cerveau (1).    Mais en moyenne nous avons une capacité importante dans ce domaine : il ne faut qu’un dixième de seconde pour reconnaître le visage d’une personne qui nous est familière, en moins d’une seconde nous savons que les deux visages de la photo ci-contre ne représentent pas la même personne, nous pouvons reconnaître une personne au milieu d’une foule, nous reconnaissons une personne dont nous avons vu une photo ou une vidéo (cette faculté est utilisée par la police), et nous savons si nous avons déjà vu une personne , même si nous ne nous rappelons pas où et quel est son identité.
        Cette faculté pourtant notable a jusqu’à présent assez peu intéressé les neurophysiologistes, mais des études ont néanmoins été menées dans ce domaine, et ont notoirement avancé en 2017.

        Je vais y consacrer deux articles, celui-ci indiquant quels sont les centres du cerveau qui contrôlent cette action et dans un prochain mail, je donnerai des indications sur le processus qu’ils utilisent.


        Dans le cerveau humain, comme le montre le schéma ci-dessous,  deux centres contribuent principalement à la reconnaissance des visages et d’autres centres participent à cette action au plan mémorisation, émotions et sentiments et contacts sociaux.
        Les deux principaux centres sont le gyrus fusiforme (FFA sur le schéma en anglais à l’origine : fusiform face area) et l’aire occipitale des visages (OCA occipital face area).

    La reconnaissance des visages par le cerveau (1).


        Le gyrus fusiforme gauche, qui fait partie du système d’interprétation visuelle, a un rôle complexe : à la naissance il est principalement orienté vers la reconnaissance sommaire des visage notamment celui de sa mère, puis de sa famille. Puis il apprend à reconnaître l’environnement, puis les objets et enfin la forme des lettres et des mots, comme le montre la figure ci-dessous.

    La reconnaissance des visages par le cerveau (1).

          Et lorsque l’enfant apprend à lire et à écrire une chose extraordinaire se produit : une partie de la zone destinée à la reconnaissance des visage et des animaux se transforme en une zone de reconnaissance des lettres et des mots écrits (en rouge sur le schéma).
     
    La reconnaissance des visages par le cerveau (1).   Pour pouvoir identifier des visages ou des objets vus sous divers angles, ces centres ont l'habitude de considérer que deux images symétriques "en miroir" correspondent à un même objet. Par exemple sur l'image ci contre le vélo et le triangle.

         Il y a donc un petit problème, car ce n'est pas vrai pour les lettres (b et d) et les mots (loup et quoi), par exemple.
         ll faut donc que l'enfant inhibe la réaction automatique de ces centres pour leur faire acquérir l'apprentissage de reconnaissance des lettres.
         Son cerveau frontal apprend à envoyer un signal qui bloque la fonction de miroir quand il décide de vouloir lire !
         Et il est possible que chez les enfants dyslexiques, qui ont du mal à différencier les lettres symétriques, cette fonction de blocage soit partiellement déficiente.

        L’aire occipitale des visages va reprendre le message de l’aire fusiforme, qui n’était pas assez précis et va le détailler afin de détailler les caractéristiques de l’image du visage , afin de pouvoir le reconnaître et le mémoriser. J’expliquerai dans le prochain article comment cette aire fonctionne. à la lumière d’études récentes de 2017.

        Une troisième aire, le sillon temporal supérieur (STS qui n’est plus dans le lobe occipital comme les deux autres),  est un centre qui intervient dans les relations sociales, pour identifier nos interlocuteur. Dans l’hémisphère gauche, il va identifier voix et visages en séparant familiers, connus et inconnus, et dans l’hémisphère droit il va reconnaître les émotions de la voix et du visage.

        Par ailleurs d’autres centres du cerveau , qui ne sont pas spécialisés dans le traitement des visages interviennent aussi :
        - l’amygdale qui intervient dans nos émotions et notamment la peur, la colère, le stress…
        - Le striatum est impliqué dans les comportements d’acceptation ou de rejets et il peut donc contribuer à associer des jugements sur la personne à son visage.
        - le précunéus, le cortex paracingulaire antérieur qui fait partie du cerveau émotionnel, sous le cortex frontal, et l’insula qui ont des rôles importants en matière de conscience et de conscience de soi, et dans la différenciation entre soi et les autres dans les rapports sociaux. Il est probable qu’ils facilitent la reconnaissance, la mémorisation et le souvenir de visage de personnes que nous connaissons.

        On ne connaissait pas la manière dont l’aire occipitale des visage travaillait et on a longtemps cru que quelques neurones étaient associés au visage de chaque personne connue (« le neurone de grand-mère »); en fait ce n’est pas exact, les neurones de cette aire effectuant une reconnaissance faciale de chaque visage selon des critères précis que nous examinerons dans le prochain article. C’est ce qu’ont démontré diverses études, dont certaines très récentes dont les résultats sont parus à l’été 2017.

    Partager via Gmail

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique