• Notre cerveau travaille sur nos tâches répétitives durant notre sommeil.

                 Je vous ai déjà expliqué succinctement comment la mémoire enregistrait nos souvenirs et nous avions vu que, d’une part le “ménage qui se faisait dans le cerveau en éliminant tous les souvenirs superflus était indispensable, mais également que le cerveau se remémorait et “rejouait les scènes" des événements de la journée qu’il voulait mémoriser, ce qui renforçait les connexions entre neurones porteurs du souvenir..
                Ce sont d’ailleurs les sensations (images notamment) qui sont ainsi  revécues, qui, si l’on a un instant de réveil même très bref, donnent lieu à nos rêves.
       
                David Euston et de ses collègues, de l'Université de l'Arizona ont montré que des phénomènes analogues se produisaient lorsque nous apprenons dans la journée des tâches nouvelles qui demandent un certain automatisme, comme par exemple, taper sur un clavier, utiliser un instrument, conduire un véhicule,  ou jouer au tennis.
               Lorsque nous avons fini notre apprentissage, nous arrivons à réaliser la plupart des tâches correspondantes de façon entièrement automatique, sans réfléchir, et c’est alors les neurones du cervelet qui ont enregistré les séquences à réaliser, et qui dirigent nos mouvements.
              Mais à l’origine quand nous débutons l’apprentissage, le cortex frontal qui réfléchit et organise, est à l’origine de nos actes et peu à peu il apprend au cervelet à faire les mêmes actions.

              Et pour apprendre cette tâche nouvelle, nous réalisons un certain nombre de gestes qui activent des neurones du cortex préfrontal de notre cerveau dans une séquence bien précise, qui est transmise aux neurones qui commandent nos muscles et nos gestes.
              En étudiant des apprentissages chez des rats, les neurobiologistes américains ont découvert que, pendant la première heure de sommeil, ces mêmes neurones répètent leur activité, exactement dans l'ordre où ils l'ont réalisée dans la journée alors que les rats étaient éveillés, mais ceci de façon accélérée.
            Après apprentissage durant l'éveil, les biologistes ont laissé dormir les rats et ont observé l'activité des neurones de leur cortex préfrontal, et ils ont constaté que les neurones se réactivent de la même façon pendant le sommeil, mais sur une plage de temps six fois plus courte, comme si le cerveau procédait par « lecture rapide », à la façon d'une cassette qu'on fait avancer de façon accélérée sur un magnétophone. Mais ces séquences ne donnent lieu à aucun mouvement réel.

              Pourquoi cette répétition interne ? En réitérant leur activité, les neurones renforcent les synapses qui ont été sollicitées lors de l'apprentissage, ce qui permet aux réseaux de neurones de consolider leur statut dans le cerveau, si bien que la même séquence de gestes pourra être exécutée plus facilement par la suite. Cela montre, d'une part, que le cortex préfrontal est une zone privilégiée dans le cerveau pour la consolidation des souvenirs d'actions automatiques,  (alors qu'une autre zone, l'hippocampe, est nécessaire à l'encodage précoce des souvenirs) et, d'autre part, que le sommeil favorise ce processus.
              Selon les neurobiologistes, cette répétition accélérée a lieu lors du sommeil à ondes lentes, le “ sommeil profond. “, stade d'endormissement où l'animal a entièrement perdu conscience et ne rêve pas. Dans ce cadre, l'activité des neurones se déroulerait six à sept fois plus vite, soit parce que les neurones sont libérés des contraintes d'exécution physique des mouvements (le rat ne bouge pas), soit parce que cette production de courants électriques est uniquement possible lors de certains phases du sommeil à ondes lentes, qui durent moins d'une seconde.

              Il reste à savoir quel est l'avantage d'une « répétition accélérée » pendant le sommeil, par rapport à une répétition mentale que l'on peut réaliser à l'état conscient. Il semble que le sommeil soit réellement bénéfique, voire nécessaire, à la mémorisation, mais on ignore encore les raisons exactes.
              Les biologistes ont seulement montré que les neurones du cervelet étaient également actifs et que le cortex préfrontal “apprenait” les mouvements au cervelet en renforçant les connexions entre les neurones concernés de cette partie du cerveau.

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    Cela ne vous arrive t'il jamais de rêver ? Pseudo-rêves et rêves réels.

     

          Certaines personnes  n’ont (d’après elles) « jamais rêvé de leur vie pendant leur sommeil, - ou plus exactement ne se sont jamais souvenu d’un rêve au réveil (environ 0,4 % de la population).
         Le service des « Pathologie du sommeil » de la Salpétrière, à Paris, a étudié ces cas, et montre que les patients rêvent néanmoins, comme les autres humains - enfin tout dépend de ce qu’on appelle rêver !
         Pour plus de clarté, j’appellerai « rêve », les scènes dont nous pouvons ensuite nous souvenir, et « pseudo-rêve », celles dont nous n’avons aucune conscience par la suite, et c’est donc comme si elles n’existaient pas.

        Toutes les images, et autres sensations, inutiles que nous avons enregistrées inconsciemment pendant la journée, ne font qu’encombrer notre mémoire à court terme. De même des renseignements utiles pendant un moment (où ai-je garé ma voiture?) et qui ne le sont plus en fin de journée.
         Par ailleurs, certains souvenirs désagréables peuvent nous harceler. Certains problèmes que nous avons sont souvent renvoyés vers le cortex préfrontal, pour qu’il réfléchisse à une solution et cela nous dérange souvent.
        Enfin, avant de dormir, nous avons pensé à diverses idées et inconsciemment cela a été mémorisé.
       
         Le cerveau, pendant le sommeil, va faire du tri : il va éliminer tous les souvenirs conscients ou inconscients de la journée (ou des jours précédents) qui ne servent plus à rien (plus de 999‰), puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), puis au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement). Il éliminera aussi les souvenirs des pensées que nous avons eu avant de nous endormir, dans la mesure où nous n’avons rien trouvé de nouveau ou d’important.
         Le cerveau, pendant notre sommeil,  remet donc de l'ordre dans la mémoire et rend  de nombreux neurones à nouveau disponibles pour la journée suivante.

         Pour éliminer toutes ces sensations superflues, il va se servir des centres d’interprétation correspondants. Les sensations sont récupérées dans la mémoire par nos centres habituels d'interprétation des sensations : visuel, auditif, olfactif, sensitif ou gustatif. Au plan physiologique, tout se passe comme si arrivaient dans ces centres, des images réelles venues des yeux, des sons en provenance de nos oreilles etc..
         Par exemple, pour les images le centre d’interprétation primaire de la vison va traiter l’informa-tion comme si elle provenait des yeux. Mais ce sont des images « reconstituées par la mémoire » et nous les appelleront des « pseudo-images internes ».

         La différence entre éveil et sommeil est d'une part que ces sensations lorsqu'elles viennent de nos se ns éveillés, représentent la réalité et sont donc cohérentes, alors que, dans le sommeil, elles viennent de façon totalement aléatoire, sans suite logique et sont donc peu cohérentes.
         D'autre part, lorsque nous sommes conscients et éveillés, une partie des sensations et certaines des informations importntes sont transmises au cortex préfrontal, qui réfléchit et pense, alors que le cortex cingulaire antérieur focalise notre attention.
         Nous n'avons au contraire aucune conscience du phénomène lorsque nous dormons, car le cortex préfrontal et le cortex cingulaire antérieur sont mis en veilleuse et coupés de la plupart des informations provenant des autres centres du cerveau.

         Toutes ces « pseudos-sensations » présentes dans nos centres d’interprétation des sensations constituent donc, pendant notre sommeil, des « pseudos-rêves », qui dureront toute la nuit, mais dont nous n’aurons aucune conscience au réveil.
          Mais supposons que nous nous réveillons pendant quelques secondes seulement , (ce qui peut arriver plusieurs fois dans la nuit et nous nous rendormons aussitôt), ou définitivement le matin.
           Alors ces sensations (images, sons etc...) vont être transmises à nouveau par le thalamus au cortex frontal, qui sera donc conscient d'une suite de sensations, peu cohérentes et d'autant plus difficiles à interpréter que le fonctionnement du cortex à l'état éveillé n'est pas entièrement revenu à la normale. Là c’est un « vrai rêve ». 
         Le cortex préfrontal, encore à moitié réveillé, essaie d'interpréter comme il peut ce qu'il reçoit et le renvoie en mémoire avec les explications qu’il a pu trouver, et qui peuvent être absolument farfelues, surtout si l’éveil n’a duré que quelques secondes et qu’il n’a pas eu le temps de réfléchir. 
          Après notre sommeil, nous aurons alors le souvenir d'un rêve, avec une certaine cohérence car le cortex frontal a essayé d'arranger les sensations de façon logique, mais aussi des aspects incohérents et farfelus, car il a fait au mieux, mais avec un ensemble de sensations qui était peu logiques à l’origine et alors que lui même n’était pas au mieux de sa forme.  

         Le service de la Salpétrière a montré grâce à l’IRM que ces patients, qui croyaient ne jamais rêver, avaient les mêmes phases de sommeil que les autres dormeurs. Ils ont une mémoire tout à fait normale, ainsi qu’une bonne représentation des images mentales. Ils font comme tout le monde, des « pseudo-rêves ». Ils ont ^même souvent, un sommeil très agité par ceux ci. Et l’iRM permet de savoir en partie de quoi ils ont rêvé.
        La différence c’est qu’ils ne font pas de micro-réveils. Donc rien n’est transmis au cortex préfrontal et ils ne se souviennent pas des pseudo-rêves, transformés par l’éveil en « rêves réels »

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  • Notre inconscient nous sert en permanence.

     

     

         Nous avons défini dans le précédent article ce que pouvait être l’inconscient, mais cela ne nous définit pas son rôle.
        L’importance de l’inconscient dans notre comportement est très grande.


        Nous avons vu que nous enregistrons, pour des temps très courts ou plus longs, des images, sons (dont le langage), et autres sensations de nos cinq sens et que, de plus, nous recevons dans notre cerveau, des information sur l'état de nos muscles et de nos viscères, ainsi que sur la position et la contraction de nos muscles.
         La plupart de ces informations ne nous servent pas consciemment et d’ailleurs sont détruites ensuite (les connexions ne sont pas renforcées et disparaissent d’elles mêmes notamment au cours du sommeil).

        Certaines images, certains sons, certaines autres sensations sont cependant conservées (notamment celles qui ont un  grand impact émotionnel, dont beaucoup sont conscientes, mais certaines inconscientes sont aussi mémorisées à notre insu). Ces sensations peuvent ensuite dans certaines circonstance surgir consciemment, ou même avoir une influence sur nos décisions ou comportements, sans que nous nous en rendions compte, car d’innombrables connexions se produisent à tout instant à notre insu, quand un processus conscient est engagé.
        Certaines études ont confirmé qu’un geste inconscient ou un mot anodin peut déclencher un « amorçage », et orienter une décision, un choix, un comportement. Elles mettent en évidence que des motivations subliminales (sensations au dessous du seuil de perception conscient), utilisent les mêmes processus mentaux - la mémoire de travail et les fonctions exécutives - que les actes conscients, et que les gens se méprennent souvent sur les raisons de leurs comportements, car ils sont influencés par des pulsions inconscientes.

        Un autre domaine d’action de l’inconscient est celui de tous les automatismes et actes réflexes. C’est évidemment vrai pour des réactions réflexes physiologiques, au niveau de la moelle épinière (réaction à la brûlure, à la douleur…), au niveau du cervelet (faire du vélo, conduire une voiture, manger, boire …) ou du cerveau lui même (réaction d’évitement devant un danger..).
        Mais cela est vrai pour des réactions beaucoup plus intellectuelles et émotionnelles.
    Il nous faut exercer un effort volontaire et conscient pour nous défaire de nos préjugés. Plus l’influence de l’inconscient est forte, plus le contrôle cognitif conscient doit être important pour la surmonter.
        Cela concerne par exemple les addictions, la perception que nous avons d’autrui, le jugement sur notre environnement ou sur une situation donnée.
        Par exemple, lorsque nous rencontrons quelqu’un que nous ne connaissons pas, une première impression est présente en nous, avant même que nous n'ayons commencé à lui parler. Nous notons la couleur de sa peau, son sexe, son âge…, caractéristiques qui, une fois perçues se connectent automatiquement à des stéréotypes sur la façon dont les membres de ce groupe sont supposés se comporter. Ces croyances relatives à un groupe social sont souvent inexactes pour l’individu en cause, qui n'a généralement rien fait
    pour mériter aucune de ces impressions, qu'elles soient bonnes ou mauvaises.
        Les gens ont du mal à connaître la cause de leurs sentiments positifs ou négatifs, et se trompent souvent, quelque soit leur rôle et leur intelligence ou leur professionnalisme.

        Mais l’action de l’inconscient est plus vaste que les stéréotypes et les préjugés. Il influence nos actes.
        En particulier nous avons une propension innée qui est d’imiter autrui, non seulement dans ses expressions, mais aussi dans ses comportements.
        Et nous avons tendance à essayer inconsciemment à la place d’autrui, pour mieux le comprendre : c’est le rôle inconscient des « neurones miroirs ».
        Les centres d’apprentissage, qui sont aussi les centres du plaisir, agissent la plupart du temps de façon inconsciente, nous donnant la motivation de l’action. Ils calculent automatiquement le bénéfice de certaines actions et nous poussent vers la satisfaction maximale, de façon le plus souvent inconsciente.
        Mais si ses centres nous dictent un comportement égoïste, d’autres nous amènent à avoir un comportement altruiste et sont sensibles aux impressions que nous font les autres et à ce que nous pourrions faire pour eux.
        Les sentiments et les jugements inconscients que nous avons pour, ou sur, une personne, nous dictent notre comportement, parfois consciemment, mais le plus souvent sans le savoir.
        
        Des études ont montré que lorsque nous avions un problème à résoudre, dans de nombreux cas, la réponse était intuitive, ce qui ne veut pas dire qu’elle était réflexe, mais en fait une réflexion inconsciente et rapide, menée par le cortex émotionnel et probablement en partie par de cortex préfrontal.
        Et l’on pense actuellement que lorsque nous refléchissons aux solutions d’un problème, derrière la partie rationnelle consciente de recherche de solution, se cache une consultation du cerveau émotionnel par le cortex préfrontal, qui lui demande une « simulation émotionnelle » des conséquences des diverses sortes de décisions conscientes.
        En définitive, le rôle de l’inconscient est beaucoup plus important que ne le pensait Freud, car il n’est pas limité à nos désirs et pulsions, mais intervient dans tous nos actes, et les problèmes sexuels ne concernent qu'une infime partie de cet inconscient.

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  •  

              Des lecteurs ou lectrices qui ont lu le dernier article sur le "syndrome GPS" me disent que pour mieux le comprendre, il faudrait mieux connaître la mémoire.

              Par ailleurs ils trouvent que ce processus de cartes mentales est peu conscient et ils me demandent de parler de l'inconscient, qu'ils ne connaissent que par des souvenirs de cours de philosophie de terminale sur Freud et ses théories.
             Je vais donc d'abord commencer par faire deux articles sur l'inconscient, et je ferai par la suite, plusieurs articles sur la ou plutôt nos mémoires.

              Il m’arrive souvent de discuter avec mes correspondant(e)s de l’inconscient et de son rôle, car lorsqu’on essaie de comprendre les problèmes, les causes que l’on peut avancer ne sont pas toujours ce dont est consciente la personne qui les rencontre.
              Mais cela n’a rien à voir avec la psychanalyse, dont même Freud, écrivait à Jung, qu’elle n’apportait que bien peu de chose dans le traitement des malades.
              Bien que les cours de Psycho en France fassent encore une grande part à Freud et ses disciples, alors que ce n’est plus le cas ni dans les pays anglo saxons, ni même en Allemagne, la notion d’inconscient et de ses modes d’influence a totalement évolué et ne correspond plus aux théories de Freud, qui certes étaient ingénieuses, mais ne tenaient pas compte du fonctionnement physiologique du cerveau, alors presque inconnu.

               La théorie de Freud avait le mérite d’être simple : il voyait trois instances régissant le comportement de l’homme :
               Le « moi » désigne la partie de la personnalité assurant les fonctions conscientes : ancré dans la réalité, et en partie dans le rationnel, il assure la stabilité de la personne, l’empêchant de céder à ses pulsions.
               Le « ça », au contraire, est  le non conscient, inorganisé et sans volonté rationnelle, il s’efforce de satisfaire les besoins pulsionnels, en se conformant au principe de plaisir, même si parfois il réalise ses pulsions de façon détournée en les sublimant (comme l’artiste); c’est le réservoir des instincts humains, des désirs inavoués et refoulés au plus profond de nous mêmes.
              La neuropsychologie moderne si elle admet les pulsions inconscientes, tempère énormément l’importance des refoulements (que de plus Freud considérait comme essentiellement sexuels), et surtout a montré que la théorie de Freud sur l’enfance et les parents et notamment le complexe d’Œdipe, est fausse.
              Le « surmoi » enfin représente les règles, notamment morales que l’on a acceptées, mais il les voyait comme une conséquence des interdits parentaux, une sorte de loi morale qui agirait sur nous, sans que nous comprenions son origine.
              La théorie de Freud était simple et ingénieuse, mais elle avait le défaut d’être bâtie à partir de constatations sur des malades mentaux, dont beaucoup étaient des viennois(es) ayant des problèmes sérieux au plan sexuel, alors qu’elle aurait dû avant tout tenir compte de la mentalité des personnes normales.

              Pour la neuropsychologie moderne, l’inconscient est avant tout un réservoir de tout ce que le cerveau enregistre de nos sensations, mais qu’il ne juge pas utile de transmettre au cortex préfrontal, siège de la pensée et donc de la conscience.
              En effet tous les quarantièmes de seconde, le thalamus coordonne les sensations provenant de nos cinq sens, relatives à notre environnement et à ses perceptions. Mais la plupart n’ont pas d’intérêt pour l’orientation de nos actions et donc, soit le cerveau les élimine, soit les conserve pendant une durée assez brève, soit même les stocke, au cas où elles pourraient se révéler utile par la suite, mais en général il les élimine au cours des sommeils suivants.
               De même le cerveau reçoit des informations de nos membres, de nos muscles, de nos viscères, mais ils ne sont pas transmis au cortex préfrontal, sauf lorsqu’il y a problème, par exemple souffrance ou anomalie de fonctionnement qui nécessite des actions pour y remédier.
              Enfin, notre cerveau émotionnel est le siège de très nombreux échanges internes, émotions et sentiments, simulation des conséquences de projets d’action, intentions qui en découlent, voire pulsions plus immédiates et violentes. Ce ne sont pas des processus rationnels comme dans le cas du cortex préfrontal, mais les propositions et actions qui en découlent, ne sont pas pour autant, forcément néfastes pour l’individu et elles interviennent souvent en complément de processus réfléchis et rationnels.
              En fait la quantité d’information inconscientes est des millions de fois plus importante que les informations consciente. Par contre la plus grande partie d’entre elles n’est pas mémorisée.

              La psychologie actuelle, quand elle est basée sur l’observation neurophysiologique, a relégué le Ça et le Moi aux oubliettes de la psychanalyse, et adopté une vision plus pragmatique de ce qui définit le soi non conscient : la différence entre ce que nous faisons de façon automatique et ce que nous controIons de façon rationnelle, grâce à notre cortex préfrontal.
              Les processus de pensée automatiques doivent être rapides, efficaces et hors du domaine de la pensée consciente, dépourvus de délibération ou de planification qui sont lents. Ils ne requièrent qu’un simple stimulus, alors qu’un mécanisme de réflexion qui nécessite des aller-retour entre de nombreux centres du cerveau.
               Par exemple la lecture de cet article et la compréhension des mots, se font de façon fluide, automatique, presque inconsciente, alors que votre attention est centrée sur la compréhension des phrases et des idées qu’elles contiennent.
              De même quand vous rédigez, vous pensez rationnellement et lentement à ce que vous voulez dire, à l’organisation de vos phrases, mais ensuite votre main écrit ou tape sur le clavier, les lettres de façon automatique, tellement inconsciemment que vous faites des fautes de frappe sans vous en apercevoir, notamment en inversant des lettres si vous tapez trop vite.
        
              Tout comme le Ça et le Moi de Freud, le système automatique et le système contrôlé se complètent mais, dans le même temps, ils s'opposent parfois.
             J’étudierai avec vous dans le prochain article, quelques uns de ces processus, pour montrer l’importance dans notre comportement des processus inconscients, même dans nos décisions courantes.

     

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