• Nos décisions sont faussées par notre inconscient.


              Dans l'article d'hier, je décrivais certains mécanismes du cerveau lorsque nous prenons des décisions.
              Je vous ai aussi décrit dans des articles de la rubrique "préférences cérébrales", l'influence de notre préférence de décision 
              Lorsque vous prenez une décision, lorsque vous faites un choix, votre cerveau utilise préférentiellement certains mécanismes, certains critères.
              Deux processus sont utilisés, tous deux étant rationnels, mais différent par les critères de choix utilisés :
                        - les critères sont ceux d'une logique impersonnelle (L) : ce sont des principes objectifs, des lois, des règles, une analyse critique et logique; on se pose en juge et on décide “avec la tête”, plutôt en “spectateur”, après avoir réfléchi logiquement au "pour" et au "contre". 
    On réfléchit avant de décider, aux avantages et aux inconvénients de son choix.
                       - les critères sont ceux de valeurs altruistes (V) : la décision est plus subjective et humanitaire; c'est le monde de l'empathie, de l'intimité, de la chaleur humaine et de la persuasion; on se pose en avocat, et on décide “avec le coeur”, plutôt en “participant”. Ce sont nos goûts, nos valeurs, nos opinions, nos émotions, nos sentiments qui guident notre décision.
              On conçoit que les personnes V examinent les éléments de décision de façon plutôt subjective, et donc avec un risque d'erreur plus important.
              Mais pour les personnes L, la décision paraît réfléchie et objective, et cependant nos décisions sont souvent faussées par des automatismes du cerveau relativement inconscients.
              Le cerveau cherche en permanence à ne pas consommer trop d'énergie, à gagner du temps, à préparer nos comportements, d'agir rapidement. Il doit donc prédire et anticiper. Pour cela Silva donc chercher dans notre environnement d'une part, dans notre mémoire et notre passé, des indices qui permettront de répondre en partie aux questions posées. Ces indices automatiques influenceront inconsciemment nos décisions.

             Nous avons d'abord en mémoire, des préjugés et des stéréotypes, issus de notre culture, de notre éducation, de notre expérience. Ils sont dans notre mémoire et ont pour but de nous protéger contre des décisions hâtives ou hors normes. Mais ils peuvent alors influencer plus ou moins nos réflexions et donc nos décisions. L'influence des groupes auxquels on appartient, du milieu, du racisme sont des exemples probants.
             Même pour les personnes L, sentiments et émotions ont une certaine influence et notamment les centre amygdaliens. Mais elles en sont moins conscientes puisqu'habituées à une démarche rationnelle logique.
              On évoque souvent l'intuition, mais c'est simplement les connaissance et l'expérience que nous avons sur le sujet en cause, qui sont inconsciemment ramenées en mémoire et que notre inconscient traite en faisant intervenir sans que nous le sachions, les mêmes groupes de neurones que si nous faisons un raisonnement conscient. La synthèse de cette démarche est ensuite portée à la conscience : c'est une intuition. Elle n'est juste que si elle a pu se baser sur des indices réellement en rapport avec les questions posées?

              Enfin il faut être conscient que la fatigue le stress, le manque de concentration, la dispersion de notre esprit qui traite plusieurs problèmes à la fois, nuisent à la pertinence de nos décisions.

              Philippe Damier, professeur de neurologie au CHU de Nantes, recense dix grands pièges qui peuvent fausser nos décisions.

    La peur de perdre :
              Lorsque que notre décision risque d'entrainer un gain ou une perte, nous préférons le plus souvent minimiser la perte. Mais cette décision trop rapide risque de nous faire passer à coté de décisions très bénéfiques, dont le risque d'échec était raisonnable.

    Les statistiques :
             
     Lorsque nous avons un choix incertain à faire, au lieu de consulter des statistiques réelles, nous nous remémorons tous les événements analogues dont nous avons été témoins. Leur fréquence peut être très éloignée de la réalité et nous inciter à un choix erroné.          

    L'ordre des éléments de décision :
             
    Quand on fait la liste des avantages et des inconvénient d'une décision à prendre, les premier élément devient plus important car ils nous influencent en premier et forgent notre décision. Il faut donc réexaminer plusieurs fois tous les éléments, au besoin dans un ordre différent, pour ne pas subir cette influence.        

    Présent et futur :
             "Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", dit l'adage bien connu. Quand nous avons le choix entre une décision qui apporte immédiatement un avantage modéré, face à une autre qui apporte un meilleur avantage, mais plus lointain, en général, nous choisissons l'avantage du présent, sans examiner suffisamment les risques de la solution d'avenir.

    La publicité et l'effet de groupe et la peur de l'inconnu :
         
     Lorsque nous avons à choisir entre deux objets, mais que l'un nous est presque inconnu, alors que nous avons souvent vu ou entendu parler de l'autre, soit par la publicité ou la presse, soit au contact d'autres personnes, nous avons tendance à choisir l'objet connu, sans chercher à découvrir l'autre et ses éventuels avantages.

    Les sensations internes :
           
    L'état physiologique de notre corps a une certaine influence : les psychologue ont par exemple montré que, lors de courses dans un supermarché, l'on achète plus de produits alimentaire avant le repas et moins si on a déjà déjeuné. Le stress a également une grande influence sur nos décisions : j'en reparlerai dans le prochain article.

    L'opinion déjà faite : 
            Lorsque l'on pense aux conséquences d'une décision, au bout d'un moment, on commence à se faire une idée de ce qu'il faudrait faire. (voir mon article d'hier). Mais dès lors, les arguments en faveur de cette décision ont plus de poids que ceux contre et on peut même finir par ignorer un élément très important défavorable.

    La répétition d'un élément de décision :
            
    Voir de façon répétée et régulière un objet ou une solution, risque de nous faire prendre trop vite une décision en faveur de cette solution, parce qu'elle nous paraît plus familière, donc plus connue et plus sûre. C'est sur cet effet de répétition que se base la publicité et le marketing. C'st vrai aussi pour une personne qui vous paraît alors plus sympathique.

    La défiance vis à vis d'un ou d'autres :
         
      Nous prenons parfois des décisions par réaction , hostilité ou vengeance vis à vis d'une personne, d'un groupe ou défiance vis à vis d''opinions. Le choix n'est alors pas maitrisé. Il peut aussi être dicté par une réaction vis à vis d'une privation de liberté, d'un choix qui vous paraît imposé.

    La paresse et l'inertie :
           
    Lorsque nous avons le choix entre plusieurs décisions dont l'une correspondrait à une situation déjà vécue ou connue, nous avons tendance par inertie à la privilégier et par paresse à ne pas examiner sérieusement les autres options.

           Ces dix biais peuvent fausser de façon importante nosdécisons. A nous de nous méfier et d'essayer d'avoir un examen objectif et le plus complet possible des différentes solutions, sans privilégier à priori et trop rapidement une décision.

    Stress et anxiété.
         
     Nous avons vu hier que les circuits cérébraux de décision étaient voisins de ceux des stress et de l'anxiété, ces derniers états résultant d'une lutte de pouvoir entre les centres amygdaliens et l'insularité, et le cortex préfrontal gauche ventromédian, qui essaye de les contenir et de ne pas se laisser déborder.
            Si cependant il n'y arrive pas et que notre moral se détériore, les chercheurs ont montré sur des animaux, puis par simulation sur ordinateur, et enfin lors d'essais sur des volontaires humains, que le stress perturbait nos capacité de prévision des conséquences de nos actes, et que l'anxiété nous paralysait ensuite. Il est certain que nos décisions sont alors fortement perturbées.
             Jeansok Kim, professeur de psychologie et chercheur à l'Université de Washington, estime mêmque beaucoup de décisions économiques, qui pourtant concernent le monde entier, sont prises par des dirigeants hyperstressés, qui ne devraient pas assumer des responsabilités aussi importantes.

      

     

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     Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)

             Comment notre cerveau prend-il des décisions ?  

               Ce n’est que récemment que l’on commence à comprendre ce problème.
               En 1976, le psychologue Roger Ratcliff suggère que le cerveau  a besoin d’une accumulation de preuves pour prendre ses décisions.

               En 1996 des chercheurs ont commencé à étudier ce qu’il se passait dans le cortex pariétal (sur le dessus du crâne, les centres moteurs et les centres de mémoire associative), lorsqu’ils avaient des décisions simples à prendre.
               En 2002 un physicien chinois a émis l’hypothèse, en simulant informatiquement le flux neuronal, que la décision était prise lorsqu’il y avait un cumul suffisant dans le cerveau se traduisant par une activité croissante.
               En 2005 des neuroscientifiques mettent en évidence que la prise de décision s’accompagne de libération de noradrénaline par le tronc cérébral (un centre situé à la jonction de la colonne vertébrale et du cerveau).
               En 2012-14 d’autres chercheurs constatent par des mesures électriques encéphalographiques sur des animaux et sur l’homme, que la décision n’intervient que lorsque les signaux neuronaux se sont accumulés dans le cerveau jusqu’à un certain niveau

                Je vais essayer de faire un résumé en deux articles, à partir de lectures faites sur des revues de neuroscience, notamment du professeur Philippe Damier, professeur de neurologie au CHU de Nantes.

                Le chef d’orchestre, c’est, comme d’habitude le cortex préfrontal. C’est lui qui doit décider, et il appelle à l’aide le reste du cerveau.
               Il commence  (voir le schéma) par demander à un centre du tronc cérébral, le locus coeruléus, de contacter des centres dans lesquels il y a des neurones utilisant la noradrénaline comme neurotransmetteur et de libérer des quantités importante de ce produit, pour activer les récepteurs correspondants.
               L’activité du tronc cérébral est difficile à détecter car le le locus coeruléus est un tout petit centre, (quelques mm), à coté de vaisseaux sanguins, qui le font bouger à chaque pulsion cardiaque, et rendent impossibles les IRM. Heureusement la noradrénaline fait dilater les pupilles des yeux et cela permet de suivre de façon précise la libération de ce neurotransmetteur, qui intervient une centaine de millisecondes après la demande du cortex préfrontal.
                Cette libération augmente d’activité de centres du cortex qui vont fournir des informations : les centres d’interprétation de la vision (ou des autres sens) et les centres de mémoire associative du cortex pariétal postérieur, de même que les centres amygdaliens au niveau du cerveau émotionnel.

     Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)

     Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)            On peut suivre électriquement l’activité du cerveau et notamment du cortex préfrontal et la traduire par une « variable de décision, qui cumule la quantité d’information retenue pour la décision.
               Cette variable va mettre un certain temps pendant lequel l’activité du cerveau va augmenter, devenir de plus en plus importante, jusqu’à dépasser un seuil, ce qui déclenche la décision oui. Cela peut prendre plusieurs secondes, voire plusieurs minutes. Cela dépend des personnes et de la complexité du problème. L’action est alors lancée notamment vers les centres moteurs, en quelques centaines de millisecondes.
                A l’inverse l’activité cérébrale peut diminuer jusqu’à atteindre un seuil où la réponse est non et évidemment, il ne se passe rien ensuite.
               La variation de cette activité montre que le cerveau, consciemment ou non rassemble de nombreux éléments qu’il analyse, avant de prendre la décision oui ou non, l’activation oui entrainant une analyse plus poussée; ces éléments peuvent être des sensations diverses qui renseignent sur l’extérieur, des raisonnements logiques internes, des mémorisations de faits voisin anciens, des éléments plus subjectifs, émotions et sentiments, provenant du cerveau émotionnel, notamment centres amygdaliens. 

               Ces temps de décision varient selon les personnes, car étant optimistes ou pessimistes, plus ou moins confiantes ou méfiantes, elles ont tendance habituellement à dire plus fréquemment oui ou non. On constate par exemple que, pour la même décision à prndre,  des personnes habituées à dire non, vont mettre nettement plus de temps à prendre une décision favorable, que des personnes habituées à des décisions positives. 

               En outre le circuit de décision que nous venons de décrire est voisin de celui qui intervient lorsque nous sommes soumis à du stress ou de l'anxiété.
               Dans ces derniers cas il y a un équilibre permanent à conserver entre les centres amygdaliens et l'insula d'une part, qui gèrent nos craintes, notre stress , notre angoisse et les font remonter vers le cortex préfrontal, et plus précisément le cortex préfrontal ventromédian gauche,  qui essaye de les contenir d'autre part. 
              Si ce dernier est dépassé, c'est le stress et si cette impuissance devient plus grande, l'anxiété puis l'angoisse. Si le cortex préfrontal est mis hors jeu, ce peut être la dépression.
               Alors qu'un peu de stress peut être salutaire en stimulants les centres de l'attention, un stress plus important ou une anxiété qui dure peut perturber totalement notre système de prise de décision.
               Je reviendrai sur ce point dans l'article de demain. 

     Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)

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  • http://lancien.cowblog.fr/images/images/pointdinterrogation2.jpg

        Il nous est souvent arrivé, à vous comme à moi certainement, d’entendre ou de lire une information supposée, dite parfois sous forme interrogative et de croire ensuite que c’était une information réelle et avérée
    .

        La presse et les médias sont en partie responsables car ils ont tendance à présenter les informations en oubliant les points d’interrogation et de ne pas vérifier sérieusement leurs sources.
        La recherche du sensationnel, de l’inédit, la volonté de captiver l’auditeur et la pression de l’audimat, font que malheureusement, lorsqu’ils présentent un fait divers, les personnes qui pourraient en être l’origine sont souvent présentées comme des coupables potentiels, alors que seule la présomption d’innocence devrait jouer. (ce qui a le don de m’agacer profondément, car c’est une source certaine de nuisance).
        Mais nous avons quand même tendance, quand on nous présente non pas des faits, mais des rumeurs, à les tenir pour vraies, et malheureusement à contribuer à leur propagation en les présentant ensuite comme des faits avérés.
        Pourquoi cette tendance des humains à être ainsi “crédules”. ?

        Pourquoi après avoir ou entendu une phrase présentant une information supposée et présentée sous forme interrogative, avons nous une telle attitude ?
        Deux psychologues belges ont montré qu'après avoir lu une telle phrase, l'esprit retire inconsciemment le point d'interrogation et retient qu'il s'agissait d'une affirmation.
        Morio Pondelaert et Siegfried Dewitte ont distribué à des volontaires des listes de phrases dont certaines étaient formulées sur le mode affirmatif, et d'autres sur le mode interrogatif. Il s'agissait de questions ou d'affirmations, empruntées au domaine des mathématiques ou de la biologie.
        Après les avoir lues, les volontaires ont reçu un document où chacune des phrases précédentes était écrite sous deux formes : une forme interrogative et une forme affirmative. Ils devaient choisir quelle était la forme initiale.
        Bien souvent, ils ont indiqué une forme affirmative alors que les phrases proposées n'étaient que de simples questions.

        Selon les psychologues, cet effet d'amnésie résulte du fait que le cerveau n'est pas fait pour retenir les propositions formulées sur un mode interrogatif.
        En effet, lorsque l'on se pose une question, le cortex frontal construit une situation fictive à partir de l’information reçue et cherche ensuite des éléments dans notre mémoire ou dans les documents de l'actualité à notre disposition (dans un article de presse, à la télévision, dons une conversation....) pour valider ou infirmer cette hypothèse.
        Mais quoi qu'il arrive, la scène a été construite mentalement, sous une forme certes fictive, mais affirmative.
        Si ensuite nous trouvons que l’information précitée est fausse ou vraie, nous enregistrons ce fait en mémoire. Mais si nous ne trouvons rien de probant, il n’y aura rien d’enregistré en face de l’information, et seule la situation imaginée sera conservée.
        Par la suite c’est elle que nous rappellerons en mémoire et les faits qu’elle décrit n’ont plus le point d’interrogation qui devrait nous rappeler que c’était une hypothèse non vérifiée.
       
       Quand nous ne sommes pas sûrs d'une information, essayons de la vérifier et surtout, ne la diffusons pas comme si elle était vraie

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  • Musique et langage

        J’aime bien la musique, notamment classique et je regrette beaucoup de n’avoir pas voulu, étant jeune enfant apprendre à jouer d’un instrument, parce que quand j’avais 5 ans, le solfège m’ennuyait profondément !

        J’avais tort, mais j’étais trop petit pour m’en rendre compte. Je savais déjà lire et écrire et je lisais déjà des livres assez volumineux et je ne me suis pourtant pas rendu compte que les notes, c’étaient l’alphabet de la musique, pas plus difficile qu'apprendre à lire.

        Entre musique et langues, difficile de savoir qui est apparu en premier. « Dire et chanter étaient autrefois la même chose », a écrit Rousseau.
       Le plus ancien instrument de musique à ce jour, a été découvert par des chercheurs,en 2008 dans la grotte de Hohle Fels en Allemagne : une flûte en os et en ivoire de 35 000 ans, (à l’époque de l’Homme de Néandertal - voir la photo ci-dessus).

      

        Si vous écoutez les instruments qui se succèdent et se répondent, que ce soit en musique classique ou en jazz, l’un entame une phrase avant de laisser un autre la compléter, ou lui répondre : un dialogue naît, comme dans une conversation.

        Tout comme le langage verbal, la musique est codifiée. Le compositeur comme l’écrivain, dispose de moyens techniques et esthétiques afin de produire des impressions précises, telles que la tristesse, la gaieté, la peur; l’orage ou le chant d’un oiseau quand revient le soleil..

      Il existe des conventions, des règles de composition permettant d’organiser, d’articuler les sons entre eux. Ces règles sont en quelque sorte comparables à une syntaxe organisant les mots, afin de construire des phrases chargées de sens. Et l’ccord entre les diverses notes, sonnantes ou dissonnantes, est comparable à une grammaire, à l’orthographe, qui change selon les pays, par exemple entre l’Europe et l’Asie.

        A force de lire, on apprend l’orthographe, mais on est sensible aussi peu à peu  à l beauté de la phrase, à la musique des mots des poètes.

       Chez les enfants de huit à dix ans ayant pratiqué la musique depuis trois ou quatre ans, on constate que leur cerveau arrive à déceler des anomalies d'un cinquième de ton dans un morceau de musique.

        

        Le langage a une grammaire, une syntaxe, une morphologie et une orthographe, mais c'est aussi une musique, et même, pour les poètes, comme le soulignait Paul Verlaine, c’est « de la musique avant toute chose ».

        Cette musique du langage, que les linguistes appellent "prosodie", est constituée de l'ensemble des intonations ou inflexions de la voix qui accompagnent le discours, par exemple le fait de prononcer le dernier mot d'une phrase sur un ton plus aigu ou plus grave.

        Comment maitriser l'art de la prosodie ? 

        Voilà qui est important, car c'est en déchiffrant les hausses et les baisses de ton que l'enfant apprend à saisir le sens et l'émotion que véhicule le langage.

        Certaines personnes sont plus douées pour discourir en exprimant leurs émotions et en les faisant partager aux autres. Certains de ces autres qui les écoutent sont sensibles à leurs paroles, et d’autres plus imperméables.

        Les acteurs en général savent exprimer les émotions par leur voix (encore de Brigitte Bardot était une catastrophe dans ce domaine, ayant toujours l’intonation qui n’allait pas avec les paroles).

        Des chercheurs de l'Institut de neurosciences cognitives de la Méditerranée à Marseille ont testé la capacité d'enfants musiciens et non musiciens, à détecter des incongruités prosodiques, les fautes dans la « musique du langage ». 

        Ils leur faisaient écouter des textes dans lesquels parfois l’acteur introduisait une anomalie de l’intonation, par rapport à la signification de la phrase, notamment émotionnelle.

        Les enfants ayant pratiqué la musique ont noté les anomalies, alors que ceux qui ne faisaient pas de musique n'ont rien remarqué. 

        Les enfants dont le cerveau peut déceler des écarts de ton faibles, appliquent ensuite cette capacité à la « musique du langage »

        La musique, outre qu'elle adoucit les mœurs, prépare l'enfant à mieux saisir les conversations et les émotions qu’elles portent.

       Mais le langage nous apporte une signification, une description du réel : dans chaque langue des mots décrivent une table, une chaise une assiette, une bouteille ou un verre. C’est une convention.

       Mais il décrit aussi nos sentiments, ce que nous ressentons, les émotions et les sentiments et là le codage est plus difficile, la description plus floue et chacun peut la comprendre différemment.

       La musique n’a pas la précision et l’universalité du langage, elle ne décrit pas la réalité. Elle ne désigne pas, elle évoque : elle fait appel à la subjectivité du compositeur, de l’interprète et de l’auditeur. L’imagination remplace la compréhension logique, vient prolonger les impressions éveillées par le son, selon la sensibilité propre de chaque personne. L’hymne à la joie de Beethoven, bien qu’il soit devenu l’hymne européen, ne sera pas ressenti de la même façon par tous les habitants de l’Europe, mais ne provoquera pas les mêmes émotions de’un asiatique ou d’un arabe, habitués à d’autres harmonies.et à d’autres rythmes.

       Mais ceux qui ont une préférence cérébrale de grande sensibilité émotionnelle immédiate (voir les articles sur les préférences cérébrales), savent qu’il peut leur arriver d’être émus aux larmes, aussi bien par un récit écrit que par un morceau de musique.

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