• Le profil émotionnel de Richrd Davidson.

         J'ai parlé dans de précédents articles de l'intelligence, du QI, des intelligences multiples d'Howard Gardner,.
        Divers auteurs ont aussi fait des études pour mettre au point un QE, « quotient émotionnel », qui soit le pendant du QI sur le plan émotivité. Cela n’a jamais eu autant de succès que le QI.
        J’ai lu récemment des articles du Professeur Richard J. Davidson de l’Université du Wisconsin, qui a proposé d’établir un nouveau paramètre dans ce domaine : le « profil émotionnel » ou 6 processus favorisant la flexibilité psychologique.
        Son approche est originale, car il ne se place pas sur le plan psychologique avec un test à la clé (il en propose quand même, business oblige !), mais il essaie de rattacher les préférences psychologiques qu’il décrit, au fonctionnement du cerveau. Toutefois, dans ce que j’ai lu, cet aspect était succinct et peu expliqué, et n’apprenait pas grand chose de nouveau sur le fonctionnement du cerveau.
        Je vais essayer de résumer son approche.

        Un peu comme on le fait dans les préférences cérébrales ou dans le big-five, Davidson définit 6 comportements majeurs en matière émotionnelle : la « résilience » (ou résistance), « l’attitude ou la perspective», « l’intuition sociale », « la conscience de soi », la « sensibilité au contexte », et «  l’attention, la concentration ou la dispersion ».
        Je vais essayer de les définir.

    La résilience ou résistance :

        Nous sommes face à des problèmes, des difficulté, des déceptions, des échecs des deuils, des épreuves diverses… nous troublent, voire nous traumatisent et nous éprouvons colère, ressentiment, tristesse…
        La résilience ou résistance est l’habilité personnelle dont chacun de nous dispose pour se relever face à une situation difficile.
        On peut se relever rapidement en tournant la page, tirant les leçons de ses erreurs, ou bien « traîner » pendant longtemps ce qui s’est passé, ressassant remords de ce que l’on a fait, et regrets de ce que l’on n’a pas osé faire..

        D’après Davidson, les personnes peu résilientes se distinguent par la faiblesse des signaux allant du cortex préfrontal, qui aide à planifier, à créer et à analyser, à l’amygdale, le siège des émotions, notamment négatives, du stress de la peur, de la colère.
    Les centres amygdaliens prennent le pas sur le cortex préfrontal.

        Pour développer cette résistance, il faut prendre du recul vis-à-vis de ses émotions et d’affaiblir les associations d’idées négatives et catastrophiques, et stimuler l’activité du cortex préfrontal gauche, contribuant à inhiber les émotions négatives, en ayant recours à la réflexion et la logique.

    La perspective ou l’attitude :

        Dans le domaine des préférences cérébrales, on appelle cela pessimisme, face à l’optimisme. Davidson la définit comme l’attitude de voir plutôt le verre à moitié vide que le verre à moitié plein, et de ne pas savoir profiter des instants de joie de tous les jours.
        Etes-vous optimiste, prudent, sceptique, raisonnable… ou négatif ?

        Cette perspective négative reflète un manque de sécrétion de dopamine, une faible activité du système de récompense et notamment du noyau accumbens, et du cortex préfrontal, qui, par sa fonction de planification, aide à soutenir son activité.
        A mon avis, il simplifie beaucoup et néglige notamment le rôle de la sérotonine qui régule notre humeur.

        Pour lutter contre cette tendance, Davidson recommande de préférer, à la récompense immédiate, l’option qui vous apportera un plaisir supérieur, même s’il vous faut patienter, et de prendre le temps chaque jour de la visualiser.. Dites régulièrement merci et complimentez le plus souvent possible les autres; notez vos qualités et vos réussites plutôt que vos défauts et vos échecs.

    L’intuition sociale :


        C’est la capacité de décoder avec exactitude les signaux non verbaux des émotions d’autrui. Elle correspond à l’empathie. Les personnes socialement intuitives savent lire le langage du corps, l’intonation de la voix, les expressions du visage. Elles devinent quand quelqu’un veut parler de son chagrin ou quand il vaut mieux aborder des sujets légers.

        Les personnes qui n’ont pas cette qualité sociale une faible activité du gyrus fusiforme, impliqué dans la reconnaissance des visages et le traitement visuel, et par une forte activité de l’amygdale.
        Là encore, à mon avis, Davidson simplifie beaucoup. Il oublie de nombreux centres qui participent au dialogue social, au rôle des neurones miroirs, et ramène trop les aspects négatifs au rôle de l’amygdale.

        Pour booster cette qualité il faut s’entraîner à observer les expressions des visages,  à les comparer aux intonations du langage et essayer de déterminer si ceux-ci dénotent la joie, la tristesse, l’anxiété…
     
    La conscience de soi :

        C’est la capacité de décoder ses propres signes corporels internes indicateurs des émotions (rythme cardiaque, transpiration, tension musculaire…). et finalement de percevoir et de comprendre nos propres émotions et sentiments.
        Certains mettent des jours à reconnaître qu’ils sont jaloux, en colère, tristes. A l’inverse, d’autres sont assiégés de messages sur l’état de leur esprit et de leur cœur.

        Dans les deux cas, c’est l’insula – région profonde du cortex permettant de percevoir les conséquences physiques de nos émotions et de vivre intensément des émotions sensorielles – qui est en jeu. Elle n’est pas assez ou trop activée.

        Le remède : méditer sur soi, faire de l’introspection, mais de façon modérée.

    La sensibilité au contexte :

        C’est la capacité de moduler ses réponses émotionnelles selon le contexte social, de s’adapter, de changer sa façon d’agir.
        Certaines personnes réagissent différemment selon les gens avec qui elles parlent ou le lieu où elles se trouvent. D’autres restent les mêmes en toute situation et avec tout type de personnes.

        Lorsque les personnes sont « déconnectés » du contexte environnant, elles ont de faibles connexions de l’hippocampe aux zones du cortex préfrontal. L’hippocampe est surtout connu pour son rôle dans le fonctionnement de la mémoire et le stockage de souvenirs à long terme, mais il a aussi pour fonction d’adapter nos comportements au contexte.

        Un bon entraînement est de s’exposer, dans un contexte sans danger, à une situation que l’on redoute, Elle aide en effet les patients ayant vécu un stress à ne pas ressentir d’anxiété quand ils sont en sécurité, autrement dit à adapter leur réponse émotionnelle au contexte social.   

     L’attention la concentration ou la dispersion :

        C’est la capacité de center son attention sans se laisser distraire et de se concentrer sur une tâche.
        Parfois, nous sommes assaillis de problèmes, de préoccupations… et nous sommes incapables d’avancer dans nos obligations en ayant la tête ailleurs.
        Cependant, d’autres personnes réussissent à garder le contrôle. Elles mettent de côté cette avalanche d’émotions pour se centrer sur une tâche.

        Le cortex préfrontal est essentiel pour maintenir l’attention, tandis que le cortex pariétal sert de gouvernail au cerveau en dirigeant l’attention sur des cibles spécifiques.
        Là aussi Davidson simplifie beaucoup. Le problème de l’attention et de la concentration, lié à la conscience de soi, est complexe et mal connu. J’ai essayé de commencer à le traiter dans des articles.

        Il faut éliminer le plus possible les occasions de distraction, de sauter du coq à l’âne, et focaliser son attention sur des objets ou sujets particuliers, et ne pas essayer de faire plusieurs choses à la fois..
        En fait ce n’est pas si simple et on ne se force pas facilement à faire attention, car cela ne concerne pas que la volonté (voir mon article du 16 décembre 2018)

    Tests  correspondants :

        Le professeur Davidson a mis au point des tests pour déterminer ses propres caractéristiques, par exemple par six séries de 10 questions. Ce serait très londg à les recopier et en donner le résultat. Je vous renvoie plutôt, si cela vous amuse à un test paru sur le magazine « Femina », à l’dresse suivante :
    https://www.femina.fr/article/quel-est-votre-profil-emotionnel


    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Le Quotient émotionnel

              Dans les précédents articles, nous avons parlé du Quotient intellectuel, puis des huit intelligences de Howard.
              Je voudrais terminer cette série par deux articles sur les aspect émotionnels.

              Résumons d'abord où nous en sommes :

              D'abord il ne faut pas attacher trop d’importance au QI, surtout pour un adulte.
              Par contre, vers l’âge de 9/11 ans (en CM2), c’est un bon indicateur pour  avoir une idée de ce qu’un enfant pourrait faire comme études, dans la mesure où il voudrait bien travailler.
             
    J’ai connu au Sahara un enfant d’une dizaine d’années, totalement ignare (c’était un esclave de nomades) et nous l’avions recueilli après une piqûre par une vipère à corne et pris en charge; nous lui avions appris rapidement à lire, à écrire et à compter et, à notre grand étonnement il avait un QI de 125. On l’a aidé à rattraper son retard et il a passé avec succès 6 ans plus tard, l'équivalent d'un bac professionnel, et 8 ans plus tard, un BTS de mécanique automobile et de conduite d’engins de travaux publics.


              Pendant des décennies, les psychologues ont voulu absolument relier l'intelligence et les performance dans un domaine précis, défini par Binet et mesuré grâce au QI.
              Des chercheurs ont étudié l'influence du savoir et de l'expertise par exemple les psychologues William Chase (années 70/80) et Herbert Simon (années 1980/2000) pour déterminer si les performances extraordinaires, par exemple aux échecs ou en mathématiques, dépendent d'une intelligence supérieure (très fort QI) ou au contraire de connaissances spécialisées.
              Le résultat n’est guère étonnant : les personnes d'intelligence supérieure et les experts résolvent les problèmes mieux que des novices, (c'est-à-dire les personnes ayant peu de connaissances dans le domaine en question).
              Parfois, une grande expertise compense une faible intelligence : des experts moins intelligents obtiennent des performances similaires à celles de novices très intelligents.
              En revanche, une grande intelligence est bénéfique même aux experts : les experts intelligents obtiennent généralement les meilleures performances (il semble exister une synergie entre expertise et intelligence, c’est à dire que des gens intelligents acquièrent plus facilement une expertise).
              Vous auriez pu imaginer ces résultats vous mêmesans connaître ces recherches : ils sont simplement logiques !

              Cela dit il y a des gens qui ont un QI très élevé et qui sont très mauvais en relations humaines !! (hélas j'en connais !!)

              Les psychologues parlent souvent “d’intelligence émotionnelle”.
             
     Ce terme a été proposé et défini en 1990 par les psychologues Salovey et Mayer. Ils définissent l’intelligence émotionnelle comme « une forme d’intelligence qui suppose la capacité à contrôler ses sentiments et émotions et ceux des autres, à faire la distinction entre eux et à utiliser cette information pour orienter ses pensées et ses gestes »  ou bien « l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres »
              Les psychologues considèrent que les émotions sont apparues au cours de l'évolution pour permettre aux animaux de réagir rapidement en cas de danger.         .

              Une telle personne sait exprimer ses propres sentiments, les maitriser et les utiliser pour résoudre des problèmes concrets. L'intelligence émotionnelle consiste donc d’abord à savoir déchiffrer ses propres sentiments, et à bien les utiliser. Ainsi, plutôt que de vouloir masquer tel ou tel sentiment, une personne intelligente saura le communiquer aux autres et faire en sorte que ceux-ci adoptent une attitude appropriée (mais pas forcément la sienne !).

              Peut-on mesurer l'«intelligence émotionnelle» (un quotient émotionnel QE?).
           
      À la différence de l'intelligence mesurée dans les tests de QI, ce critère est évalué en référence à un contexte culturel lequel a une influence primordiale : par exemple une personne exprimant ouvertement ses émotions peut devenir une personnalité charismatique et respectée en Europe ou aux États-Unis, mais vraisemblablement pas dans les pays asiatiques. Dès lors, comment définir un comportement émotionnellement intelligent, sans faire référence à l'environnement culturel?
             Par ailleurs, on demande dans les tests de QE, comment la personne se comporterait dans telle ou telle circonstance. En fait la réponse est davantage liée à la représentation qu'a la personne d'elle même (et sa Persona), qu'à la compétence d'agir dans cette situation, qui serait la véritable intelligence émotionnelle.
              Dans les réponses aux tests de QE, il n'y a pas, comme dans le tests de QI, une réponse unique : elle est en général multiple.
              Certains tests d'intelligence émotionnelle se concentrent sur des aspects précis, telle la capacité de déchiffrer les sentiments. 

              L’intelligence classique et intelligence émotionnelle sont-elles liées?
              Le lien entre intelligence émotionnelle et intelligence abstraite, quoique faible, existe. Un QI élevé traduit souvent une grande capacité d'apprentissage, avantage indéniable pour s'imprégner de règles sociales et acquérir un savoir émotionnel.        
              L'intelligence émotionnelle s'acquiert-elle encore à l'âge adulte?
              Pour ce qui est de la plasticité de l'intelligence émotionnelle, les adultes peuvent changer de comportement et en acquérir un nouveau, même si c'est plus difficile que pour les jeunes. On peut s'entraîner à gérer son stress ou apprendre à mieux communiquer. De tels exercices étaient pratiqués bien avant que l'on commence à parler d'intelligence émotionnelle ! (par exemple quand j'étais jeune).
             De nombreux psychologues, tels Mayer et Salovey, considèrent que l'intelligence émotionnelle est à la croisée des émotions et des cognitions (les quatre types d'opérations mentales étant la cognition, les émotions, la motivation et la conscience).


              Certains psychologues pensent que contrairement à l’enfant et à l’école, durant les études universitaires ou dans la vie professionnelle, moins de la moitié de la réussite serait expliquée par la mesure du QI classique, et ils recherchent donc un critère susceptible d'évaluer les 50 pour cent restants. Ils espèrent quantifier les intelligences émotionnelles et sociales notamment et les autres aussi.
              Y parviendront-ils ? Je crains qu’il ne soit pas possible d'évaluer toutes les facettes du comportement d'un individu, ni de savoir précisément de quelle façon il est capable de réagir, parce que certaines qualités ne se révèlent que dans des situations exceptionnelles et imprévisibles. Et aussi parce que notre personnalité est faite d'antagonismes, les "préférences cérébrales" et que selon le cas nous utilisons l'attitude préférée ou au contraire l'antagoniste, de la même façon qu'un droitier utilise aussi sa main gauche, mais moins souvent.
              Personnellement j'aimerais bien des tests "sérieux" qui permettent d'évaluer la mémoire et la capacité à mémoriser (cela existe un peu), et d'autres pour évaluer le "bon sens" (je n'en ai jamais entendu parler.).


    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •           Je vous parlerai aujourd’hui de trois autre intelligence, car on n’a pas pu mettre en lumière la huitième l’intelligence « naturaliste et écologique » car il s'agit en fait plutôt de connaissances professionnelles, qui relèvent donc de la mémoire et de la logique (cortex préfrontal, hippocampe et centres de stockage des connaissances.:

    - L’intelligence intra-personnelle :
       
              C’est la compréhension et la maîtrise de nos émotions. Certes le cortex préfrontal intervient encore pour en être conscient, les analyser, en chercher les conséquences avant une prise de décision.
              Mais c’est l’amygdale qui est le moteur principal à l’origine des émotions.
              Elle est relayée ensuite par le cortex cingulaire antérieur qui intervient dans la prise de conscience et l’analyse des conflits internes et l’insula (appelé aussi cortex insulaire), qui analyse les sensations internes qui accompagnent ces émotions.
              De plus, dans le développement, mais aussi le contrôle de nos pulsions et plus généralement de nos actions, interviennent les centres de récompense et les centres amygdaliens, qui lient nos désirs et nos actions à un plaisir ou une répulsion.

    - L’intelligence interpersonnelle :


              Il est beaucoup plus difficile de situer les zones en relation avec l’intelligence interpersonnelle, car il s’agit de comportement et dès lors, c’est l’ensemble du cerveau qui coopère.
              Bien entendu le cortex préfrontal est toujours là pour réfléchir et diriger.
              Les relations humaines étant supportées essentiellement par le langage, les centres correspondants vont intervenir et notamment les centres de l’hémisphère droit qui interprètent les intonations et le contenu émotionnel..
              Mais les mimiques des visages sont également importantes et les centres de la vision, de reconnaissance des visage et du cortex cingulaire participent à leur interprétation.
              Certains groupes de neurones sont aussi particulièrement important : les neurones miroirs, dans le cortex prémoteur, qui s’activent lorsque nous voyons se réaliser la même action que celle pour laquelle ils sont impliqués quand nous la faisons volontairement.
              Un autre type de neurones dits «canoniques» s’activent à la simple vue d’un objet saisissable par le mouvement de préhension de la main codé par ce neurone. Comme si cerveau anticipait une interaction possible avec cet objet et se préparait en conséquence.
              Or cette compréhension des actions de l’autre est à la base des relations sociales et particuliè-rement de la communication interindividuelle. Il est probable que des neurones analogues inter-viennent aussi dans la compréhension et l’anticipation des actions d’autrui

     - L’intelligence corporelle-kinesthésique :


              Les zones correspondantes sont bien connues : ce sont celles qui concernent le toucher et la somesthésie, c’est à dire l’information concernant les sensations délivrées par les membres et les viscères.
              Les noyaux gris du cerveau central et le tronc cérébral interviennent dans la commande des mouvements et leur apprentissage et le cervelet pour la commande de tout ce qui est devenu automatique, lorsque le cortex préfrontal a fini de diriger l’apprentissage  des actions correspondantes.

              Et dans tous ces domaines, l’apprentissage tient une place importante et donc les centres du système de récompense interviennent également (en rouge sur le du haut de pageschéma : ATV, noyau accumbens et septum; voir mon article à ce sujet).


            

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Physiologie des huit intelligences d'Edward Gardner

         Nous avons vu avant hier ce qu’étaient les huit « intelligences » selon Howard Gardner. Je voudrais parler aujourd’hui de leur localisation cérébrale.
        En fait quand on entreprend une action, de nombreuses aires sont sollicitées dans le cerveau, car son fonctionnement est extrêmement complexe, et l’action de certains centres implique celle d’autres centres au moins temporairement.
        Cependant on peut mettre en lumière, par l’IRM, une participation plus grande de certains groupes de neurones; je vais traiter aujourd’hui, quatre des intelligences d'E. Gardner.

        L’intelligence logico-mathématique :

        Les calculs mathématiques impliquent en général le cortex préfrontal qui les dirige, les centres du langage et notamment le centre de Broca, la mémoire à long terme, et les mémoires tampons à court terme. Le cervelet peut être impliqué lorsqu’on fait un calcul presque automatiquement selon une procédure apprise (par exemple une multiplication).
        Il semble qu’en ce qui concerne la mémoire, les nombres soient atteints comme les mots. Mais, dans les processus de calcul mental, des résultats intermédiaires sont stockés dans les mémoires tampons à court terme, qui n’ont qu’une capacité limitée (6 à 7 items au maximum), et une durée limitée (quelques minutes au plus). C’est poursquoi, malgré un certain entrainement les capacités des personnes sont limitées.
        On connaît quelques calculateurs prodiges; il semble que leur cerveau ait une conformation particulière qui leur permet de stocker de façon provisoire des calculs intermédiaires dans la mémoire épisodique qui sert habituellement à stocker les souvenirs et à y accéder rapidement via l’hippocampe.
        Les réflexions logiques de raisonnement impliquent surtout le cortex préfrontal, mais d’une part celui-ci fait appel à son expérience en consultant des « cas semblables » en mémoire, pour valider les conséquences des hypothèses faites. Mais il lui arrive aussi de demander au cerveau émotionnel quelles seraient les conséquences émotionnelles de certaines solutions envisagées. Et j'ai déjà montré que notre inconscient était le responsable de beaucoup de nos décisions.
        Enfin une zone particulière du cortex préfrontal recherche les erreurs et émet un signal si une donnée est contestable.

        - L’intelligence spatiale :

        Elle met évidemment en jeu le cerveau occipital, l’arrière du cerveau au dessus de la colonne vertébrale, où sont interprétés les signaux de la vision.
        La synthèse est effectuée notamment dans les centres « quoi » et « où », qui identifient les objets et les cartes spatiales
        La mémoire - et donc l’hippocampe - intervient pour rappeler les informations acquises et c’est le cortex-préfrontal qui les traite, en particulier pour faire par exemple tourner un objet dans l’espace (comme sur certains tests).
        La mémoire associative va rapprocher les diverses perceptions simultanées et successives, (images, sons, odeurs…), pour faire par exemple retrouver un itinéraire
        De plus nous possédons des « neurones grilles » qui s’activent quand nous suivons un itinéraire inconnu et font une cartographie de la zone parcourue en créant des amalgames de points. (voir mon article sur notre GPS dans notre cerveau)
        Le cortex pariétal intervient dans la partie somesthésique, qui remonte les sensations du corps, des muscles et donc notre position dans l’espace.
       
         - L’intelligence verbo-linguistique :

        Elle met en jeu les centres du langage, que je vous ai décrits à plusieurs reprises : Broca, Wernicke, dans l’hémisphère gauche, le centre de Geschwind qui rassemble la mémoire des mots, et des centres de l’hémisphère droit, qui analysent l’intonation et l’émotion associée.
        Mais l’utilisation de certains mots va amener l’hippocampe à chercher dans notre mémoire épisodique ou déclarative, notamment dans le temporal lorsqu’il est question d’actions (les verbes par exemple), des souvenirs qui s’y rapportent.
        Et dans l’aire de Geschwind, des groupes de neurones sont associés à des objets analogues, par exemple les outils, les plantes ou les animaux.
        Et plus curieux les aires motrices du cerveau pariétal s’activent quand on évoque des noms qui évoquent des mouvement, comme des outils par exemple.
        Certains souvenirs très forts peuvent relier très fortement les neurones, qui n’ont plus besoin de l’intermédiaire de l’hippocampe pour communiquer. Par ailleurs certains souvenirs à forte charge émotionnelle, sont rappelés par les centres amygdaliens;
        Le cortex préfrontal dirige évidemment les opérations.
        Mais une lecture ou des phrases ont souvent une composante émotionnelle, et donc le cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens peuvent aussi intervenir dans la conduite des opérations.
       
    - L’intelligence musicale-rythmique :

        Elle met en jeu le centre d’interprétation auditif primaire qui analyse les sons, leur force, leur hauteur. Puis dans l’aire associative proche, les rythmes, les timbres, les airs et mélodies.
        Le tronc cérébral qui est le métronome du cerveau intervient car il est directement relié au centre auditif et au thalamus et il donne la possibilité de « battre la mesure ». (certains de ses neurones oscillent à 80 Hz)
        L’hippocampe intervient pour mémoriser et rappeler les mélodies.
        Bien entendu, le cortex préfrontal est le chef d’orchestre.
 Mais une mélodie a souvent une composante émotionnelle, et donc le cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens peuvent aussi intervenir dans la conduite des opérations.


        Je parlerai samedi des 4 autres intelligences

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Les huit intelligences d'Howard Gardner

              Je vous ai parlé ces dernier jours, de l'intelligence et des tests de qQI, et j'ai dit que ces tests ne représentaient pas toute l'intelligence.
              Un psychologue américain, Howard Gardner (photo ci dessus), a imaginé, en 1983 des théories de l’intelligence multiple, qu’il a publiées dans un livre en France en 1997, en définissant huit sortes d’intelligence.
              Je vais résumer sa théorie et dans le prochain article je parlerai de nouvelles études qui ont cherché à définir quelles parties du cerveau correspondaient à ces intelligences, et qu’a décrites Olivier Houdé professeur à la Sorbonne à Paris.

    - L’intelligence logico-mathématique :

              La personne est douée en résolution de problèmes et en mathématiques. Elle sait  poser les questions nécessaires, raisonne logiquement sur les choses, veut savoir pourquoi et comment les événements arrivent et les mécanismes fonctionnent. Elle sait mettre en ordre et classer les objets, identifier ressemblances et dissemblances.
              En général la personne est attirée par la science.

    - L’intelligence spatiale :

              La personne est créative et sait concevoir, dessiner, lire des graphiques, se représenter les objets dans l’espace en les changeant d’orientation, faire des casse-têtes représentant des images ainsi que des labyrinthes, organiser l’espace, les objets et les surfaces, et a besoin d’images pour comprendre.

    - L’intelligence verbo-linguistique :

              La personne est à l’aise avec le langage et la parole, parle facilement, aime lire, écouter et raconter des histoires, et se les rappelle. Elle sait rédiger et exprimer oralement et par écrit ses idées, sans fautes d’orthographe et possède un vocabulaire étendu.
              En général la personne est attirée par la littérature.

              Ces trois intelligences sont celles des tests de QI, qui, par leurs questions, examinent les connaissances linguistiques d’une personne, sa capacité à manier les nombres et leur logique et la représentation des figures dans l’espace.

    - L’intelligence intra-personnelle :
       
              C’est la capacité de réflexion, la compréhension de soi, des la personnalités des autres, la définition d’objectifs, l’aptitude à établir un modèle mental.
              La personne connait ses facultés d’apprentissage et est capable d’anyser ses forces et faiblesses et de connaître ses limites.

    - L’intelligence interpersonnelle :

              Elle permet les relations et la communication entre les personnes, les relations dans un groupe, l’écoute, la persuasion, la négociation. C’est identifier les émotions, les sentiments, les humeurs, les comportements et les intentions, et réagir de façon appropriée. C’est aussi avoir de l’empathie et de l’altruisme.

    - L’intelligence corporelle-kinesthésique :

              C’est la faculté de comprendre ce qui se passe dans son corps, notamment ses émotions, de les maîtriser, mais aussi de les exprimer par ses expressions corporelles.
              C’est la tendance à bouger, à être en mouvement avec son corps, à se servir de ses membres, à s’exprimer par gestes et mimiques .
              Certains psychologues y voient aussi la capacité à analyser le fonctionnement des objets et à les réparer, et finalement à une certaine adresse manuelle.

              Ces trois intelligences sont relationnelles. Il existe des tests analogues au QI que l’on appelle QE : quotient émotionnel.

    L’intelligence naturaliste-écologique :
       
              C’est à l’origine la capacité à résoudre des problèmes dans le milieu naturel, à observer et catégoriser faune flore, roches, et le milieu naturel.
              En fait ce n’est pas vraiment une intelligence, mais plus des capacités professionnelle. Les psychologues ont alors parlé de l’habileté à organiser, sélectionner, regrouper, lister, à structurer les idées à poser les question, bref la curiosité intellectuelle et le moyen de la satisfaire. Mais on tombe alors dans le domaine de l’intelligence logico-mathématique.

    L’intelligence musicale-rythmique :

              C’est le plaisir de faire de la musique, des sons ou des rythmes. et le don pour faire de la musique et chanter. Il y a une partie de capacités physiologiques de l’oreille et du cerveau, beaucoup d’apprentissage, une émotion face à la musique et aux sons, et  certain don pour le rythme.


              Les psychologues reprochent à cette théorie sa difficulté de mesure par des tests, car les différentes intelligences y apparaissent comme tropindépendantes les unes des autres.

              Je trouve ces théories intéressantes, mais je trouve qu’elles ne mettent pas l’accent sur trois points importants :

                         - la capacité et le travail d’apprentissage. On ne nait pas intelligent, on le devient. Certains ont seulement plus de potentiel et de rapidité d’apprentissage, et arrivent donc plus facilement à développer leurs intelligences, mais dans tous les cas cela demande beaucoup de travail.
              Sans apprentissage (donc éducation et instruction) et sans un gros travail, on reste d’un niveau intellectuel très bas.

                        - la créativité qui est la capacité de générer des idées ou des solutions nouvelles. C'est une chose importante dans certains métiers, mais aussi dans la vi de tous les jours, pour ne pas être moutonnier.

                       - la capacité de mémorisation. On n’invente rien : on utilise les connaissances et l’expérience que l’on a , et la créativité consiste simplement à rapprocher de façon inhabituelle des notions que l’on a mémorisées.
              Pour moi la capacité de mémorisation, c’est la moitié de l’intelligence.


         
        Notre société attache trop d’importance au QI et les jeunes je le constate souvent chez mes correspondant(e)s sont trop souvent persuadés qu’on nait intelligent ou bête, ce qui, s’ils ont des facilités, les incite à ne rien faire et à se laisser vivre.
              Je pense que cette décomposition en huit intelligences, si artificielle qu’elle paraisse, devrait cependant être prise en compte par les parents et les enseignants.
              Nous avons tous intérêt en effet à connaître nos points forts et nos points faibles, à utiliser nos avantages et à essayer de travailler pour diminuer nos défauts.
              Il est important pour un éducateur, qu’il soit parent ou professeur, d’essayer de connaître les degrés des diverses intelligences des enfants que l’on éduque, à la fois pour les intéresser en les faisant utiliser les intelligences les plus développées, mais aussi en les faisant travailler celles où ils sont moins bons, de façon à essayer d’équilibrer au mieux leurs personnalités.
              Et il ne faut pas oublier que la capacité de mémorisation, c’est au moins la moitié de l’intelligence, car nous ne créons rien, mais nous utilisons des données de notre mémoire.
              Malheureusement on ne fait guère plus d’exercices en classe pour développer notre mémoire et par ailleurs le cannabis attaque l’hippocampe, professeur de la mémoire et handicape les jeunes fumeurs. Des chercheurs américains ont testé des jeuens qui fumaient régulièrement entre 15 et 25 ans et ils ont constaté une baisse de QI de 8 points, ce qui est énorme, pour des personnes autour de la moyenne, entre 85 et 115.

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique