• Physiologie des huit intelligences d'Edward Gardner

         Nous avons vu avant hier ce qu’étaient les huit « intelligences » selon Howard Gardner. Je voudrais parler aujourd’hui de leur localisation cérébrale.
        En fait quand on entreprend une action, de nombreuses aires sont sollicitées dans le cerveau, car son fonctionnement est extrêmement complexe, et l’action de certains centres implique celle d’autres centres au moins temporairement.
        Cependant on peut mettre en lumière, par l’IRM, une participation plus grande de certains groupes de neurones; je vais traiter aujourd’hui, quatre des intelligences d'E. Gardner.

        L’intelligence logico-mathématique :

        Les calculs mathématiques impliquent en général le cortex préfrontal qui les dirige, les centres du langage et notamment le centre de Broca, la mémoire à long terme, et les mémoires tampons à court terme. Le cervelet peut être impliqué lorsqu’on fait un calcul presque automatiquement selon une procédure apprise (par exemple une multiplication).
        Il semble qu’en ce qui concerne la mémoire, les nombres soient atteints comme les mots. Mais, dans les processus de calcul mental, des résultats intermédiaires sont stockés dans les mémoires tampons à court terme, qui n’ont qu’une capacité limitée (6 à 7 items au maximum), et une durée limitée (quelques minutes au plus). C’est poursquoi, malgré un certain entrainement les capacités des personnes sont limitées.
        On connaît quelques calculateurs prodiges; il semble que leur cerveau ait une conformation particulière qui leur permet de stocker de façon provisoire des calculs intermédiaires dans la mémoire épisodique qui sert habituellement à stocker les souvenirs et à y accéder rapidement via l’hippocampe.
        Les réflexions logiques de raisonnement impliquent surtout le cortex préfrontal, mais d’une part celui-ci fait appel à son expérience en consultant des « cas semblables » en mémoire, pour valider les conséquences des hypothèses faites. Mais il lui arrive aussi de demander au cerveau émotionnel quelles seraient les conséquences émotionnelles de certaines solutions envisagées. Et j'ai déjà montré que notre inconscient était le responsable de beaucoup de nos décisions.
        Enfin une zone particulière du cortex préfrontal recherche les erreurs et émet un signal si une donnée est contestable.

        - L’intelligence spatiale :

        Elle met évidemment en jeu le cerveau occipital, l’arrière du cerveau au dessus de la colonne vertébrale, où sont interprétés les signaux de la vision.
        La synthèse est effectuée notamment dans les centres « quoi » et « où », qui identifient les objets et les cartes spatiales
        La mémoire - et donc l’hippocampe - intervient pour rappeler les informations acquises et c’est le cortex-préfrontal qui les traite, en particulier pour faire par exemple tourner un objet dans l’espace (comme sur certains tests).
        La mémoire associative va rapprocher les diverses perceptions simultanées et successives, (images, sons, odeurs…), pour faire par exemple retrouver un itinéraire
        De plus nous possédons des « neurones grilles » qui s’activent quand nous suivons un itinéraire inconnu et font une cartographie de la zone parcourue en créant des amalgames de points. (voir mon article sur notre GPS dans notre cerveau)
        Le cortex pariétal intervient dans la partie somesthésique, qui remonte les sensations du corps, des muscles et donc notre position dans l’espace.
       
         - L’intelligence verbo-linguistique :

        Elle met en jeu les centres du langage, que je vous ai décrits à plusieurs reprises : Broca, Wernicke, dans l’hémisphère gauche, le centre de Geschwind qui rassemble la mémoire des mots, et des centres de l’hémisphère droit, qui analysent l’intonation et l’émotion associée.
        Mais l’utilisation de certains mots va amener l’hippocampe à chercher dans notre mémoire épisodique ou déclarative, notamment dans le temporal lorsqu’il est question d’actions (les verbes par exemple), des souvenirs qui s’y rapportent.
        Et dans l’aire de Geschwind, des groupes de neurones sont associés à des objets analogues, par exemple les outils, les plantes ou les animaux.
        Et plus curieux les aires motrices du cerveau pariétal s’activent quand on évoque des noms qui évoquent des mouvement, comme des outils par exemple.
        Certains souvenirs très forts peuvent relier très fortement les neurones, qui n’ont plus besoin de l’intermédiaire de l’hippocampe pour communiquer. Par ailleurs certains souvenirs à forte charge émotionnelle, sont rappelés par les centres amygdaliens;
        Le cortex préfrontal dirige évidemment les opérations.
        Mais une lecture ou des phrases ont souvent une composante émotionnelle, et donc le cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens peuvent aussi intervenir dans la conduite des opérations.
       
    - L’intelligence musicale-rythmique :

        Elle met en jeu le centre d’interprétation auditif primaire qui analyse les sons, leur force, leur hauteur. Puis dans l’aire associative proche, les rythmes, les timbres, les airs et mélodies.
        Le tronc cérébral qui est le métronome du cerveau intervient car il est directement relié au centre auditif et au thalamus et il donne la possibilité de « battre la mesure ». (certains de ses neurones oscillent à 80 Hz)
        L’hippocampe intervient pour mémoriser et rappeler les mélodies.
        Bien entendu, le cortex préfrontal est le chef d’orchestre.
 Mais une mélodie a souvent une composante émotionnelle, et donc le cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens peuvent aussi intervenir dans la conduite des opérations.


        Je parlerai samedi des 4 autres intelligences

     

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  • Les huit intelligences d'Howard Gardner

              Je vous ai parlé ces dernier jours, de l'intelligence et des tests de qQI, et j'ai dit que ces tests ne représentaient pas toute l'intelligence.
              Un psychologue américain, Howard Gardner (photo ci dessus), a imaginé, en 1983 des théories de l’intelligence multiple, qu’il a publiées dans un livre en France en 1997, en définissant huit sortes d’intelligence.
              Je vais résumer sa théorie et dans le prochain article je parlerai de nouvelles études qui ont cherché à définir quelles parties du cerveau correspondaient à ces intelligences, et qu’a décrites Olivier Houdé professeur à la Sorbonne à Paris.

    - L’intelligence logico-mathématique :

              La personne est douée en résolution de problèmes et en mathématiques. Elle sait  poser les questions nécessaires, raisonne logiquement sur les choses, veut savoir pourquoi et comment les événements arrivent et les mécanismes fonctionnent. Elle sait mettre en ordre et classer les objets, identifier ressemblances et dissemblances.
              En général la personne est attirée par la science.

    - L’intelligence spatiale :

              La personne est créative et sait concevoir, dessiner, lire des graphiques, se représenter les objets dans l’espace en les changeant d’orientation, faire des casse-têtes représentant des images ainsi que des labyrinthes, organiser l’espace, les objets et les surfaces, et a besoin d’images pour comprendre.

    - L’intelligence verbo-linguistique :

              La personne est à l’aise avec le langage et la parole, parle facilement, aime lire, écouter et raconter des histoires, et se les rappelle. Elle sait rédiger et exprimer oralement et par écrit ses idées, sans fautes d’orthographe et possède un vocabulaire étendu.
              En général la personne est attirée par la littérature.

              Ces trois intelligences sont celles des tests de QI, qui, par leurs questions, examinent les connaissances linguistiques d’une personne, sa capacité à manier les nombres et leur logique et la représentation des figures dans l’espace.

    - L’intelligence intra-personnelle :
       
              C’est la capacité de réflexion, la compréhension de soi, des la personnalités des autres, la définition d’objectifs, l’aptitude à établir un modèle mental.
              La personne connait ses facultés d’apprentissage et est capable d’anyser ses forces et faiblesses et de connaître ses limites.

    - L’intelligence interpersonnelle :

              Elle permet les relations et la communication entre les personnes, les relations dans un groupe, l’écoute, la persuasion, la négociation. C’est identifier les émotions, les sentiments, les humeurs, les comportements et les intentions, et réagir de façon appropriée. C’est aussi avoir de l’empathie et de l’altruisme.

    - L’intelligence corporelle-kinesthésique :

              C’est la faculté de comprendre ce qui se passe dans son corps, notamment ses émotions, de les maîtriser, mais aussi de les exprimer par ses expressions corporelles.
              C’est la tendance à bouger, à être en mouvement avec son corps, à se servir de ses membres, à s’exprimer par gestes et mimiques .
              Certains psychologues y voient aussi la capacité à analyser le fonctionnement des objets et à les réparer, et finalement à une certaine adresse manuelle.

              Ces trois intelligences sont relationnelles. Il existe des tests analogues au QI que l’on appelle QE : quotient émotionnel.

    L’intelligence naturaliste-écologique :
       
              C’est à l’origine la capacité à résoudre des problèmes dans le milieu naturel, à observer et catégoriser faune flore, roches, et le milieu naturel.
              En fait ce n’est pas vraiment une intelligence, mais plus des capacités professionnelle. Les psychologues ont alors parlé de l’habileté à organiser, sélectionner, regrouper, lister, à structurer les idées à poser les question, bref la curiosité intellectuelle et le moyen de la satisfaire. Mais on tombe alors dans le domaine de l’intelligence logico-mathématique.

    L’intelligence musicale-rythmique :

              C’est le plaisir de faire de la musique, des sons ou des rythmes. et le don pour faire de la musique et chanter. Il y a une partie de capacités physiologiques de l’oreille et du cerveau, beaucoup d’apprentissage, une émotion face à la musique et aux sons, et  certain don pour le rythme.


              Les psychologues reprochent à cette théorie sa difficulté de mesure par des tests, car les différentes intelligences y apparaissent comme tropindépendantes les unes des autres.

              Je trouve ces théories intéressantes, mais je trouve qu’elles ne mettent pas l’accent sur trois points importants :

                         - la capacité et le travail d’apprentissage. On ne nait pas intelligent, on le devient. Certains ont seulement plus de potentiel et de rapidité d’apprentissage, et arrivent donc plus facilement à développer leurs intelligences, mais dans tous les cas cela demande beaucoup de travail.
              Sans apprentissage (donc éducation et instruction) et sans un gros travail, on reste d’un niveau intellectuel très bas.

                        - la créativité qui est la capacité de générer des idées ou des solutions nouvelles. C'est une chose importante dans certains métiers, mais aussi dans la vi de tous les jours, pour ne pas être moutonnier.

                       - la capacité de mémorisation. On n’invente rien : on utilise les connaissances et l’expérience que l’on a , et la créativité consiste simplement à rapprocher de façon inhabituelle des notions que l’on a mémorisées.
              Pour moi la capacité de mémorisation, c’est la moitié de l’intelligence.


         
        Notre société attache trop d’importance au QI et les jeunes je le constate souvent chez mes correspondant(e)s sont trop souvent persuadés qu’on nait intelligent ou bête, ce qui, s’ils ont des facilités, les incite à ne rien faire et à se laisser vivre.
              Je pense que cette décomposition en huit intelligences, si artificielle qu’elle paraisse, devrait cependant être prise en compte par les parents et les enseignants.
              Nous avons tous intérêt en effet à connaître nos points forts et nos points faibles, à utiliser nos avantages et à essayer de travailler pour diminuer nos défauts.
              Il est important pour un éducateur, qu’il soit parent ou professeur, d’essayer de connaître les degrés des diverses intelligences des enfants que l’on éduque, à la fois pour les intéresser en les faisant utiliser les intelligences les plus développées, mais aussi en les faisant travailler celles où ils sont moins bons, de façon à essayer d’équilibrer au mieux leurs personnalités.
              Et il ne faut pas oublier que la capacité de mémorisation, c’est au moins la moitié de l’intelligence, car nous ne créons rien, mais nous utilisons des données de notre mémoire.
              Malheureusement on ne fait guère plus d’exercices en classe pour développer notre mémoire et par ailleurs le cannabis attaque l’hippocampe, professeur de la mémoire et handicape les jeunes fumeurs. Des chercheurs américains ont testé des jeuens qui fumaient régulièrement entre 15 et 25 ans et ils ont constaté une baisse de QI de 8 points, ce qui est énorme, pour des personnes autour de la moyenne, entre 85 et 115.

     

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  •        Les neurobiologistes rêvent évidemment de pouvoir non seulement mesurer l'intelligence, mais la comprendre et savoir si certaines caractéristiques des neurones favorisent le développement de l'intelligence.
          Il faut bien se rappeler qu'on ne naît pas intelligent, mais qu'on le devient grâce à l'apprentissage du bébé, l'éducation de l'enfant, l'instruction de l'adolescent, la culture du jeune et l'expérience de l'adulte; mais cette intelligence s'acquiert avec plus ou moins de facilités selon l'héritage génétique et les aléas de la formation du cerveau.
         Rappelons aussi que dans les premiers mois du fœtus, la formation des divers centres du cerveau dépend de l'expression des gènes et des facteurs de croissance, mais la dernière étape de jonction des synapses se fait au hasard, de telle sorte que même des cerveaux de jumeaux sont différents.
       En fait on n'est pas arrivé à déterminer des "gènes de l'intelligence" Ils ne toucheraient pas d'ailleurs l'intelligence elle même, mais la facilité avec laquelle on peut l'acquérir.
      Il est cependant probable que les gênes qui favorisent la formation des centres 
    d'apprentissage, de l'hippocampe et des centres, de la mémoire, des centres du langage, des centres d'interprétation des perceptions... interviennent surement.


         On est en fait très en retard sur les connaissances physiologiques de l'intelligence, par rapport aux connaissances psychologiques.
        Trois caractéristiques des neurones et de leur environnement semblent néanmoins jouer un rôle important : 
            - le nombre de connexions (de synapses).
            - la vitesse de propagation de l'influx nerveux.
            - une économie globale de l'énergie dépensée dans le cerveau.

            La substance blanche :

        Lo substance blanche remplit presque la moitié du cerveau. Elle est constituée de millions de câbles (en blanc) qui connectent les corps cellulaires de neurones, appelés par opposition la "matière grise" (en gris) des différentes aires cérébrales.
        Le corps calleux, constitué d'un amas de millions de câbles de substance blanche qui relient les deux hémisphères cérébraux, s'étend de choque côté vers le haut et l'extérieur en direction du cortex, formant une structure nommée le "cingulum".
        Une nouvelle technique d'imagerie permet de cartographier la configuration des câbles.

        L'intelligence ne dépend pas du nombre de neurones, mais le nombre de connexions, c'est à dire le nombre de synapses est important.

            Trop de synapses nuit :

        Pour être intelligent, vaut-il mieux avoir beaucoup de synapses ou peu ?
        Jean-Pierre Changeux, biologiste français très connu, qui a écrit des livres remarquables de vulgarisation sur le cerveau, a proposé une théorie selon laquelle, à mesure que les images mentales se forment au cours de l'enfance, à mesure que l'on apprend à reconnaître des objets, à les nommer, à jouer d'un instrument de musique, à parler une ou plusieurs langues, le nombre desynapses dans le cerveau diminue.
        Au début, il y    aurait un excès de synapses, et le cerveau choisirait les plus pertinentes selon les tâches à accomplir, tandis que les synapses inutiles seraient éliminées, car elles gaspillent de l'énergie et ne remplissent aucune fonction.

        Chez l'enfant, on constate une diminution du nombre des synapses à partir de l'âge de cinq ans, et jusqu'à la puberté et la consommation d'énergie dans le cerveau d'un adulte étant environ la moitié de celle d'un enfant de cinq ans.
        On constate aussi que dans le cas d'handicap mental, les sujets ont trop de synapses, cet excès entraînant une surconsommation globale d'énergie, ce qui réduirait l'apport d'énergie dans les zones spécifiques indispensables au traitement des tâches cognitives.


            Traiter plus vite l'information :
       
        Les axones des neurones qui conduisent l'information s'entourent d'une gaine de myéline, ce qui augmente la vitesse de conduction dans les fibres nerveuse
        La myéline s'interrompt régulièrement, au niveau des "nœuds de Ranvier", créant des zones isolantes qui bloquent la propagation de l'in-flux nerveux. Pour continuer, ce dernier doit "sauter" par-dessus les zones isolantes, et ces bonds accélèrent notablement la conduction.
        Le long d'un nerf constitué d'axones dépourvus de myéline, l'influx nerveux se propage à une vitesse de l'ordre de 2 m/s, mais elle atteint 120 m/s quand les fibres sont myélinisées. En outre, la myéline maintient le niveau du signal constante sur de longues distances. Enfin, il y a moins d'interférences entre des signaux circulant dans différents neurones.
        La propagation de l'information est donc ainsi plus rapide et le risque d'erreurs inférieur.

        Le degré de myélinisation et l'intelligence (mesurée par le QI) varient de façon concomitante au cours de la vie : chez le jeune enfant, l'intelligence se développe à mesure que les neurones s'entourent de myéline, puis la vitesse de traitement de l'information augmente jusqu'à l'adolescence, et ensuite, se stabilise et ne commence à diminuer qu'avec la vieillesse : les neurones perdent alors leur myéline.
       Les tests psychologiques montrent que l'intelligence se développe jusque vers 15 ou 20 ans, qu'elle se maintient jusqu'à 65 à 70 ans, puis qu'elle décline à mesure que la gaine protectrice de myéline se dégrade.



           Des cerveaux économes

        Chez les personnes qualifiées de très intelligentes par les tests classiques, seules les aires corticales nécessaires à la résolution de la tâche sont activées.
        Ces résultats ont été confortés par les études du psychologue américain Richard Haier, du Centre d'imagerie cérébrale de l'Université d'Irvine, qui a  montré que le cerveau des personnes qualifiées d'intelligentes consomme moins d'énergie.
        Leur cortex frontal est particulièrement actif et seuls les autres centres indispensables sont mobilisés, alors que chez des personnes moins intelligentes de nombreux centres restent activés, ce qui entraîne un gaspillage d'énergie, qui n'est pas concentré sur les centres essentiels à la résolution de la tâche.
        On constate d'ailleurs des phénomènes analogues par manque d'attention et de concentration.

        Ces explications que nous fournissent les recherches sont intéressantes, mais ne formons pas trop d'espoirs, il serait illusoire de vouloir réduire l'intelligence à un petit nombre de causes.
        On remarquera aussi que le cerveau est peut être prédisposé à acquérir plus vite ces qualités, mais seul son travail lui permet ensuite de devenir intelligent.

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  • Les questions et sous-tests d'un QI.

              Pour que vous ayez une idée plus précise de ce qu'est un QI sérieux, voici quelques données sur les sous-tests communément pratiqués dans des tests pour adultes, tel que par exemple les tests de Raven.

      - Indice de Compréhension Verbale (ICV) 

                 • test "Information" : ce sont des questions de connaissances générales acquises dans le milieu familial ou socio-culturel ou à l'école (à quel continent appartient le Canada?).
              Ce test met en jeu les repères qui organisent notre intelligence du monde.
              Il renvoie à la curiosité intellectuelle et à l'attention du monde socio-culturel. Il indique aussi l'investissement de la scolarité, l'adaptation scolaire et sociale, l'expression verbale. 

                 • test "similitudes" : on recherche dans une liste les éléments communs ou les propriétés communes (qui a t'il de commun entre un chien et un chat?).
                Il porte sur les références catégorielles, la capacité du sujet à conceptualiser. Il permet d'apprécier si le sujet se concentre sur l'essentiel ou sur le détail. Il permet de voir la capacité à classer les objets dans des catégories.
                Ce test est indépendant du milieu familial et de la scolarisation.
               
                 • test "vocabulaire" : signification de mots. (que signifie le mot invalidant ?)
                Il permet d'éprouver au mieux si l'enfant a des difficultés de langage et quel est son niveau de compréhension de la langue.
                 Test sensible au milieu culturel et scolaire.

                 • test "compréhension" : Compréhension de situations sociales, de la vie quotidienne. (pourquoi les rues sont elles numérotées dans l'ordre croissant?). Fait appel au jugement et au bon sens.
               
                • test "raisonnement verbal" : trouver l'intrus dans une liste de mots.
               C'est à la fois un test de vocabulaire, de compréhension et de logique.

    - Indice de Raisonnement Perceptif (IRP)

                • test "arrangement d'images" : remettre de l'ordre dans un ensemble d'images mélangées afin de raconter une histoire.

               Test d'anticipation, capacité de prévoir et de concevoir un plan. Capacité du sujet à se situer dans le temps et dans l'espace. Test témoignant de l'adaptation aux autres. 

               • test "complément d'images" : indiquer la partie manquante d'un dessin incomplet.
               Test qui renseigne sur la capacité de se représenter l'objet dans sa totalité.

               • test "cubes" : reproduire à l'aide de cubes un motif géométrique en deux couleurs.
               Epreuve de coordination visio-motrice, sensible à l'organisation spatio-temporelle.  

              • test des "matrices progressives de Raven : on doit compléter une suite de quatre images avec un objet pris dans une série de six objets (voir le dessin au début de l'article).

    - Indice de Mémoire de Travail (IMT)            

             • test "mémoire des chiffres" : mémorisation de chiffres dans une liste.
             Très sensible à la fatigue, à l'instabilité, à l'affectivité et à l'émotivité.
     
             • test "arithmétique" : questions simples de calcul (si 10 objets coûtent 22 €, combien coûtent 15 objet - question très simple à laquelle un ancien ministre de l'Education Nationale a donné la réponse absurde 16,5; certains enfants de six ans y répondent rapidement sans se tromper)
             Test étroitement lié aux performances scolaires.
             Test anxiogène (rapidité, vitesse), sensible à l'émotivité.

    - Indice de Vitesse de Traitement (IVT)

             • test "Codes et symboles" : en utilisant un code fourni dans l'énoncé, associer des symboles à des nombres ou à des formes.   

             • test "Labyrinthes" : sortir le plus rapidement possible d'un labyrinthe simple.

            Ce sont deux tests d'apprentissage, sensible à l'émotivité, l'instabilité et aux troubles graphomoteurs

    Que mesure t'on dans ces tests ?

           - Les capacités intellectuelles dans  similitudes, arithmétique, cubes, vocabulaire
           - Les capacités de représentation mentale dans arithmétique, cubes, assemblage d'objets, mémoire des chiffres
           - L'adaptation sociale dans arrangement d'images, compréhension.
           - L'adaptation à la réalité dans complément d'images, arrangement d'images
           - L'image du corps et le schéma corporel (physiologique donné par le cerveau) dans complément d'images, cubes, assemblage d'objets

     Nota : Vous trouverez sûrement de tels tests, en général beaucoup plus simples,  dans des revues diverses, mais ils ne sont pas étalonnés et leurs résultats sont douteux. En fait l'interprétation doit être faite par des personnes ayant reçu une formation appropriée et ayant un minimum de connaissances en psychologie.



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  • Que sont les tests de QI ?

                  C’est à l’origine le cousin de Darwin, Sir Galton qui a pensé le premier à quantifier l’intelligence, mais le précurseur en matière de tests a été l’anglais Spearmann qui a lors d’études statistiques en 1904 sur des tests psychométriques montre qu’il existe un lien entre les divers résultats (par exemple verbaux et  numériques) et il considère qu’il y a un “socle” commun qu’il appelle intelligence générale ou “facteur g”.
                  En 1905 les français Alfred Binet (photo ci-dessus),et Théodore Simon à qui le ministère de l’Education Nationale a demandé d’imaginer un moyen de détecter d’avance les élèves faibles scolairement, mettent au point le premier test utilisable, “l'Échelle métrique de l'intelligence.”, qui est le premier test de QI. (Quotient Intellectuel).
                  Binet, lorsqu’on lui demandait ce qu’était l’intelligence, disait avec humour :
    « Je nomme intelligence ce que mesurent mes tests »
                  Ces tests concernent essentiellement les capacités logiques, de calcul et de maniement de la langue ainsi que certaines aptitudes de représentation spatiale donc, par rapport à ce que nous avons déjà dit, l’intelligence logico-mathématique, l’intelligence verbo-linguistique et l’intelligence spatiale.
                  Par ailleurs ces tests étaient faits pour des enfants d’une dizaine d’années et calculaient un âge mental, la base étant 100 pour un enfant moyen de 10 ans. Si un enfant de 10 ans avait un QI de 120, il était réputé avoir un âge mental de 12 ans.

                  Depuis Binet, de nombreuses variantes ont été imaginées; les journaux (ou internet) publient aussi des tests pour adultes, qui en fait n’ont en général pas été étalonnés et n’ont donc aucune valeur statistique.
                  Quelques tests plus sérieux et étalonnés comparent les QI d’une personne, aux valeurs statistiques de la population, sans distinction d’âge (test de Stern par exemple)
                  Le test suppose que la répartition de QI dans la population est une courbe de Gauss (la courbe “en cloche” symétrique), d’écart type 15 ( ce qui veut dire que 50% de la population des enfants de 10 ans a un QI compris entre 90 et 110, 68% entre 85 et 115, 95% de la population entre 70 et 130 et 99,7 % entre 55 et 145 - voir courbe ci dessous ).
    En fait il semble que des facteurs héréditaires font que cette loi n’est pas tout à fait respectée, l’étalement étant légèrement plus grand aux extrémités.

    Que sont les tests de QI ?

     

                  Lorsqu'on observe les personnes et qu'on se demande si elles sont intelligentes, on constate que les capacités et les talents peuvent être multiples; celui qui excelle dans le maniement du langage peut utiliser moins bien le raisonnement abstrait, alors que tel autre brillant en mathématiques est incapable de gérer sa vie au quotidien.

                 Cependant les psychologues considèrent qu'il existe une "intelligence générale", car les données recueillies depuis un siècle sur les tests d'intelligence, un test complet comportant en général plusieurs « sous-tests », montrent que, quels que soient le nombre et la variété des sous-tests utilisés, les performances des individus à tous ces tests sont liées (on dit qu'elles sont corrélées), c'est à dire que les individus qui ont de bons scores à quelques tests réussissent à tous les autres, et inversement.
                  Des analyses statistiques plus poussées ont montré qu'un facteur statistique unique pouvait expliquer la majeure partie des différences individuelles de performances. C'est cela qu'on appelle le "facteur G", le QI étant au départ une construction d'Alfred Binet sur le développement de l'intelligence des enfants autour de 10 ans, qui s'est ensuite généralisée, notamment aux adultes.
                  Cela dit les nombreux tests qu'on trouve un peu partout, ne reposent pas forcément sur une étude statistique valable et donc sont critiquables.
                 Le test le plus connus et qui semble le meilleur pour les enfants, est le test de Wechsler, qui est appelé WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children).
                 La première version date de 1949 et ladernière version de 2011, laquelle comporte 10 à 15 sous-tests et la cotation se fait à partir de quatre "indices". Le test est fait pour des jeunes de 6 à 16 ans et la population de référence est une distribution de Gauss de moyenne 100 et d'écart type 15.                
                 Je parlerai de ces sous tests dans mon prochain article.

                  Cette notion d'intelligence générale est souvent critiquée  : d'une part, les tests d'intelligence ne mesurent qu'une partie des capacités intellectuelles utiles et, d'autre part, le QI ou le facteur G ne semblent être que des indices statistiques sans réalité biologique.
                 Il est exact que le QI ne mesure qu'une partie de nos capacités intellectuelles.
                  Parmi les compétences de raisonnement, il tient très peu compte les capacités de planification, d'adaptation ou encore d'inhibition (se retenir d'agir ou de parler par exemple dont j'ai en partie parlé dans mon précédent article), qui jouent pourtant un rôle important dans la vie quotidienne.
                 Plus grave encore il néglige totalement les capacités de communication et de relations sociales. Aucune place n'est faite à l'expression et la maîtrise des sentiments et des émotions.
                 Howard Gardner, de l'Université Harvard aux États-Unis, a proposé la notion d'intelligences multiples dont je parlerai dans un prochain article et un test notamment complète le QI : le quotient émotionnel, QE.
               Le QI n'est donc pas inutile et sans validité : il a ses limites et ses défauts.

               La notion de facteur G repose donc sur le fait qu'en général celui qui a de bons résultats à un des sous-tests de mesure du QI, a aussi de bons résultats aux autres sous-tests et inversement.
    Certaines facultés agissent sur les scores de tous les tests : attention, concentration, observation, compréhension du test....
              C'est tout le cerveau qui participe à l'intelligence.

               Les études faites par des chercheurs sur des familles et notamment des jumeaux semble montrer que la part d'innéité est de l'ordre de 40 à 50%. Ce n'est pas seulement l'hérédité, mais l'arrangement des neurones au moment de la formation du cerveau dont la dernière étape est en partie due au hasard des connexions ultimes entre axones et dendrites.
               Mais en fait ce chiffre est très fallacieux, car l'innéité ne crée pas un cerveau intelligent. Elle donne une potentialité de le devenir. S'il n'y a pas apprentissage du bébé, éducation de l'enfant, instruction de l'adolescent, perfectionnement et expérience de l'adulte, il n'y a pas d'intelligence.
               Un cerveau qui aurait reçu des possibilités extraordinaires d'intelligence, ne donneraient pas un être intelligent si on ne lui apprend pas à parler, à lire et écrire, si on ne forme pas sa mémoire, et si on le laisse former seul son expérience.
               J'aurais tendance à faire cette réflexion absurde : L'intelligence, c'est 40% d'inné (une potentialité) et 100% d'acquis par la suite. C'est dans cet acquis qu'on peut trouver 40% d'inné.

              Il existe d'autres théories de l'intelligence cognitive (par opposition à émotionnelle).
           
      En particulier le psychologue Sternberg a bâti une théorie en trois volets :
                            -  L'intelligence analytique. La capacité à accomplir des tâches scolaires de résolution de problème, telles que celles utilisées dans les test traditionnels d'intelligence. Ces types de tâches présentent des problèmes bien définis qui ont une seule réponse correcte5.

                            -  L'intelligence créative ou 'synthétique. la capacité à faire face avec succès à des situations nouvelles et inhabituelles en tirant parti de ses connaissances et compétences existantes.  
              Les individus possédant une grande intelligence créative peuvent donner de « fausses » réponses parce qu'ils voient les choses d'une façon différente6.
                            -  L'intelligence pratique. La capacité à s'adapter à la vie de tous les jours en tirant parti de ses connaissances et compétences existantes. L'intelligence pratique permet à un individu de comprendre ce qu'il est nécessaire de faire dans une situation donnée et, alors, de le faire7.

     

     

     

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